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Liste des sujets

Fanfic : Evil project, 250 ans après.

Kirby64
Kirby64
Niveau 10
21 juillet 2006 à 23:43:31
  • sigh* un page sans chapitre, déprimant -_-
Kirby64
Kirby64
Niveau 10
21 juillet 2006 à 23:43:56

~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~ Index : Evil Project, 250 Ans Après ~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~

Page 1 :
Introduction
Chapitre 1 : La peur de l´oubli
Chapitre 2 (partie 1) : La violence gratuite
Chapitre 2 (partie 2) : Les accidentés
Chapitre 3 : Choc émotionnel
Chapitre 4 : Evénements tragiques
Chapitre 5 : Sombre coïncidence
Chapitre 6 : Séparation
Chapitre 7 : Le début du cauchemar
Chapitre 8 : 11 ans après...
Chapitre 9 : De nouvelles connaissances
Chapitre 10 : Deux jours, deux duels
Chapitre 11 : Vharley
Chapitre 12 : Première mission, deuxième duel
Chapitre 13 : Retour à la case départ
Chapitre 14 (partie 1) : Libération
Chapitre 14 (partie 2) : Naissance
Chapitre 15 : Retrouvailles mouvementées
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-1-0-1-0-0.htm

Page 2 :
Chapitre 16 : Une nuit étoilée
Chapitre 17 : Une victime de plus
Chapitre 18 : Deuxième évasion
Chapitre 19 : La perforeuse d´émeraude
Chapitre 20 : Inscriptions
Chapitre 21 : Un jeu clandestin
Chapitre 22 : Que le combat commence !
Chapitre 23 : Les deux boucliers invincibles
Chapitre 24 : La joie et la colère
Chapitre 25 : Nouvelle crise
Chapitre 26 : Perforeuse d´émeraude et tueuse d´opale
Chapitre 27 (Partie 1) : Capture
Chapitre 27 (Partie 2) : Poursuite
Chapitre 28 : Vengeance
Chapitre 29 : Rêves étranges
Chapitre 30 : Opposition
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-2-0-1-0-0.htm

Page 15 :
Chapitre 31 : Pacte avec le diable
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-15-0-1-0-0.htm

Page 18 :
Chapitre 32 : Les explications
Chapitre 33 : P.P.
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-18-0-1-0-0.htm

Page 21 :
Chapitre 34 : Entre rêve et réalité
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-21-0-1-0-0.htm

Page 22 :
Chapitre 35 : Danger futur, ennemi présent
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-22-0-1-0-0.htm

Page 24 :
Chapitre 36 : Changements
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-24-0-1-0-0.htm

Page 29 :
Chapitre 37 : Transmutation Resurectionelle
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-29-0-1-0-0.htm

Page 30 :
Chapitre 38 : Menace sans nom
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-30-0-1-0-0.htm

Page 31 :
Chapitre 39 (Partie 1) : Les apparences sont toujours trompeuses
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-31-0-1-0-0.htm

Page 36 :
Chapitre 39 (Partie 2) : Préjugés
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-36-0-1-0-0.htm

Page 37 :
Chapitre 40 : D´étonnement en surprises
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-37-0-1-0-0.htm

Page 41 :
Chapitre 41 : Rattrapage
Chapitre 42 : La cité céleste
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-41-0-1-0-0.htm

Page 42 :
Chapitre 43 : Irréversible
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-42-0-1-0-0.htm

Page 44 :
Chapitre 44 : Tout n´est pas parfait
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-44-0-1-0-0.htm

Page 45 :
Chapitre 45 : Dans l´antre du diable
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-45-0-1-0-0.htm

Page 46 :
Chapitre 46 (Partie 1) : Unité 35
Chapitre 46 (Partie 2) : 35, 47, 64, 78
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-46-0-1-0-0.htm

Page 48 :
Chapitre 47 : Solitude
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-48-0-1-0-0.htm

Page 50 :
Chapitre 48 (Partie 1) : Intouchable
Chapitre 48 (Partie 2) : Sept heures passées
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-50-0-1-0-0.htm

Page 53 :
Chapitre 49 : Tragédie
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-53-0-1-0-0.htm

Page 54 :
Chapitre 50 : La terrible louche vengeresse du démon sans ombre
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-54-0-1-0-0.htm

Page 55 :
Chapitre 51 : Famille brisée
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-55-0-1-0-0.htm

Page 56 :
Chapitre 52 : Visite imprévue
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-56-0-1-0-0.htm

Page 57 :
Chapitre 53 (Partie 1) : Echange de connaissances
Chapitre 53 (Partie 2) : La tragédie recommence
Chapitre 54 (Partie 1) : Colère et bonne volonté
Chapitre 54 (Partie 2) : Prisonniers
Chapitre 55 : Beauté glaciale et sang glacé
Chapitre 56 : Prisonnier des glaces
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-57-0-1-0-0.htm

Page 58 :
Chapitre 57 : Réunion de famille
Chapitre 58 : 15 miles plus loin
Lien :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-8674-3559453-58-0-1-0-0.htm

Extras :
Dessin De 64 :
http://artpad.art.com/gallery/?ig6neha6o2s
Dessin De Philis (couleur) :
http://artpad.art.com/gallery/?ihewog1gu6e8
Dessin de Philis (noir/blanc) :
http://img164.imageshack.us/full.php?image=philis0013fs.jpg
Dessin De Génis Adulte :
http://img495.imageshack.us/full.php?image=genisep3mu.jpg

¤ AVANCEMENT :
CHAPITRE 59 : 99%
CHAPITRE 60 : 99%
CHAPITRE 61 : 99%
CHAPITRE 62 : 99%
CHAPITRE 63 : 99%
CHAPITRE 64 : 99%
CHAPITRE 65 : 99%

Shadul
Shadul
Niveau 4
21 juillet 2006 à 23:44:16

Fervac :d) Moi je dis que c´est de l´intoxxx cette petite vantardise :-p (ca se dit d´ailleurs? xD)

Fada :d) Tu jouerais pas avec le feu toi ? ^^

Bon direction le BaBar ^^

Maitre-Misha
Maitre-Misha
Niveau 10
21 juillet 2006 à 23:45:00

Fervy :d) Mouais... La belle affaire... :o))

Au fait, "les réactions dÛes aux sentiments", "l´ange s´était mis à l´éviter", "sans qu´il NE comprenne réellement pourquoi".

:-)

Fervac_le_brave
Fervac_le_brave
Niveau 10
21 juillet 2006 à 23:50:43

Pff bon voilà je l´avais dit à Kirb m´enfin là c´est définitif, je me reproposerai plus... Pff il m´a owned ma soirée l´autre là... chuis blazé :/

Bon allons nous changer les idées sur le bar :-)

Kirb pour ton comm le voilà : Bof. :gni:

Kirby64
Kirby64
Niveau 10
22 juillet 2006 à 01:06:58

Fervac :d) si tu crois que je vais me contenter de ça tu te fou le doigt dans le [la décence m´interdit d´écrire le mot] :p)
Mais bon, je te donne une occasion de te racheter en faisant un commentaire plus développé sur le chapitre 59 :-p

Chapitre 59 : Règles de vie

La nuit était tombée depuis quelques heures sur la cité d’Aminarha mais la ville restait active malgré tout. L’eau de la fontaine avait cessé de couler, remplacée par d’étranges feuilles fantomatiques qui éclairaient la place de leur lueur dorée. Les ruelles s’éclairaient d’elles-mêmes : les bâtiments étaient couverts de symboles dorés, invisibles le jour et brillants la nuit, qui émettaient de nombreuses petites lueurs blanches flottant dans l’air telles des lucioles…

Le groupe était attablé dans une taverne. Le brouhaha des conversations environnantes leur permettait de discuter tranquillement sans risque de se faire entendre… Ils durent cependant interrompre leur conversation car le propriétaire de la taverne en personne venait de se présenter à eux.
« Est-ce que monsieur désire autre chose pour s’hydrater ou se divertir ? » demanda-t-il à Drilaz.
Les autres membres du groupe, bien qu’ayant été témoins de nombreuses autres scènes du genre au cours de la journée, avaient toujours du mal à s’habituer au fait d’entendre les habitants de la ville appeler Drilaz « monsieur »…
« Ça ira » répondit simplement 64 à la place du reptile.

Le propriétaire, qui s’occupait de la table où le groupe se trouvait depuis le début, alors qu’il aurait pu envoyer l’une de ses serveuses, fit une légère révérence à Drilaz avant de s’éloigner.

« Récapitulons, reprit 64, nous sommes dans un monde dirigé entièrement par un dénommé Altaïr. Bien que toute la population le vénère comme un dieu bienfaiteur, il n’y a aucune statue de lui dans la ville, aucun portrait de lui, même dans les livres. On sait qu’il a bâti toutes les villes en un clin d’œil, qu’aucune arme ne peut le blesser et qu’il est capable d’abattre une armée entière sans le moindre problème… Quoi d’autre ?
- On sait aussi qu’il est capable de modifier les cristaux du Cruxis pour qu’ils soient compatibles avec un maximum de personnes, continua Zack, ce qui explique pourquoi je n’ai encore croisé aucun habitant qui n’avait pas de cristal sur lui. Il peut également les modifier pour déclencher la progression de l’Angelus Cristallus Inofficium Chronique chez les condamnés à mort. On sait également que c’est lui qui choisit de rendre les nouveaux-nés plus ou moins « nobles » selon sa propre appréciation en les fusionnant avec des animaux ou des monstres.
- Le degré de noblesse est évalué en fonction de deux facteurs, ajouta Zeratos, l’apparence et le mana. Plus l’apparence de quelqu’un se rapproche de l’animal avec lequel il a été fusionné à la naissance, plus il est considéré comme noble. Le principe est le même pour le mana. Avec ce système nous sommes donc en bas de l’échelle sociale, à l’exception de Drilaz, Vharley et 64 qui font partie de l’élite.
- Je me suis un peu renseigné sur les relations entre les habitants, déclara Philis, en apparence nous avons affaire à une société harmonieuse mais j’ai vite découvert qu’il y avait de fortes discriminations. Même s’il n’y a pas de manifestations violentes grâce aux interventions des gardiens, les tensions sont tout de même présentes. Il y a les « inférieurs », aussi appelés « désarmés naturels » qui n’ont aucun degré de noblesse. Ils sont considérés comme des moins que rien, un peu comme les demi-elfes de Tesseha’lla avant la réunification de nos mondes. Ensuite, les nobles eux-mêmes se divisent en deux parties : les diurnes et les nocturnes; les membres de ces deux groupes étant désignés en fonction des animaux avec lequel les habitants sont fusionnés. Et d’après les dires de certains, il y a même des rivalités naissantes entre les gardiens.
- J’en ai entendu parler aussi, intervint Xenora, apparemment ces rivalités ont commencé à apparaître il y a cinq ans, lorsque les gardiens sont revenus d’un « voyage » qu’Altaïr leur avait ordonné de faire. La « gardienne première », qui dirigeait les six autres, n’était plus en état d’assurer ses fonctions. Les autres gardiens ont alors commencé à vouloir devenir « gardien premier » à leur tour. Mais visiblement Altaïr aurait refusé, prétextant que tant que la gardienne première n’était pas morte, personne n’aurait le droit de la remplacer. Les autres gardiens se mettent alors régulièrement des bâtons dans les roues, se volant régulièrement des zones d’influence pour avoir le plus grand territoire possible. D’après les rumeurs, la dénommée Vayoleth serait partie favorite pour succéder à l’actuelle gardienne première. Loin derrière, à peu près à égalité, se trouveraient un certain Raid et une dénommée Blou.
- J’ai aussi remarqué que personne n’utilisait la magie, signala Vharley.
- Tu plaisantes ou quoi ? s’étonna Xenora, ça grouille de magie dans cette ville.
- La ville oui, expliqua le guerrier, tous les sortilèges s’activent sans que personne n’ait besoin de les déclencher. Mais les habitants ne savent pas pratiquer la magie. Il paraît que c’est un art divin que seuls Altaïr et les gardiens sont autorisés à pratiquer. Ce qui veut dire que si on veut rester discrets, il va falloir faire une croix sur les sorts…
- Nous avons donc de la discrimination à plusieurs niveaux, quelques élus qui se sentent bien supérieurs au reste de la population et une personne qui dirige le tout, récapitula 64, on se croirait revenus à l’époque de Mithos…
- A ce propos, intervint Zeratos, j’ai trouvé un livre sur Mithos Yggdrasil à la bibliothèque. »

Tout le groupe dévisagea l’épéiste.
« Bah quoi ? s’étonna ce dernier, j’ai pensé que c’était un bon endroit pour se renseigner sur les habitants et leurs coutumes…
- On s’en fiche de ça, rétorqua Vharley, qu’est-ce qu’ils disent sur Mithos ?
- A vrai dire, au départ je pensais qu’ils parleraient de lui comme d’un héros qui les aurait isolés du danger grâce à son épée ou une autre ânerie du genre, expliqua le jeune ange, mais en fait il est plutôt qualifié comme un être abject qui aurait tenté de se débarrasser d’Altaïr en utilisant une puissance qui n’était pas la sienne. Voyant qu’il ne faisait pas le poids, Mithos aurait fui en emportant avec lui les deux tiers du monde et la quasi-totalité de son mana, condamnant ainsi le dernier tiers du monde et ses habitants à un dépérissement certain. D’après le livre, Altaïr aurait déjoué cette tentative de destruction par trois mesures : la restriction de magie dont a parlé Vharley et la limitation du nombre d’êtres vivants à un nombre relativement fixe, ce qui a permis de limiter la consommation de mana au strict nécessaire.
- Quelle est l’autre mesure ? demanda 64.
- Apparemment, seul Altaïr est capable de mettre en œuvre la troisième mesure, répondit l’épéiste, il s’agit du renouvellement du mana.
- C´est-à-dire ? interrogea Zack.
- Lorsqu’un habitant est sur le point de mourir, commença Zeratos, son cristal est réglé pour lui aspirer tout le mana. Altaïr se manifeste alors pour récupérer le cristal et redistribuer le mana qu’il contient à la planète. D’après le livre, il lui arriverait même d’en créer à partir de rien pour en fournir à la planète afin que le monde prospère.
- C’est impossible ! s’exclama l’alchimiste, on ne peut pas créer du mana comme ça. Déjà qu’il est quasi-impossible de générer du mana à partir de quelque chose, alors à partir de rien…
- Quand on y réfléchit c’est pourtant ce que fait l’arbre de notre monde, intervint Philis, mais c’est vrai que cette histoire parait invraisemblable. C’est impossible d’être aussi puissant, soit Altaïr manipule les habitants et a changé des passages de l’histoire comme l’a fait Mithos, soit il tire sa puissance de quelque part. Peut-être même qu’il s’agit d’un mélange des deux. »

Un long silence s’installa. Tous pensaient à la même chose, Altaïr ne pouvait être qu’un imposteur qui se faisait passer pour un dieu qu’il n’était pas. Visiblement il n’aimait pas Mithos, probablement à cause d’un différend avec lui, mais il se comportait exactement de la même manière à peu de choses près : Mithos s’était fait passer pour un héros et non un dieu, mais d’un autre côté Altaïr satisfaisait les besoins de la majorité de la population, contrairement à Mithos qui en sacrifiait la moitié en permanence. Un autre détail entrait en compte, Altaïr ne semblait pas avoir de compagnon au courant de sa véritable nature qui serait susceptible de le trahir comme l’avaient fait Kratos et Yuan face à Mithos.

64 était pris de cette étrange impression de déjà vu, mais les changements par rapport à ce qu’il avait lu dans les livres d’histoire suffisaient à l’empêcher de savoir comment réagir face à cela. Il n’y avait pas d’esprits originels avec lesquels conclure des pactes, pas d’épée capable de réunir ce monde avec l’autre, pas de traître avec qui entrer en contact, rien. Tout passait par Altaïr et personne d’autre. Or ce dernier ne semblait pas des plus faciles à éliminer… Cette sensation de ne pas savoir quoi faire dans une situation pareille était particulièrement désagréable.

C’est alors que 64 réalisa qu’en réalité il savait quoi faire, il s’était simplement trompé d’objectif. Il ne cherchait pas à se débarrasser d’Altaïr, encore moins de réunir ce nouveau monde avec celui dont il était arrivé. Il cherchait juste à retrouver sa mère, l’actuelle gardienne première, ce qui était d’une simplicité déconcertante…

« L’un de vous sait comment on entre en contact avec Altaïr ? demanda le demi-elfe.
- Attends, me dis pas que tu comptes gentiment lui demander d’arrêter de se faire passer pour un dieu, lança Vharley, déjà c’est pas ton genre et en plus je doute qu’il accepte.
- Je me fiche de ce qu’il fait, rétorqua 64, s’il a envie de se faire vénérer pour satisfaire son égo c’est son problème, si les habitants se font manipuler par un imposteur c’est leur problème. Je n’ai ni le temps ni l’envie de me soucier de ce qui ne me concerne pas, la seule chose que je souhaite c’est de retrouver ma mère et ma sœur. Et pour y parvenir, les seules pistes que j’ai sont Altaïr et ses gardiens.
- Alors tu vas laisser faire ça sans réagir ? s’indigna Xenora.
- En quoi ça vous regarde puisque vous allez partir ? » lança le sans nom.

Cette réponse jeta un silence glacial dans la conversation. Sur ces mots 64 se leva et prit les escaliers pour rejoindre les chambres de la taverne qui faisait également office d’auberge, suivi de près par Drilaz.

« Qu’est-ce qui lui prend d’un seul coup ? s’étonna Vharley.
- Essayez de le comprendre aussi, intervint Philis, il nous considère comme ses seuls amis et tout à l’heure vous n’avez pas hésité à dire qu’une fois tout ceci fini vous partiriez sans la moindre hésitation…
- Attends, coupa Zeratos, il nous reproche quand même pas de vouloir rentrer chez nous ?
- Il vous reproche de vouloir le quitter dès que l’occasion se présentera, corrigea l’archère, pour Zack qui veut rejoindre sa mère à la rigueur je comprends. Mais vous, qu’est-ce qui vous attend là-bas ? Vos parents sont morts et votre maison détruite…
- Une maison ça se reconstruit, fit remarquer l’épéiste d’un air mauvais.
- Tu arriverais à vivre dans un endroit où tes parents se sont fait tuer ? questionna Philis, moi je sais que j’en serais incapable.
- Nous c’est différent, lança Xenora, on n’a pas la mort de nos parents sur la conscience contrairement à toi. »
En entendant ces mots, l’archère se leva brusquement en fixant l’elfe d’un regard meurtrier, serrant le poing pour ne pas être tentée de saisir son arc. Puis elle se dirigea vers les escaliers qu’avait emprunté 64, essayant à la fois de se calmer et de ne pas céder aux larmes.
Xenora s’en voulut immédiatement d’avoir dit cela. Elle n’avait pas voulu blesser Philis, seulement elle avait cédé à la colère en entendant le discours de celle-ci…

Un nouveau silence s’installa autour de la table. Bien que les autres clients de la taverne semblaient bien s’amuser, l’ambiance n’était pas très festive.
« Alors… hésita Zeratos, qu’est-ce qu’on fait ?
- Comment ça ? demanda Vharley.
- Bah, maintenant que j’y pense c’est vrai qu’on n’a pas beaucoup de raison de retourner dans l’autre monde une fois que ça sera fini, déclara l’épéiste, alors je me disais qu’on pourrait rester ici… Avec Vharley considéré comme faisant partie de l’élite, on aurait certainement une vie meilleure ici que là-bas…
- J’ai vécu de trop bons moments à Triet pour décider de rester ici comme ça » répondit le guerrier.

Les deux frères adoptifs se tournèrent alors vers Xenora, la dernière du trio qui n’avait pas encore parlé sur le sujet. Cette dernière ne savait pas quoi répondre, ses deux frères adoptifs avaient des arguments relativement pertinents. Elle pensa alors à la situation par rapport à son propre point de vue. D’un côté des failles se trouverait 64, qu’elle avait du mal à imaginer loin d’elle, et de l’autre se trouverait Zack, son demi-frère. Mais cela dérangerait-il vraiment l’alchimiste si cette dernière décidait de rester ?

« Zack, est-ce que… commença-t-elle.
- Les affaires de ta famille restent dans ta famille » trancha simplement l’ex-militaire avant de se lever pour rejoindre à son tour l’étage des chambres.

Un nouveau silence s’installa. Décidément, le groupe avait vécu de meilleures soirées. Il ne restait plus que trois personnes autour de la table, trois personnes qui voulaient rester ensemble coûte que coûte. Zeratos voulait rester, Vharley voulait rentrer et Xenora ne parvenait pas à trancher pour régler la question. Pourtant il était hors de question de séparer ce qu’il restait de leur famille…
« J’y pense Zeratos, commença Xenora, tu n’avais pas des frères qui ont quitté la maison avant qu’on arrive ?
- J’en avais trois, confirma l’épéiste, mais entre celui qui est mort, celui qui a disparu et le dernier qui refuse tout contact avec la famille depuis une grosse dispute, on peut considérer que je n’ai pas vraiment de frère biologique… Vous êtes tout ce qu’il me reste.
- C’est la même chose pour moi, déclara Vharley, j’ai bien un père mais j’ai coupé tout contact avec lui depuis que je suis venu à Triet, je ne sais même pas s’il est encore en vie…
- Moi non plus je n’ai plus grand-chose, signala Xenora, à part un demi-frère qui se fiche complètement de mon existence… Je suis désolée mais je n’arrive pas à trancher.
- C’est bien la première fois qu’on se trouve dans une égalité parfaite, fit remarquer Zeratos, d’habitude il y a toujours au moins deux contre un lorsqu’il faut faire un choix important…
- Il va falloir reporter le problème à plus tard, proposa le guerrier, le temps que Xenora prenne une décision ou que l’un de nous change d’avis…
- En attendant je propose qu’on tente de rattraper un peu le coup vis-à-vis de 64 et qu’on l’aide à entrer en contact avec Altaïr, suggéra la sœur du trio.
- Toi, t’as une idée en tête » conclut l’humain.

Un sourire malicieux orna le beau visage de l’elfe juste avant qu’elle ne partage son idée avec ses frères…

Stella_Merines
Stella_Merines
Niveau 10
22 juillet 2006 à 02:12:49

:ouch: :ouch: :ouch:

What´s a long long long Fanfiction

Kirby64
Kirby64
Niveau 10
22 juillet 2006 à 02:26:01

et qui n´est pas finie j´en ai peur :o))

Stella_Merines
Stella_Merines
Niveau 10
22 juillet 2006 à 02:29:46

J´ose meme pas la lire j´ai peur de rester accros et de passer la nuit dessus

Kirby64
Kirby64
Niveau 10
22 juillet 2006 à 02:31:48

Mouhahaha, terrible chose qu´est une fic, il suffit qu´il y ai le moindre petit détail qui accroche et on fini par ne plus pouvoir la lâcher :diable:

Stella_Merines
Stella_Merines
Niveau 10
22 juillet 2006 à 02:41:06

D´ailleurs est-ce que tu lis la mienne?

Kirby64
Kirby64
Niveau 10
22 juillet 2006 à 03:13:24

Chapitre 60 (Partie 1) : Vayoleth

La pièce était sombre, seul un cercle de deux mètres de rayon était éclairé, il était impossible de voir au-delà de la zone qu’il délimitait. Deux petites lueurs violettes apparurent au loin et s’approchèrent pendant que d’étranges cliquetis métalliques retentissaient…

« Tu es venu, mon enfant… » résonna une voix dans l’ombre.

Tout se déforma pour laisser place à une pièce richement décorée. Cette pièce, Xenora la connaissait, elle l’avait déjà vue…
Philis se tenait face à elle, comme la dernière fois elle tenait fermement son arc. Cette fois-ci, l’elfe put voir les yeux de l’archère devenir humides avant que celle-ci ne décoche sa flèche mortelle…

Xenora se réveilla en sursaut, couverte de sueur, la respiration haletante. Elle s’essuya le visage en reprenant son souffle. Le soleil se levait à peine, il était encore trop tôt pour mettre le plan en œuvre. L’elfe savait pertinemment qu’elle n’arriverait pas à se rendormir, c’est pourquoi elle commença à se déshabiller avant d’aller prendre un bain.
Durant sa baignade, la magicienne s’interrogea sur les visions qu’elle venait d’avoir. La deuxième était très claire : Philis allait tuer quelqu’un, encore fallait-il savoir qui serait la victime… Mais tant que la pièce dans laquelle se déroulait la scène du meurtre n’apparaissait pas dans la réalité, il n’y avait pas de réelle urgence.
La première vision, quant à elle, était plus inquiétante… Que signifiaient ces deux lueurs qui s’avançaient dans un bruit métallique ? Et cette phrase, « tu es venu, mon enfant » qui résonne dans l’ombre… De quel enfant s’agit-il ? 64 peut-être… Mais si c’était le cas, alors pourquoi ces deux lumières et ce bruit de métal ?

Là encore la réponse viendrait plus tard, tant qu’elle ne savait pas où et quand se déroulerait la scène, la magicienne ne pouvait rien faire…
Xenora sortit de son bain et essora sa longue mèche qui lui descendait le long du dos avant de se sécher le reste des cheveux, puis tout son corps, avec une serviette. Son regard tomba alors sur un grand miroir accroché au mur. Avant de s’habiller, l’elfe ne put s’empêcher de s’observer dans la glace.
Vraiment, elle ne voyait pas en quoi elle pouvait déplaire à 64. Qu’est-ce qui n’allait pas ? Sans qu’elle comprenne pourquoi, le demi-elfe ne semblait pas vouloir de sa compagnie. Il ne la rejetait pas bien entendu, mais il ne lui donnait pas la moindre occasion de lui prouver son affection pour lui.
« Il lui faut peut-être plus de temps, songea la magicienne en soupirant, après tout il n’est sûrement pas habitué à ce genre de choses... »
Lorsqu’elle eut fini de se rhabiller, quelqu’un frappa à la porte de sa chambre.

Il s’agissait en fait de Zeratos qui était venu la chercher, un bref coup d’œil dans le couloir permit à l’elfe de voir que Vharley et Zack étaient également levés.
« Où est 64 ? questionna-t-elle.
- Il a laissé un mot, murmura Zeratos pendant que sa sœur sortait dans le couloir, il est parti acheter de la nourriture avec Drilaz. Ça nous laisse le temps de tout préparer avant qu’il ne revienne. Et Philis ?
- Quand je suis allée me coucher elle n’était pas dans la chambre, fit remarquer Xenora en fermant la porte de la chambre, et elle n’est pas rentrée de la nuit. »

Elle s’avança alors en tête du groupe en direction des escaliers qui menaient à l’étage inférieur.

« Et au lieu de te couvrir de cet horrible parfum, essaie de te laver un peu, conseilla-t-elle à l’épéiste, tu sens le fauve. »
En entendant ces mots, Zeratos se renifla les aisselles.
« Il est très bien ce parfum… » dit-il.

Une demi-heure après, 64 arrivait, accompagné de Drilaz. Le lézard portait sur son dos un sac rempli de nourriture.
« Je pense qu’on devrait éviter de leur parler du petit différend qu’on a eu avec le vendeur, suggéra le demi-elfe, notre argent n’a peut-être aucune valeur ici mais j’imagine que Xenora n’aurait pas apprécié notre méthode… »
Drilaz hocha la tête en signe d’acquiescement.
« Mais aussi il faut avouer que lui arracher le bras était un peu excessif » ajouta 64 sur un ton de reproche.
Pour toute réponse, Drilaz haussa les épaules. Le demi-elfe voulut rajouter quelque chose lorsqu’un bruit d’explosion l’interrompit. Les deux frères tournèrent ensemble leur regard vers le lieu de l’explosion : c’était l’auberge où ils avaient passé la nuit. Le reste du groupe se trouvait juste devant l’entrée, à l’exception de Philis qui n’était pas présente.
64 courut pour deux raisons : savoir ce qui avait provoqué l’explosion et s’assurer que Philis n’était pas dans l’auberge.

« On se calme, conseilla Zeratos, il n’y a aucune victime. On s’est assurés qu’il n’y avait personne en ayant réservé toutes les chambres de l’auberge la veille. C’est Zack qui a synthétisé leur monnaie grâce à l’alchimie.
- Et Philis ? demanda 64.
- Disparue, répondit simplement Xenora, on pensait qu’elle serait de retour avant qu’on ne fasse tout exploser…
- Ah, soupira le demi-elfe, donc elle n’est pas dans… Quoi ?!
- Tu voulais entrer en contact avec Altaïr ou non ? lança Vharley.
- Oui mais…
- Eh bien c’est de loin la méthode la plus efficace, signala Zack, la magie est interdite et toute trace de violence est régulée par les gardiens. Avec une mélange des deux on est certains de pouvoir joindre un gardien ou même Altaïr. »

64 ne répondit pas. Il se contenta de regarder les restes du bâtiment brûler avant de se tourner vers Drilaz.
« Finalement on aurait pu leur parler du vendeur, déclara-t-il, ça n’aurait rien changé à la situation vu qu’ils ont des méthodes encore plus extrêmes que les tiennes… »
Le lézard pencha légèrement sa tête sur le côté en clignant des yeux. Puis il se mit à fixer un bout de la rue en grognant. 64 regarda dans la même direction et aperçut trois silhouettes au loin. Instinctivement, le sans nom se retourna pour observer dans la direction opposée : trois autres silhouettes se profilaient au bout de la rue.
« Moins d’une minute pour venir et nous encercler, dit le demi-elfe, ils ne traînent pas…
- La gardienne première manque à l’appel, annonça Zack, on pouvait s’y attendre vu qu’elle n’est plus en état d’assurer ses fonctions… »

Xenora connaissait parfaitement les personnes qui s’approchaient du groupe, mais pour les autres, c’était la première fois qu’ils apercevaient les gardiens dont ils n’avaient cessé d’entendre parler. A gauche se trouvaient la femme en bleu, au centre, accompagnée de l’homme en rouge ainsi que de celui vêtu de vert. A droite se trouvaient l’homme en orange, celui en jaune et, entre les deux, Vayoleth. Cette dernière était arrivée avec un sourire malsain qui s’alliait parfaitement à son regard de dérangée. Elle était la seule à laisser apparaître une quelconque expression sur son visage, les autres restants aussi impassibles que Philis, bien que leurs yeux suffisaient à leur donner des regards agressifs, voire effrayants.

« Inconnus, commença Vayoleth, vous êtes condamnés pour avoir usé de la magie à des fins violentes, enfreignant ainsi deux des lois fondamentales instaurées par le seigneur Altaïr. Veuillez vous identifier afin que vos noms soient donnés à la population comme ceux qui ont tenté de rompre l’équilibre de ce monde et qui seront punis comme il se doit.
- Nous exigeons également que vous nous révéliez la façon dont vous avez appris l’usage de la magie, ajouta la femme en bleu, cet usage étant réservé aux autorités que nous incarnons, il est de notre devoir d’éliminer la source afin qu’aucun incident du genre ne se produise de nouveau.
- Nous ne révèlerons ces informations qu’au seigneur Altaïr en personne, rétorqua Xenora.
- Ce n’est pas à vous de prendre de telles décisions, fit remarquer Vayoleth, nous sommes ici par la volonté d’Altaïr en personne et parlons en son nom, toute information lui étant destinée devra passer par nous. Si vous ne coopérez pas… »

La gardienne dressa son index droit, les petites lames protégeant ses phalanges s’emboitèrent pour n’en former qu’une seule. La longue et fine lame ainsi formée coulissa le long de l’index, faisant désormais office de griffe.

« … Je me verrai dans l’obligation d’agir par la force » dit-elle.
Le regard de Vayoleth laissait paraître de plus en plus la folie meurtrière qui l’animait. Un léger rictus ornait son visage, laissant sous-entendre que la violence serait pour elle plus un plaisir qu’une réelle obligation.
« Parce que vous pensez sérieusement que la violence suffira avec nous ? » lança 64 sur un air de défi.

Pendant un court instant, le sourire de la gardienne sembla légèrement s’effacer avant de reprendre toute son ampleur. Elle fixa alors le demi-elfe droit dans les yeux en se léchant la lèvre supérieure. Suite à un bref mouvement du poignet, elle sortit toutes ses autres griffes.
A cet instant précis, tout le monde sortit ses armes, les membres du groupe comme les gardiens. Le seul qui n’avait pas encore bougé était 64. Ce dernier attendit que la scène se fige de nouveau, chacun jugeant du regard celui qu’il allait affronter, avant de serrer les poings. Six lames de métal, trois par gantelet, coulissèrent le long des poings du demi-elfe pour former des griffes.

Le son des lames glissant le long de la surface des gantelets attira le regard de Vayoleth. En voyant les armes que portait 64, son sourire s’effaça pour laisser place à la même expression d’impassibilité de ses congénères. La gardienne plongea alors de nouveau son regard dans celui du demi-elfe.
« Je l’affronte seule, déclara-t-elle, n’intervenez pas.
- C’est valable pour vous aussi » adressa 64 à ses compagnons.

Les deux adversaires se jaugèrent du regard encore un moment. Finalement, Vayoleth reprit la parole.
« Et si nous limitions ce combat à un simple duel ? proposa-t-elle, si je gagne, vous vous laissez faire prisonniers.
- Et si je gagne vous laissez partir mes compagnons et m’amenez jusqu’à Altaïr ou la gardienne première, répondit le sans nom, à vous de voir quel choix vous préférez…
- Ce sera Altaïr, choisit la gardienne, de toute façon j’avais prévu de te faire ramper devant lui en cas de victoire… »

Sur ces mots, Vayoleth disparut pour réapparaître juste devant 64, les griffes des deux combattants collées les unes aux autres.
« Rapide, constata la gardienne, peu de personnes arrivent à parer ma vitesse. Voyons jusqu’où la ressemblance se prolonge… »
La femme s’éloigna d’un bon en arrière avant de disparaître de nouveau, laissant un léger nuage de poussière à l’endroit d’où elle était partie. Au cours des secondes qui suivirent, Vayoleth ne cessait de disparaître pour réapparaître à un autre endroit, attaquant sans relâche à une vitesse fulgurante. Quant à 64, il n’arrivait qu’à parer la moitié des coups de son adversaire, cette dernière bougeait plus vite que ses yeux n’arrivaient à percevoir ses mouvements. Face à une telle combattante, le demi-elfe en arrivait à se demander comment il était parvenu à bloquer certains assauts de sa part.

Soudain, Vayoleth s’immobilisa à deux mètres du sans nom.
« Ta vitesse n’est pas mauvaise, bien qu’en dessous de mes espérances, lança la gardienne, disons qu’avec un peu d’entraînement tu aurais une meilleure garde. Même si je constate que tu n’en as pas énormément besoin… »
Elle avait dit cela en voyant le visage de 64 cicatriser des nombreuses entailles qu’elle y avait faites. Lorsque le visage du demi-elfe fut de nouveau indemne, la gardienne traça à l’aide de ses griffes un cercle d’un mètre de diamètre sur le sol.
« Voyons maintenant ta vitesse d’attaque, lança-t-elle, je ne sors pas de la zone et je ne réponds pas à tes coups. Quand tu veux… »
64 se jeta sur Vayoleth et enchaina les attaques. Mais la femme se défendait aussi efficacement qu’elle attaquait. Parfois de simples petits pas sur le côté suffisaient à lui permettre d’esquiver l’attaque, d’autre fois il lui suffisait de bloquer le coup avec ses griffes. Dans les cas extrêmes elle se contentait d’allier les deux mouvements.
« Bien, dit-elle en continuant de parer les attaques, maintenant on alterne attaque et défense… J’arrête également d’esquiver. »

Vayoleth continua de jouer ainsi avec le demi-elfe. Ce dernier attaquait sans relâche son adversaire qui ne parait les coups qu’avec sa main droite. De temps en temps, il était cependant forcé de se défendre face à la gardienne qui attaquait seulement avec la main gauche. Malgré le fait qu’elle n’esquivait plus et qu’elle ne se protégeait que de la main droite, 64 ne parvenait pas à la toucher une seule fois. Et bien qu’elle ne sortait pas du cercle pour attaquer avec seulement sa main gauche, au moins un coup sur trois parvenait à entailler la peau du demi-elfe.

64 en avait assez de servir de jouet à une femme complètement dérangée, il se laissa emporter par la colère… Ses yeux devinrent rouges et ses pupilles se réduisirent à des fentes. A cet instant, on vit l’expression de Vayoleth changer, pour la première fois elle avait besoin de se concentrer pour parer les assauts du demi-elfe dont la vitesse augmentait progressivement. Au bout d’un moment, la gardienne commença à se servir de ses deux mains pour parer les attaques. Puis, elle recommença à esquiver les attaques, sans quoi elle n’avait aucune ouverture pour répondre aux coups qui lui étaient portés.

La tournure du combat était en train de changer : Vayoleth n’arrivait plus à trouver d’ouverture pour contre-attaquer et le peu de coups qu’elle parvenait à asséner était paré par le demi-elfe. Sous la pluie d’attaques de 64, la gardienne fut forcée de reculer jusqu’à mettre un pied hors du cercle.

« Tu es sortie de la zone » lança le sans nom qui enchaînait toujours les coups à une vitesse fulgurante.
Suite à ces mots, le demi-elfe donna un coup de pied à l’arrière du genou de son adversaire afin de lui faire perdre équilibre. Cette dernière, ne s’attendant pas à un tel coup, ne put que céder sous la puissance de l’impact. Pendant sa perte d’équilibre elle se protégea le visage avec ses griffes afin de n’encaisser aucun dommage supplémentaire, mais elle ne pensa pas que le coup suivant ne serait pas physique.

64 généra une sphère de vent et l’envoya directement dans l’estomac de la gardienne qui fut propulsée à un peu moins d’une dizaine de mètres au loin…
Vayoleth pensa qu’elle aurait le temps de se relever, mais pendant qu’elle se remettait en position de combat elle sentit trois lames froides percer sa peau pour pénétrer son estomac. Le demi-elfe avait disparu pour réapparaître juste devant la gardienne, comme cette dernière l’avait fait au début du combat. La gardienne eut le temps de voir le visage de 64, couvert d’écailles noirâtres, avant de tomber au sol…

Kirby64
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Niveau 10
22 juillet 2006 à 03:13:44

Chapitre 60 (Partie 2) : Le vrai duel

64 s’avançait vers les cinq gardiens restants qui encerclaient ses amis. Son visage était couvert d’écailles noires par endroits, les pupilles de ses yeux rouges ne formaient qu’une fine fente verticale. A cet instant, il ne ressemblait plus à lui-même, son apparence se rapprochant plus de celle de Drilaz que du beau demi-elfe qu’il était habituellement, bien que les traits d’un humain figuraient encore sur son visage.

Les gardiens qui étaient le plus en avant reculèrent jusqu’au niveau des autres, préférant ne pas être plus proches de 64 que leurs compagnons. Les amis du demi-elfe s’écartèrent également, n’ayant pas envie de se trouver sur son chemin si ce dernier venait à lancer un nouvel assaut…

« Conduisez-moi jusqu’à Altaïr, ordonna 64.
- C’est hors de question » répondit le gardien rouge en croisant les bras.
Le mana du demi-elfe s’amplifia. Désormais une grande aura transparente l’entourait, comme s’il dégageait une chaleur terriblement intense.
« J’ai remporté le duel, fit remarquer le sans nom, d’après notre accord…
- On ne remporte un duel que lorsque l’adversaire n’est plus en état de combattre, coupa l’homme.
- C’est le cas » affirma 64.
Avant de répondre, le gardien jeta un œil par-dessus l’épaule du demi-elfe.
« C’est étrange, lança-t-il, je n’ai pas cette impression en la voyant. »

En entendant ces mots, le sans nom se retourna et constata que l’homme n’avait pas tort : Vayoleth était de nouveau debout, et elle aussi avait subi quelques changements.
Le cristal du Cruxis de la gardienne brillait à travers ses vêtements et ses ailes étaient sorties. Mais ce n’étaient pas les ailes que 64 était habitué à voir chez les anges. Pour commencer, les ailes n’étaient pas seulement reliées au dos de la combattante mais aussi à ses bras. Ensuite, ses ailes, constituées d’énergie mauve, ne ressemblaient pas à des ailes d’ange mais plus à celles d’une chauve-souris.

« Maintenant, commença Vayoleth, passons au véritable duel… »

Un simple battement d’ailes lui suffit pour arriver au niveau de 64. Ce dernier n’eut même pas le temps de cligner des yeux sous l’effet de la surprise qu’un violent coup de pied vertical l’avait propulsé à cinq mètres au-dessus du sol. Sans attendre, la gardienne était déjà à son niveau …

« Tu sais te battre, mais sais-tu voler ? » lui murmura-t-elle à l’oreille.

C’est sur ces mots qu’elle commença un combat aérien totalement inégal. Vayoleth se plaçait en dessous de 64, remontait au-dessus pour l’entailler au passage, tournait autour de sa proie en lui déchirant des bouts de peau à l’aide de ses griffes, puis le propulsait de nouveau avec un coup de pied avant qu’il n’atteigne le sol. Incapable de se défendre, le demi-elfe ne pouvait que tenter de toucher son adversaire lorsque celle-ci passait pour provoquer de nouvelles blessures.
Au bout de quelques instants seulement, un puissant coup de pied de la part de la gardienne projeta 64 droit sur le sol. Le sans nom perdit connaissance sous la force du choc…

Vayoleth atterrit à côté du corps de son opposant, ses ailes de chauve-souris toujours sorties. Le vampire angélique lécha lentement ses griffes couvertes de sang avant de donner ses instructions au reste du groupe

« Déposez les armes et suivez-nous sans faire d’histoire, ordonna-t-elle, nous avions un accord et je serais très irritée si je venais à apprendre que vous n’aviez pas l’intention de le respecter… »
Les jeunes combattants se regardèrent. Ils n’avaient aucune chance face à cette femme, surtout maintenant qu’ils étaient à cinq contre six. Tous jetèrent leurs armes au sol, à l’exception de Drilaz qui tenta une dernière action. Il commença à pousser un hurlement adressé à Vayoleth. Cette dernière ne se laissa pas impressionner par la colère du lézard, jusqu’à ce qu’elle aperçoive avec surprise une lumière blanchâtre naître au fond de sa gorge…

Les membres du groupe commencèrent à paniquer, connaissant les dégâts que pouvait provoquer cette attaque… N’étaient-ils pas trop près ? Ne risquaient-ils pas de se faire souffler par l’explosion ?
Soudain, Xenora eut un léger sursaut et une voix résonna dans sa tête.
« Je te croyais mort, ne me refais jamais une peur pareille… »

En entendant ces mots, elle décela de l’hésitation dans le regard de Drilaz. Ce dernier resserra alors ses mâchoires, annulant ainsi son coup, frustré de ne pouvoir intervenir…

« Bien, je vois que vous devenez déjà plus raisonnables, constata Vayoleth, maintenant laissez-vous faire. Toute résistance ne rendra l’opération que plus désagréable… »
Elle avait dit cela en contorsionnant ses doigts de manière à ce que chacune des griffes de sa main droite soit dirigée vers le front d’un membre du groupe. De petits éclairs apparurent entre les lames de métal, suivis d’un flash, puis ce fut le néant…

La lumière mauve qui constituait les ailes de Vayoleth se dispersa lentement pendant que celle-ci contemplait les corps inconscients des prisonniers qu’elle venait de faire. La gardienne souleva alors une fine chaîne en argent qui se trouvait autour de son cou jusqu’à faire apparaître un petit joyau attaché au collier. Le bijou ressemblait à une croix dont la branche droite avait été brisée et pourvue d’un rubis en son centre. La femme caressa lentement l’objet avec son pouce, ce qui eut pour effet d’illuminer la pierre précieuse.

« Captifs neutralisés, dit-elle, demande l’autorisation d’amener l’un d’eux pour interrogatoire. En attente des instructions pour les autres. »
Vayoleth se contenta ensuite d’attendre une réponse qui ne tarda pas à arriver.
« Message reçu, commença une voix semblant provenir du médaillon, autorisation d’interroger l’un des captifs accordée. Le reste doit également être amené pour une identification… »
Sur ces mots, le rubis cessa de luire, coupant ainsi toute communication entre la gardienne et son interlocuteur.

Vayoleth souleva le corps de 64, encore couvert d’égratignures, et souleva sa manche droite. Autour de son bras se trouvait un bracelet sur lequel était gravée de nouveau la fameuse croix à la branche brisée, à ceci près qu’en son centre le rubis avait été remplacé par une opale.
« Je prends celui-ci, adressa-t-elle aux autres gardiens, occupez-vous des autres et mettez-les dans des cellules séparées. »
Elle appuya ensuite sur l’opale de son bracelet, ce qui entraîna sa disparition complète, ainsi que celle de 64.
Ses camarades prirent chacun un des corps qui restaient et l’imitèrent, se dématérialisant les uns après les autres.

Philis avait observé la scène depuis le toit d’un des bâtiments faisant face à ce qu’il restait de l’auberge. Elle avait jugé bon de ne pas intervenir, du moins pas maintenant : il valait mieux que l’un des membres du groupe reste libre. De plus, les gardiens n’avaient pas encore conscience de son existence, ce qui lui donnait l’avantage de la surprise en cas de besoin…
Une chose était sûre, étant donné la force des gardiens et la soi-disant puissance d’Altaïr, elle ne pouvait pas agir seule sans avoir prévu son coup. Il lui fallait donc des renforts ou même un plan… voire les deux.
L’archère venant d’avoir une soudaine idée à exploiter, elle décida de ne pas s’encombrer les mains et rangea les fragments de cristaux qu’elle tenait dans la petite bourse prévue à cet effet. Elle sortit ensuite de sa poche une carte qu’elle venait de dérober à sa dernière victime, dont le corps se trouvait actuellement à deux rues d’ici. Ses yeux parcoururent la surface du parchemin à la recherche d’une zone précise qu’elle ne tarda pas à trouver.

« Trois jours de vol permanent, songea-t-elle avec agacement.
- Deux avec une pause d’une demi-journée pour récupérer » corrigea une voix dans sa tête.
L’ange tourna son regard vers le serpent qui se trouvait sur son épaule.
« Si tu me laisses faire librement bien entendu, ajouta ce dernier.
- Rien ne prouve qu’il existe encore des rebelles voulant le renverser, déclara Philis pour se trouver une excuse.
- S’il y en a ils sont là-bas, assura le sous-esprit, c’est le seul endroit de la carte qui ne fait partie d’aucune zone d’influence des gardiens.
- C’est normal étant donné le peu de ressources qu’il doit y avoir désormais » rétorqua l’archère.
Mais elle savait que la présence avait raison : si des rebelles se regroupaient quelque part, ça serait là-bas. Mais était-ce raisonnable ? Rien ne prouvait qu’il existait encore des personnes luttant contre Altaïr, ni qu’elles se regroupaient en nombre suffisant, ou même qu’elles accepteraient de lui venir en aide. En faisant ce détour, elle perdrait une journée de route vers la forteresse de cristal, le repère supposé de l’ennemi. Il valait peut-être mieux s’y rendre directement, en partant du principe que ses compagnons se trouvaient bien là-bas et non dans l’un des châteaux appartenant aux gardiens…

« De toute façon je ne peux pas perdre mon temps à hésiter, songea l’ange, sinon mes amis… »
Elle s’interrompit elle-même dans ses pensées. « Amis », voilà un mot qu’elle n’avait pas employé depuis longtemps, assez de temps pour ne plus se rappeler de la dernière fois qu’elle l’avait fait… Mais l’avait-elle seulement fait un jour ? Même avant la mort de ses parents, elle avait toujours eu des tendances solitaires et ne fréquentait les autres que par obligation… Excepté peut-être Rax, mais ce n’était même plus la peine de penser à lui désormais.
Philis réalisa alors qu’elle avait cessé de ressentir de la solitude depuis qu’elle connaissait 64. Maintenant elle n’était plus seule.
« Et je ne serai pas seule pour les libérer » songea-t-elle en survolant de nouveau la carte du regard.
L’ange se leva et sortit ses ailes de couleur émeraude, prête à s’envoler.
« Ligne droite. Aucun arrêt, ordonna-t-elle à voix haute en fixant l’horizon, manger, boire ou tuer ne seront pas des raisons valables pour ralentir la cadence au cours du voyage…
- Bien » siffla le serpent.
Sur ce dernier mot, l’ombre se dissipa en une aura noire qui enveloppa l’archère. Les ailes émeraudes s’en imprégnèrent et changèrent de couleur pour ressembler à de l’opale. Les yeux de Philis devinrent complètement noirs et un léger sourire orna son visage pendant qu’elle étendait ses ailes vers l’arrière. Quelques secondes après, elle était déjà sortie de la ville…

64 ouvrit lentement les yeux avant de cacher la lumière qui l’aveuglait avec sa main. Il se redressa en position assise avec difficulté, son corps toujours endolori à cause du dernier combat. Ou peut-être était-ce à cause de la surface en béton sur laquelle il avait dormi. Peu importait maintenant, la seule chose à faire était de découvrir où il se trouvait, puis d’envisager de sortir pour retrouver les autres.
Lorsque ses yeux commencèrent à s’habituer à la lumière, le sans nom regarda autour de lui. La pièce dans laquelle il se trouvait était sombre, très sombre. La lampe qui se trouvait au-dessus de lui n’éclairait que jusqu’à deux mètres autour de lui, rendant impossible toute visibilité au-delà de cette limite. A cause de la mauvaise vue qu’offrait la cellule, il était impossible de dire quelle taille faisait la salle. Même s’il avait voulu utiliser sa vision nocturne, 64 aurait été ébloui par la lumière.

Ses vêtements étaient déchirés par endroits mais il n’avait aucune blessure visible, son don de guérison avait déjà fait effet. Des fers, reliés au sol par des chaînes, lui entravaient les bras. Sans avoir à essayer, le demi-elfe devinait facilement que la longueur des chaines avait été prévue pour qu’il ne sorte pas du cercle de lumière. On lui avait également retiré ses gantelets. Ces derniers étaient probablement entre les mains d’Altaïr, ou peut-être que Vayoleth les avait rapportés à la gardienne première, pensant que 64 les lui avait dérobé…

La gardienne première, la seule piste qu’il avait sur sa mère, en dehors de la ressemblance physique et d’un comportement froid et cruel. Du moins, tout ceci se basait sur les seuls témoignages de Genis et Xenora. Bien qu’il ne mettait pas en doute la parole de l’elfe, 64 avait toujours du mal à faire confiance à Sage. Mais malgré cela, il ne pouvait qu’espérer que tout cela soit vrai. Après tout, il s’agissait de la seule piste sérieuse qu’il possédait.
« D’accord, songea-t-il, ma mère est une personne cruelle qui joue les chiens de garde d’un taré se prenant pour un dieu… Et alors ? Ce n’est pas pour autant que je vais finir comme elle… »

Curieusement, ses pensées se tournèrent alors vers Philis. Le demi-elfe avait certainement fait le rapprochement avec la famille peu recommandable, un point qu’ils avaient désormais en commun. Où pouvait bien se trouver l’archère ? S’était-elle fait capturer elle aussi ou cherchait-elle un moyen de les faire sortir ?

« Peut-être qu’elle s’est tout simplement enfuie » pensa sombrement 64 en s’allongeant.
Après tout c’était une bonne occasion de se tenir à l’écart de lui… Dernièrement l’ange avait tendance à maintenir une certaine distance avec lui.
« Tout ça à cause de cette stupide nuit à Flanoir, ragea-t-il intérieurement, je n’aurais pas dû lui dire si tôt. J’aurais dû attendre encore un peu. Si je lui avais dit après que le sous-esprit soit intervenu, ça ne se serait peut-être pas déroulé ainsi. Maintenant elle doit penser que c’est à cause de moi que… »
Le sans nom se redressa soudainement. Et si c’était ça la raison de cette mise à l’écart ? Et si…

« Tu as l’esprit vif à ce que je vois » intervint une voix venant de nulle part.

De nulle part, peut-être pas… La voix provenait en réalité d’un endroit situé quelques mètres hors de la zone éclairée. Il s’agissait de la voix d’une femme. L’expression était un peu froide, voire mécanique, mais il n’y avait aucun doute là-dessus, une femme venait de parler. Que voulait-elle dire par « esprit vif » ? Comment pouvait-elle savoir une telle chose alors qu’il n’avait pas parlé depuis le début ?

Un léger cliquetis métallique se fit entendre. La personne se trouvait vers la droite de 64. Ce dernier y aperçut deux petites lueurs mauves, à quelques mètres seulement du bord de la zone éclairée.
« Finalement tu l’as fait, ajouta la voix, pas la peine de me demander de quoi il s’agit, tu le sais très bien… Seulement tu doutes, tu as peur de te tromper malgré l’évidence. Mais ne t’inquiète pas, tu as fait ce qu’il fallait… »
64 se sentait mal à l’aise devant la présence, à peine avait-il le temps de penser à une question que la réponse était déjà prononcée. Qui pouvait bien le connaître au point de deviner ses pensées ?

« Ce n’est quand même pas… songea-t-il
- Si, coupa la voix, c’est bien moi… Ne t’inquiète pas. Tout va s’arranger, maintenant que… »
Au fur et à mesure que la personne parlait, sa voix se faisait de plus en plus chaleureuse, bien qu’ayant encore des expressions parfois mécaniques. Les deux lumières violettes s’approchèrent, accompagnées de ces étranges cliquetis métalliques, pour s’arrêter juste à côté de la zone éclairée.

« Tu es venu, mon enfant… » termina la voix.

Purple_Pearl
Purple_Pearl
Niveau 4
22 juillet 2006 à 03:52:46

Je sais, c´est excessivement rare que je mets un comm (même que je crois que c´est la première fois que je poste sur ta fic :hum: ), mais là après avoir lu ces nouveaux chapitres, j´ai l´impression que ma petite théorie foireuse n´est pas si foireuse que ça...

D´abord, le fait que Drilaz est considèré comme un frère pour 64, ensuite l´explication des gens fusionnés avec des animaux dont le degré de ressemblance à l´animal et celui de noblesse (bon là je t´apprends rien puisque c´est toi qui écrit la fic :rire2: ) et aussi la transformation momentanée de 64 dans le combat (peut-être pas rapport ça, mais bon)
Est-ce que... Drilaz soit en réalité une fille et qu´elle soit la soeur de 64? :doute:

C´est juste une théorie, mais... Argh! >_< Je devrais appliquer un petit peu plus souvent la loi du "wait and see" au lieu de m´ouvrir la trappe :hum:

Ah oui! J´oubliais :rouge: Excellente fic :oui: :bravo:

Kirby64
Kirby64
Niveau 10
22 juillet 2006 à 04:18:42

Purple_Pearl :d) tout d´abord, comme tu n´as effectivement jamais posté sur ma fic, je n´ai pu t´adresser la bienvenue parmi mes lecteurs :ok:

ensuite pour ce qui est de ta théorie, ça aurait pu se réveler interessant s´il n´avait pas été signalé vers le début que Drilaz avait été créé à partir du sang de 64, pas à partir d´un être vivant qu´on aurai fusionné avec un autre. Ce qui signifie qu´en plus d´avoir ce "frère artificiel", 64 a toujours sa soeur quelque part, mais ce n´est pas Drilaz ^^

Kirby64
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Niveau 10
22 juillet 2006 à 05:21:00

Chapitre 61 : La gardienne première

De nouveau cette grande pièce richement décorée. Combien de fois allait-elle vivre cet évènement ? Une fois encore, Xenora ne put que regarder la flèche décochée par Philis lui arriver en plein visage…

Un bruit métallique se fit entendre, comme si quelqu’un était frappé par une barre en fer. Puis, l’elfe entendit un grésillement suivi d’une voix.

« Aïe. »

La personne n’avait pas l’air d’avoir vraiment souffert. Elle avait dit cela d’un ton endormi, comme si la douleur l’ennuyait. Quel étrange rêve…
Le même bruit métallique, suivi du même grésillement et de la même voix, intervinrent de nouveau. Xenora se rendit alors compte qu’il ne s’agissait pas d’un rêve mais de la réalité. Elle ouvrit les yeux et se dressa immédiatement pour voir ce qui se passait. Au passage, elle constata qu’elle était dans une cellule. Les barreaux semblaient être plutôt solides en raison de leur épaisseur. Les cellules étaient séparées entre elles par d’autres barreaux et non des murs, ce qui permettait à la magicienne de voir les compartiments voisins.

Le bruit métallique qu’elle avait entendu provenait en réalité de Zeratos qui collait sa tête contre les barreaux de la cage. Au contact du front de l’épéiste, les barres de fer s’électrisaient et envoyaient du courant à travers le jeune ange, produisant un grésillement sonore. Puis, au bout de deux secondes, Zeratos relevait la tête, regardait le mur en face de sa cellule, prononçait le mot « aïe » d’un air peu convainquant, et collait de nouveau sa tête contre les barreaux… Xenora regarda la scène avec dépit, n’osant même pas imaginer le nombre de fois qu’il avait répété cette action avant qu’elle ne se réveille.

« Combien de temps je suis restée endormie ? demanda-t-elle.
- Quatre heures, trente-sept minutes et dix-huit secondes depuis le précédent grésillement… » répondit l’épéiste d’un air endormi avant de se plaquer de nouveau le front contre la barrière électrifiée.
L’elfe soupira en voyant une nouvelle fois son frère adoptif se laisser traverser par une nouvelle décharge.

« Tu es obligé de dire « aïe » à chaque fois ? questionna-t-elle, je pensais que tu ne ressentais plus la douleur depuis…
- C’est pour donner du réalisme, lança l’épéiste d’un air peu enthousiasme.
- Vivement qu’il se soit grillé tous les neurones parce que ça commence à me taper sur le système » intervint une voix rauque.
Xenora se retourna pour voir qui avait parlé : Zack se trouvait également dans une cellule voisine. Il était assis en son centre et regardait fixement ses bottes.
« Deux heures qu’il fait ça, ajouta-t-il.
- Deux heures, trois minutes et… commença le jeune ange en se laissant griller une fois de plus par le courant
- Bon on a compris ! » coupa la voix de Vharley.
Ce dernier se trouvait dans la cellule voisine à celle de Zack.

Xenora essaya de comprendre la situation et de trouver une issue. Ils étaient tous faits prisonniers dans des cellules séparées. Chaque cellule comportait de solides barreaux électrifiés, empêchant ainsi toute évasion. Elle se trouvait dans la cellule du centre, à sa droite se trouvaient Zack, puis Vharley. A sa gauche se trouvaient Zeratos, puis Drilaz. Ce dernier dormait d’ailleurs paisiblement, ouvrant l’œil de temps en temps pour surveiller les deux gardiens qui patrouillaient dans le couloir… Lui qui était si colérique, comment pouvait-il être aussi calme dans une pareille situation ? Surtout qu’il détestait être retenu de force…

L’elfe chercha alors son arme du regard : elle était posée contre un mur, accompagnée des armes des autres, gardée par le gardien en jaune. Si seulement elle avait au moins l’orbe de son bâton entre les mains, elle aurait pu l’utiliser pour récupérer le reste de l’équipement à distance…
L’autre gardien, habillé en orange, continuait de faire des allées et venues devant les cellules de chacun. Xenora ne voyait pas de solution pour sortir. Peut-être que quelqu’un d’autre avait une idée… Mais comment la communiquer au reste du groupe sans que les gardiens ne s’en aperçoivent ? Le regard de l’elfe tomba alors sur les mains de son demi-frère : Zack venait d’enfiler l’un de ses gants qui lui permettaient d’utiliser l’alchimie. Comment les gardiens avaient-ils pu passer à côté de tels objets lors de la fouille ? Ils avaient retiré toutes les armes, pourquoi pas celles-ci ?

C’est alors qu’elle comprit : les gardiens ne soupçonnaient certainement pas l’existence de l’alchimie, encore moins son fonctionnement. Ils sont donc bêtement passés à côté de ce détail, pensant qu’ils ne s’agissaient que de vulgaires gants en tissu sur lesquels étaient dessinés des symboles quelconques. Voilà qui donnait un avantage de taille pour une évasion…
Soudain, l’alchimiste se leva et s’approcha des barreaux de sa cellule, fixant le gardien vêtu de jaune qui lui faisait face.

« Qui doit-on tuer ici pour avoir de quoi manger ? » demanda-t-il à l’homme.
Ce dernier se contenta de regarder Zack avec ses yeux entièrement jaunes.
« J’aimerais une réponse, insista l’ex-militaire, sinon je risque de devenir assez violent. Je n’aime pas avoir le ventre vide… »
Le gardien ne répondit toujours pas et détourna son regard, le visage toujours dépourvu d’expression.
« Puisque personne ne veut m’apporter de quoi manger, reprit Zack, je sens que je vais sortir de là pour me servir moi-même. Je sais que ce n’est pas très poli de ma part, mais au moins vous apprendrez à vous occuper correctement de vos hôtes…
- Et comment tu comptes sortir ? lança finalement le gardien, même en résistant à l’électricité tu n’aurais pas assez de force pour tordre les barreaux. Et même si tu y parvenais on aurait largement le temps de te tuer avant que tu ne sortes… »

Pour toute réponse, l’alchimiste agrippa les barreaux avec ses mains. Des éclairs apparurent autour du demi-elfe, accompagnés d’un grésillement sonore. Mais curieusement, ce dernier ne sembla pas souffrir de la décharge. Il se contentait de tenir les barreaux avec un sourire aux lèvres. Le gardien s’approcha de la cage pour regarder la scène de plus près. Le prisonnier recevait bien des décharges mais cela ne semblait pas l’affecter…
« Toi et tes amis semblez être très résistants à la douleur, constata simplement le gardien, mais ça ne suffira pas à te faire sortir…
- J’en déduis donc que tu ignores le principe des matériaux isolants, rétorqua l’alchimiste, c’est une bonne nouvelle. L’évasion n’en sera que plus aisée… »

Sans prévenir, les barreaux de la cage de Zack se tordirent tous seuls pour s’enrouler autour du gardien. Le courant continua de circuler, ce qui eut pour effet de paralyser l’homme en jaune, désormais victime d’une violente décharge électrique.

Le gardien orange, qui se tenait à quelques mètres de là, appuya sur un bouton qui sembla couper le courant qui traversait les cages. Aussitôt l’homme en jaune se libéra en tordant les barreaux qui l’entravaient avec une étrange facilité. Il s‘approcha alors de Zack qui se contenta de s’agenouiller devant son adversaire.
« A votre place je ne serais pas aussi confiant, dit-il, je ne suis plus seul à combattre maintenant, ce qui n’est plus votre cas. »
Le gardien s’arrêta dans son avancée et regarda en direction de son allié. Pendant ce temps, L’alchimiste posa son doigt sur un petit cercle situé sur ses bottes. L’homme en jaune constata alors que son camarade venait de se faire tuer. Son corps gisait sur le sol, la nuque brisée. A côté du cadavre se trouvait Drilaz. Comment était-il sorti ?
Lorsque le gardien regarda de nouveau Zack, il était déjà trop tard : ce dernier venait de lui donner un coup de pied dans le cou. L’homme se paralysa, du sang coula sur le sol puis la victime tomba à terre, de nombreux trous percés dans sa gorge.

L’alchimiste appuya de nouveau sur le cercle de sa botte afin d’en faire disparaître les crampons en métal couverts de sang. Pendant ce temps, Drilaz commença à ouvrir les cages en arrachant les portes.
« Comment il a fait ? demanda Vharley, tout à l’heure il n’arrivait même pas à tordre les barreaux et là il a fait voler la porte à travers la pièce…
- Tout le monde était si occupé à me regarder me faire électrocuter que personne n’a vu que j’ai transmuté les barreaux de toutes les cages avant d’agir, expliqua Zack, en changeant la disposition des composants de l’alliage je les ai rendus plus fragiles. C’est pour ça que Drilaz a pu sortir aussi facilement alors qu’il n’y arrivait pas tout à l’heure…
- En tout cas il va pas falloir compter sur eux pour nous montrer la sortie, intervint Zeratos en bousculant un corps du pied, ils m’ont pas l’air très coopératifs… Si tu veux mon avis ce sont des mauvais perdants.
- A vrai dire j’aurais espéré que Drilaz laisse le sien en vie pour que je puisse me nourrir un peu, avoua l’alchimiste, j’ai atrocement faim et ma gorge se dessèche.
- On gardera le prochain en vie, annonça simplement Vharley, pour l’instant il faut se dépêcher de partir. C’est un miracle qu’aucune alarme ne se soit encore déclenchée… »
Ils récupérèrent tous leurs armes respectives avant de s’avancer dans le seul chemin qui s’offrait à eux.

« Ma… Maman ? bégaya 64.
- Oui, murmura gentiment la femme, au fond de toi tu le sais bien. Tu m’as cherché pendant tout ce temps dans l’autre monde pour finalement me retrouver ici. Rassure-toi, tout ce que tu as enduré là-bas fait partie du passé désormais… »
Le demi-elfe n’en revenait pas, sa mère se tenait en face de lui, à quelques mètres à peine. Pourquoi ne s’avançait-elle pas ? Il voulait voir son visage, il voulait qu’elle le prenne dans ses bras comme il n’avait pu l’être durant ces onze dernières années…
Soudain, de nouveaux cliquetis métalliques résonnèrent dans la pièce. Les deux lumières mauves s’éloignèrent lentement pendant que la mère reprenait la parole.

« Je dois déjà te quitter mon fils, dit-elle, il y a des gens qui veulent du mal à notre famille. Je m’en vais les neutraliser. Je reviens dès que j’ai terminé…
- Déjà ? S’il te plait, reste un peu, supplia 64, ou montre-moi au moins ton visage… »
- Je te le montrerai dès mon retour, répondit la gardienne première, mais pour l’instant le temps presse, je dois y aller. »

Sur ces mots, les deux lumières disparurent et le silence régna de nouveau. 64 se rendit alors compte que son cœur battait incroyablement vite. Il prit de profondes inspirations pour essayer de se calmer, il ne devait pas perdre son sang froid, pas maintenant. Maudissant ces personnes qui avaient pu interrompre ces retrouvailles, 64 se résigna à attendre, bien qu’il avait déjà perdu patience depuis un moment…

Le reste du groupe arriva dans une grande pièce circulaire dépourvue de toute décoration. Il fallait dire que la pièce se suffisait à elle-même du point de vue décoratif. Les murs semblaient être constitués d’un liquide opaque de la couleur du métal. Cet effet était en réalité généré par le sol. Ce dernier était illuminé par une magnifique lumière blanche dont les rayonnements ondulaient comme la surface d’un lac. A l’opposé, le plafond semblait être fait d’un étrange gaz noir qui ne se laissait traverser par aucun rayon lumineux. L’ensemble donnait une étrange impression de faire partie d’un autre univers où la matière s’organisait d’elle-même pour former des bâtiments, et où les règles de la nature ne s’appliquaient pas.
En comptant la porte par laquelle ils étaient arrivés, il y avait quatre sorties, disposées dans les directions des quatre points cardinaux.

« Ouest, Sud ou Nord ? demanda Zack.
- Aucune idée, répondit Vharley, c’est pas moi qui peux voir à travers les portes et les murs pour trouver un chemin…
- T’es bien gentil mais entre le diamant, les métaux et les matériaux qui dégagent de la chaleur qui constituent les parois, j’ai du mal à savoir quels rayonnements je dois suivre pour voir à travers tout ça… »

A cet instant, les trois portes s’ouvrirent simultanément. Trois gardiens en sortirent et bloquèrent les issues. Puis la porte Sud s’ouvrit à son tour. C’est avec surprise que les membres du groupe constatèrent que les deux gardiens abattus plus tôt en sortirent… Celui en orange se massait légèrement la nuque alors que le jaune ne se souciait même pas d’essuyer le sang qui continuait de sortir de sa gorge par les trous que Zack y avait fait. Ils étaient encerclés par cinq gardiens, seule Vayoleth manquait à l’appel.

« Euh… hésita Zeratos, ils ne sont pas censés êtres morts ces deux-là ? Enfin je veux dire… Les morts ne se relèvent pas pour poursuivre leurs meurtriers habituellement.
- Ça te va bien de dire ça, ironisa Vharley.
- Ne bougez pas, ordonna quelqu’un, je m’en charge personnellement. »

Obéissant aux ordres qu’ils venaient de recevoir, les gardiens se contentèrent de fermer toutes les portes et de se poster devant. Drilaz fixa le plafond en grognant légèrement. Mais Xenora sentit que le lézard était mitigé, hésitant entre la colère et la joie. L’elfe leva alors les yeux vers l’épais nuage noir et y aperçut deux petites lumières violettes. Cette présence, elle l’avait déjà vue dans…

« Un rêve, dit la personne, tu m’as déjà vue dans un rêve que tu appelles vision. Vous n’êtes pas non plus de ce monde…
- Elle est… commença Zack
- Télépathe » compléta la présence.
La personne semblait pouvoir devancer la moindre de leurs actions, ce qui présenterait un énorme avantage pour l’adversaire si ce dernier se décidait à combattre. Curieusement, cette faculté de savoir ce qu’envisageaient de faire les autres semblait familière à Xenora. Cette dernière fouilla alors dans son esprit pour savoir où elle avait déjà vu un tel phénomène…
L’image d’une femme aux longs cheveux blancs et portant les gantelets de 64 lui arriva alors à l’esprit.

« Alors vous êtes… hésita l’elfe.
- Je suis la gardienne première, annonça la femme qui se cachait toujours dans l’ombre, également connue comme la mère de celui que vous nommez 64… »

Les membres du groupe ne savaient comment réagir… Etait-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle ? Que se passerait-il s’ils devaient la combattre ? Arriveraient-ils à vaincre une personne devançant la moindre action adverse ? Et d’ailleurs, était-ce une si bonne idée de vouloir vaincre la mère de 64 ?

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22 juillet 2006 à 06:29:07

Chapitre 62 : Une victoire, cinq défaites

La mère de 64 se tenait juste au-dessus d’eux, caché dans l’ombre de cet étrange gaz noirâtre. Seules ces deux lumières mauves étaient visibles au sein de l’obscurité. Que faire ? Fallait-il opposer une résistance au risque de la blesser ?

« Et maintenant, commença la gardienne première, soumettez-vous devant la puissance de la création du seigneur Altaïr ou mourrez, étrangers de l’autre monde… »

Par réflexe, Vharley prit son énorme épée. Mais celle-ci fut aussitôt enserrée par une arme des plus étranges. A priori il s’agissait d’un fouet constitué d’un métal inconnu, mais sur lequel étaient fixées plusieurs lames à intervalles réguliers. Chacune de ces petites lames semblait être issue d’une même épée que l’on aurait sectionnée en parties égales.
L’arme resserra son étreinte et fit voler l’arme de Vharley en éclats. Ce dernier n’eut même pas le temps de réaliser ce qui venait de se produire car l’arme inconnue venait de le propulser au loin. Les autres membres du groupe avaient eu le temps de brandir leurs armes respectives mais ils se rendirent vite compte qu’elles se révèleraient inutiles pour ce combat. En effet l’ennemi se trouvait toujours en hauteur, à l’abri dans l’ombre, pendant que quatre de ces étranges tentacules métalliques s’animaient depuis le plafond. Comment faisait-elle pour manipuler quatre armes en même temps ?

Xenora faisait voler les deux épées supplémentaires que transportait habituellement Zeratos afin de résister aux assauts. Elle tenta de faire voler les armes en direction de l’ennemi mais avant même qu’elle n’ait pu leur faire prendre de la hauteur, son attaque se fit intercepter. L’un des fouets tranchants s’était enroulé autour des deux épées. Le fouet se tendit violemment, brisant les deux armes et frôlant le visage de l’elfe. Cette dernière tendit alors son bâton pour faire voler les morceaux des armes brisées, mais elle se rendit compte que son orbe tombait en miettes : l’attaque qu’elle pensait avoir évité de justesse visait en réalité son arme.
Devenue inutile, elle ne put que regarder ses compagnons combattre. Zack posa sa main gauche sur le sol pour utiliser l’alchimie, voulant transmuter le sol pour atteindre directement la gardienne. Mais l’un des tentacules déchira son gant à l’endroit où était dessiné le cercle d’alchimie. Au même instant, l’ex-militaire sentit son arme reprendre la forme d’une simple pierre. Cherchant à comprendre ce qu’il se passait, il constata que le cercle gravé sur la pierre était également endommagé. Il vit alors deux morceaux d’une épée longue tomber devant lui. Le demi-elfe regarda alors en direction de Zeratos, qui venait tout juste de perdre l’une de ses deux armes.
Ce dernier ne tentait aucune riposte, il se contentait d’éviter les attaques du mieux qu’il le pouvait. La tâche ne se révélait pas aisée vu qu’il devait éviter les assauts de deux des armes, les deux autres s’occupant désormais de Drilaz. Au bout de quelques secondes passées à esquiver les coups, l’épéiste estima que sa dague avait concentré suffisamment d’énergie. La lame dégageait en effet une intense lumière rouge. Sans prévenir, Zeratos déploya ses ailes et décolla à la verticale, prêt à frapper l’ennemi pour la première fois. Mais à cet instant, deux nouveaux fouets dotés de lames sortirent de l’ombre. L’un transperça l’ange à l’estomac tandis que l’autre brisait l’arme de ce dernier. Zeratos fut propulsé contre le sol, désormais inutile au combat.
Drilaz était désormais seul contre les six armes. Pour une étrange raison, il parvenait à éviter sans problème les attaques.

« Elle n’arrive pas à prévoir ses mouvements, constata Vharley, il se bat de façon instinctive sans penser aux actions futures
- Ce n’est pas la seule raison, expliqua Zack, souvenez-vous de notre combat face à Genis. C’est peut-être un détail mais Drilaz attaquait toujours les endroits où il se téléportait juste avant qu’il n’apparaisse, il avait toujours une longueur d’avance. Ça peut paraître bizarre de penser ça mais j’ai l’impression qu’il voit les choses légèrement à l’avance. Maintenant excusez-moi, mais j’ai quelque chose à faire… »
Sur ces mots, il prit sa pierre et commença à graver un cercle d’alchimie sur la surface du mur. Lorsqu’il eut terminé, la gardienne en bleu s’interposa pour l’empêcher de lancer la transmutation. En regardant autour de lui, l’alchimiste se rendit compte que tous les autres gardiens les avaient encerclés.

« Le combat est terminé, dit le gardien rouge, maintenant vous allez gentiment nous suivre dans vos nouvelles cellules… »
Zack regarda par-dessus l’épaule et aperçut Drilaz, littéralement cloué au mur par les armes de la gardienne première. C’était la première fois que l’alchimiste voyait quelque chose traverser la peau du lézard : les armes de la mère de 64 devaient être particulièrement solides et tranchantes pour réaliser une telle prouesse.
Le demi-elfe sentit un choc à l’arrière du crâne avant de perdre connaissance…

Pendant son sommeil, Zack eut un étrange rêve, ou plutôt un souvenir. C’était à l’époque où il n’y voyait que très flou. Quelqu’un se tenait face à lui, une personne plutôt grande, maigre, avec de courts cheveux clairs et des griffes aux mains. L’inconnu leva sa main droite. Il y eut une lumière aveuglante qui le frappa au visage en le propulsant en arrière. Ce n’était qu’un rêve, mais la douleur semblait bien réelle… Son œil droit avait été touché par l’attaque. Il saignait beaucoup. Un rire se fit entendre, le même qu’il avait entendu il y a longtemps, un rire froid, glacial. Ce ricanement plein de sadisme, Zack savait à qui il appartenait. Ça ne pouvait être que 64, seul lui correspond au peu d’informations que l’alchimiste avait sur le suspect. Un sentiment de haine s’empara de l’ex-militaire, un sentiment si intense qu’il lui fit quitter son état d’inconscience.

Il se réveilla dans une petite pièce faiblement éclairée. La première chose qu’il vit fut le regard inquisiteur de Xenora. Elle avait probablement eu une vision du rêve de Zack et le soupçonnait sûrement de vouloir les trahir désormais…
Cette fois-ci ils étaient tous dans la même cellule, si on pouvait appeler ça une cellule. Il n’y avait aucune porte, les murs et le plafond étaient parfaitement lisses et aucune trace d’une éventuelle trappe d’entrée n’était décelable sur le sol.
« Ça va ? lui demanda Xenora en le regardant toujours d’un air sévère.
- Juste un peu mal au crâne, répondit-il, l’un de vous à une idée de la façon dont on est arrivés ici ?
- Même Drilaz était inconscient, signala Zeratos, on comptait sur ton œil de lynx pour trouver la sortie et un peu d’alchimie pour nous ouvrir la porte. »

Zack regarda ses pieds, on lui avait retiré ses bottes. L’alchimiste se doutait bien qu’il ne trouverait aucun de ses gants dans sa poche. Cette fois-ci, ils étaient vraiment pris au piège.
« Je n’ai rien pour tracer un cercle, expliqua-t-il, cette fois il va falloir attendre qu’on veuille bien nous libérer… Mais je doute que 64 soit en mesure de le faire.
- Philis n’a pas été capturée, fit remarquer Vharley.
- Tu penses sérieusement qu’elle viendra nous sauver ? questionna Zeratos, faut pas oublier qu’elle a toujours été un peu solitaire… »

Cette remarque sema le doute au sein du groupe. Il est vrai que Philis ne semblait tolérer que la présence de Drilaz, ayant tendance à éviter les autres membres du groupe.

« A votre avis, reprit Zeratos après un moment de silence, il fait jour dehors ?
- Aucune idée, répondit honnêtement Xenora, le seul étant assez instinctif pour le deviner ne sait pas parler… »
Drilaz pencha légèrement sa tête sur le côté, se demandant probablement pourquoi on se mettait à parler de lui tout à coup.
« J’espère juste qu’ils ont pensé à un moyen de nous faire parvenir de quoi manger, commença Vharley, parce que j’ai l’impression qu’on risque de rester un long moment ici…
- Ce qui va poser un énorme problème » conclut Zack.

Les regards se tournèrent vers l’alchimiste. Que voulait-il dire par « énorme problème » ? La situation n’était-elle pas déjà désespérée ?
« Je n’ai pas eu l’occasion de me nourrir depuis le combat avec Shiva et Kelvin, expliqua-t-il, et je suis déjà en manque depuis un bon moment. Et vous savez comme moi que toute la nourriture qu’ils pourraient nous faire passer ne suffira pas à me rassasier, ce qui inclut que je risque de devoir me nourrir de l’un de vous… »
Les autres membres du groupe regardèrent le demi-elfe d’un air inquiet, espérant qu’ils seraient libérés avant d’en être réduits à cette extrémité…

Un œil s’ouvrit lentement, laissant apparaître un iris de couleur acier. La mise au point mit un certain temps à se faire, il fallut une bonne dizaine de secondes à Philis pour y voir clair. L’ange regarda autour d’elle sans chercher à se relever. Elle était dans une sorte de hutte faite en toile, confortablement installée sur un lit. En tournant sa tête sur la gauche, l’archère vit une tapisserie faisant office de porte. La criminelle s’assit sur le lit, un léger tintement attira son regard sur les chaines qui la retenaient prisonnière.

« … Je maintiens que c’est une mauvaise idée. »
Des personnes discutaient à l’extérieur, deux hommes à en juger par les voix.
« J’ai déjà pris les précautions nécessaires en l’attachant, fit remarquer l’un, ça ne te suffit pas ?
- On ne devrait pas la garder avec nous, insista l’autre, si jamais elle donne à Altaïr notre position…
- Et pourquoi la donnerait-elle ? coupa le premier, vu l’état de fatigue dans lequel elle est arrivée, elle devait fuir quelque chose. Nous avons pour habitude d’accepter les fugitifs parmi nous, pas de les faire prisonniers.
- Mythlas, tu l’as bien regardé ? Elle porte un cristal, elle est de leur côté ! Et cet étrange serpent autour de son cou, je suis sûr que c’est une nouvelle création d’Altaïr pour tous nous exterminer… Ou nous espionner.
- Nous n’avons aucune preuve de ça, déclara le dénommé Mythlas, quant au cristal, tes parents n’en avaient-ils pas également lorsqu’ils ont rejoint cet endroit ? Oui je l’ai bien regardé, j’ai vu une fille dans le besoin qui transportait ceci. »

Il y eut un moment de silence pendant lequel Mythlas montrait probablement quelque chose à l’autre homme.
« Tu crois que quelqu’un brisant des cristaux avec son arc se rangerait du côté d’Altaïr ? »
Philis ne chercha pas à se libérer, les paroles de Mythlas l’avaient poussé à regarder à sa ceinture. La bourse dans laquelle elle conservait les fragments de cristaux qu’elle récoltait sur ses victimes avait disparu.

« Raison de plus pour se méfier d’elle ! paniqua l’autre homme, c’est une criminelle ! Et si ça se trouve il s’agit d’une ruse pour nous tromper…
- Je te rappelle que beaucoup sont des criminels ici. Ça ne change donc rien à la situation, la fille ne sera pas considérée comme une prisonnière plus longtemps. Je lui parlerai dès qu’elle se réveillera et verrai moi-même s’il faut s’en méfier. En attendant elle reste ici que tu le veuilles ou non. Si tu n’es pas d’accord avec mes décisions, demande donc au conseil de me retirer ma place de dirigeant du village. »

L’autre homme ne répondit pas, n’osant visiblement pas s’opposer à ce qui semblait être le maître des lieux. Soudain, Mythlas écarta la tapisserie et entra dans la hutte où se trouvait Philis. L’homme, âgé d’environ une vingtaine d’années, était assez grand et plutôt athlétique. De longs cheveux bruns lui descendaient jusqu’au milieu du dos et il avait le teint légèrement mat. Il portait un pantalon noir, renforcé par des plaques de métal sur les côtés, et un gilet, noir également. Le jeune chef laissait son haut ouvert, ce qui permit à l’archère d’attarder son regard sur le buste quasi-parfait de ce dernier. Les manches de son gilet avaient également été arrachées, laissant à nu ses bras musclés.
Mythlas se tourna vers Philis, constatant que celle-ci était réveillée. En plongeant son regard dans les yeux verts du nouvel arrivant, l’ange eut une étrange sensation qu’elle ne parvint à s’expliquer. Déstabilisée, l’archère se força à regarder les fers qui la retenaient pour ne pas perdre ses moyens face à l’homme.

« Je vois que tu es enfin réveillée, commença Mythlas, laisse-moi me présenter, je suis…
- J’ai entendu la conversation » coupa Philis.
Elle avait dit cela d’un ton encore plus froid que d’habitude, ce qui eut pour effet d’installer un silence incroyablement pesant dans la hutte.
« Si tu as entendu, reprit l’homme, alors tu sais que je ne te veux aucun mal. »
Pour toute réponse, l’ange leva le poing, mettant ainsi en évidence le fait qu’elle était enchaînée.
« C’est une simple précaution, expliqua Mythlas, à la base j’étais contre mais il fallait que je le fasse pour rassurer les villageois.
- Dans ce cas vous ne rechignerez pas à me détacher » répondit l’archère.
Elle décela alors une légère hésitation dans le regard de l’homme.
« Je ne risque pas de fuir sans avoir récupéré ce que vous m’avez pris, ajouta l’ange, et mon père est mort avant de m’avoir appris à tuer à mains nues.
- Tu pourrais très bien envoyer ce serpent attaquer à ta place, fit remarquer le chef du village.
- Dans ce cas le fait que je sois attachée n’a plus d’importance » rétorqua l’humaine.

Un léger sourire en coin orna le beau visage de Mythlas qui se pencha pour détacher Philis. L’ange se massa les poignets en continuant d’éviter l’homme du regard. Elle fut parcourue d’un léger frisson lorsqu’elle sentit que ce dernier s’asseyait à ses côtés.
« Au fait, tu connais mon nom mais je ne crois pas connaître le tien, déclara-t-il.
- Philis, répondit l’archère qui faisait de son mieux pour cacher son malaise.
- Philis… répéta Mythlas comme pour mémoriser la réponse, et peut-on savoir ce qu’une jolie fille comme toi faisait au beau milieu de la forêt de pierre ? »

L’ange prit une discrète mais profonde inspiration en entendant la question. Son cœur avait fait un bon incroyable dans sa poitrine en entendant le mot « jolie ». Aussi loin qu’elle se souvienne, jamais personne ne l’avait complimentée d’une quelconque façon. Soudain, elle se souvint de 64. L’archère reprit immédiatement ses esprits.

« Je suis venu chercher de l’aide, déclara-t-elle, mes amis ont été faits prisonniers par les gardiens et… »
Elle s’interrompit en voyant le regard abattu de Mythlas, se demandant ce qui avait bien pu provoquer une telle réaction. Mais la réponse à ses interrogations ne tarda pas à venir.

« Si ce que tu dis est vrai, commença l’homme, alors j’ai bien peur que tout soit fini pour tes amis… »

Kirby64
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Niveau 10
22 juillet 2006 à 07:08:24

Chapitre 63 : Les sciences perdues

Le décor correspondait parfaitement à l’état d’esprit de Philis. Le camp rebelle était installé au beau milieu de la forêt de pierre, lieu d’une terrible tragédie dont Altaïr était le responsable. Celui qui se faisait passer pour un dieu avait, il y a plusieurs années, transformé la totalité de la région en roche. Tout était gris, immobile, sans vie. A travers la brume on pouvait distinguer des silhouettes d’hommes et de femmes. Mais en s’approchant un peu, on se trouvait face à des statues représentant des personnes en fuite, dont le visage exprimait la terreur. Les feuilles de la flore locale ne bougeaient pas au gré du vent, les animaux ne fuyaient pas à l’approche des hommes, les oiseaux ne chantaient pas au lever du soleil. Tout était gris, immobile, lugubre.

« Il avait appelé ça La Grande Démonstration, expliqua Mythlas, il prétendait que c’était la preuve qu’il était divin, que personne ne pouvait s’opposer à sa volonté. Pour moi, c’est surtout la preuve de sa folie et de sa cruauté. D’après le nombre de statues, environ mille sept-cent personnes ont péri ce jour-là, sans compter les animaux et les arbres.
- Pourquoi avoir installé un campement dans un pareil endroit ? questionna Philis.
- A part le sol boueux, tout est fait de roche ici, répondit le chef du camp, du coup rien n’absorbe l’humidité qui reste dans le sol. Dès qu’il y a un peu de soleil, l’eau s’évapore et forme cette brume qui nous cache. On peut facilement se cacher parmi les statues sans problème de cette manière. Et puis, ça nous permet de ne pas oublier pourquoi on rejette ce qu’il nous impose…
- Pourquoi ne pas se dresser de nouveau ? demanda l’archère.
- Avant de penser à combattre, nous pensons à survivre, déclara Mythlas, les gens d’ici ont été rejetés parce qu’ils étaient considérés comme des criminels. Les seuls à n’avoir commis aucun crime descendent de personnes qui ont enfreint des lois. Comme ils sont nés dans l’anonymat ils ne possèdent pas de cristaux et sont donc condamnés à cette vie de misère. Et puis, même si nous pouvions combattre, je doute que quelqu’un en ce monde puisse vaincre une créature capable d’abattre une armée…
- Une créature ? s’étonna l’ange.
- J’ai vu son visage lorsqu’il est venu assassiner mes parents, expliqua l’homme, il n’avait rien d’humain. Et si ce n’est pas un dieu, alors c’est une bête.
- Il a tué tes parents ?
- Pour le nom qu’ils m’ont donné lors de ma naissance, affirma le chef du camp, mon vrai nom n’est pas Mythlas mais Mithos. Je l’ai simplement changé pour me débarrasser de l’image que me donnaient les autres. Les gens d’ici me voient comme celui qui les sauvera en les emportant dans un monde meilleur… Je suis juste un orphelin qui lutte pour survivre dans un monde dirigé par un tyran. »

Philis attarda son regard sur le visage de l’homme après avoir écouté son histoire. Puis elle posa son regard vers la statue d’une femme portant un nourrisson dans les bras, laissant vagabonder son esprit.

« Pour ce qui est de le vaincre, commença-t-elle, je pense que le problème peut se régler facilement. »
Mythlas ne dit mot, il se contenta de regarder l’ange avec une expression à la fois surprise et perplexe. Cette dernière détourna de nouveau son regard pour éviter de ressentir cette gêne que provoquait la présence de l’homme.
« Je ne suis pas d’ici, expliqua-t-elle, vos livres d’histoire parlent d’un monde dans lequel aurait fui Mithos, celui des légendes. C’est de là-bas que je viens. Dans mon monde natal se trouvent des personnes très puissantes. L’un d’eux a autrefois lutté contre un tyran de la trempe d’Altaïr. A l’époque il n’était qu’un gamin accompagné de ses amis, mais aujourd’hui c’est devenu un puissant mage armé d’une épée dont les pouvoirs dépassent l’imagination. S’il venait ici et décidait de s’en servir, il n’aurait aucun mal à se débarrasser d’Altaïr et de ses gardiens… »
A cet instant, l’archère put déceler une lueur d’espoir dans les yeux du chef de camp.
« Mais il est hors de question que je quitte ce monde pour aller le chercher sans mes amis, ajouta-t-elle précipitamment.
- Je te l’ai déjà dit, insista Mythlas avec un air compatissant, si tu as bien mis un jour et demi à venir jusqu’ici, en plus des douze heures que tu as passée inconsciente, cela fait deux jours qu’ils ont été capturés. Altaïr aura eu tout le temps qu’il souhaite de les torturer pour savoir ce qu’il voulait avant de les tuer.
- Il ne peut pas les avoir tous tués, rétorqua Philis qui se refusait de croire à la mort de ses compagnons, l’un d’eux est déjà mort et ne peut plus être tué, un autre est quasi-invincible… Et surtout, il n’aurait pas tué le fils de la gardienne première. »

Mythlas parut choqué en entendant la nouvelle. Il sembla même perdre l’usage de la parole pendant quelques instants.

« C’est… impossible, bégaya-t-il, personne ne peut aimer une telle personne au point de lui donner un fils…
- Pourquoi cela ?
- Elle est plus cruelle encore qu’Altaïr, expliqua Mythlas, s’il n’était pas aussi puissant, il y a longtemps qu’elle aurait pris sa place de tyran. De plus, elle n’est pas capable d’éprouver de sentiments, qu’ils soient positifs ou non. »
Philis fronça les sourcils, que voulait-il dire par là ?
« Tu… tu ne sais pas comment sont désignés les gardiens, n’est-ce pas ? questionna l’homme.
- Non, en effet » confirma l’archère.

Mythlas hésita un instant, puis fit signe à l’ange de le suivre. Il l’amena dans la hutte la plus grande du camp, probablement la sienne. Cette dernière n’était pas grande sans raison : une longue table en bois s’étendait au milieu de la pièce. Cette dernière servait probablement lors d’importantes réunions concernant les décisions à prendre vis-à-vis du campement et de ses habitants. Il y avait de nombreuses étagères remplies de dossiers et autres archives manuscrites.
Le jeune chef se dirigea vers une tapisserie se trouvant au fond de la hutte et l’écarta, révélant ainsi un deuxième compartiment. Ce dernier était visiblement l’espace réservé à Mythlas. On y trouvait un grand lit deux places et quelques effets personnels sur un petit meuble. L’homme plongea sa main sous le lit et en sortit une petite boite métallique incrustée de pierres précieuses. Il l’ouvrit pour révéler son contenu : trois livres.
Le premier ouvrage était plutôt bien entretenu. Philis le reconnut immédiatement : il s’agissait du livre de la légende de Mithos, le même qui pouvait se trouver dans son monde en plusieurs exemplaires. Ce livre même qu’avait utilisé Yggdrasil pour se faire passer lui et ses compagnons pour des héros.
Les deux autres livres étaient en bien moins bon état. Les pages, jaunies par le temps, étaient pratiquement toutes cornées et la couverture de cuir s’était complètement écaillée.

« Ces livres ont été volés à Altaïr dans sa forteresse lors de la dernière rébellion, commença Mythlas, on les a trouvés il y a plusieurs années a côté d’un statue. Habituellement ces livres n’ont le droit d’être consultés que par les membres du conseil et le dirigeant du village car ils n’existent qu’en un seul exemplaire chacun. Tu ne les trouveras dans aucune bibliothèque. Le premier conte la légende du héros Mithos. Les deux autres sont des carnets de notes rédigés par un certain Arminas, dont le nom est cité à plusieurs reprises dans la légende… »
Philis fronça les sourcils, jamais elle n’avait lu le nom d’Arminas à un quelconque endroit, encore moins dans les récits de Mithos.
Prise d’un doute, elle saisit le seul ouvrage en bon état et tourna quelques pages.

« Il y a des pages en plus, fit-elle remarquer, dans notre monde ces pages n’ont jamais existé.
- Qu’est-ce que ça veut dire ? questionna Mythlas, tu penses que quelqu’un aurait fait disparaître ces pages ? Pourquoi aurait-on fait ça ?
- Je n’en sais rien… » répondit l’ange le plus sincèrement du monde.
Elle décida alors d’ouvrir l’un des deux carnets de notes. Celui qu’elle avait pris était rempli de griffonnages, de formules compliquées et de symboles incompréhensibles. Sur certaines pages figuraient des schémas de monstres avec des annotations.
« L’autre carnet est à lire en parallèle avec celui-ci, expliqua le chef de camp, les symboles sont indéchiffrables mais d’après les schémas et les autres notes, il s’agit d’une sorte de mode d’emploi pour croiser des monstres entre eux et créer de nouvelles espèces. La plupart de ces nouvelles espèces se trouvent de nos jours dans nos contrées, créées par Altaïr lui-même.
- Pourquoi un soi-disant dieu aurait besoin d’un mode d’emploi ? demanda Philis qui connaissait déjà la réponse.
- C’est ce qui nous a fait comprendre que c’était un imposteur, déclara Mythlas, mais le plus intéressant se trouve dans les pages suivantes. Après les théories pour croiser les monstres entre eux, Arminas a commencé à s’attaquer à plus difficile. Il s’est mis à vouloir coupler des animaux avec des humains, des elfes, et tous les intermédiaires. »

Le dirigeant du village rebelle continuait ses explications pendant que l’archère tournait les pages, survolant du regard les nombreux schémas réalisés par Arminas.

« Altaïr a utilisé ces recherches sur la population, se servant du peuple comme cobaye. Mais les recherches ne se sont pas arrêtées là. Visiblement le couplage de monstre n’était qu’une étape préliminaire au mélange monstre-humain. Et avec la suite, on comprend très vite que ces nouvelles expériences n’étaient qu’une étape de plus dans les recherches d’Arminas. »
A cet instant, Philis tourna une nouvelle page. Son regard tomba alors sur un tout nouveau schéma.
Cette fois-ci, il n’y avait pas de monstre, juste un humain. Chaque membre était relié à une annotation. Les légendes étaient toujours incompréhensibles, mais ce n’était pas le plus important. Ce qui choqua le plus l’ange, c’était l’humain qui était dessiné sur la page : il s’agissait de l’un des gardiens, celui vêtu de vert.

« D’après l’autre carnet, reprit l’homme, Arminas travaillait en réalité sur la conception de soldats parfaits créés artificiellement. Pour une raison qu’on ignore, il voulait créer des corps vivants, mais dépourvus d’âme. Altaïr, se servant de ses travaux, a créé une dizaine d’entités adultes de cette façon. Mais les corps étaient sans vie, il s’agissait juste de cadavres de personnes qui n’avaient jamais vu le jour. Altaïr a alors fixé des cristaux sur les corps pour ensuite activer les fonctions vitales. C’est de cette façon que sont nés les premiers gardiens, des êtres sans âme ni sentiments. Leur anatomie est différente de la nôtre : ils sont plus endurants, plus forts et résistent incroyablement bien à la douleur. D’après les notes d’Arminas, cela proviendrait de leurs organes. Ils ont un cœur plus gros, des poumons plus volumineux et une masse musculaire plus importante. Sans compter que le nombre de nerfs a été réduit pour limiter la sensation de douleur.
- Des personnes avec une anatomie pareille ne devraient pas être censés vivre plus de quelques jours, fit remarquer Philis en regardant les schémas des autres gardiens.
- Altaïr s’en fiche, assura Mythlas, la longévité des corps est assurée par les cristaux. Au cours de la dernière rébellion, plusieurs gardiens ont été tués. Il n’en restait plus que cinq. Altaïr a alors « amélioré » ceux qui avaient survécu. Il a modifié directement les cristaux pour qu’ils réactivent les fonctions vitales des corps lorsque les gardiens venaient à mourir. De cette façon, ils pouvaient revenir un certain nombre de fois à la vie. On sait que ce système a ses limites, mais jamais encore on a pu parvenir à en tuer un pour de bon.
- Pourquoi cela ? demanda l’archère.
- Parce que c’est ce moment-là qu’Altaïr a choisi de créer un nouveau gardien, ou plutôt une gardienne. Il baptisa sa nouvelle création Vayoleth. La différence avec les autres est que son cristal provient d’une personne qui avait vraiment vécu. Comme au fil du temps, l’âme d’un porteur s’imprègne dans le cristal, celui qui est fixé sur Vayoleth contenait un esprit. En fixant le cristal sur une enveloppe vide, l’esprit renfermé à l’intérieur a pu se manifester dans le corps de la gardienne. Altaïr avait choisi d’utiliser le cristal d’une tueuse en série atteinte d’une folie sanguinolente et très douée dans l’art du combat. Vayoleth a eu alors pour mission d’entrainer les gardiens pour qu’ils soient encore plus efficaces. En étant nombreux on parvenait toujours à les mettre en difficulté, mais lorsqu’ils étaient isolés. Or Vayoleth venait très souvent les défendre. Depuis qu’elle existe nous n’avons donc « tué » des gardiens que rarement.
- Alors elle peut éprouver des sentiments, conclut l’ange.
- On n’en sait rien, avoua le jeune homme, difficile de cerner un esprit aussi dérangé que le sien. Certains disent qu’elle ne sait pas faire la différence entre le bien et le mal, d’autres pensent qu’elle fait la différence mais s’en moque complètement. La seule chose que nous savons vraiment, c’est qu’elle s’amuse du malheur des gens et qu’elle adore goûter le sang de ses victimes. »

Philis tourna la page dédiée à Vayoleth et tomba sur le schéma d’une autre femme. Cette dernière était plutôt séduisante malgré la froideur qui se dégageait de son visage. Peut-être que cette froideur était due au dessin. La personne avait été dessinée en noir et blanc, comme tout le reste du livre, mais c’était la seule à avoir les cheveux clairs. L’ange soupçonna alors que ces derniers étaient blancs.
« C’est la gardienne première ? demanda-t-elle.
- Oui, confirma Mythlas.
- Qu’a-t-elle de particulier par rapport aux autres ?
- Principalement l’esprit qui l’habite, répondit le chef, et aussi des facultés supplémentaires qui la rendent bien supérieure aux autres.
- L’esprit qui l’habite ? s’étonna l’archère.
- C’est difficile à expliquer, même moi je ne suis pas certain d’avoir tout compris.
- Je pense que je pourrais me débrouiller avec ce que tu sais » rétorqua l’ange.

Mythlas hésita un moment. Puis, cédant au regard de Philis, il se lança dans les explications…

Kirby64
Kirby64
Niveau 10
22 juillet 2006 à 07:09:26

Mouahaha ! Les pauvres lecteurs qui vont arriver sur le forum dans la journée et tomber face à ce monumental pavé de chapitres apparus en une nuit :content:

Kirby64
Kirby64
Niveau 10
22 juillet 2006 à 07:11:57

Bon, pour vous faire digérer tout ça bien entendu, je vais laisser un epause de toute une journée (peut-être plus) avant de poster le chapitre 64, juste histoire de laisser l´attente s´ajouter au plaisir de la symbolique du chapitre (et oui, chapitre 64 :-p ) ^^

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