Pas mieux.
Vivement la suite. ![]()
Super! Super!! Super!!! Super!!!!!!!!!!!! Trop génial!!!! J´espère qu´ils vont guérir!!!!!! A quand la suite???? Ciao!
Chapitre 19 : Le Polypore hexagonal du Japon
Une semaine supplémentaire s’étira avec sa longue succession de cours pratiques et théoriques. Les trois amis changèrent de quartier général pour élaborer le fameux antidote. Inutile de risquer d’encore tout rater avec les intrusions de Mimi Geignarde ; ils s’installèrent dans la cabane de Hagrid qu’ils aménagèrent de table et chaises. Là, à l’abri des indiscrétions, ils recommencèrent leur mixture à partir des premiers éléments dont ils disposaient. Puisqu’à l’addition du jus d’aconit succédait une période de cuisson lente, le trio abandonna le mélange à lui-même, assuré que personne ne se douterait de ce qui se tramait sous le toit du regretté professeur.
Régulièrement, Harry s’était informé sur l’état des blessés. Malgré ses visites quotidiennes à Ste Mangouste, Mrs McGonagall ne put hélas lui délivrer qu’un bref bilan de santé :
« Physiquement, Sibylle va mieux. Cependant, ma pauvre collègue risque d’avoir l’esprit irrémédiablement perturbé après ce qu’elle a subi. Elle délirait tellement que les médicomages l’ont plongée dans le coma. Il faudra du temps, disent-ils.
- Et les elfes ?
- Pourquoi se soucier de ces créatures ? Je n’y ai pas songé. »
Harry se tracassait beaucoup, lui ! Il avait hâte de les savoir hors de danger, et de s’entretenir avec eux. Néanmoins, l’heure de l’escapade lointaine approchait.
En compagnie de ses amis, il planifia la future expédition. Si Mrs Pince s’étonna de les voir emprunter des livres de géographie, elle n’en dit rien.
Sous les poutres de la cabane en bois, s’échafauda une stratégie.
« On va d’abord trouver ce Polypore hexagonal du Japon, c’est le suivant sur la liste établie. Avec le bouton utilisé pour revenir de Londres, le trajet sera très bref, je pense.
- Ne faut-il pas du… carburant ? s’inquiéta Hermione.
- Euh… Bonne question. Je n’en ai aucune idée. »
Ce fut le principal problème à régler, sinon tout était prêt : nourriture, eau, vêtements de rechange au cas où, et branchiflore volée subtilement au nez de Slughorn.
Dumbledore leur promit de se renseigner auprès de Hagrid… s’il le croisait. C’est donc assez inquiets qu’ils examinèrent minutieusement la moto léguée. Dévissant le bouchon du réservoir, Harry l’huma prudemment, se reculant vivement ensuite :
« C’est épouvantable, dit-il en s’éventant. Je n’ai jamais respiré de truc aussi infect. »
Les deux autres testèrent aussi, et partagèrent ses impressions avec des mines écoeurées.
« Hermione, as-tu identifié quelque chose ?
- Des crottes de Doxy, c’est certain ! Peut-être de la bouse de dragon, mais…
- Le niveau de liquide est bas, constata Harry en retirant la tige de jauge. Ce serait trop bête de tomber en panne… n’importe où.
- Papa ! s’exclama Ron, excité. Il saura nous aider. Je vais prélever un échantillon, et le lui envoyer par Coq ! »
N’y voyant pas d’inconvénients, Harry et Hermione approuvèrent. Une petite fiole s’emplit d’un mélange brunâtre malodorant ; Ron la cela puis l’emporta à la volière avec un parchemin sollicitant l’avis de son père.
L’impatience grandit. Sans indication sur la composition du carburant, leurs plans tombaient à l’eau. Être noyé avant de se rendre à la mer, Harry encaissait très mal cette ironie du sort autant que cette inaction forcée.
Le samedi se pointa qu’ils ignoraient encore s’ils partiraient ou pas.
La veille, Harry s’était à nouveau étonné de l’attitude presque amicale de Drago Malefoy. Plus de fanfaronnade, plus d’insultes ouvertes ou voilées, il avait même ramassé un livre qu’Hermione avait laissé tomber, et le lui avait tendu avec… un sourire.
Ou ce type était le roi des comédiens ou alors… il avait réellement changé.
Dubitatif, Harry gardait un œil sur lui.
Au petit déjeuner, pendant qu’il dévorait des croissants tartinés de confiture, le courrier arriva dans l’effervescence habituelle du lâcher de hiboux. Hermione s’empara de son exemplaire de la gazette du sorcier qu’elle lut avidement. Ron tendit le cou dans l’espoir d’apercevoir Coquecigrue qui, manifestement, avait du retard.
« Pourquoi lis-tu toujours ce journal ? Il ne raconte que des inepties.
- C’est faux, Harry. Tiens, là, on nous informe du décès du docteur Senecta Perjurus. Un des…
- Qui as-tu dis ? Perjurus ? C’était un des psycomages auxquels j’ai eu droit à Ste Mangouste. Un vieux rabougri qui n’arrêtait pas de me harceler avec des sondes et tout un tas de trucs. Je ne vais pas le regretter. »
Ce rappel aux souffrances endurées par Ron lors de sa crise de jalousie, contraignit ses amis embarrassés au mutisme. Puis, quelqu’un cria :
« Qu’est-ce que c’est que ce machin ? »
Cet élève de première année devait être le seul à ne pas connaître le minuscule hibou brun que Sirius Black avait confié à Ron en échange de son faux rat, croûtard. Voltigeant péniblement, le petit animal épuisé vint se poser au milieu des reliefs du repas, devant son maître. Tandis que Hermione s’occupait de récompenser Coq en lui donnant des miettes de pain, Ron détacha le parchemin qui alourdissait la patte du volatile.
« C’est ton père qui répond ?
- Oui, Harry ! Il a analysé le contenu et c’est… oh, non !
- Quoi ? C’est quoi ce carburant ?
- Euh… c’est le genre de truc qu’on ne dit pas à table ; il vaudrait mieux sortir. »
Entraînés à vive allure vers l’extérieur, Harry et Hermione s’échangèrent le parchemin, s’effarant à sa lecture.
« J’avais raison pour les crottes de Doxy, dit la jeune fille. On sait en trouver facilement mais le reste, pouah ! Ne comptez pas sur moi pour aller récolter ça. »
L’air du dehors recolora leurs joues livides. Leur nausée s’apaisant, ils s’entreregardèrent avec circonspection.
« C’est sûrement une formule inventée par Hagrid ! Il n’y a que lui pour imaginer une saloperie pareille : bouse de dragon, urine de Sombral et fientes d’Hippogriffe, grimaça Harry. On n’a pourtant pas le choix !
- Comment veux-tu t’y prendre ? Tu vas demander aux Sombrals d’uriner pour ton bon plaisir ? Pour les fientes, Buck, ou Ventdebout, nous aidera sûrement, mais…
- C’est glauque ce dont vous parlez, rit Luna dans leur dos. Vous voyant partir avec des têtes à l’envers, je vous ai suivi. C’est quoi le problème ? »
Sans hésiter, ils lui exposèrent leurs tourments.
« Neville m’a parlé de la moto ! Si je vous file un conseil, je pourrai aller avec vous ? »
Le trio se consulta brièvement du regard. Les idées de Luna… Ils s’en méfiaient beaucoup. D’un autre côté, Harry lui étant redevable d’avoir contribué à la résolution des secrets du coffret, il se sentit obligé d’opiner.
« Vous avez pensez à inventorier ce qui restait dans la remise ? »
C’était tellement élémentaire que Harry se frappa le front.
D’un seul mouvement, tous coururent en direction de l’appentis.
Ils en débouchèrent des récipients avant de trouver le bon… enfin façon de parler puisque l’odeur vous retournerait l’estomac le mieux arrimé.
« On fait le plein ? », s’enquit Hermione.
Aussitôt dit, aussitôt fait.
« Luna, si tu veux participer, va vite chercher quelques fringues de rechange. Ron, fonce aux cuisines, obtiens une ration supplémentaire. Hermione… »
Le garçon lui sourit tendrement, elle avait déjà lancé le sort réunissant les objets nécessaires à leur équipée. Les autres ne tardèrent pas à regrouper les objets manquants. On bourra les fontes, tous s’installèrent sur la selle à rallonge.
« Fonce et décolle. », lança Harry, joyeux.
L’arrachement au sol déclencha le rire, si particulier, de Luna Lovegood ; il vibra dans l’air durant toute l’ascension du véhicule.
Harry surveillait son tableau de bord.
« Cap à l’Est toute ! » avait-il ordonné en enclenchant le turbo. Il ne pouvait se fier qu’aux instruments car avec la vitesse, la visibilité extérieure était réduite à un défilé de couleurs instables.
Selon ses estimations, ce voyage de près de 9000 kilomètres s’achèverait au bout d’une petite demi-heure de vol. Derrière lui, les passagers serrés les uns contre les autres s’abstenaient de commentaires. Il est vrai qu’avec une telle vélocité, placer un mot était assez complexe.
Quand il vérifia une fois de plus l’écran mobile entre les poignées de la moto, Harry coupa le turbo. Personne ne s’en plaignit, au contraire.
Immédiatement, Luna babilla :
« C’est super géant, ce truc ! J’adore. On est où ? En Chine ?
- Normalement, on l’a dépassée. On devrait survoler la mer du Japon, répliqua Ron.
- Qu’est-ce qu’on vient faire, ici ? On ne me l’a pas dit.
- Tu ne l’as pas demandé non plus ! Alors tais-toi pendant que le conducteur se concentre. »
Harry cherchait des repères. Il piqua un peu du nez et freina en catastrophe en rasant l’écume des flots bleutés.
« Regarde où tu vas ! rouspéta Hermione fâchée de se retrouver trempée des pieds à la tête.
- Je ne fais que ça ! Où est la terre ferme ? Il faut un endroit pour se poser, et…
- Là-bas, sur la droite, cria Luna. C’est une île, non ? »
Harry tourna la tête, et la vit. Magnifique, c’était exactement ce qu’il souhaitait : un petit coin bien tranquille, et surtout désert. Adroitement, il s’orienta vers une plage de sable doré où, en ralentissant un maximum, il parvint à atterrir en douceur.
Fulminant, Hermione sauta la première sur le sol. Elle avisa un tas de branchages secs que, d’un coup de baguette, elle rassembla en bûcher :
« Incendio ! »
Rageuse, elle ôta sa robe dégoulinante, fit apparaître des piquets et des fils auxquels elle suspendit son linge.
« On va dresser la tente, nous nous y changerons. »
Les autres s’activèrent également et, bientôt, tous furent au sec.
Luna s’étonna de la tenue qu’arborait Harry. Moulé dans un slip de bain noir, un poignard attaché au mollet, il regardait les vagues lui lécher les orteils nus :
« Tu vas nager là-dedans, à cette heure ?
- Je le dois.
- Si j’étais toi, je prendrais un de ces engins moldus… un fusil ?
- J’ai ma baguette. J’espère que ça suffira. »
Le soleil couchant irisait les rouleaux paresseux qui s’écrasaient mollement sur la grève. Harry s’avança vers l’eau agréablement tiède.
« La Branchiflore ! s’alarma Hermione. Tu l’as avalée ? »
Il l’avait en main. Comme lors du tournoi des trois sorciers, il l’ingurgita rapidement, puis résolu, il plongea.
Il n’aimait pas ça, vraiment ! La sensation d’étouffement disparut dès que les branchies s’ouvrirent sur les côtés de son cou. Si voir doigts et pieds se palmer ne lui créa pas la même angoisse que la première fois, il n’en goûta cependant aucun plaisir.
L’eau, dans sa transparence bleutée, sembla s’écarter sur son passage.
Souplement, il évolua vers les profondeurs, dérangeant ici où là des bancs de poissons argentés qui filèrent à son approche. Quel dommage de n’avoir réussi à obtenir qu’une seule portion de cette plante aux pouvoirs étonnants ; il aurait volontiers partagé cette expérience avec Ron. Au moins n’avait-il pas à redouter Strangulots ou autres êtres de l’eau. La faune, ici, était assez banale et, heureusement, paisible. D’un coup de reins il se propulsa plus bas encore, essayant de distinguer ces fameux Polypores hexagonaux que Dumbledore signalait communs dans les parages. Pourtant, à part une quantité fabuleuse d’anémones aux couleurs rosées ou blanches, il ne repérait pas l’éponge désirée.
Il progressa davantage, écarquillant les yeux à les rendre douloureux. Quelle veine, cette Branchiflore, une fois absorbée plus besoin de lunettes pour y voir clair.
Soudain, il tressaillit. Oui ! Droit devant lui, un rocher disparaissait presque entièrement sous un tapis de curieux troncs hexagonaux percés d’une multitude d’orifices par lesquels l’eau circulait. C’était sûrement ça ! Prudence, maintenant. Selon son mentor, la plante se défendrait.
Ne sachant par quel bout l’entreprendre, Harry se contenta d’un premier contact avec l’extrémité de sa baguette. Une douleur fulgurante se déclencha au long de son bras, remontant à toute vitesse en direction de la poitrine.
Très secoué par cette décharge électrique, Harry ne comprenait pas. En principe, le bois n’est pas conducteur de courant ? Cette éponge était assurément un spécimen étrange. Réfléchissant, Harry imagina toute une série de plans pour s’emparer de l’objet de son désir sans se faire électrocuter. Il ne possédait pas de gants en caoutchouc et ne connaissait pas de formule qui en créait. Peut-être que… Son poignard. Ça avait l’air idiot mais si le bois transmettait le courant, comment le métal réagirait-il ?
Presque certain de recevoir la plus forte secousse de son existence, Harry détacha son arme. Avec l’impression d’être un gamin trop curieux qui va poser ses doigts dans une prise, il effleura brièvement le végétal. Génial ! Son intuition semblait correcte ; il n’avait rien ressenti. Dépliant le petit sachet en plastique glissé dans la ceinture de son slip de bain, il s’attaqua à décramponner la plante de son support rocheux. Coriaces, ces racines ! Absorbé par sa tâche, il ne remarqua pas les ombres qui se glissaient subrepticement dans son dos.
Elles étaient gigantesques. Avec leur deux mètres d’envergure et un poids avoisinant les 200 kg, les Cyaneas déployaient majestueusement leur corolle tentaculaire, ondulant au rythme gracieux de leur respiration.
Inconscient du danger qui le menaçait, Harry bataillait ferme avec son Polypore aux six côtés.
Évitant de le toucher, il tentait de forcer sa lame entre le roc et le végétal.
Tel un fouet, un tentacule venimeux s’abattit sur son épaule. Harry se rejeta en arrière, submergé par la cuisson affolante de ce contact inattendu, lâchant son poignard pour masser l’endroit meurtri. Horrifié, il constata qu’elles étaient des dizaines, voir plus, à évoluer autour de lui.
Il n’osait plus bouger. Il le fallait, pourtant. Son arme le narguait à quelques mètres à peine. S’il voulait ce Polypore, cet outil était indispensable.
En lorgnant les méduses géantes, Harry recula lentement. Sa main tâtonnant derrière lui rencontra la poignée de cuir recherchée. Un poignard et une baguette ? Confronté à la masse mouvante qui régnait… Il fallait ruser. Se concentrant, Harry parvint à se fondre avec son environnement. Dès qu’il se sentit suffisamment invisible, il s’attaqua à nouveau à la plante rebelle. Sous l’eau, par son expérience antérieure, il savait que les sons passaient difficilement. C’était bien dommage car, là, c’est avec joie qu’il aurait lancé un « Diffendio » pour arracher cette satanée plante à son support.
Sa ténacité fut enfin récompensée. Plusieurs minutes d’effort eurent raison du végétal qu’il guida, par de petites ondulations, vers le sac plastifié.
Sortir de là ! Maintenant qu’il détenait son Polypore, il devenait urgent de rejoindre l’air libre. Traverser cette invasion de méduses géantes ne le tentait pas du tout. Pouvait-on transplaner sous l’eau ? Il n’en avait aucune idée, mais en doutait. Le liquide ralentissant les mouvements, le geste circulaire à effectuer serait amoindri, probablement inefficace.
Toujours sous le couvert de l’invisibilité, il s’éloigna du banc de méduses, tenant fermement son sac d’une main, sa baguette de l’autre. Le poignard ne lui étant d’aucune utilité contre des monstres pareils, il l’avait rangé. Nageant sur le dos afin de surveiller les animaux, il se croyait sauvé quand sa tête heurta une saillie acérée. Au nuage rosé qui remonta au-dessus de lui, Harry sut qu’il s’était ouvert le cuir chevelu.
Catastrophe !
Les requins ! Ils ne tarderaient sûrement pas. Il devait filer, et vite. Agitant ses palmes à vive allure, le garçon contourna les Cyaneas, se dirigeant droit vers la surface. Mais déjà des silhouettes inquiétantes se profilaient dans une ronde macabre, lui barrant le passage. Il était coincé !
Forçant son cerveau à ordonner ses idées, Harry brandit sa baguette sur une des formes noires :
« Sectumsempra ! », cria-t-il dans un flot de bulles.
L’effet fut instantané. De profondes entailles zébrèrent le cuir du poisson qui se débattit furieusement dans un nuage de sang. Aussitôt, ce fut la curée. Ses propres congénères se ruèrent sur le blessé qu’ils réduisirent en charpie. C’était exactement ce qu’avait souhaité Harry : que les requins s’occupent de quelqu’un d’autre que lui ! Laissant les carnassiers se repaître, il prit ses distances et creva enfin la surface. Il était temps, ses branchies s’étaient refermées.
Avec joie, il avisa la plage d’où ses amis guettaient son retour.
Hermione l’avait aperçu, elle le désignait aux autres ; tous semblaient ravis, et le saluaient gaiement de loin. Là était le hic : la côte s’étirait sur plus de deux cents mètres entre eux. Sans palmes, dans cette eau à présent pullulant de requins…
Courageusement, il se laça dans un crawl puissant.
Sur le sable, on s’inquiétait.
« J’ai vu des ailerons derrière Harry ! paniqua Hermione. Ils le pourchassent !
- On ne va pas laisser faire ça ; j’ai une idée ! »
Ni une ni deux, Ron s’élança, enfourcha la moto et cria :
« Marche et décolle ! »
Le jet de poussière qui jaillit de la roue arrière aspergea les deux jeunes filles assez ahuries par l’entreprise.
« Du moment qu’il ne fait pas tomber la moto à l’eau, je crois qu’il a ses chances, déclara Luna en s’époussetant. »
Ron obliqua vers le nageur qui se défoulait toujours avec vigueur. Vu d’en haut, sous la lumière du gros phare, la situation paraissait encore plus critique. Jamais Harry ne tiendrait ! Donnant ses ordres au véhicule, Ron le positionna sur la trajectoire de son ami :
« Descente, doucement ! »
Les pneus effleurèrent les vagues ; Harry n’eut qu’à tendre le bras et s’accrocher à la roue.
« Montée ! »
Arrachant leur proie aux squales déçus, Ron ramena son ami vers le rivage. Suspendu dans les airs, Harry sauta souplement sur le sable avant l’atterrissage de la moto. Chaleureusement accueilli par les filles,il attendit que Ron arrête l’engin pour lui donner une fougueuse accolade.
« Tu m’as sauvé la vie !
- De rien ; c’est en souvenir de mes dix-sept ans ! »
Le grand rouquin venait d’éponger sa dette.
Les émotions ayant creusés les appétits, autant profiter de la clémence des lieux en s’offrant un pique-nique dans les lueurs rougeoyantes de l’astre solaire s’enfonçant dans les flots. Pendant que des brochettes grillaient joyeusement, Harry narra ses démêlés avec le Polypore et les méduses géantes.
« Les pêcheurs japonais s’en plaignent beaucoup ! confirma Hermione avec son petit air de Miss je-sais-tout. Tu as eu de la chance de n’être que peu atteint ; heureusement, elles ne sont pas mortelles... sauf en bande. »
Légères, les blessures de Harry se soignèrent en un tour de baguette.
Une courte sieste revigora les organismes fatigués, ils se préparèrent à rentrer ; d’autant que le ciel, si serein l’heure d’avant, prenait à présent des tons alarmants.
« Dépêchons-nous ! Je n’ai aucune envie d’affronter un typhon. Ils sont réputés dans cette région. »
À la hâte, s’aidant de sorts adaptés, ils remontèrent bientôt en selle et décolèrent alors que les éléments se déchaînaient derrière eux. Grâce au turbo, ils évitèrent d’être inondés par les trombes d’eau qui s’abattirent sur le campement déserté.
Il devait être 13 heures au plus quand ils rasèrent la cimes des arbres de la forêt interdite. Ils dissimulèrent la moto dans l’appentis, laissèrent le Polypore dans son eau sur la table de la cabane puis se dirigèrent joyeusement vers le château.
Apparemment, tu as aussi du succès ici ![]()
Quand j´aurai achevé ma fic´, j´en lirai sûrement d´autres, si HP7 n´est pas encore sorti ou s´il me déçoit...je pense que la tienne figurera dans ma liste ![]()
Ano, ça me fait très plaisir.
Approuvé.
Trop génial, il y aura combien de chapitre? Ciao!
j´écris le 25ème chapitre. Il y en aura sans doute deux de plus.
tous
mais si t´en a écris tant publi les plus vite
tu nous fait trop languir!
À ce point? Ah, ok!
pour les retours en arrière obligés; ce sont les derniers
Chapitre 20 : D’étranges amitiés se nouent
À ce périlleux voyage, succéda une longue période de calme. Tous les jours, l’un ou l’autre se rendait chez Hagrid vérifier l’état de la mixture qui mijotait doucement. Le Polypore s’était laissé tronçonner sans se rebeller. Le prochain ingrédient ne serait à ajouter qu’après un repos de 1 mois.
Hermione était ravie de ce délai qui lui permettait de réviser à fond, au grand dam de Ron qu’elle délaissait pour ses livres.
Halloween arriva avec son cortège de festivités. Pas à dire, Mrs McGonagall faisait de son mieux pour réjouir l’ambiance. Elle leur avait offert la surprise d’inviter les Bizarr’Sisters pour une courte mais décoiffante représentation !
Le nez des sœurs Patil s’allongea quand elles constatèrent la frénésie inattendue que leurs anciens cavaliers déployèrent sur la piste.
« Je me suis entraîné avec Fred et Georges ! » avoua Ron qui semblait persuadé que ses gesticulations grotesques s’appelaient danse.
Si sa partenaire souffrait légèrement de cette exhibition désopilante, due à une blague des jumeaux, elle ne lui en tint pas rigueur, essayant seulement d’éviter les moulinets désordonnés des bras du rouquin et de se prendre une claque au passage. Harry se défoulait réellement. Peu importait la technique, finalement. Il se contentait de reproduire les évolutions parfois étranges de Luna Lovegood qui s’appliquait ponctuellement un sort de lévitation la faisant remuer à plusieurs centimètres du sol. Du coin de l’œil, il n’en surveillait pas moins les agissements d’une jeune fille rousse à laquelle Justin Finch-Flechley donnait fougueusement la réplique. Il n’avait pas le droit d’exiger de Ginny qu’elle attende son bon vouloir. Il l’aimait trop, et préférait la savoir heureuse même dans les bras d’un autre que malheureuse par sa faute.
Vint un slow. Immédiatement des couples s’enlacèrent, d’autres se rassirent. Harry se dirigea vers le buffet abondamment garni où, au milieu des citrouilles évidées, brillaient les lanternes tenues par des farfadets. Se versant une bièreaubeurre, il sursauta quand on lui toucha l’épaule :
« Eh bien, mon jeune collègue, je constate avec joie que vous vous remettez de la disparition de Laura Madley. C’est très bien. Amusez-vous, c’est de votre âge. Au fait, fin du mois j’organise une de mes petites réunions. Vous y viendrez, n’est-ce pas ? »
Pris au dépourvu, Harry n’arriva pas à se trouver d’excuse, il opina lentement.
« Bravo ! Je suis ravi. Bonne fin de soirée. »
Grommelant un « merci » poli, Harry se détourna pour que Slughorn ne voie pas sa grimace écoeurée. Faussement fasciné par la table croulant sous les mets les plus variés, il attendit un moment avant de rejoindre sa chaise. Il ne put se retenir de regarder les danseurs dont beaucoup s’embrassaient langoureusement. Il se figea, le souffle coupé comme si un poing invisible venait de lui percuter l’estomac. Là, sous ses yeux, la bouche de Ginny rencontrait celle de Justin. Tel un volcan en éruption, la jalousie le submergea. Mâchoires crispées, il tenta de se dominer. Son esprit se concentrait sur un « levicorpus » bien senti quand la vision d’une gifle retentissante le ramena à la réalité. La sœur de Ron venait encore de signifier à Justin qu’il allait trop loin. D’ailleurs, elle le plantait là, son entreprenant cavalier. Elle revenait vers le buffet, leurs regards se croisèrent. Debout, à dix mètres l’un de l’autre, ils se fixèrent intensément.
Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas.
Sans qu’il le voulût, attiré mieux qu’un aimant, Harry ne commanda pas ses pieds qui le poussèrent en avant. Il n’entendait plus la musique, à croire que le temps et l’espace s’étaient abolis, il ne voyait que Ginny. Il allait commettre l’irréparable, la prendre dans ses bras et lui proclamer sa flamme, là, devant tout le monde. Puis l’éclair d’un flash l’aveugla.
« C’est pour mon album des têtes les plus ahuries. », fanfaronna Colin Crivey très fier de sa performance.
L’instant magique était rompu. Harry esquissa un petit sourire navré à Ginny, et s’éloigna, rêveur.
Le bal improvisé touchait à sa fin. Harry, prêt à monter au dortoir, fut happé au vol par une Hermione très énervée.
« Ça y est ! lança-t-elle joyeuse. »
Interloqué, Harry fronça les sourcils. Peu désireux d’entrer dans des détails intimes, il énonça prudemment :
« Quoi ? Toi et Ron…
- Pas du tout, s’esclaffa-t-elle. Ils sont rentrés : Dobby et Kreattur ! Je suis allée aux cuisines pour remercier les elfes de leur beau travail de ce soir ; je les y ai vus.
- Ils vont bien ?
- Ils se chamaillent, donc ils sont normaux.
- Vite, je veux leur parler ! Il ne faut pas qu’ils se blessent encore. »
Main dans la main, s’apprêtant au pire, Harry et Hermione dévalèrent les marches menant aux royaumes des elfes domestiques.
Dès la porte à la poignée verte franchie, ils assistèrent à une scène incroyable. Au lieu de la rixe redoutée, Dobby et Kreattur s’étreignaient, en pleurs.
« Tu m’as délivré, sanglotait l’ancien esclave des Malefoy.
- Kreattur a agi sur ordre, mais c’était trop horrible ce qu’ils vous faisaient, se lamentait celui de Harry. »
Hésitants entre le rire ou les larmes, les jeunes gens s’attendrirent.
Harry s’approcha, toussotant afin de se manifester :
« Co… Comment allez-vous, tous les deux ? »
Les elfes cessèrent leurs effusions, se tournant d’un bloc sur l’intervenant qu’ils coururent enlacer de leurs membres grêles.
« Monsieur Potter est trop bon, pleurnicha Dobby.
- Mon maître est le meilleur que Kreattur ai connu, renchérit l’autre. »
Embarrassé par tant de compliments, Harry leur effleura le crâne :
« Je suis heureux de vous voir en si bons termes. Pourriez-vous nous raconter…
- Bien sûr Harry Potter ! Mais Monsieur Potter va s’asseoir d’abord, et la demoiselle aussi. » dit Dobby en guidant Harry vers un siège.
Dès que les invités furent installés, les elfes rivalisèrent de virtuosité pour les combler de toute sorte de gâteries fort peu goûtées, hélas, avec ce qu’ils avaient ingurgité plus tôt.
« Comment as-tu réussi cet exploit ? s’impatienta Harry.
- Kreattur… ne sait pas trop, Maître. La plupart du temps, il restait près de Dobby et partait dès que les vilains hommes venaient.
- Que te voulaient-ils Dobby ? Ils t’ont posé des questions ?
- Plein sur Harry Potter et ses amis, monsieur. Mais Dobby n’a rien dit sur lui, ni sur son whisky, ni sur la demoiselle Hermignone. Sachant que Dobby pouvait aller partout dans le château, ils exigeaient qu’il révèle les passages secrets. Dobby n’en connaît pas, il n’a pas eu de mal à ne rien dire. Régulièrement, ils arrivaient à deux, ils fouettaient Dobby – mais il avait connu pire chez ses anciens maîtres – ( Dobby se cogna violemment le front sur le rebord de la table) Un vieux réflexe, rit-il avant de poursuivre ; ils étaient fâchés que Dobby résiste si bien.
- Tu as été très courageux, je suis fière de toi, le félicita Hermione, émue.
- Dobby ne créera jamais d’ennuis à Harry Potter ! Dobby avait surpris une conversation concernant la présence de monsieur Potter à Goderic’s Hollow. Il l’a donc averti du danger. Mais Dobby s’est fait attraper juste après. Il a pleuré de joie quand Kreattur est revenu lui annoncer sa mission.
- Il fallait que Kreattur attende une bonne occasion, et qu’il n’y ait qu’un seul bourreau. Cela a pris des jours ! D’autant qu’il a failli être capturé aussi.
- Que s’est-il passé ?
- La veille de la fuite, Kreattur soignait le dos de Dobby. Il est vieux, il n’a pas entendu les gardes arriver, et a disparu sous leur nez.
- Ils t’ont vu ?
- Kreattur le croit, oui.
- Dobby est sûr, lui, car il a reçu une double correction. Les hommes masqués étaient très en colère. Mais ils ont ri en disant qu’il n’y aurait aucun moyen de s’échapper, qu’un elfe rabougri n’arriverait pas à délivrer Dobby et que s’il revenait, ils le tueraient.
- Mais comment, alors…
- Nous pensions que les mesures de sécurité seraient renforcées, nous nous trompions…
Cachot de la forteresse de Lord Voldemort
Dobby était à demi allongé sur le sol crasseux de sa cellule, les bras écartés retenus par des chaînes étonnamment brillantes pour ce lieu lugubre éclairé d’une faible torche.
À ses côtés, Kreattur tentait de lui verser un peu d’eau entre les lèvres racornies.
« Il faut boire pour garder des forces.
- À quoi bon ? Dobby mourra ici. »
À cet instant, un bruit de verrou retentit. L’elfe de Harry lâcha le bol et disparut. Un Mangemort grand et empâté fit son entrée, baguette en main. Derrière les fentes de son masque, il jeta un coup d’œil aux recoins de la pièce.
Brusquement, il pointa son arme sur Dobby qui se tassa sur lui-même, prêt à recevoir un mauvais coup, voire un sort fatal. Sans qu’une parole n’ait été émise, les chaînes retenant Dobby se liquéfièrent ; l’elfe s’effondra.
« File ! », lui ordonna le Mangemort en se détournant.
Dans son dos, l’unique tabouret de la cellule lévita en direction du capuchon de l’individu. D’un réflexe, il échappa à cette massue dérisoire.
Kreattur se matérialisa, claquant des doigts. Le Mangemort ricana :
« Cesse de vouloir me chatouiller, vieux débris ! Occupe-toi plutôt de ton congénère ; disparaissez !
- Non ! Kreattur et Dobby ne partiront pas sans la dame d’à côté. »
L’encagoulé sembla hésiter puis, d’un haussement de ses épaules épaisses, il sortit.
Kreattur s’approcha de Dobby qu’il releva péniblement. L’ancien esclave des Malefoy ne tenant plus debout, l’elfe de Harry dût le traîner à la suite de leur curieux allié.
Débouchant dans une salle circulaire sur laquelle donnaient plusieurs portes closes et un couloir, les créatures observèrent le Mangemort qui pénétrait dans le cachot voisin. Un hurlement démentiel retentit :
« Homme noir, ne me touchez pas ! criait Sibylle Trelawney. J’ai dit tout ce que savait, laissez-moi mourir en paix.
- Taisez-vous, folle ! Vous allez sortir.
- Tuez-moi tout de suite ! Je n’en puis plus de ces souffrances. »
Discrètement, Dobby regarda dans cette cellule d’où parvenaient des bruits de lutte. Une Sibylle déchaînée se débattait aux mains du gros Mangemort qui semblait avoir toutes les peines du monde à contenir cette furie.
« Calmez-vous ou je vous pétrifie.
- Ne vous gênez surtout pas ! »
Bon gré mal gré, l’homme parvint à extraire la voyante qu’il poussa dehors. Elle continuait à se tortiller, telle une anguille, proférant des paroles insensées. Ce qui devait arriver arriva : le boucan alerta les oreilles ennemies.
Ils furent trois à déboucher du couloir. La scène se figea brièvement.
« Qu’est-ce que vous fabriquez ? Pourquoi les prisonniers sont-ils dehors ? jeta méchamment l’un.
- Le Maître voulait les voir, mentit le traître.
- C’est faux, dit un troisième. Tu cherches à les secourir. Prends ça ! »
Tout s’enclencha en un éclair. Le sort expédié frappa Sibylle, malencontreusement placée sur la trajectoire. Elle parut se dégonfler comme un pantin privé de ses ficelles. Un autre maléfice suivit. Dévié par leur sauveur, ce furent Kreattur et Dobby qu’il atteignit.
tout simplement merci
´prouvé.
Ah si, un truc quand même :
"Il jugea même son travail tellement brillant qu’il lui octroya volontiers un 0 lors d’un contrôle surprise. "
Je sais pas quelle est la notation en Belgique, mais est-ce que 0 est vraiment une bonne note ?
en Belgique aussi; chez les sorciers c´est l´inverse: O=Optimal; E= effort exceptionnel, etc.
Je sais que en allemagne plus les notes sont basses (pour nous) plus elles sont élevées pour eux donc 0 est la meilleur note
Non, en Allemagne la meilleure note est 1 et les notes vont de 1 à 5.
Ici, j´ai confondu 0 et O.
1 à 6 en Allemagne je crois, pas 5.
Sinon, toujours aussi bien.
La suite. ![]()
1 à 5, c´est ca! sinon la suite se fait esperer....
Chapitre 21 : Amazonie, nous voilà !
Le temps de réduction du mélange touchait à sa fin. Très bientôt, ils devraient adjoindre ce fameux hypercharacias d’Amazonie.
En attendant, ils durent assister au match opposant Poufsouffle et Serdaigle ; le résultat les satisfit pleinement puisqu’ils menaient à la marque devant ces derniers.
Le plus pénible pour Harry fut de se rendre à cette fameuse invitation du club de Slug. Hermione y allait en compagnie d’un Ron enchanté d’enfin participer à l’une de ces réunions si prisées. Harry aurait été heureux d’accompagner Ginny, mais il la vit si souvent au bras de Dean Thomas, qu’il n’osa pas s’interposer. Luna était bien trop entichée de Drago pour espérer l’en décoller, il se décida à solliciter Vicky Frobisher qui l’avait secondé dans l’équipe de Quidditch, en début d’année.
Quand il arriva avec sa cavalière, l’ambiance battait déjà son plein : orchestre en sourdine, ballet des elfes chargés de plateaux de gâteries, fées volantes, rien ne manquait. Le maître des lieux l’aperçut et fondit sur lui mieux qu’un faucon sur sa proie.
« Vous voilà enfin ! Je craignais un désistement de dernière minute. »
Immédiatement, Harry fut propulsé dans la foule des favoris du professeur. Il remorqua Vicky à sa suite avant de se retrouver coincé par de parfaits inconnus. Il en serra des mains, répondant aussi poliment que possible aux questions embarrassantes du style :
« Vous-Savez-Qui n’a pas su vous tuer ! Pourquoi, à votre avis ?
- C’est douloureux, cette cicatrice ? »
Harry se sentait comme le difforme à qui tout le monde frottait la bosse afin de profiter d’un peu de sa « chance ».
Slughorn l’entraîna plus loin ; en chemin, ils tombèrent nez à nez avec Sibylle Trelawney. Quel choc ! Si Harry s’attendait - bien sûr – à quelques changements chez cette malheureuse victime de Voldemort, ce qu’il voyait dépassait ses plus sombres appréhensions. Amaigrie, les cheveux devenus complètement neigeux, le professeur de divination faisait bien pâle figure. Elle était présente de corps, mais son regard ne semblait qu’être tourné vers l’intérieur, ne reflétant aucune émotion. Malgré que Harry soit à peine à un mètre d’elle, Sibylle Trelawney ne broncha pas. Elle se contentait de déambuler parmi les invités en avalant régulièrement son hydromel, tel un fantôme.
Horace Slughorn parut contrarié par cette rencontre inopinée. Il tira vivement Harry en arrière afin de changer de direction. L’ennui, c’est qu’un sorcier proche – une véritable force de la nature – bloquait la retraite. Pire, il reconnut le jeune homme :
« Nom d’une harpie, mais c’est bien lui ! L’Élu, le survivant : Harry Potter ! »
Il n’eut pas le temps de secouer la main de son vis-à-vis qu’un rugissement démentiel s’éleva au-dessus du tumulte ambiant.
Hallucinée, Sibylle pointa un index accusateur sur le garçon pétrifié :
« Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche… Il naîtra de ceux qui l’ont par trois fois défiés, il sera né lorsque mourra le septième mois… Et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbre ignore… et l’un devra mourir de la main de l’autre car aucun d’eux ne peut vivre tant que l’autre survit ! »
Un coup de tonnerre n’aurait pas mieux stupéfié l’assistance. Là, devant tous, la voyante venait d’énoncer la prophétie complète en désignant Harry.
Deux secondes après ces terribles paroles, le professeur Trelawney s’évanouissait. Les secours qu’on lui porta créèrent la diversion espérée par le jeune homme qui en profita pour s’éclipser le plus rapidement possible, plantant là sa cavalière déboussolée par les événements.
La nouvelle se répandit comme une poignée de poudre enflammée. Harry se revit à l’époque où on le suspectait d’être l’héritier de Serpentard. On chuchotait dans son dos, on le montrait du doigt ; partout des mines effarouchées ou curieuses détaillaient le phénomène. Si plusieurs doutes avaient été émis un moment sur le rôle qu’aurait à jouer Harry, tous étaient balayés après cette reconnaissance aussi publique que fracassante.
« Ne t’inquiète pas, Harry ! lui souffla Hermione alors qu’ils se rendaient au cours d’enchantement.
- Tu crois que ça me plaît d’être un animal de foire ? Hier, je n’ai pas pu résister : j’ai effrayé une des nouvelles de Serdaigle.
- Qu’est-ce que tu lui as fais ?
- Oh, rien. Elle me regardait avec des yeux de merlan frit, j’ai avancé en criant « bouh ! » ; elle a pris ses jambes à son cou.
- Tu n’aurais pas dû !
- Ça m’a fait beaucoup de bien, rit le garçon plus détendu. »
Le professeur Flitwick reçut les étudiants avec sa bonhomie traditionnelle. Le décor de la classe était cependant inaccoutumé. Depuis le plafond, tombait un enchevêtrement de ficelles assez grossières ; plusieurs plantes étranges s’alignaient sur son bureau.
« Ce matin, je désire vous enseigner le sortilège de tressage et celui de Pacification. Si le premier peut paraître élémentaire, sa réalisation nécessite un grand niveau de concentration. Le geste est simple, une succession rapide de petites croix, comme ceci, à laquelle vous ajoutez : Tractartis. »
La démonstration fut impeccable, les fils qui pendaient en tous sens se tortillèrent gaiement jusqu’à former une splendide torsade.
« Passons maintenant à ces plantes. Je sais qu’elles sont plus du ressort de Mrs Chourave, mais celles-ci conviennent parfaitement pour le sortilège de Pacification. Qui connaît cette variété ? Oui, Monsieur Londubat ? »
Incroyable, Hermione s’était fait damer le pion par un Neville très sûr de lui.
« Il s’agit de la Canibalus Voracius.
- C’est exact ; dix points pour Gryffondor. Observez ce spécimen ; banal, n’est-ce pas ? On dirait un œuf assis sur des feuilles. Pourtant… »
D’un mouvement du poignet, le professeur fit apparaître une tarentule très agitée qui provoqua le recul instantané de Ron. Sous le charme de Flitwick l’araignée lévita en direction de la plante. Tout se passa très vite. La tige s’allongea ; le renflement ovoïde qu’elle supportait s’ouvrit sur deux rangées de dents acérées. Il y eut un craquement sec, et des mines écoeurées : la plante avala sa proie.
« Voyons maintenant ce qui se passe si nous faisons appel au sortilège de Pacification. »
L’expérience recommença, une nouvelle tarentule fut proposée en pâture au monstre végétal. Mais, au moment où il se précipitait sur son encas, Flitwick cria :
« Paxi-dentus ! »
À la surprise générale, au lieu d’être croquée, l’araignée fut embrassée par une bouche édentée.
« Ce sortilège peut s’appliquer à toutes créatures offensives. Il suffit de modifier le suffixe. À vous, jeunes gens !»
L’entraînement débuta. Une partie des élèves s’occupa de natter les cordages tandis que l’autre tentait de désarmer les plantes carnivores. Évidemment quelques morsures se perdirent dans l’aventure, et Neville se retrouva proprement ligoté dans les fils pour une légère erreur de prononciation.
Le cours du vendredi s’expédia assez rapidement. Harry voulait peaufiner les derniers détails de l’expédition qui démarrerait vers 18 heures.
« Il y a huit heures de décalage horaire, si nous partions du matin, on serait obligé de passer la nuit sur place ; je n’en ai aucune envie.
- Moi, non plus renchérit Ron déjà paniqué à l’idée de la faune qu’ils devraient affronter.
- J’ai piqué des remèdes à l’infirmerie, déclara Hermione. J’ai eu le temps de préparer plusieurs potions, mais certaines demandent plus de temps.
- Et moi, j’ai révisé tout ce que l’on connaissait des plantes et bestioles locales, affirma Neville.
- Je suis paré au niveau de la géographie. Le professeur Dumbledore m’a beaucoup aidé à situer l’endroit le plus susceptible de receler la plante. »
Aussi discrètement que possible, ils sortirent bagages et provisions, regroupant le tout dans la cabane avant de charger la moto. Là, Harry devint songeur :
« Je n’aime pas l’idée de laisser le mélange sans surveillance avec Malefoy dans les parages. Si on cèle les portes, on n’est pas sûr de pouvoir les rouvrir, après. »
Ils cogitèrent en silence puis Hermione bondit :
« Je sais ce qu’il faut : un Repousse-Malefoy ! J’ai étudié le Repousse-Moldus ; je dois être capable de l’appliquer à un sorcier.
- Applique un Repousse-Tout, ce sera plus sécurisant ! rigola Ron.
- Avec le contre-sort à disposition, sinon, on sera fin de ne plus savoir entrer.
- Bien dit, Neville ! Allez Hermione, vas-y ! »
La jeune fille insista pour qu’ils sortent d’abord la moto. Ensuite, depuis la petite clairière face à la cabane de bois, elle lança son incantation non-formulée avec un grand geste de sa baguette. Souriante, elle prit place sur la selle à rallonge :
« Même une souris n’approchera pas à dix mètres avant d’aller voir ailleurs ! »
Réconforté, Harry assuma la manœuvre et, bientôt dans l’atmosphère déjà glacée de cette fin novembre, la moto de Hagrid, chargée de ses quatre passagers, s’éleva fièrement vers les nuages.
Si Harry avait regardé en arrière, il aurait été horrifié de ce qu’il aurait constaté. Là, dissimulé dans les bosquets, un pâle jeune homme venait d’assister à ce départ sans fanfare. Un fin sourire éclairant ses traits, Drago Malefoy se détourna à pas lents.
Il fallut une bonne heure pour accomplir ce voyage vers l’ouest. Le paysage qui défilait sous les roues de la moto était tout simplement somptueux. L’immense serpent amazonien déployait ses larges méandres sinueux entre une végétation épaisse et luxuriante.
Harry avait baissé le régime de l’engin, plongeant vers le fleuve qu’il survolait sous le couvert de l’invisibilité. Ça et là, il distinguait des villages indigènes que la civilisation avait atteints vu les embarcations motorisées utilisées. Il devait aller plus loin, s’écarter du rivage et chercher une clairière où se poser. Des trouées, il en vit. La déforestation battait encore son plein malgré les mesures prises pour l’enrayer. Ce n’était pas ce genre d’endroit qui l’attirait. Dumbledore lui avait spécifié que l’hypercharacias aimait la solitude, loin de toute présence humaine.
Au bout d’un quart d’heure d’observation, sans distinguer autre chose que la cime des arbres, Hermione pointa une direction. Oui ! Là-bas, la végétation semblait s’être écartée pour dégager un petit espace plat. Sans précipitation, Harry manoeuvra, exécutant un atterrissage en douceur.
Chacun s’étira en quittant le véhicule. Même rapide, ce voyage crispait étonnement les muscles. Une tente fut dressée afin de changer de tenue car les robes d’école n’étaient vraiment pas adaptées à la touffeur accablante des lieux.
En fin pantalon et blouse légère, le quatuor s’équipa de sac à dos.
« Dans ta panoplie, tu n’as pas un sort rafraîchissant, demanda Ron qui transpirait à grosses gouttes.
- J’aurais dû y penser ! , pesta Hermione tout aussi trempée après seulement cinq minutes passées dehors.
- Ce n’est pas si terrible. » mentit Harry dont le teint rougissait à vive allure.
Neville, lui, ne dit rien, s’éventant copieusement avec sa baguette.
« J’ai la solution ! » s’exclama la jeune fille en riant.
S’interrogeant du regard, les garçons la virent courir vers un bouquet de plantes auquel elle préleva quantité de feuilles larges. Les nouant avec dextérité, elle fabriqua… des moulins à vent ! Un sortilège bien appliqué fit tourner vivement les ailes de ces ventilateurs magiques qui se placèrent au-dessus des têtes des explorateurs, les balayant d’une agréable brise.
Ainsi équipés, ils se mirent en chasse. Harry avait ressorti la précieuse montre offerte par Dumbledore. À la suite de longues conversations dans le bureau de son mentor, le jeune homme était parvenu à découvrir certains des secrets de cet objet singulier. En plaçant les aiguilles, selon un ordre préétabli, on pouvait en obtenir des renseignements !
Ainsi, avec deux aiguilles sur le midi, les 10 autres sur le chiffre 13, on assistait au déplacement des premières qui se fixaient sur l’heure locale du lieu visité. En sélectionnant quatre aiguilles pour former une croix, on disposait d’une parfaite boussole grâce à une cinquième baladeuse qui indiquait la direction suivie. C’est cette option que choisit Harry. Dumbledore lui avait affirmé qu’en restant concentré sur son objectif, la montre le guiderait sans faille.
Au départ, c’est le cœur joyeux qu’ils entamèrent leur quête, admirant les bonds prodigieux des singes, les chants d’oiseaux au plumage chatoyant, les fleurs aux corolles vives. Maintenant, ils s’épuisaient. Si le cadeau de Dumbledore remplissait ses fonctions, ils n’avaient aucune idée de la distance à parcourir au milieu de cette forêt tropicale. Le vrombissement des insectes était intolérable. Hermione, armée de sa baguette, lançait sans arrêt des sorts de répulsion.
« Vous devriez en faire autant si vous ne voulez pas ressembler à des pelotes d’épingles ! houspilla-t-elle les garçons. Une chance, ce ne sont que de vulgaires moustiques et non des Doxy. Notez que j’ai du Doxycide avec moi.
- Épargne ta salive et tes sermons, Hermione ! C’est déjà assez pénible ainsi. »
La riposte de Harry rendit la jeune fille morose. Tous souffraient malgré les ventilateurs improvisés. La végétation s’épaississant, la progression ralentissait. Les sorts de Découpe allaient bon train, dégageant un sentier où ils marchaient à la file indienne, Harry en tête. Soudain, il pila net, provoquant une sérieuse tamponnade.
« Pourquoi tu t’arrêtes ? rouspéta Ron que Neville avait rudement embouti.
- Parce qu’il y a ça ! dit le chef de file en s’écartant pour les laisser voir.
- C’est pas vrai, gémit Hermione. Comment va-t-on passer ça ? »
Ça, c’était une large étendue marécageuse. Où qu’ils regardent ils ne distinguaient qu’un tapis glauque miroitant faiblement dans la lumière tamisée par les arbres.
« On va transplaner jusqu’à l’autre berge, déclara Harry. »
Il se concentra, les trois D bien en tête, pivota et… Rien.
« Tu ne tiens pas la forme, rigola Ron. Regarde-moi ! »
Deux secondes plus tard, une amère constatation s’imposa : il était impossible de transplaner depuis cet endroit.
« Ce n’est pas normal ! Que se passe-t-il selon vous ? s’inquiéta Neville.
- Je crois que nous sommes… à une lisière. Nous quittons la forêt banale pour pénétrer dans une zone…
- Magique ! Oui, Harry, tu as sûrement raison ; je ne vois pas d’autre explication à ce phénomène, s’enflamma Hermione. »
Ils contemplèrent longuement cette surface peu engageante, émettant des suggestions plus vaines les unes que les autres. Rageur, Ron jeta sa baguette par terre :
« C’est inutile, rien ne fonctionne ! Levicorpus, Mobiliarbus, on a passé en revue tous les sorts de déplacement pour RIEN !
- Peut-être… qu’il faudrait… y aller à pied, dit Neville. »
Trois paires d’yeux fusillèrent le jeune homme qui, telle une tortue, rentra la tête dans son col.
« Ben oui… quoi ! Il y a pleins de troncs qui flottent. Si on sautait dessus, peut-être que… »
Tout bien considéré, cette proposition méritait que l’on s’y attarde.
Examinant le terrain, Harry se tint prêt à risquer le coup.
« J’y vais le premier, et…
- Pas question, dit Ron. Je suis le plus lourd de nous quatre. Si je passe, tous vous y arriverez. »
La mort dans l’âme à l’idée d’exposer son ami, le jeune Potter ne put qu’approuver sombrement. D’une voix enrouée d’émotion, il dit :
« Fais très attention à toi. Nous ne pourrons pas intervenir comme dans la caverne, alors… »
Deux accolades et un long baiser plus tard, le rouquin s’élança. La souche sur laquelle il atterrit supporta son poids, s’enfonçant juste un peu dans la vase putride. Le second saut parut plus périlleux. Ron hésita entre deux bois morts. Celui de droite était éloigné, celui de gauche semblait trop fragile pour le soutenir. Ron se concentra sur son objectif. Il prit de l’élan et courut.
« Une vraie gazelle », rit Hermione, admirative de la souplesse des sauts exécutés en série.
Sa prestation mena le cadet des fils Weasley à quelques mètres du bord de terre ferme. Un dernier effort et il réussirait. Il chercha un appui, mais n’en distingua aucun.
« Je fais quoi, là ? cria-t-il aux autres. J’y suis presque. »
Depuis l’autre bord, ses compagnons essayèrent de le conseiller. Malheureusement, ils ne distinguaient pas grand-chose de compatible.
« Ça y est ! s’exclama Ron. Un tronc vient de remonter à la surface, j’y vais !
- NOOOoooon ! » hurla Hermione, épouvantée.
Trop tard, Ron bondissait déjà. À peine posé sur ce qu’il avait pris pour un bois flottant, il comprit son erreur.
« Un fangieux ! » s’horrifia Neville verdissant de terreur.
Le pied en équilibre instable sur cette créature aux dents aiguisées, Ron oscilla dangereusement d’avant en arrière. Si l’animal munis de pattes palmées se retournait sur le dos, il était bon pour le bouillon. D’un sursaut d’énergie, le rouquin se propulsa en avant… Plouf ! Il tomba ; Hermione hurla. Il avait disparu. Serrés les uns contre les autres, le regard anxieux, tous guettèrent un remous, quelque chose qui leur prouverait que l’inéluctable n’avait pas eu lieu.
Puis…
Un grand bouillonnement se produisit et, crevant la surface bourbeuse, la tête de Ron réapparut suivie d’un bras au bout duquel se brandissait une baguette.
« Accio liane ! cria Ron. »
Au grand soulagement du trio de la berge opposée, une longue tige fibreuse fendit l’air en direction du nageur involontaire qui la saisit au vol. Se hissant à la force des poignets, Ron se dégagea de la gadoue avant que plusieurs fangieux ne viennent lui mordiller les mollets. Il s’écroula sur la terre ferme, levant néanmoins une main rassurante vers ses amis.
« Ça a marché ! s’exclama Hermione ravie. La magie fonctionne de l’autre côté. Allons-y ! »
Un par un, très prudemment, ils franchirent la nappe stagnante. Ron les y aida, dans les derniers mètres, en leur envoyant une liane afin d’éviter les fangieux rodant alentours.
Une pause s’imposait après ces émois. D’abord, Hermione lança un « aguamenti » sur Ron qui préféra cette douche agréable à un simple récurage. Tous en profitèrent pour s’asperger copieusement. Rafraîchis, laissant leurs vêtements trempés sécher sur eux, ils bivouaquèrent sommairement ; eau et sandwiches s’avalèrent avec plaisir.
À nouveau d’attaque, la longue marche reprit.
Harry se référait sans cesse à la montre de Dumbledore. Il avait hâte de découvrir la plante requise car l’environnement abordé ne lui plaisait pas du tout.
Au fouillis de végétation luxuriante avait succédé un long espace peuplé de troncs carbonisés et d’herbes rasées sur un terrain accidenté où poussaient des cailloux. D’ailleurs, ils approchaient d’une falaise tant haute qu’escarpée.
« C’est un orage qui a brûlé toute cette contrée ? demanda Neville, aussi inquiet de le reste du groupe.
- Je l’espère, murmura Harry, dubitatif.
- On doit escalader ce truc ? »
Harry approuva d’un lent hochement de tête :
« On va léviter à tour de rôle. J’aperçois une sorte de corniche qui nous recevra, puis… On verra ce que la montre indiquera. »
Hermione se chargea d’expédier, un à un, les garçons vers les hauteurs. Quand ils furent bien stabilisés, ils amenèrent délicatement la jeune fille jusqu’à eux.
« Qu’est-ce que c’est que ça ?, s’exclama-t-elle, à peine posée.
- On ne la remarquait pas d’en bas ; c’est… une grotte.
- Ne me dis pas qu’il faut passer par là ; j’en ai marre des cavernes. »
Harry ne put que confirmer. Soupirant profondément, tous allumèrent leur baguette avant de s’enfoncer dans les ténèbres.
Au moins, il n’y avait pas de labyrinthe ; de plus l’atmosphère était nettement plus fraîche qu’au dehors, ce qui leur permit de se débarrasser des ventilateurs suspendus au-dessus d’eux. Cette caverne haute et large ne paraissait receler aucun piège. Pourtant, au bout d’un moment, des craquements secs se produisirent. Regardant ses pieds, Hermione écarquilla des yeux horrifiés.
« Ce ne sont quand même pas… ? »
Hélas, ils devaient se faire une raison : ils marchaient… sur un tapis d’ossements.
« Ils… Ils sont blanchis et friables, bafouilla Neville. C’est qu’ils sont vieux, non ?
- Si tu espères par là que l’occupant est parti… je le souhaite aussi, déglutit difficilement Ron.
- On continue ? »
D’un commun accord, ils suivirent leur chef de file, essayant d’éviter d’écraser ces reliefs de repas. Tâche ardue vu la quantité de squelettes qui recouvrait le sol. La seule chose rassurante c’est que, si ces os étaient impressionnants par leur nombre, aucun n’était humain : il y avait des dépouilles d’êtres étranges aux dents acérées, de multiples rongeurs, et des restes de créatures totalement inconnues.
Au bout d’un moment de progression, un changement s’était produit, mais seule Hermione sembla le remarquer :
« Vous ne trouvez pas qu’il fait de plus en plus chaud ? Et… cette odeur, c’est quoi ? »
Les garçons avouèrent être en nage également. Pourquoi la température avait-elle augmenté ? Quelque chose carbonisait, c’est sûr. Il ne leur fallut guère de temps pour comprendre.
Ils débouchèrent dans une vaste salle où brûlaient de nombreux foyers, tous composés d’ossements portés au rouge.
« Je n’aime pas ça ! gémit Ron.
- Tu n’es pas le seul, répondit Harry.
- Il y a des gens, tu crois ? couina Hermione d’une voix étranglée.
- Je n’ai pas trop envie de le savoir mais ces feux ont été allumés par quelqu’un, alors… »
Ils n’eurent pas à se poser plus de questions, le sol se mit à vibrer curieusement.
« Ça vient droit sur nous, c’est gros et lourd ! s’alarma Neville dont la baguette tremblait vivement.
- Cachons-nous ! Ces piliers feront l’affaire. »
Au commandement de Harry, les amis se dispersèrent pour s’abriter derrière d’énormes colonnes de calcaire. Bientôt se découpa une ombre gigantesque qui prit la forme des pires appréhensions de Harry : un dragon.
Misère ! Après le Magyar à pointes, le monstre à affronter était un Dent-de-vipère du Pérou.
Gigantesque, avec de fines ailes membraneuses plantées entre les omoplates, l’hideuse apparition ouvrit les mâchoires, exhibant de longs crocs effilés tel un serpent venimeux. Un flot incandescent balaya furieusement la salle ; fâchée, la bestiole !
Terrorisés, les jeunes gens retinrent leur souffle. L’esprit en ébullition, Harry révisa ses connaissances en la matière. Il avait beaucoup appris sur les dragons avant sa première épreuve du tournoi des trois sorciers. Le sortilège de conjonctivite utilisé par Krump lui parut dérisoire face à ce monstre déchaîné. Le sort de coupe-griffes ? Pas vraiment tentant. Restait… Cette possibilité, il l’avait évoquée mais se sentait incapable de la réaliser… seul. Ici, en s’y mettant à plusieurs…
Très vite, il expliqua ses intentions à ses amis, puis…
« Tous ensemble, quand je dirais trois. Attention, un… deux… trois !
- REDUCTO. » crièrent d’une même voix les jeunes gens déterminés.
Un éclair jaillit de chaque baguette et, curieusement, tous s’unirent pour former un faisceau aveuglant qui frappa l’animal en pleine poitrine.
Encore éberlués par le phénomène, les jeunes gens s’approchèrent lentement de l’endroit où se tenait le monstre la seconde d’avant.
« Qu’il est mignon ! s’attendrit Hermione. »
Courant par terre en battant de ses petites ailes, le Dent-de-vipère paraissait aussi inoffensif que la miniature reçue par Harry lors du tirage au sort.
« Méfie-toi de son feu, rigola Ron devant les efforts de la réduction pour cracher quelques flammèches ridicules.
- On l’emporte ou on le laisse là ?
- Hermione, ce n’est pas sérieux, qu’en ferions-nous ? Tu veux le prendre comme jouet pour Pattenrond ?
- Je me disais, qu’en cas de pépins on le lâcherait en lui rendant sa forme normale. »
Ce n’était pas une mauvaise idée, somme toute. Harry accorda ce caprice.
La jeune fille s’empressa d’attraper la bestiole qui se débattit nerveusement. D’un coup de baguette sur le museau, Hermione la calma et l’empocha.
« Que croyez-vous qu’il s’est passé avec nos éclairs ? demanda Neville.
- Je ne sais pas trop, répondit Harry. En tout cas c’était drôlement efficace.
- Nous possédons chacun un élément différent venant de chez Ollivander.
La tienne contient une plume de Fumsek ; celle de Ron un crin de Licorne ; celle de Neville un poil de Licorne ; la mienne, un fragment de ventricule de cœur de dragon. Leur réunion provoque peut-être une amplification du sort pour autant qu’on le lance ensemble. Je me documenterai en rentrant. »
La tirade de Hermione les ramena à leur mission. L’obstacle du dragon étant contourné, ils reprirent leur quête.