Je lance le jeu, la magnifique BO me revient aussitôt à l’esprit, comme si elle était restée là, tapie dans un angle de ma mémoire.
Je lance une nouvelle partie, première impression visuelle, je m’attendais franchement à pire. Ce n’est vraiment pas mal du tout, c’est détaillé, coloré, vivant, j’aime beaucoup.
J’ignore dans quelle mesure le mod MSGO3 améliore l’ensemble mais ça se laisse vraiment regarder sans problèmes. Alors oui, certain détails çà et là dévoilent le fait que le moteur graphique n’est pas actuel, les animations des PNG et des armes laissent à désirer mais franchement, il n’y a rien d’insurmontable.
Un mot sur l’interface. Géniale, un clic droit, et hop, on a tout sous les yeux. Parfaite, ergonomique, claire, simple, pas de prises de tête, rien à demander de plus.
Enfin, achevé le pseudo tutoriel et j’arrive à Balmora, la première ville, alors là c’est la claque.
Cette ambiance glauque, trouble, autant visuelle que sonore nous prend, on se sent perdu, dépaysé, angoissé. La nuit tombe, accentuant d’avantage cette atmosphère. On se décide alors de rentrer dans une habitation, pas très emballé par le halo verdâtre qui se dégage de ses fenêtres. Là, contraste, on rencontre des personnages plus ou moins amicaux dans des décors de type « nomade du désert », la lueur rosâtre des chandelles se reflétant sur les cloisons garnies de tapisseries aux couleurs vites.
On est pris aux tripes, je ne saurais l’exprimer autrement,
Je continue l’aventure et les premiers combats arrivent. Alors, oui, on se rend vite compte qu’on a à faire à une espèce d’hybride entre mécanique JDR et temps réel et j’avoue que c’est effectivement assez déconcertant de prime abord car on a l’impression de jouer à un M&M qui n’est pas en tour par tour.
Cela-dit, une fois qu’on à accepter le fait qu’il ne s’agit pas là, comme dans les opus suivants, d’une mécanique de pure action mais bien de JDR, on réussit à s’y adapter facilement et même à l’apprécier.
Ça, c’est le premier point qui différencie cet opus des deux plus récents.
Dans cet opus, on n’est pas du tout guidé ni pris par la main, pas de flèches, pas d’indications sur la carte. C’est à vous et à vous seul de glaner les indices pour progresser dans l’univers dans lequel vous vous trouvez, la liberté est totale et vous êtes complètement libre de votre destinée ou de vos actes.
Ici encore, on est 100% dans l’esprit JDR.
Une attention toute particulière devra être apporté à stat ainsi qu’à leur leurs évolution. Oubliez le mage-guerrier-voleur, ici, on modèle son PJ en fonction de ce que l’on désire être, c’est-à-dire une seule chose et non pas dix à la fois. Je me répète je sais, mais là encore, l’esprit JDR est bien présent.
De la même manière, pas de fast travel, on se doit de parcourir la carte à pieds avec tout ce que cela comporte ou de prendre les divers transports disponibles moyennant finances. Là encore, enfin bref, vous m’avez compris…
Dans Morrowind le rythme est lent. Vous comprenez alors vite que pour prendre plaisir à ce jeu, vous vous devez d’y jouer comme vous feriez si vous vous trouviez réellement dans ce monde, en parlant, en dormant, en marchant et en réfléchissant.
Morrowind, c’est un univers à découvrir, à savourer, à explorer dans chacun de ses recoins, en prenant son temps, en parlant aux personnages, en lisant les livres, en s’y forgeant une place et une réputation en sachant que chacune des décisions qu’on prendra aura un impact. J’ai presque envie de dire que dans ce jeu le combat passe en second plan.
Je comprends maintenant pourquoi il y a autant de discutions animées sur la question de savoir quel est le meilleur TES. En fait, cette question ne peut trouver de réponse car elle n’a aucun sens, tout simplement car on a à faire à des produits différents destinés à des publiques différents.
Il est clair que Bethesda a adapté, loi du marché oblige, ses TES aux gouts des nouveaux joueurs, accélérant le rythme, simplifiant les mécaniques, fournissant plus d’aides, accentuant les effets et cinématiques etc. On peut considérer cela comme un bien ou un mal, mais c’est néanmoins une incontestable réalité
C’est simple, si vous voulez des combats dynamiques, de l’action, un rythme soutenu, enchainer les donjons, ne pas vous prendre la tête avec l’aspect JDR, du fast travel à gogo, des graphismes derniers cri et êtes allergiques à la lecture, passez votre chemin car vous allez certainement vous ennuyer à mourir.
En revanche, si vous voulez rêver, prendre votre temps, vous immerger et découvrir un univers tout en conservant cet aspect propre aux JDR papier alors foncez car c’est bel et bien une expérience magnifique qui vous attend.