Contemporain de beat’em up comme Burning Fight, The King of Dragons et Tortues Ninja Turtles in Time, Streets of Rage est un grand classique du genre développé par des membres de la Team Shinobi et sorti directement sur Mega Drive le 2 août 1991. De son nom d’origine Bare Knuckle : Ikari no Tekken, il s’inspire notamment de Final Fight pour ses trois personnages jouables aux caractéristiques différentes et son univers urbain dans lequel les gangsters distribuent les mandales. Pas de demoiselle à sauver toutefois : la ville est simplement tombée entre les mains d’un syndicat du crime, à laquelle une partie de la police a fini par céder. Trois jeunes policiers mettent néanmoins leur carrière de côté afin d’aller régler le problème eux-mêmes, et ça tombe bien, car ils sont tous redoutables au combat à mains nues !
Les joueurs débutants peuvent choisir Blaze Fielding, judoka moins puissante que ses camarades mais bien plus rapide et habile au saut. Axel Stone, expert en arts martiaux, convient parfaitement aux joueurs occasionnels avec ses coups puissants et sa rapidité, tandis qu’Adam Hunter, boxeur à ses heures perdues, est plus adapté aux joueurs confirmés pour sa lenteur compensée par des coups qui font directement décrocher la mâchoire. Au nombre de huit, les niveaux commencent classiquement dans la rue puis terminent dans l’immeuble où se cache le chef des malfrats, en passant par une plage, un pont, un bateau, une usine et même le sempiternel ascenseur d’où il est possible d’éjecter les adversaires. Les graphismes font tout à fait honneur aux premières années de la Mega Drive et le jeu a profondément marqué pour ses musiques composées par Yūzō Koshiro, inspirées de styles comme l’house, la dance et la techno, offrant un cachet particulier à l’expérience.
Fidèles au modèle de Final Fight, les coups se résument essentiellement à un combo de base et à un coup aérien différents pour chaque personnage. En appuyant simultanément sur les deux touches, ils effectuent également un coup vers l’arrière. Le souci du détail est néanmoins présent lors des animations, très différentes lorsqu’il s’agit d’un combo au corps à corps. Si les projections varient selon qu’elles soient effectuées de face ou de dos, il est possible de saisir son acolyte par derrière afin que ce dernier frappe les ennemis en allongeant ses jambes. Comme dans tout bon beat’em up, l’interaction avec l’environnement permet de récupérer diverses armes en détruisant des objets, notamment des bouteilles de verre à affûter pour que ça saigne encore plus. On trouve également des pommes et de la viande pour regagner des points de vie, ainsi que des vies et des voitures de police.
Limitée à une seule par vie ou par niveau, l’attaque spéciale consiste à appeler une voiture de police pour venir balayer l’ensemble des ennemis présents à l’écran. L’animation est même différente selon la personne qui l’utilise : un coup de bazooka projetant des flammes pour le joueur 1, et une mitrailleuse envoyant une rafale de projectiles pour le joueur 2. Si ce dernier peut rejoindre la partie à tout moment, il doit le faire avant que les murs du repaire du syndicat ne l’en empêchent, tout comme l’appel de la police n’est plus possible à ce stade du jeu. Relativement plat, le level design laisse tout de même place à des trous de chantier à éviter au niveau du pont, à un scrolling vertical au niveau de l’ascenseur, et un scrolling de droite à gauche pour varier au dernier niveau.
Classiques mais variés, les ennemis vont du loubard de base au pratiquant d’arts martiaux, en passant par le punk effectuant des glissades, au lanceur de hache et la femme munie d’un fouet (toute ressemblance avec Poison de Final Fight serait fortuite). Les boss arborent de grands sprites entre le lanceur de boomerang, le fonceur muni de griffes, le lutteur, le cracheur de feu et les combattantes dont le sprite est calqué sur celui de Blaze avec une autre couleur. Si les premiers apparaissent seuls ou en binôme selon le nombre de joueurs, ces dernières sont toujours deux, ce qui rend le combat particulièrement difficile quand le joueur est seul. Pour augmenter la durée du jeu et lui octroyer un petit pic de difficulté, l’ensemble des boss font leur retour au dernier niveau, ceux des niveaux 2 et 6 étant les mêmes, et l’ascenseur n’en comportant pas. En bon boss final, Mr. X ne peut s’empêcher de faire venir des hommes pour l’épauler tandis qu’il tire de loin avec sa dégaine de dictateur.
Précurseur pour son époque, le jeu dispose tout de même de deux fins suite à la proposition de Mr X aux joueurs de rejoindre ses rangs, jouer seul donnant automatiquement la fin classique où les héros gagnent. Si par malheur les deux joueurs répondent oui, ils sont renvoyés au niveau 6 et doivent refaire tout le chemin jusqu’à Mr X. S’ils répondent non, ils combattent classiquement le boss final à deux.