Finito Le Jardin des Finzi-Contini, célèbre classique italien des années 60 qui raconte la manière dont une famille juive vit, à la belle-époque, près de Bologne, une lente dégradation dont le point culminant sera la mort de presque tous ses membres dans les camps.
On pose d'emblée en ouverture la mort de tous ces personnages qu'on suivra après le prologue, et ça donne une pesanteur tout à fait intéressante à la construction de l'intrigue, puisqu'à chaque page passée on sent que pour ces personnages auquel on apprend à s'attacher, le four s'approche.
On reste à côté de ça dans ce mélange de psychologie et de réalisme qui a toujours quelque chose de fondamentalement proustien dans mon coeur de Français, mais c'est bien quand même sans réinventer la roue de ce point de vue-là.
Le bouquin traite de la question de l'identité (ces personnages sont-ils juifs ? Bourgeois ? Italiens ? De Ferrare, leur ville-région à la singularité marquée ? ) avec beaucoup de pertinence, de noirceur et de dérision parfois, mais sans jamais omettre une tendresse de fond incontestable.
Bref c'est bien, c'est un classique pour des raisons compréhensibles et tout à fait acceptables, je le trouve sensiblement meilleur que la version qu'en a donnée De Sica mais elle est bien aussi, bref tout ça c'est bien, le patrimonial c'est bien, les bourgeois se regardent la bite et on lit jamais autre chose parce que la littérature c'est que ça mais c'est bien.