Après un premier Resident Evil Revelations se déroulant entre Resident Evil 4 et 5 avec Jill et Chris, ce sont deux personnages phare très redemandés par les fans que l'on retrouve dans un deuxième Revelations se situant entre le 5 et le 6 : Claire Redfield (pas rejouée depuis Code Veronica et pas revue depuis l'animé Degeneration) et Barry Burton, qui avait carrément disparu depuis le tout premier jeu de la série, son petit caméo dans RE3 et sa réinterprétation dan Rebirth. Comme le veut ce qui semble être la nouvelle tradition de la série, ces personnages sont toujours accompagnés d'un partenaire, qui ont cette fois-ci un réel intérêt scénaristique : Claire est accompagnée de Moira, la première fille de Barry devenue adolescente, et Barry de Natalia, une mystérieuse petite fille qu'il trouve sur l'île en venant secourir sa fille. D'abord sorti en téléchargement hebdomadaire épisodique, le jeu se compose de quatre chapitres dans lesquels on joue alternativement Claire et Barry. Après une cinématique d'intro de qualité mais qui se termine trop rapidement (une course poursuite à la Code Veronica n'aurait pas été de refus), on se retrouve avec Claire et Moira prisonnière d'une nouvelle île avec d'autres membres de Terra Save.
Le gameplay reste pareil à lui-même avec la vue à l'épaule, l'inventaire limité et encore pas mal de choses bien trop simplistes. Si les lieux visités sont sympathiques (notamment la prison pour le début), l'aspect aventure reste très limité avec le modèle du simple aller-retour à faire après avoir trouvé une clé, les lieux deviennent vite plus banals. Les zombies ont parfois l'ingéniosité de sauter en avant mais restent très classiques à côté et la plupart des autres sont repompés de jeux comme The Last of us, tout comme le fait de pouvoir tuer la plupart par d'un seul coup en s'infiltrant derrière eux. Les duos sont cependant efficaces dans le sens où on est parfois obligé de contrôler le deuxième perso et qu'on est parfois séparé de ce dernier, ce qui n'est pas sans rappeler une qualité de Resident Evil Zéro. Moira sert à l'éclairage et à décoincer des portes, elle ne peut frapper qu'avec son pied-de-biche, tout comme Natalia ne peut qu'utiliser des briques afin de distraire les ennemis. Si elles peuvent toutes deux repérer de petits objets bien cachés, elles doivent obligatoirement être sélectionnées afin de les rendre visibles et qu'on puisse les prendre, ce qui est un choix assez bancal.
Si la première moitié du jeu peut parfois s'avérer ennuyeuse et terriblement convenue, Capcom parvient enfin à relancer le scénario de la série comme il ne l'avait pas fait depuis des années. Là où Resident Evil Revelations était anecdotique et où Resident Evil 6 laissait un terrible sentiment de tout reprendre à zéro à côté de ses grandes qualités scénaristiques, Resident Evil Revelations 2 dévoile enfin un antagoniste phare dont on avait à peine entendu parler dans le dlc Perdus dans les cauchemars de Resident Evil 5. Et c'est là la grande qualité de ce nouvel épisode, qui met enfin en scène Alex Wesker, la fameuse sentinelle de l'île qui s'avère donc être une femme. Essentiellement montrée sous forme monstrueuse rappelant assez vite la sorcière de Blanche-Neige, le suspense est gardé quant à son apparence humaine (hormis le tableau où on la voit avec son frère) et on la voit finalement assez peu.
La seconde moitié du jeu devient également plus intéressante grâce à des lieux plus marquants et arborant un aspect aventure plus poussé, notamment l'usine et le domaine final qui rappelle grandement le manoir Spencer. Les qualités d'écriture du scénario font également leurs preuves avec la justification du système épisodique : on se rend vite compte que les événements avec Barry se passent six mois après ceux de Claire, on repasse ainsi dans les mêmes lieux autant de temps après avec plusieurs chemins alternatifs et un bestiaire spécifique, notamment ces effrayants insectes invisibles que seule Natalia peut voir. Les combats de boss sont assez peu nombreux mais bien intenses, notamment la transformation de Neil (qui devient une sorte de gros Nemesis) et l'affrontement contre Alex.
Entre gameplay convenu, repompe sur d'autres jeux du genre et lieux plus ou moins convaincants, Resident Evil Revelations 2 a de quoi décevoir dans un premier temps et faire passer le retour des personnages pour du fan service gâché (sans parler de la VF très moyenne de Barry et du cliché ado rebelle de Moira qui va à l'encontre de l'image du bon père de famille que Barry avait toujours donnée depuis le début de la série), mais ses qualités d'écriture et son twist scénaristique totalement inattendu le rendent finalement très intéressant.