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Liste des sujets

l'ultime combat de Harry Potter

ekukas
ekukas
Niveau 7
24 juillet 2006 à 00:30:56

Rien de plus à dire! La suite!!!!!! :)

linconnu380
linconnu380
Niveau 5
26 juillet 2006 à 22:11:10

C´est EXCELLENT! La suite!

linconnu380
linconnu380
Niveau 5
27 juillet 2006 à 17:56:06

:up: :up:

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
27 juillet 2006 à 17:56:49

Ca sert à rien de upper tous les jours alors que tati ne passe visiblement plus pour le moment... :hum:

linconnu380
linconnu380
Niveau 5
28 juillet 2006 à 02:15:24

je sais, mais j´adore trop la fic :P

hoffa
hoffa
Niveau 10
28 juillet 2006 à 06:59:18

http://mangamaniaone.forumzen.com

vegeto333
vegeto333
Niveau 10
01 août 2006 à 12:54:17

Tati est en vacances jusqu´au quatre aôut....et sur HOIV,il reste en haut de page

Dragonn1
Dragonn1
Niveau 10
03 août 2006 à 18:08:10

Youpi, plus qu´une journée!

Dylfos
Dylfos
Niveau 5
03 août 2006 à 18:31:31

J´avoue que j´ai un peu de mal à digérer tout ce passage... Enfin pourquoi pas, mais ça s´éloigne de JKR.

ekukas
ekukas
Niveau 7
08 août 2006 à 19:55:55

Bon c´est bien beau tout ça mais on voudrait avoir une suite si possible! (désole aux lecteurs qui ont cru à une suite...). :up:

trybee
trybee
Niveau 10
09 août 2006 à 14:12:22

bon c´est un peu bete de poser ma question sur ce topic, mais celui que j´ai créer à été supprimmer,

:d) quelle est votre fic HP préféré de ce forum (voir d´autres sites) ?

j´ai posté ici car c´est celui que j´ai envie de lire mais soyez franc :merci:

tati11
tati11
Niveau 10
09 août 2006 à 21:20:02

Coucou! Je suis de retour. Voici la moitié du tout dernier chapitre. Bonne lecture!

Chapitre 28 : L’Ultime combat.

L’ascension parut durer une éternité. Confortablement arrimé aux larges feuilles du Lilium en croissance, Harry subit la remontée vers le monde des vivants. Au bleu du ciel avait succédé un brouillard qui s’opacifia au point de devenir d’une noirceur d’encre. Les idées vagabondes, le jeune homme s’interrogea : jusqu’où la plante grandirait-elle ? Il ne faudrait pas qu’elle s’arrête en chemin ou dépasse le but fixé. Il tenta de se concentrer davantage sur l’arcade de la salle de la mort car aucun doute ne l’habitait, son chemin finirait là où il avait débuté.
De longues minutes s’écoulèrent encore puis, intrigué, Harry redressa la tête. Ce n’était pas un tour de son imagination : il ralentissait.
Il n’avait pas de point de repère, un tunnel de chemin de fer devait être plus clair que cette obscurité insondable. Même pas un « Lumos » possible !
Complètement perdu, il s’assit et tendit prudemment les mains devant lui, tâtonnant à la recherche d’un appui quelconque. Il ne rencontra que le vide. Tournant la tête, il lui sembla que… Oui ! Ses oreilles captaient… des voix !
À force d’écouter, il crut discerner l’endroit d’où elles émanaient. Il plissa les paupières afin de percer les ténèbres et sourit. Par intermittence, de très faibles lueurs apparaissaient juste à deux mètres sur sa droite.
Il se leva, ses pieds stabilisèrent sa position. Debout, il fixa intensément sa cible. S’il la ratait… quelle chute !
« Bah ! Je suis déjà mort. » songea-t-il pour se rassurer.
Respirant par saccades, il banda ses muscles. D’une splendide détente, il sauta en avant. Mieux qu’un insecte sur une vitre, il s’aplatit durement contre une surface lisse. Paniqué, il se sentit glisser vers le gouffre qui voulait l’aspirer. Il pataugea, bras et jambes tentant furieusement de trouver un support pour freiner l’irrémédiable descente. La pointe de ses chaussures rencontra une aspérité mais y dérapa. Lamentablement, Harry se débattit pour échapper au vide attractif. OUF ! Si son pied avait raté le rebord, ses doigts, eux, s’y agrippèrent fermement. Remontant légèrement, il parvint même à poser ses coudes de manière plus agréable. Néanmoins, quand il risqua un nouvel élan, il faillit repartir en arrière. Quelque chose clochait. Pourquoi n’arrivait-il pas à passer ? En désespoir de cause… il attendit.
La source des sons étant très proche, il ne manqua aucune des paroles échangées.
« Vas-tu venir, oui ou non ?
- Non.
- Qu’as-tu dis ? Tu oses me braver ? Tu n’es plus qu’une larve bonne à me lécher les bottes, entends-tu ?
- Vous… Je…. Jamais. Je sens votre âme corrompue me ronger de l’intérieur. Je ne suis pas de taille à résister… mais vous ne m’aurez… jamais. »
Un bref silence suivit puis :
« JAMAIS ! »
Suspendu au rebord de l’arche, Harry se vit franchir le voile. Il se releva d’un cran, la fusion se produisit instantanément.
Légèrement tremblant, le garçon adressa un remerciement muet à Dumbledore. Sa précieuse montre était donc aussi un retourneur de temps. Il l’avait réglée pour qu’il récupère sa vie juste au moment où elle aurait dû le quitter.
Et maintenant… Que faire ? Harry jugea prudent d’ouvrir les oreilles.
Un cri atroce déchira le silence, Hermione exprimait sa douleur, son horreur face à la disparition de son ami. Il y eut aussi un rire dément :
« J’ai gagné ! Potter n’est plus. »
Une réplique jaillit :
« Vous avez entendu ce qu’a dit le petit ? Il est mortel ! Hardis les cœurs ! »
Alastor Maugrey galvanisait les troupes !
Un grand tumulte régna ensuite. De nombreux sortilèges fusèrent.
Harry, captivé tel un auditeur de radio, remarqua à peine une nouvelle déchirure du voile. Un corps lui passa par-dessus la tête, puis un ordre de repli résonna, suivi d’un avertissement :
« Ils vont transplaner, empêchez-les ! »
Brave Neville, il avait essayé de s’opposer jusqu’au bout.
« Trop tard, dit Maugrey. Il s’est échappé. Pauvre gosse.
- Ce n’est pas possible, Harry ! Harry ! »
Les sanglots de Hermione… Comment y résister ? C’était le bon moment.
D’un sursaut, il se propulsa en avant et se réceptionna sur les genoux.
Après tant de temps passé dans le noir, la lumière l’aveugla mais très vite sa vision se rétablit. Pas à dire, Colin Crivey aurait réussi une splendide photo réunissant le groupe le plus ahuri qui soit.
« Ben quoi ? rit-il. Vous n’êtes pas contents de me voir ? »
Médusés, tous regardaient l’inconcevable… un ressuscité !
« HARRY ! »
Hermione bondit, radieuse. Elle dévala les gradins, des larmes se mêlant à ses rires. Alors qu’en hauteur, plusieurs assistants secouaient la tête d’incompréhension, Harry descendit de l’arche pour étreindre fougueusement la jeune fille éperdue de bonheur.
Quand ils réalisèrent qu’ils ne rêvaient pas, les alliés rejoignirent le couple de jeunes gens ; certains hésitaient encore à y croire, c’était tellement…
« Çà, alors ! Çà, alors ! s’exclama Maugrey en claudiquant sur les gradins. Il n’y a que toi pour réussir un coup pareil. Tu nous as bien eus, et lui en particulier. »
Harry ne désirait pas s’étendre sur ce sujet ni expliquer la vérité. Il les laissa approcher, beaucoup voulurent le toucher comme pour s’assurer qu’il n’était pas un pur esprit.
Quand l’ensemble fut convaincu du « miracle » Harry s’informa :
« Avons-nous subi des pertes ? Et eux ? »
Deux Aurors inconnus avaient été sérieusement blessés et évacués. Trois Mangemorts gisaient sans vie, cinq étaient solidement ligotés en attente de transfert.
« Où est Luna ? s’inquiéta soudain Harry. Elle a été frappée par Rogue, et… Lui aussi, il n’est plus là ?
- Voldemort a expédié son corps dans l’arche, quant à Luna… »
La mine embarrassée de l’entourage annonça le drame :
« Il l’a emmenée avec lui, murmura Neville. Euh… Tiens, c’est à toi, je crois.»
Profondément affecté par cette nouvelle, Harry récupéra machinalement sa baguette. Il n’avait qu’une hâte : rentrer à Poudlard.
Plusieurs Aurors se proposèrent en escorte ; Harry refusa poliment mais insista :
« Il se pourrait qu’avant peu je réclame votre aide. Le Ministre sera tenu au courant. »

Accoudée à sa table de travail, Mrs McGonagall, feuilletait une liasse de parchemins. L’air tracassé, elle releva la nuque vers une antique horloge en bois vernissé, assez semblable aux coucous moldus. Les aiguilles se réunirent au sommet, la petite porte s’ouvrit, une espèce de gnome habillé de velours vert émergea :
« Il est midi, brailla-t-il. Il est midi. »
Un pas en arrière, le clapet se referma.
En soupirant, la directrice rangea sa paperasse. Elle atteignait la porte lorsqu’un bruit en provenance de la cheminée l’arrêta. Tournée vers l’âtre, elle eut la surprise de voir éclater une gerbe de flammes vertes d’où sortirent trois étudiants.
« Potter, Granger, Londubat ! Où étiez-vous passés ? Je me suis fait un sang d’encre. Miss Lovegood n’est pas avec vous ? »
Comment expliquer tout ce qui était arrivé ? Harry n’avait même pas pu échanger deux mots en aparté avec ses amis.
« C’est trop long à raconter, accompagnez-nous au bureau de Dumbledore… enfin, à votre autre bureau, madame. »
Au passage des couloirs, le groupe perçut les échos de la grande salle. Le déjeuner battait son plein, tant pis pour la faim. Montant quatre à quatre l’étage séparant les locaux directoriaux, Harry délivra des bribes d’information.
Mrs McGonagall s’horrifia : Horcruxes, bataille, enlèvement, décès de Rogue ? Elle encaissa difficilement ce mic-mac et n’était toujours pas remise de ses tourments quand ils affrontèrent le portait de Dumbledore.
Contrairement à son habitude, celui-ci était très éveillé :
« Harry ? Je suis heureux de constater que ça a marché.
- Vous vous en rappelez ? s’ébahit le garçon. Mais…
- La mort… les âmes… rien n’est pareil entre ce monde et celui des vivants. Tu es venu et tu es reparti : c’est bien ainsi.
- Les Illustres…
- Ils tempêtent, c’est le moins qu’ils puissent faire. Ce n’est pas souvent qu’ils perdent des clients. J’ai eu droit à des semonces, c’est sans importance puisque je conserve mes privilèges. Ton miroir est entre de bonnes mains, tes parents sont ravis.
- Nous allons devoir préparer rapidement un plan d’action : Voldemort a enlevé Luna Lovegood. »
La remarque perturba son mentor qui se gratta la barbe, songeur.
« Ennuyeux, certes ! Pourquoi a-t-il fait ça, selon toi ?
- Euh… Je n’ai pas eu le temps d’y songer… je pencherais pour…
- Un échange ! s’emballa Hermione. S’il croit – avec raison - que ses autres Horcruxes sont intacts, il voudra les récupérer.
- Très probable, Miss Granger. Si c’est cela, il vous contactera. Nous disposons en outre d’un atout majeur.
- Je me demande lequel, soupira Harry, désarçonné. S’il veut ses objets contre Luna, nous ne pourrons pas les lui refuser.
- Il ignore que tu es en vie, ça c’est un atout ! Bien sûr, s’il traîne des traîtres, il le saura vite. Il nous faut donc agir.
- Que proposez-vous, Albus ?
- Minerva, il est temps de secouer l’Ordre-du-Phénix. Je vous charge de les contacter tous, dans la mesure du possible. Hermione, Neville, faites passer le mot qu’une attaque décisive se prépare. Que tous se tiennent prêts à répondre présent quand l’heure sonnera. Quant à toi, Harry… J’aimerais que tu restes ici un petit moment. Tu te doutes pourquoi, n’est-ce pas ? »
Inutile de mentir, le jeune homme le pressentait : une dernière visite dans la pensine serait son lot.
Hermione l’étreignit, la directrice et Londubat lui adressèrent un signe de tête compatissant. Harry, face au tableau, attendit.
« Hum… tu vas éprouver un choc, autant te prévenir.
- J’en ai déjà tellement supporté, un de plus…
- Ne sois pas amer ! Je suis pratiquement certain que tu ne vas pas… apprécier. Pourtant, il le faut. C’est un peu tard pour ce genre de révélations mais un dicton de nos chers Moldus dit « mieux vaut tard que jamais. » Il est nécessaire que tu saches les dessous de l’histoire… de ton histoire. Tu peux apparaître, mon ami. »
Si Harry escomptait un coup fourré, celui-ci dépassa ses espérances. Du mur opposé se détacha le reflet immatériel de l’homme qu’il haïssait le plus après Voldemort : Rogue. Un Severus luminescent dont les traits translucides conservaient toute l’arrogance des chairs de l’original.
« Vous… Vous êtes fantôme ? s’ébahit le garçon.
- Cela vous surprend, Potter ? S’il n’avait tenu qu’à moi, les choses se seraient passées différemment. Grâce à vous, me voilà condamné à errer en ces lieux. Êtes-vous satisfait ?
- Je… Je n’y suis pour rien ! Pourquoi vous êtes-vous interposé ? Je ne vous ai jamais rien demandé que je sache ? »
Haine et colère agitèrent le jeune homme qui fulmina en contemplant son ennemi.
« Harry… amorça doucement Dumbledore. Il est des choses que tu ignores. Des choses qui font que ta vision des faits a fréquemment été obscurcie. Combien de fois ne t’es-tu pas interrogé sur ce qui me poussait à croire en la fidélité absolue du professeur Rogue ?
- Il vous a tué ! Belle preuve de confiance, en vérité ! cracha Harry, venimeux.
- Il ne pouvait pas en être autrement… Je lui ai demandé de m’achever.
- QUOI ? Qu’est-ce que vous dites ? C’est ridicule !
- J’agonisais, Harry ! Regulus a noyé le faux médaillon dans cette fameuse potion verte : elle était mortelle. J’étais persuadé m’en sortir néanmoins. L’arrivée de Drago a fait chavirer mes plans. Plus le temps passait, plus je m’enfonçais. Heureusement, Severus est intervenu. Il a compris ma pénible situation et m’a délivré de mes souffrances tout en évitant au jeune Malefoy de devenir un assassin. »
Abasourdi, Harry secoua plusieurs fois la tête tel un taureau furieux :
« Cela ne change absolument rien ! cria-t-il. Pendant des années, il a comploté dans votre dos. Je vous ai prévenu, plusieurs fois. Jamais vous n’avez écouté !
- Toi non plus, Harry. Je n’ai cessé de te répéter que tu te trompais. Tu vas maintenant en apprendre les raisons. Prends la pensine, veux-tu ? Les images sont parfois plus parlantes que les mots. »
Rageur, le jeune homme obéit. Le bassin de pierre aux rebords sculptés déménagea de l’armoire vitrée jusqu’au bureau. Du coffret, qui ne le quittait jamais, Harry sortit le flacon étiqueté d’un IV. Sous le regard des deux défunts, il le déversa dans le récipient et y plongea sa baguette. Se penchant vers la surface scintillante, il s’effara quelque peu en voyant le sourire moqueur de Rogue s’y refléter. Le tourbillon se forma ; il plongea.

tati11
tati11
Niveau 10
09 août 2006 à 21:20:55

Dès l’atterrissage sur une épaisse pelouse, Harry sut où il se trouvait : Poudlard. Le collège tel qu’il était fin des années 70.
Ce devait être l’été, un chaud soleil souriait dans un ciel pur. Sans un mot, le spectre de Rogue pointa une direction. Haussant les épaules, Harry s’y dirigea. À quoi cela rimait-il ? Il n’avait besoin de personne pour visiter un souvenir, et encore moins du fantôme d’un être détesté.
Tout en fulminant intérieurement, le garçon arriva en vue du lac. La foule assemblée le rendit mal à l’aise tant l’évocation des funérailles de Dumbledore était frappante. Pourtant, les visages arborés par la multitude des étudiants n’avaient rien de triste, au contraire. Des sièges bondés disposés en demi-cercles encadraient une estrade. Là, en grands atours, un staff de professeurs et d’édiles assistait à un défilé de lauréats.
Sa curiosité naturelle reprenant le dessus, Harry s’approcha afin d’écouter la liste énumérée par un individu à peine grisonnant qu’il n’eut aucune difficulté à identifier : Albus Dumbledore.
Debout près de la table d’honneur, fidèle à lui-même, digne et amical, le directeur lisait un long rouleau de parchemin.
« Grande distinction avec optimal aux A.S.P.I.C de potions et de métamorphoses : Lily Evans ! »
Ému, plus qu’il n’osa l’admettre, Harry vit une jeune fille aux épais cheveux roux foncés s’élancer joyeusement vers l’estrade. Sous les applaudissement nourris de l’assistance, elle alla cueillir le fruit de ses efforts : son diplôme de terminale. Elle gagna ensuite les rangs des promus du jour tout en bavardant joyeusement avec ses voisins. Divers lauréats la rejoignirent, salués plus ou moins copieusement par leurs condisciples. Lupin reçut une tiède ovation. Pâle, le teint gris, c’est à peine s’il adressa un bref signe de tête avant de s’éclipser. Vint Peter Pettigrow, identique à son image de rongeur aussi sournois qu’inquiet. Il se glissa dans la file, essayant d’y remonter jusqu’à un Sirius Black, fringuant et désinvolte. Ce fut bientôt le tour de James Potter. Harry se surprit à moitié en constatant la différence entre le fat entrevu dans la pensine de Rogue et l’humble jeune homme qui se présenta devant le directeur. Point de fanfaronnade ou d’excentricité, son père lui parut l’être le plus pondéré qui soit en recevant ses lauriers. En douce, il coula une œillade vers celle qui serait sa femme, mais elle ne lui accorda pas l’aumône d’un regard. Par contre, lorsque le directeur énonça :
« Optimal de potions et de défenses contre les forces du mal, avec mention spéciale du Jury : Severus Rogue. ! »
L’attitude de Lily Evans changea. Radieuse, elle fut à peu près la seule à mêler ses applaudissements à ceux des Serpentard. C’était tellement inattendu, que Harry pivota tour à tour vers les deux Rogues. Celui de l’estrade baissait son nez crochu sur son diplôme, celui à ses côtés paraissait… furieux.
« Votre mère avait un chic particulier pour embarrasser les gens, le saviez-vous, Potter ? Ce jour-là fut sans doute la seconde plus grande honte de ma vie ! Je n’avais absolument pas besoin de son ovation provocatrice, ni de ce qu’elle m’infligea ensuite. »
Le jeune homme haussa les épaules, il ne distinguait rien de choquant dans la démonstration vis-à-vis du fantôme, c’était plutôt son père qu’il plaignait.
« Dire que j’y ai cru, soupira Rogue. »
Le ton pathétique força Harry à mieux observer son étrange compagnon qui lui parut soudain plus amer que fâché.
« Ce souvenir est à vous ? s’étonna-t-il.
- Évidemment. Nous voyagerons dans diverses réminiscences passées. Nous allons changer d’endroit, accrochez-vous. »
Le décor bascula, Harry se retrouva dans la grande salle. Quelques heures à peine devaient séparer les deux événements, le banquet signant la fin des études avait eu lieu ; un bal succédait aux agapes. Immédiatement, le jeune homme chercha ses parents et son professeur qu’ils devinaient être les protagonistes de cette scène. Il aperçut Lily fort entourée d’un groupe de courtisans ; James n’était pas lot, Rogue non plus. À distance, ces deux jeunes gens ne cessaient pourtant de lorgner la pétillante demoiselle qui minaudait un peu telle une chatte en quête d’un beau matou. L’orchestre jouant une valse, James quitta brusquement le buffet et se rapprocha de sa proie.
« Venez donc vous instruire sur l’esprit féminin, le poussa verbalement le spectre. »
Obligé de suivre le mouvement, Harry s’approcha afin de capter les paroles échangées. Manifestement, James avait un peu bu, il zigzaguait en fendant la foule des danseurs. Il se planta néanmoins fermement devant Lily, et sourit :
« Mademoiselle Evans m’accordera-t-elle l’immense plaisir de cette valse ? »
Les yeux d’émeraudes allongés en amandes pétillèrent de malice en croisant ceux du prétendant :
« Mr Potter, vous me faites un grand honneur ! Hélas… j’ai déjà promis cette danse. »
Le cœur de Harry se serra quand il vit l’effet déclenché par cette simple réplique : son père semblait avoir reçu une gifle.
« Et à qui, si ce n’est pas trop vous demander ? »
Ce fut le fils qui crut recevoir un coup dans l’estomac quand Lily répondit nonchalamment :
« À Severus ! Il est tête en l’air, il a oublié ! Je vais le lui rappeler. »
Menton fièrement pointé, Miss Evans se leva, marchant résolument vers le jeune Rogue qui discourait avec… Lucius Malefoy. Ils interrompirent leur conversation, le père de Drago recula précipitamment comme si la proximité de la Moldue, risquait de souiller sa tenue de soirée. Severus, de marbre, écouta la supplique de Lily. Un sourire carnassier joua sur ses lèvres minces.
Ce qui suivit sidéra Harry car, au lieu de la fuite escomptée, il vit Rogue prendre la main de sa mère et la guider sur la piste. Raide et guindé, Rogue ne fut pas aussi ridicule que l’espéra le garçon. Entre l’éclatante beauté en robe de mousseline verte et le teint pâle du jeune homme aux cheveux noirs, les jeunes gens formaient un couple disparate mais… gracieux. Un bruit d’imprécations attira l’attention de Harry à l’autre bout de la salle : James gagnait la sortie en molestant ceux qui lui barraient la route. Miss Evans aussi avait vu. Elle pila net sur place, son regard allant du dos de James aux traits rudes de son cavalier.
« Je suis désolée, pardonnez-moi ! » dit-elle en se dégageant des bras de Rogue qu’elle abandonna pour s’élancer à la poursuite de son futur époux.
Secouant la tête, Harry resta aussi ahuri que le cavalier planté au milieu de la piste.
« Elle m’a bien eu ! » entendit-t-il derrière lui.
Se cabrant, prêt à défendre ses parents, Harry se retourna d’un bloc. Les paroles cinglantes qu’il s’apprêtait à débiter lui restèrent en travers de la gorge quand il crut discerner l’éclat d’une larme sur la joue transparente de l’ancien professeur. Sidéré, il n’eut pas le temps de réagir, déjà ce souvenir s’effaçait.

Projeté dans un autre endroit, Harry se réceptionna en douceur par la force de l’habitude. Cette fois, il débarquait dans le hall d’un manoir inconnu, éclairé de flambeaux rustiques diffusant une faible clarté. La nuit régnait ainsi qu’un profond silence. Il chercha des explications auprès de son guide éthéré qui se contenta de lui désigner la haute porte en chêne. Elle s’ouvrit à la volée sur un Rogue un peu plus âgé que le précédent. Extrêmement nerveux, l’ancien professeur s’envola à toutes jambes vers l’étage où le suivirent les visiteurs.
Au centre d’un salon à l’ameublement austère, Lord Voldemort recevait l’hommage de son serviteur. Agenouillé devant les reliquats du fringant Tom Jedusor, Rogue, anxieux, se tordait les mains :
« Vous m’avez appelé, Maître ?
- Relève-toi, Severus ! Je suis d’excellente humeur. Je voulais que tu sois l’un des premiers à apprendre la nouvelle car c’est grâce à toi que j’ai entendu une partie de la prophétie : nous les tenons ! »
Le contraste entre la joie de Voldemort et l’effarement de Rogue frappa Harry, mais moins que l’apparition d’un troisième larron, petit et laid au nez frémissant de rongeur : Peter Pettigrow.
Mielleux, ne dissimulant pas sa satisfaction, le futur Croûtard s’approcha à petits pas empressés.
« Tu reconnais ton vieux condisciple, n’est-ce pas, Severus ? Il fait désormais partie intégrante des nôtres, par gratitude pour services rendus. Parle Queudver, répète ce que tu viens de me dire. »
Harry vécu la scène dans un brouillard comateux. Là, à quelques mètres de lui, Pettigrow avouait être devenu le Gardien du Secret de ses parents, connaître le lieu où ils se cachaient.
« CE SOIR ! s’esclaffa Voldemort. Ce soir, celui qui aurait eu le pouvoir de me vaincre ne sera plus ! »
Alors que le Seigneur des Ténèbres et Queudver riaient à gorge déployée, Rogue demeurait de marbre, tellement figé que Voldemort s’en soucia :
« N’es-tu pas heureux, Servilus ? Tout sera bientôt terminé.
- Puis-je… Vous parler seul à seul, Maître ? »
Lord Voldemort haussa les épaules et, d’un geste, relégua Pettigrow à l’arrière. Dès qu’il disparut, Rogue se jeta aux pieds du Seigneur des Ténèbres :
« Toutes vos actions sont justes, jamais je ne prétendrai le contraire ! Oserais-je, cependant, espérer que… vous l’épargnerez ?
- Encore cette promesse ?
- Tuez l’enfant, le père si nécessaire mais, de grâce, … ne touchez pas la mère !
- Sentimental, toi, Servilus ? Faut-il que cette Sang-de-Bourbe t’ait fait de l’effet ! Dès qu’il s’est avéré que les Potter étaient ceux que nous cherchions, tu n’as eu de cesse de me réclamer la sauvegarde de cette fille. Je te l’ai promise en récompense de la prophétie : cela devrait te suffire. Va, maintenant. Préviens les autres, nous nous rendons à Godric’s Hollow dans l’heure. »
Un nouveau tourbillon se forma, expulsant Harry de ce tableau déconcertant.

Le revoilà à Poudlard. Aucun doute, il était à nouveau dans le bureau du directeur. Assis derrière sa table de travail, Albus Dumbledore écoutait gravement son vis-à-vis.
« Je ne vous ai rien caché : je suis un misérable, sanglotait Rogue. Jamais je n’ai imaginé les conséquences…
- Tu détestais James, n’est-ce pas ?
- Plus que tout ; impossible autrement. Il se pavanait mieux qu’un paon, arrogant, tricheur, menteur. Malgré cela, tout le monde l’aimait, l’admirait ! Nous nous sommes haïs dès l’instant où nous nous sommes croisés. Il avait tout : honneur, argent, notoriété ; je n’avais rien. La seule personne à résister au charme de Potter était Lily Evans ! Elle l’avait percé à jour. De plus, elle semblait me témoigner de l’intérêt… Je devrais plutôt dire de la pitié. Elle était outrée des manières déplorables utilisées contre moi par Potter et sa bande. »
Incapable de se contenir, Rogue se leva, entamant un va-et-vient nerveux sur le tapis :
« Et, devant tous, je l’ai traitée de Sang-de-Bourbe ! Je l’ai froissée, j’aurais donné n’importe quoi pour effacer cette bourde, mais je ne voulais pas que l’on sache à quel point je… tenais à elle.
- Tu l’aimais ? demanda doucement Dumbledore.
- Elle a finalement préféré James : c’est normal. Qu’étais-je par rapport à lui qui possédait tout ce que je n’avais pas. Il s’est mieux conduit par la suite, elle l’a constaté. Le soir du bal de terminale, j’ai compris qu’il avait gagné.
- Tu ne m’as pas répondu, Severus. L’aimais-tu ? »
Harry sursauta au cri de douleur qui déchira le silence :
« OUI ! J’aimais Lily Evans. Elle a préféré James, mais je l’ai aimée. Je ne lui ai pas reproché de m’avoir pris comme aiguillon à la jalousie de Potter : j’en étais très fier. Même après ça, je ne lui souhaitais aucun mal.
- Elle est morte hier soir, tu le sais.
- J’ai essayé de l’empêcher ; il m’avait promis de l’épargner !
- Te fier à Tom… Severus, tu me déçois. »
Très calme, Dumbledore observait l’ours en cage qui se démenait devant lui. Relevant sa manche, Rogue exhiba la marque des ténèbres :
« J’ai trahi ! J’étais des leurs, j’avoue. Mais je jure de tout faire pour l’anéantir !
- Belle rédemption que celle-ci, alors que tout notre monde s’accorde à le porter disparu !
- Avec lui… sait-on jamais ? Je serai un excellent agent double ; ne me rejetez pas, s’il vous plaît ! En tuant Lily Evans, c’est moi qu’il a tué. »
Le directeur parut songeur. Pour l’avoir fréquenté assidûment, dans ses traits en apparence sévères, Harry discerna une once de compassion mêlée de malice.
Ce qu’il entendit ne le surprit pas outre mesure. Très pondéré, pesant chaque mot, Dumbledore approuva :
« Je te crois, Severus ! Les cris du cœur, même muets, font plus de bruit que les longs discours. Tu aimais Lily Evans, tu te morfonds à l’idée d’être responsable de sa mort. Tu l’es, c’est indéniable. »
Sous la sentence, Rogue baissa la tête et cessa tout mouvement.
« Désires-tu sincèrement réparer les torts causés par tes erreurs de jugement ?
- Soumettez-moi au Veritaserum, je…
- Inutile ! pouffa Dumbledore. Tu es parfaitement capable d’y résister. Ton cœur a parlé, tu resteras ici à… une condition.
- N’importe laquelle, j’accepte ! répondit avec fougue le futur professeur.
- Ne t’engage pas à la légère, Severus ! Ce que je vais exiger te demandera certainement plus d’efforts que tu n’imagines.
- Dites ! »
Seul le tic-tac d’une vieille pendule résonnait faiblement. Les tableaux des anciens directeurs, très attentifs sous des dehors endormis, attendaient l’annonce du serment. Dumbledore prit son temps. Il se leva pour se planter près de la fenêtre donnant sur le parc. Sans se retourner, il trancha :
« Dans une dizaine d’années, nous recevrons un élève particulier : le fils unique de James et Lily Potter. Je veux que tu le protèges, Severus ! Envers et contre tout, tu devras veiller sur lui, même par delà la mort au besoin. Acceptes-tu ? »
Immédiate, révoltée, la réplique jaillit :
« Que je… Il ne faut pas qu’il sache ce que j’ai fait !
- Il n’en saura pas plus que nécessaire, je le promets.
- Alors… Je vous obéirai en tout… jusqu’au bout. »

tati11
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Niveau 10
09 août 2006 à 21:21:45

L’arrachement brutal ne gêna pas Harry qui se retrouva dans le même bureau qu’il n’avait, en fait, pas quitté.
Le portrait de Dumbledore le contemplait, ainsi que le spectre de celui qu’il avait toujours considéré comme un ennemi. Harry assimila les dernières révélations, pour le moins surprenantes. Lentement, il se tourna vers l’ancien directeur :
« Pourquoi ? murmura-t-il. Pourquoi me montrer ça seulement maintenant ?
- Rien de ceci ne pouvait t’être avoué avant que Severus et moi nous ne soyons partis. Il était temps pour toi de connaître la vérité sur ton professeur, Harry. Il a fidèlement suivi mes instructions, preuve en est qu’il est encore ici sous une forme… peu confortable.
- Toutes ces années…
- Je ne vous aime pas Potter ! Albus avait raison : ma mission était extrêmement difficile. Vous ressemblez tellement à votre père, rien que votre vue me rappelle toutes les brimades subies ; je me suis vengé à travers vous, c’est vrai. Mais vous avez les yeux de Lily, et ça, c’est pire que tout. Vous représentez le vivant souvenir de ce que j’ai perdu et provoqué. J’ai obéi à Albus et vous ai aidé plus que vous ne le pensez, en dépit de votre penchant à vous fourrer dans des situations aberrantes. À qui croyez-vous devoir votre sauvegarde à Godric’s Hollow ? Qui vous a crié de revenir lors de l’attaque du Poudlard Express ? Qui a créé une diversion alors que vous étiez cerné à Pré-au-Lard ?
- C’est… C’était vous ? Je vous ai reconnu à la taverne, et…
- J’y étais car je me doutais qu’un raid se préparait. Je voulais m’assurer des mesures de sécurité en place. Vous m’avez obligé à fuir, je n’ai réussi à prévenir personne. Le Maître se méfiait de moi. Il ne me confiait pas tous ses projets, loin de là. Déjà pour l’armoire à disparaître j’ai rusé pour faire parler Drago. Entêté à s’attirer les bonnes grâces de Lord Voldemort, il n’a rien dit, l’idiot. À cause de lui, j’ai dû…
- Ne te reproche rien, mon ami ! dit Dumbledore. Nous l’avions convenu depuis longtemps. Je ne pouvais pas mourir de meilleure main que de la tienne.
- Et vous avez osé me traiter de lâche, Potter ! Je venais d’effectuer la tâche la plus cruelle qu’il m’ait été demandée, et vous me traitiez de lâche ! J’aurais pu vous tuer, ce fameux soir ; ou vous laisser abattre par Amycus. J’ai encore su vous épargner en inventant une fable.
- Sois-en remercié, Severus. Harry est jeune, son tempérament impétueux lui a joué des tours. Je suis persuadé qu’il mesure à présent à quel point il s’est fourvoyé sur ton compte.
- Il m’en a donné du fil à retordre ! N’ai-je pas également freiné l’envol de son pauvre petit esprit dans les limbes de l’oubli lorsque le Seigneur des Ténèbres s’y est infiltré pour lui faire payer la capture de quatre fidèles ? Sans compter ma participation à l’évasion d’un elfe et de ce ridicule professeur de divination.
- Vous avez aidé Dobby et Trelawney ? s’ébahit Harry. Narcissa, la mère de Malefoy, que…
- Il l’a tuée immédiatement après qu’on lui ait livrée. J’irai, moi-même annoncer cette triste nouvelle à Drago dès que nous aurons terminé notre charmante discussion. Voyez-vous, Potter, j’ai respecté mes engagements quoiqu’il m’en ait coûté. Je ne serai libre qu’une fois Lord Voldemort réduit à néant. Aussi, je vous engage vivement à réussir, où je vous hanterai le restant de vos jours ! Avez-vous un plan concis, au moins ? »
Harry n’en revenait pas. Rogue, un allié ? Tant et tant d’actes dont il n’avait pas eu conscience ? C’était…
Humblement, il se tourna vers le spectre :
« Je vous demande pardon, professeur. Je vous ai mal jugé. Je… regrette que… »
Une poignée de main aurait été de mise. Vu les circonstances…
Des considérations plus urgentes que ces états d’âme le tenaillant, Harry embraya fébrilement :
« Je ne vous décevrai pas ! Ce que j’ai concocté devrait marcher : nous allons attirer Voldemort dans un piège dont il ne sortira pas. »
Il n’osa pas ajouter « j’espère », le ton y suffit.

La salle commune de Gryffondor bruissait de murmures anxieux. Le silence régna quand Harry s’y présenta. Ginny ne sut se dominer, elle lui sauta au cou sans souci des regards à peine étonnés de l’assemblée.
« Hermione et Neville nous ont tout raconté, dit Ron en donnant l’accolade à son ami. Tu lui as échappé en te cachant derrière le voile noir ?
- C’est ça ! mentit Harry, heureux que cette version farfelue circule. Mais il a pris Luna en otage. Il voudra probablement l’échanger contre quelque chose qui lui appartient, et qui se trouve au château. »
Un clin d’œil au rouquin confirma qu’il s’agissait bien des Horcruxes.
Il convia les élèves à se grouper autour de lui afin d’écouter le discours mis au point avec l’aide de Dumbledore et Rogue. Il brossa les grandes lignes de la future stratégie insistant sur les dangers de l’entreprise :
« Nul ne vous en voudra si vous préférez rentrer vous abriter chez vos parents. D’ailleurs, les mesures d’évacuation des plus jeunes vont démarrer.
- Ah non, rouspéta la petite Baby Birdman, je suis la seule de première année mais je veux me battre, moi ! »
Fier de constater qu’aucun membre de sa Maison ne désirait se défiler, Harry sourit :
« Espérons que Voldemort mordra à l’hameçon !
- Qui sera l’émissaire ? demanda Hermione, inquiète.
- Mrs McGonagall essaie de contacter Lupin. En cas d’échec, elle s’en chargera. »
Laissant ses condisciples débattre sur ce sujet palpitant, Harry signala discrètement à ses amis de s’éclipser en direction de la salle de classe habituelle aux réunions. Regroupés, un « Assurdiato » appliqué par précaution, Harry raconta ses réelles aventures par delà le voile.
« Tu as revu tes parents ? s’exclama Ginny, émue.
- Sirius et Hagrid aussi ?
- Oui, Ron. C’était fabuleux. D’ailleurs… Hermione, as-tu ton exemplaire du miroir à double sens ? »
Intriguée, la jeune fille le lui tendit immédiatement, il le caressa avec tendresse :
« J’ai laissé le mien là-bas ! Nous pourrons communiquer chaque fois que nous le voudrons.
- Ça fonctionne d’aussi loin ?
- Très bien, tu peux me croire, Neville. Toi qui es féru de botanique, tu seras satisfait d’apprendre que le Lilium pousse de manière extraordinaire pourvu… qu’on le plante dans des endroits particuliers. Mais je ne vous ai pas rassemblés uniquement pour vous parler de ce… Paradis. Je dois aussi vous dire que… Rogue est ici. »
Hermione et Neville blêmirent :
« Tu l’as ramené avec toi ? »
À nouveau Harry déballa son histoire sans omettre un détail :
« Il était de notre côté, et il est devenu…
- Un fantôme, parfaitement jeunes gens ! »
D’un bloc, ils se tournèrent vers l’apparition scintillante qui s’avançait vers eux.
« Ne me regardez pas comme si vous n’en aviez jamais vu ! Potter, Drago est derrière cette porte, veuillez lui ouvrir, je vous prie.
- Oui, professeur ! s’empressa Harry. »
Un instant plus tard, Malefoy rejoignait le groupe. Tous compatirent au désarroi arboré par le pâle garçon. Il avait pleuré et ne cherchait pas à le cacher.
« Je… je suis désolé, murmura Harry en lui tendant la main.
- Il l’a tuée ! Il l’a tuée ! s’étrangla Drago, les yeux perdus dans le vague. Et maintenant… il tient Luna ! »
Hermione et Ginny quittèrent leur siège, s’avançant vers le jeune homme au bord de l’effondrement. Soutenu par les demoiselles, Drago consentit à s’asseoir :
« Si tu as un plan, Potter, je veux en être ! Je ferai n’importe quoi pour abattre ce monstre.
- Nous allions en discuter. Je suis heureux que tu te joignes à nous dans cette lutte qui nous concerne tous. »
Rogue approuva d’un bref coup de tête avant de disparaître comme il était venu.
« Luna sera l’enjeu décisif, dit Harry. Voldemort me croit mort ; il imagine avoir gagné, mais il veut récupérer ses Horcruxes.
- Ses quoi… ? »
Zut ! Malefoy n’était pas au courant ; Harry l’avait oublié. Patiemment, il lui expliqua le sens de ce mot.
« Luna contre ces machins ? tiqua Drago.
- Il ne peut pas en créer d’autres, il est déjà allé trop loin dans la pratique de la magie noire. S’il tient à l’immortalité, il a tout intérêt à replacer en sécurité ceux qui restent. Lupin ou McGonagall vont devoir la jouer en finesse pour l’attirer… ici !
- À Poudlard ? s’effara Ron. C’est pour ça que tu as dit aux trouillards de rentrer chez eux ?
- Il rêve de conquérir ces lieux ! L’appât est de taille à le décider à se présenter en personne.
- Tu crois qu’il viendra seul nous ramener Luna ? C’est toi qui rêves.
- Je n’ai jamais été aussi lucide, Ron. Il ne sera sûrement pas seul… mais nous non plus… »

srphirothn98
srphirothn98
Niveau 10
09 août 2006 à 22:31:07

Exellent comme d´habitude à part l´histoire de Rogue qui ets un peu trop farfelue XD.
Il y avait un autre petit bug mais je la´i oublié Xd.

En tout cas j´attend impatiamment la suite...

tati11
tati11
Niveau 10
10 août 2006 à 23:44:16

srphirothn98 :merci: d´être présent. Voici la suite et la fin de cette histoire. Bonne lecture.

tati11
tati11
Niveau 10
10 août 2006 à 23:45:21

j´ai posté trop vite :désole:

Tout était prêt. Du moins c’est ce que Harry souhaitait. Dissimulé à la lisière de la forêt interdite, il croisait les doigts.
Mrs McGonagall était revenue de l’île de Dear la veille au soir après une journée d’absence. Décomposée, énervée, des mèches de cheveux s’échappant sous son chapeau de guingois, mais heureuse d’être intacte, elle avait tenu conférence dans le bureau directorial où, devant l’assemblée attentive, elle relata son périple :
« Il m’a reçue ! souffla-t-elle, émotionnée. J’avoue que je ne m’attendais pas à le trouver aussi… changé. Passons ! Miss Lovegood est vivante, je l’ai vue. Aucun risque de forfaiture : c’était Luna, et non une doublure. Il n’y a qu’elle pour discourir des Héliopathes dans un pareil moment. Il a accepté la rencontre au lieu fixé, sans autre condition que d’y recevoir en main propre les serre-livres et la coupe de Poufsouffle. Faut-il qu’il tienne à ces reliques pour décider cet échange. »
Les ordres s’étaient dispersés mieux qu’une poignée de poudre : Voldemort arrivait !
Suivant les termes du traité, il se présenterait à la vaste clairière débroussaillée au cœur de la forêt interdite. Le système anti-intrusion serait déverrouillé à midi pile ; dans quelques minutes d’après la montre que Harry ne quittait pas des yeux.
Avait-il tout prévu ? N’y avait-il point de faille dans son plan si minutieusement élaboré ? Le plus gros problème résidait dans un dédoublement possible. Il avait, de visu, constaté les effets de ce sortilège. Rogue, loyal, résolut la question : un simple « Revelo » annulerait la mystification.
Les Horcruxes déposés dans un petit filet au centre du terrain attendaient leur créateur. Luna devrait dépasser une limite avant que Voldemort puisse s’emparer de ses trésors. Ensuite…
Nerveuse, mais déterminée, Mrs McGonagall s’avança vers la clairière. Elle scruta le ciel, attentive à tout changement dans la pureté de l’azur.
Le temps qu’elle relève son chignon, il était là !
Avec l’éloignement, Harry ne parvint pas à discerner correctement les traits de son ennemi. Il paraissait impassible, serrant fermement le bras de Luna maintenue contre son flanc gauche. Inutile d’être devin pour lire les pensées des opposants. La directrice s’assurait sûrement d’avoir affaire à Voldemort en personne ; lui, il estimait la nature réelle des Horcruxes. Selon Rogue, son ancien maître était parfaitement capable, sans les toucher, de découvrir un éventuel trucage.
Glaciale, la voix du Seigneur des Ténèbres résonna :
« Ce sont les originaux. Je suppose que vous les avez… « ensorcelés » ?
- Évidemment ! Vous ne les aurez qu’une fois cette jeune fille en sécurité.
- Où est la limite ?
- Me prenez-vous pour une idiote, Tom ? Je ne vous le dirai pas.
- ME PRENDRIEZ-VOUS POUR UN IDIOT ? Je ne resterai pas une minute de plus si vous n’avouez pas. Désirez-vous avoir la mort de cette jeune personne sur la conscience, Minerva ? »
Le bois d’if s’imprima méchamment sur le front de Luna. La directrice s’alarma :
« NON ! Attendez… Lorsque Miss Lovegood et moi aurons traversé cette frontière, vous pourrez emporter vos… machins. »
Elle se retourna ; sa baguette dessina un trait blanc dans l’herbe rase à bonne distance de Voldemort dont la face plate s’orna d’un fin sourire.
Harry banda ses muscles ; l’instant crucial approchait.
D’une secousse brutale, Luna fut propulsée en avant. Elle tremblait tellement qu’elle faillit s’étaler.
« Venez, ma fille ! Ne traînons pas ! » l’exhorta Mrs McGonagall.
Titubant, Luna courut se jeter dans les bras tendus qui la recueillirent pour l’entraîner vivement à l’abri.
Dès la limite débordée, tout s’enclencherait.
Les yeux rivés sur les pieds des sorcières, Harry suspendit sa respiration.
Au moment même où le bas des robes coupa la ligne, une pétarade gigantesque détona. Voldemort sursauta. Son regard courroucé se braqua vers le ciel où une myriade de feuxfous Fuseboum colorait l’atmosphère dans d’admirables gerbes étincelantes.
Maintenant !
D’un coup de talon, Harry décolla. Au ras du sol, à la vitesse de l’Ultrasonic1 lancé à pleine puissance, il fonça sur les reliques.
« Accio Horcruxes ! »
Le filet contenant les serre-livres et la coupe s’envola, réceptionné de justesse comme Voldemort brandissait sa baguette dessus. Soufflée par le déplacement d’air dû au balai supersonique, la robe du Seigneur des Ténèbres voltigea en tout sens, laissant son propriétaire pantois face à la fusée humaine qui lui passa sous le nez en riant aux éclats.
D’une chandelle vertigineuse, Harry gagna de la hauteur. Il stabilisa son vol, dans un virage serré, afin de prouver à son adversaire qu’il ne rêvait pas.
Poing dressé, il agita les Horcruxes, criant joyeusement :
« Jamais vous ne les aurez ! Jamais ! »
Une cabriole lui permit d’éviter le tir expédié par un Voldemort dépité.
Alors que les pétards continuaient leur sarabande dans le ciel enflammé, un rugissement de rage surmonta le vacarme :
« TU TE CROIS MALIN ? VOIS MA PUISSANCE ! CONNAIS TA SOUFFRANCE ! »
Bras écartés levés vers les airs, le Seigneur des Ténèbres renversa la nuque et hurla :
« VENEZ À MOI, MES FIDÈLES ! »
Le sourire éclatant de Harry se décomposa à mesure que la luminosité décrut. À croire qu’un orage était imminent tant de sombres nuages accouraient dans d’épaisses volutes noirâtres.
Le mot terrible, le nom qui le terrorisait le plus au monde s’insinua dans son esprit : Détraqueurs !
Ces formes honnies surgissaient de partout dans un macabre ballet.
Cent… deux cents ? Si le jeune homme fut décontenancé, la distance le séparant de ces êtres maléfiques le rassura quelque peu. Puis, les légions de Mangemorts se matérialisèrent. Certains, sous le couvert de l’invisibilité, étaient au sol, d’autres arrivaient montés sur balai. Comble de tout, Harry éberlué vit se profiler les affreux mufles des plusieurs dizaines de Troll des montagnes qu’accompagnaient d’infâmes harpies sanguinaires.
Le rire dément de Voldemort résonna encore :
« Alors, Potter ? Le monde des morts n’a pas voulu de toi, on dirait ! Pourtant, tu vas bientôt y retourner. Que dis-tu de mon armée ?
- Que dites-vous de la mienne ? » répliqua Harry, survolté.
Répondant à son cri, une nuée d’elfes transplana dans la clairière. Menée par Dobby et Kreattur, la troupe équipée de bric et de broc se positionna assez maladroitement en demi-cercle à proximité d’un Voldemort hilare.
« C’est tout ce que tu as réussi à ameuter pour s’opposer à moi ? Je pourrais en mourir de rire, c’est ça ton idée ?
- Ils ne sont pas seuls ! Jetez donc un œil sur votre gauche. »
Les fourrés proches bruirent anormalement. Des arcs apparurent portés par de fiers Centaures à la mine sévère.
« Peuh ! dénigra Voldemort avec mépris. Du menu fretin, que tout ça !
- Ah, oui ? Ceux-là aussi, sans doute ? »
Cette fois, ce fut la forêt entière qui sembla s’ouvrir dans des craquements d’arbres déracinés. Graup en tête, un groupe d’une vingtaine de Géants s’approcha.
« C’est bizarre, fanfaronna Harry, je vous trouve plus moche que d’habitude. C’est la peur qui vous fait cet effet-là ?
- Les Géants sont débiles, tout le monde sait cela ! Tu crois m’impressionner, mais… »
Quand cent individus, pâles et déguenillés, dirigés par Lupin sortirent des bois, l’humeur du Seigneur des Ténèbres s’altéra.
« Des loups-garous ? Pourquoi pas des Vampires, tant que tu y es ?
- Ils viendront ! Si le combat se poursuit jusqu’à la nuit, ils seront des nôtres ; de même que ceux-ci le sont déjà ! »
Les capes et sorts d’invisibilités tombèrent, l’armée humaine se révéla.
Professeurs, élèves, toutes Maisons confondues en étaient. Le ministre Scrimgeour en personne se distingua au milieu d’une multitude d’Aurors que flanquaient les membres de l’Ordre-du-Phénix alliés à de nombreux sorciers courageux.
Le Seigneur des Ténèbres ricana :
« En cinq minutes, je peux appeler des milliers d’autres partisans. Vous ne ferez pas le poids !
- Pas un ne viendra ! La brisure de la ligne n’a pas QUE déclenché un beau feu d’artifice, elle a AUSSI rétabli le système anti-intrusion que seuls les directeurs connaissent. Vous êtes fait ! Poudlard est sous cloche, et vous êtes… dedans. »
Harry salua Voldemort d’un geste très grossier du majeur, puis lança l’Ultrasonic1 en direction du château.
« TUEZ-LES TOUS ! » tonna la voix infâme.
Quelques éclairs imprécis fusèrent derrière le fuyard ne lui causant aucun dommage. Amer, Harry regrettait beaucoup d’abandonner ses amis à la lutte qui débutait sauvagement.
Peut-être aurait-il dû demeurer sur place un instant ? Outre le conflit le plus gigantesque engagé de mémoire de sorcier, il aurait assisté à une scène bien étrange : alors que les deux camps se fonçaient dessus avec ardeur, un jeune homme aux cheveux pâles courut à la rencontre du Seigneur des Ténèbres, se prosterna, mains jointes, implorant. Mais Harry n’avait qu’une hâte : achever ses préparatifs. Il n’avait disposé que de peu de jours pour s’organiser et redoutait d’avoir omis le grain de sable fatal à ses projets.
Alors que cris et explosions retentissaient dans la forêt, le jeune homme se posa près de l’entrée principale qu’il déverrouilla du sortilège particulier la rendant infranchissable à tout indésirable. Il referma de manière presque identique, surveillant minutieusement sa montre.
« Cinq minutes ! » estima-t-il.
Au pas de course il traversa le hall, et déboula dans la grande salle. D’un regard circulaire, il contempla les lieux aménagés selon ses ordres par les elfes domestiques. À présent, les meubles s’alignaient contre les murs ; un large espace vide se dégageait entre la porte et l’estrade. Fenêtres, murs, plafond disparaissaient sous d’épaisses tentures noires, plongeant les lieux dans une pénombre sinistre qu’égayait à peine la lueur de petits flambeaux.
Harry avança vers le fond de la pièce, se rappelant malgré lui son tout premier parcours sur ce parquet séculaire. Cette fois, point de Choixpeau magique pour l’accueillir. Dressé au deux tiers de la pièce, une sorte d’autel de pierre l’attendait ; il le contourna. De ses doigts fébriles, il dénoua le filet retenant les Horcruxes. Les serre-livres de Serdaigle coincèrent la coupe de Poufsouffle dans laquelle il plaça l’ampoule ayant contenu le sang de Godric Gryffondor. Une nième fois, il consulta anxieusement sa montre. Tout était correct, mais…
Soudain, il tressaillit. Quel était ce bruit ? Des voix ? Ici ? Maintenant ?
Le château aurait dû être vide, il l’avait stipulé !
Désemparé face à cet écueil, Harry cogita. Avait-on oublié l’ordre d’évacuation ? Qui donc approchait… Amis ou ennemis ? Par prudence, la cape d’invisibilité s’étala. Dissimulé, incrédule, le garçon vit se profiler… des Mangemorts !
« Impossible ! » cria son esprit enfiévré.
Que fabriquaient-ils là ? COMMENT étaient-ils dans le château ? La porte principale était piégée pour ne s’ouvrir que de l’intérieur ! D’ailleurs, quelqu’un en réclamait l’accès, la succession des coups formait une sorte de code inconnu. Les visiteurs inopinés répondirent à l’appel, se précipitant vers le nouvel arrivant.
« Maître, résonna une voix. Pourquoi… ?
- L’avez-vous vu ? grinça Voldemort se ruant dans le hall.
- Nous avons fouillé les pièces importantes, il n’y a personne.
- Recommencez ! Il n’a que quelques minutes d’avance sur moi.
- Il, Maître ? Qui… ?
- Ce damné Potter ! Il nous a leurrés au département des mystères : il est vivant. Je le veux, à mes pieds. La grande salle, vite ! »
Des pas se hâtèrent dans sa direction. Harry blêmit en voyant plusieurs silhouettes se bousculer à la porte ; un Mangemort pointa l’arrière :
« Maître, regardez, là-bas ! »
Tous pivotèrent, nul n’entra.
Manifestement, des alliés avaient suivi Voldemort. Aussitôt l’alerte donnée, des volées de sortilèges éclatèrent de part et d’autre. Toujours immobile, Harry loua sa bonne étoile pour ce secours très opportun. Il aperçut quelques affreux masques en repli et, heureux, constata l’irruption de plusieurs têtes connues : Lupin et Tonks accompagnés de ses amis habituels débarquaient à la rescousse.
Depuis sa position, Harry n’entrevoyait que des bribes d’échanges. Pouvait-il quitter son poste ? Prêter main forte à ses sauveurs ? Tous ses plans valsaient à l’eau avec cet imprévu. Vingt contre sept, c’était trop inégal. Il rejeta la cape de son père, la posa sur les Horcruxes assemblés, et se catapulta dans la mêlée.
« NON ! hurla Lupin qui, le voyant surgir, se plaça devant lui, protecteur.
- STUPEFIX ! beugla le garçon sourd à toute intervention. »
Le Mangemort visé s’écroula.
« Laissez-moi me battre, gesticula Harry gêné par son ancien professeur.
- Tu as mieux à faire ailleurs ! » répliqua Lunard tout en expédiant une volée de sortilèges aux assaillants.
La situation était loin d’être propice au combat. Le hall, presque dépouillé d’ornements, n’offrait que peu d’abris aux deux camps. Aussi Voldemort poussa-t-il ses hommes vers la porte de gauche, celle qui menait aux classes du rez-de-chaussée. De là, les Mangemorts occupèrent une zone privilégiée. Pour les débusquer, il faudrait s’exposer dangereusement. D’un autre côté, le repli des ennemis permit au groupe de Harry de souffler un peu.
« Comment se fait-il que vous soyez là ? demanda le garçon. Je pensais…
- Rogue nous a prévenu que des nuisibles rodaient dans le château. Nous ne pouvions te laisser face à eux, dit Hermione.
- Et dehors ? Où en est la bataille ?
- Ça va, sourit Tonks. Les nôtres se battent mieux que des lions. L’union des Maisons fait merveille, nous avons l’avantage. »
Embusquée de part et d’autre de l’ouverture, la petite troupe tentait d’abattre le plus d’ennemis possible. Si les sortilèges associés causaient plus de dégâts qu’isolés, le repaire des Mangemorts paraissait imprenable.
« Ça ne devait pas se passer comme ça ! Ils sont trop nombreux, Remus que faisons-nous ? Ils pourraient rester là indéfiniment.»
Ron et Hermione clignèrent de l’œil, en encouragement ; Luna, secondée par Neville, lui insuffla la marche à suivre ; Ginny, d’un signe de tête, approuva.
« On s’en tient au plan, murmura –t-elle.
- Vas-y ! intima Hermione.
- On se débrouillera. », affirma Ron qui se baissa pour échapper à un éclair violet.
La grande salle !
Elle était dans leur dos, à présent. Ils y revinrent à reculons.
Pour forcer Voldemort à se découvrir, il n’y avait qu’un unique moyen.
D’un ton provocant, Harry apostropha son mortel ennemi :
« Eh ! Si tu me cherches, tu me trouveras là-dedans ! »

tati11
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Niveau 10
10 août 2006 à 23:45:58

Les alliés dégagèrent rapidement le terrain et, avant que Voldemort ne surgisse de son antre, Harry réussit à se propulser dans la grande salle. Il la traversa à toutes jambes alors que des échos d’un nouvel engagement éclataient derrière lui. Un pilier le dissimula ; la forme honnie se découpa dans l’encadrement. Au claquement sourd qui retentit, Harry comprit : ils étaient seuls.
« C’est ici que tu te caches, Potter ? Je le savais ! Un de tes « chers amis » m’a gentiment renseigné, il m’a même prêté un balai afin que je te rejoigne plus vite dans cet endroit où nous nous affronterons une… dernière fois. »
Le jeune homme ne répondit pas immédiatement ; sous le couvert du Kamel Leon il se rapprocha en douceur de la table monolithe :
« Je… Je ne comprends pas, je pensais que…
- Tu pensais ? Cela t’arrive-t-il, petit Potter ? Je me doutais de ton piètre stratagème : m’enfermer ! J’ai pris mes précautions. Moi, le Seigneur des Ténèbres piégé par un ridicule Sang-Mêlé ? Un rêve à la mesure de ta dérision.
- Sang-Mêlé vous-même ! répliqua Harry toujours invisible. Voilà tout le drame de votre existence : vous n’êtes pas Sang-Pur. »
Si l’insulte porta, le garçon n’en vit rien ; il se déplaça à nouveau. Venant de l’extérieur, il perçut des bruits rassurants de bagarre : ses amis résistaient.
« Alors ! Quand te décideras-tu à agir en homme, Potter ? Tu refuses le duel ? Nous l’avions si bien commencé le jour de ma résurrection. Essayons, toutefois, d’éviter à nos sortilèges de se rencontrer. Je n’ai aucune envie de revoir la tête de mes victimes. »
Machinalement, Harry contempla sa baguette, la sœur de celle de Voldemort. Toutes deux contenaient une plume de la queue de Fumseck, si elles s’affrontaient en même temps…
Froid et déterminé, Harry quitta son refuge.
À une dizaine de mètres l’un de l’autre, séparés par l’autel sur lequel les Horcruxes camouflés attendaient leur heure, ils se mesurèrent du regard.
Un bref signe s’échangea, chacun releva sa baguette derrière l’épaule :
« Expell…
- Endolor… »
Zéro partout.
« Hum ! Tu es décidément devenu plus véloce. Tant mieux, ce n’en sera que plus croustillant.
- Stupef…
- Protego ! s’esclaffa Voldemort, très sûr de lui. Par contre, tu ne t’es pas amélioré en sortilèges ! Je l’avais remarqué au ministère.
- Je n’ai pas besoin de…
- ENDOLORIS ! »
Sous le feu violent qui le dévora, Harry roula au sol. Il se sentit stupide : au lieu de parler, il aurait dû attaquer.
« J’aime jouer avec toi, petit Potter. Mais les meilleures choses ont une fin ! »
La branche d’if se pointa, le garçon bascula de côté, agrippant un pli de la cape d’invisibilité au passage. D’un coup, l’autel aux Horcruxes s’exposa, suspendant le sortilège fatal.
« Que c’est gentil ! Tu me les as rassemblés, je n’ai plus qu’à me servir.
- Je vais vous les assaisonner ! » rugit Harry relevé.
Son poing gauche déversa prestement le flacon en verre noir qu’il serrait :
« Qu’est-ce …
- QUE CES ÂMES IMPURES RETOURNENT À LEUR CRÉATEUR ! »
Un « CRAC » sonore pulvérisa les reliques. À l’instant, trois volutes de fumées obscures s’échappèrent ; tels d’abjects reptiles, elles s’unirent en une spirale infecte et mouvante. Brusquement, le tourbillon fonça sur un Voldemort sidéré. Enveloppé entièrement d’un noir linceul, son corps disparut brièvement puis, le pénétrant par tous les pores et orifices, les fragments libérés se fondirent en leur légitime possesseur. Dos cambré, yeux révulsés, le Maître des Ténèbres récupéra ses morceaux d’âme.
Tout cessa.
Haletant, Harry guetta les réactions de son ennemi.
Voldemort s’ébroua, comme sonné d’un direct au menton. Il baissa la nuque, et contempla lentement ses mains qu’il caressa, perplexe. Au lieu de longues phalanges décharnées aux ongles jaunâtres s’étiraient des doigts blafards mais… normaux.
« Qu’est-ce que tu m’as fait, Potter ? gronda une voix étrange aux accents graves.
- Presque rien ! Juste… ceci ! »
Pointant sa baguette, Harry fit tomber un pan de la tenture du mur.
Fasciné, Lord Voldemort se mira dans le tain dévoilé. Il toucha prudemment son nez bien droit, promena un index indécis le long de ses pommettes marquées, apprécia un profil enfin digne de ce nom. La face hideuse et plate était avantageusement remplacée par des contours presque naturels.
« Mon visage…
- C’est celui que tu aurais dû conserver, Tom ! »
Se braquant violemment vers l’intervenant, Jedusor affronta le portrait que Harry venait de découvrir, celui de Dumbledore.
« Vous ! cracha Voldemort, fielleux. Même mort, il faut que vous vous en mêliez.
- Pour racheter une âme, que ne ferais-je pas ? N’es-tu point satisfait de ton nouvel aspect ?
- Certes, sourit sournoisement le Seigneur des Ténèbres. C’est incroyable, inénarrable, je dois remercier Potter pour ce… cadeau ! Mon corps quasi identique à l’ancien… j’avoue que je ne m’attendais pas à ça !
- À ça non plus, je suppose ? » railla Harry dont la baguette balaya le pourtour de la salle. Tous les tissus opaques churent, révélant…
« HONTE À TOI ! tonna l’effigie de Salazar Serpentard. Tu bafoues tes ancêtres par tes actes innommables.
- HONTE À TOI ! l’apostropha le portrait de Marvolo Gaunt. Tu es indigne d’être mon petit-fils. »
Une à une, diverses photographies s’alignèrent, accusatrices, toisant sévèrement leur bourreau : Les Potter, Cédric Diggory, Frank Brice, Bertha Jorkins, et tant d’autres, le jaugèrent impitoyablement.
« Es-tu fier de ce que tu as fait ? demanda Dumbledore. Je suis persuadé du contraire. »
Planté face au tableau du directeur, Voldemort parut décontenancé.
Surgissant en douce du plancher, le spectre de Rogue s’approcha de Harry :
« Qu’est-ce que vous fabriquez, Potter ? murmura-t-il. C’est maintenant ou jamais.
- Je… je ne peux pas ! bredouilla le jeune homme dont la baguette tremblait dans le poing crispé. Je croyais… je n’y arrive pas. »
D’un haussement d’épaules méprisant, le fantôme s’évanouit.
Harry était pétrifié. Vainement, son cerveau essayait de formuler le sortilège mortel. Si abattre un monstre ne le gênait pas, tuer un homme était autre chose. Or, là, à quelques mètres de lui, se tenait un être, certes détestable, mais… humain malgré tout.
Dumbledore comprit-il les scrupules du garçon ? Sciemment, il détourna l’attention de Voldemort afin que Harry puisse achever sa destinée. Sans écouter les paroles échangées entre l’ancien directeur et son élève, le jeune homme admit la cruauté de sa tâche. Il ne pouvait pas se défiler, trop de vies dépendaient de ses actes. Il avait promis ; il se raffermit.
« VOUS VOUS TROMPEZ ! » hurla Voldemort. Je suis au sommet de ma puissance. Je vous ai détruit Dumbledore, tout comme je vais anéantir le dernier obstacle sur ma route. »
À la vitesse d’un éclair, l’Avada Kedavra jaillit vers Harry qui ne dut son salut qu’à un roulé-boulé magistral.
« Qu’espérais-tu, Potter ? Que redevenu humain je m’amenderais ? Je me moque de mon apparence, je te l’ai dit. Je recréerai des Horcruxes, et tu auras l’honneur d’être à l’origine… du prochain. »
Un nouvel éclair fusa, Harry déménagea in extremis.
« Cesse ce jeu ! N’en as-tu pas assez de fuir ? Si tu avais dû me tuer, ce serait fait. Tu n’as pas les tripes nécessaires pour commettre un meurtre, exactement comme ton copain Drago qui m’a si bien informé.
- Il l’a fait… parce que je lui avais demandé ! dit Harry en bondissant de côté. Il fallait vous attirer, seul ! Vous ne sortirez pas d’ici.
- Je partirai quand je le voudrai. À ton avis, comment ai-je su que tu cherchais les Horcruxes ? Comment mes hommes sont-ils entrés ? T’es-tu jamais interrogé là-dessus ? »
Un pâle Stupéfix rata sa cible.
« Tu me déçois, Potter. Ignores-tu que tu fréquentes un traître ? »
Abasourdi, Harry analysa ces dires tout en restant prudemment planqué derrière un pilier.
« Drago n’est pas…
- Non ! Pas lui. Plus près de toi. »
Si Voldemort tentait de déstabiliser Harry, c’était gagné. Perdu, le jeune homme s’efforça au calme.
« Ce serait idiot de mourir sans savoir ! Pour ta gouverne, ton cher copain Weasley est une mine de renseignements très intéressants.
- QUOI ? »
Un coup sur le crâne ne l’aurait pas mieux assommé. Complètement désorienté, Harry relâcha sa garde. Un Endoloris le foudroya ; Voldemort le désarma en riant :
« Tel est pris qui croyait prendre selon un adage de tes imbéciles Moldus. Cette fois, je crains que nul ne te sauve la mise. Écoute, tes amis essaient d’entrer ; ils n’y arriveront pas : la porte est hermétiquement scellée.
- Ron… Ron n’est pas un traître, c’est faux !
- Même acculé, tu le défends. Il est vrai que c’est involontairement qu’il m’a transmis des indications sur tes recherches et sur la sorcière borgne.
- Ste Mangouste ? C’est ça ?
- Exact. Pauvre Perjurus ! Ce psychomage n’a jamais compris pourquoi on l’assassinait. Ses archives, si captivantes, recelaient les confidences du meilleur ami de Harry Potter ; je ne pouvais rater ça. J’en ai appris des choses ! Sois tranquille, je m’occuperai particulièrement de la petite Ginny quand nous aurons fini ce pourquoi nous sommes là. »
Cette réplique accompagnée d’un rire sadique brûla Harry mieux qu’un Doloris. D’une bouffée de rage, il essaya de se relever, mais le chat aimait jouer avec sa souris. Plaqué au sol, le bois d’if touchant presque son front, le jeune homme lut la sentence de mort dans les yeux aux reflets rougeâtres.
« J’aurais préféré t’affronter en homme. Tu as eu ta chance ; tu l’as gâchée. Adieu, Potter. »
Un ultime regard haineux s’échangea, les lèvres de Voldemort s’ouvrirent :
« Avada Kedav… »
Un projectile bien ajusté frappa la baguette, l’éclair mortel dévia. D’un réflexe, Harry accrocha le poignet de Voldemort à qui il expédia une talonnade dans les rotules. Déséquilibré, son adversaire chancela, permettant à Harry de s’éloigner en boulant sur lui-même.
« Tu te bats comme un de ces chiens de Moldus ! hurla Voldemort. Qui est ici ? Qui ose intervenir ? »
En réponse, un autre objet faillit lui percuter le crâne puis une voix claironna :
« Seuls les elfes transplanent à Poudlard. Dobby aime Monsieur Potter ! Personne ne fera de mal à Harry Potter.
- Sauve-toi, Dobby ! »
Du dessous de la table où il avait roulé, Harry ne voyait que les pieds de Voldemort. Manifestement, il cherchait à coincer la créature magique qui le harcelait. Brave Dobby, quels risques insensés prenait-il pour… rien.
Une baguette ! N’importe laquelle mais il lui en fallait une pour au moins se défendre dignement. Son père, du propre aveu de son assassin, était mort debout. Il ne déshonorerait pas sa mémoire.
« Dobby, ne t’expose pas inutilement, je t’en prie. »
Crac ! Le nez pointu de l’elfe frôla le sien.
« Pas de souci, Harry Potter. Dobby sait ce qu’il fait. »
Crac ! Il était parti, mais Voldemort revenait sur lui.
« Sors ! Ton elfe ridicule ne changera rien. »
Convaincu de sa fin prochaine Harry, piteux, s’extirpa de sa cachette.
« NOOOOooooon ! » hurla Dobby qui, se matérialisant entre les belligérants, sauta à la gorge de Voldemort.
Une chiquenaude l’expédia violemment valser contre un mur.
« Nous voici face à face. Vois, tous t’ont abandonné. »
Harry n’eut pas besoin de contempler les murs où photographies et portraits avaient déserté leur cadre pour s’assurer de sa solitude.
Il posa un regard attendri sur le corps ratatiné de l’elfe domestique avant de redresser l’échine et toiser durement son bourreau :
« Je suis prêt, souffla-t-il.
- Que nos chemins ici se séparent ! » trancha Voldemort.
La branche d’if poli se pointa… Un chant magnifique retentit. Ensemble, les adversaires levèrent les yeux vers l’oiseau fabuleux au plumage or et feu.
« Fumseck, s’émut Harry.
- Satanée bestiole, crève ! »
Le Phoenix évita le tir, ses serres se relâchèrent ; une lame argentée, resplendissante avec sa poignée incrustée d’un gros rubis, se planta pile devant Harry.
L’épée de Gryffondor : l’encouragement suprême signé Dumbledore.
D’un geste prompt, le garçon saisit l’objet à deux mains, et en menaça son vis-à-vis.
Un curieux ballet s’exécuta. Chaque sort lancé se vit détourné par le fil fabuleux. Moulinant tel un escrimeur averti, Harry esquiva, para, contra toute attaque. Dumbledore, attentif, avait réintégré sa place ; les autres effigies suivaient la joute avec anxiété.
« Elle est lourde cette épée ; tu te fatigueras avant moi, railla Voldemort. »
Il avait raison, Harry sentait le poids de l’arme peser de plus en plus dans ses mains. Ses mouvements ralentissaient à mesure que ses bras se raidissaient ; il ne tiendrait plus longtemps.
Traîtreusement, Voldemort visa un banc derrière le garçon. Il décolla et faucha les jambes de Harry qui s’étala en perdant sa lame. Sans attendre un coup fatal, le garçon courut à quatre pattes trouver refuge près du corps inanimé de Dobby qu’il tira à l’abri.
S’essuyant le front d’un revers de manche, Harry tenta de ranimer l’elfe courageux. Ses frictions aux joues blêmes n’eurent aucun effet. Dobby vivait, mais… Tiens ? Qu’est-ce que… Dans le poing de la créature, éberlué, Harry découvrit ce qu’il espérait : une baguette. Mieux : sa propre baguette. Ce brave Dobby avait dû la subtiliser à Voldemort quand il s’était pendu à lui. Réjoui un instant par cette découverte, son moral retomba à nouveau face à l’évidence : il était incapable de prononcer un sortilège impardonnable. Désespéré, il chercha un autre moyen. Dans sa poche, il lui sembla que… Oui ! Le miroir à double sens l’appelait. Fébrilement, il le dégagea, regardant avidement le visage inquiet de ses parents.
« Je… je suis désolé ! s’étrangla Harry. Je ne saurai pas le tuer.
- Agis au mieux, mon fils, murmura Lily en pleurs.
- Nous t’aimons. », dit James, ému.
Le jeune homme hocha la tête, soupira profondément, et se releva. Très droit, il affronta son destin :
« Je ne me cacherai plus. Faites ce que vous avez à faire.
- Eh bien, qu’il en soit ainsi ! »
Sans trembler, Harry observa son dernier horizon. Dans son cadre, Dumbledore lui souriait encore ; le chant de Fumseck résonna une seconde fois. L’épée… Si…
Le bois d’if pointa le front zébré d’une cicatrice, l’onde mortelle jaillit.
L’instinct de conservation joua, Harry releva la main gauche qui serrait toujours le miroir à double sens. L’éclair vert y rebondit, renvoyé à son expéditeur qu’un écart de côté prémunit. Au même instant, Harry brandit sa baguette :
« WADDIWASI ! » hurla-t-il à plein poumon.
L’épée de Gryffondor vola à la vitesse d’une balle de fusil. En sifflant, elle parcourut la courte distance qui la séparait de sa cible et, avec un bruit écoeurant, transperça la poitrine offerte. Sous l’impact, Voldemort recula, projeté contre un mur où il s’empala, juste au niveau du portrait de son aïeul.
Mains crispées sur l’arme qui déchirait ses chairs à la base du sternum, le Seigneur des Ténèbres osa ricaner :
« Mal visé, Potter ! Tu as raté le cœur ; j’en ai si peu. »
Une toux atroce le secoua, inondant sa robe d’un flot de sang.
« Tu crois avoir gagné ? Laisse-moi te prouver le contraire ! »
La douleur soudaine prit Harry de court ; il s’écroula. Chauffée à blanc, sa cicatrice semblait s’ouvrir jusqu’au cerveau qu’un feu épouvantable consumait. Tout tournoya. Dans un brouillard rougeâtre, il distingua à peine les spasmes de son ennemi dont le corps parut brusquement s’embraser. Un écho ? Des paroles ? Ses sens le trahissaient. Que ses paupières étaient lourdes ! Il les ferma, terrassé.

tati11
tati11
Niveau 10
10 août 2006 à 23:46:33

Des semaines plus tard…
Épilogue :

Alors que la grande salle vibrait sous l’harmonie des accords de l’orchestre convié aux festivités, le plafond magique reflétait les feux multicolores des pétards spéciaux façon Weasley. Au centre de la piste aménagée, de nombreux couples élégants valsaient, très détendus. Il y eut soudain un flottement quand quelqu’un cria :
« Ils arrivent ! »
Aussitôt, les danseurs arrêtèrent leurs pas. Ils s’alignèrent sur toute la longueur de la pièce, filles d’un côté, garçons de l’autre. Au signal, Drago Malefoy battit la mesure, tous l’imitèrent en rythme.
Réjouie – une fois n’est pas coutume – Mrs McGonagall, en grands atours, se présenta à l’entrée, directement suivie par une délicieuse jeune fille qu’escortait un fringant cavalier. Applaudissant à tout rompre, l’assistance salua dignement l’apparition de leur sauveur : Harry James Potter.
Satin noir et mousseline turquoise accueillirent cet hommage avec émotion.
« Essaie au moins de sourire, murmura Ginny.
- J’ai plutôt l’impression de grimacer. », répliqua le jeune homme embarrassé.
Néanmoins, il domina sa tension afin de ne pas décevoir ses admirateurs.
C’était avéré : Lord Voldemort avait disparu pour de bon. Depuis l’instant où on l’avait découvert inanimé au pied d’une silhouette gravée sur un mur piqué de l’épée de Gryffondor, Harry était devenu le « Héros », celui qui avait vaincu le Seigneur des Ténèbres ! Plusieurs jours furent nécessaires pour récupérer des forces et admettre la vérité : il avait tué Voldemort.
Ensuite, félicitations, décorations et hourrahs l’emportèrent dans une succession de galas épuisants. La sollicitude de ses amis lui permit de garder la tête froide, et d’achever sereinement ses études. C’est avec brio qu’il venait de recevoir son diplôme de terminale, les A.S.P.I.C souhaités à la clé.
La directrice s’était montrée intransigeante : il y aurait bal après le banquet traditionnel, et il serait le clou du spectacle !
Loin de l’enchanter, cette contrainte lui faisait l’effet d’une exhibition grotesque. Pourquoi fêter quelqu’un qui a tué son semblable ? Il avait eu le bon réflexe, au bon moment ; rien de plus !
Terriblement nerveux, il avait toutefois accepté de se prêter à cette comédie.
Comme dans un cauchemar éveillé, Harry revécut ses derniers instants auprès de son ennemi de toujours. Là, sur sa gauche, s’étalait le sinistre souvenir de sa réussite : l’esquisse d’un corps empalé.
Se détourant de ces lugubres reliquats signant sa victoire, il plongea son regard émeraude dans celui de sa compagne… Ginny ! Son père avait accordé la demande maladroite formulée sitôt le garçon d’aplomb. Ils se marieraient l’an prochain, dès que la demoiselle aurait terminé ses études. D’autres noces seraient célébrées avant les leurs, Ron et Hermione rayonnaient de joie parmi l’assemblée.
D’un pas mal assuré, Harry mena sa promise à la table d’honneur où le staff des professeurs l’attendait. L’accolade de Lupin, les embrassades d’une Tonks épanouie en future mère, lui réchauffèrent le coeur. Quelle joie de constater qu’à part quelques blessés aucune perte sérieuse n’était à déplorer dans son camp. Rogue l’avait congratulé en s’évaporant, et même Dobby s’était réveillé.
Un discours s’imposait ; Harry hésitait. Du coin de l’œil, il lorgna son tableau préféré. Dumbledore avait souhaité mieux participer à la vie de l’école. La meilleure place semblait être celle adoptée lors de l’ultime combat. Il siégeait donc derrière l’estrade, pour le bonheur de tous. Le sourire bienveillant accordé par l’ancien directeur encouragea le garçon :
« Mes amis, je vous remercie ! » déclara-t-il, plus à l’aise.
L’ovation grimpa d’un ton qu’il apaisa de la main :
« Si celui qui désirait éradiquer Sang-Mêlés et Moldus n’est plus de ce monde aujourd’hui, ce n’est pas grâce à moi mais grâce… à nous TOUS ! Je ne fus que l’instrument qu’il s’était lui-même choisi pour l’abattre. Je regrette profondément d’avoir supprimé un être… somme toute humain. Ses ignobles crimes sont enfin lavés. Retenons la leçon de ces drames : restons unis ! Le ministère m’a proposé le poste de directeur de Poudlard… je l’ai refusé. »
Des « ho » déçus résonnèrent ; Mrs McGonagall pouffa.
« J’ai, par contre, accepté de poursuivre les leçons de Défense Contre les Forces Du Mal, n’en déplaise à certains. »
Étudiants et professeurs rirent de bon cœur.
« L’union a prouvé sa valeur. Sans elle, jamais nos forces n’auraient triomphé. Aussi, puisqu’un privilège particulier m’a été octroyé, j’abolis les rivalités des Maisons ! Serpentard, Poufsouffle, Serdaigle et Gryffondor appartiennent à un autre âge. Le Choixpeau magique nous répartira, il y aura les sempiternelles moqueries entre élèves, mais notre seule vraie qualité est que… nous sommes TOUS de POUDLARD ! Glorifions ce collège et ses créateurs ! »
Là-dessus, d’un geste de profonde humilité, Harry salua les illustres portraits des fondateurs alignés pour la circonstance. Tous l’imitèrent ; une ovation tonitruante retentit.
La guidant tendrement par la main, Harry entraîna Ginny vers un endroit reculé. Bientôt rejoint par Luna et Drago flanqués de Hermione et Ron, le héros attendit Neville qu’accompagnait Padma Patil pour s’exprimer :
« Sans vous, rien n’aurait été possible, avoua-t-il, contrit.
- Tu étais l’Élu ! s’exclama Neville.
- Tu as bien agi. » dit Ron.
Une longue étreinte souda les huit jeunes gens.
« Je… commença Harry, affecté.
- Tu n’avais pas d’autre choix ! s’empressa fermement Hermione. Nous avons déjà évoqué ce souvenir douloureux. Oui, son corps n’a pas été retrouvé ! Qu’est-ce que ça change ? Quand la porte a brusquement cédé, nous sommes entrés. Tout était silencieux. Nous avons vu la forme noircie sur le mur, et toi juste devant. Tout est fini. Oublie, Harry ! C’est mieux ainsi ! »
Oublier… Belle tentation ! Les doigts du garçon effleurèrent la cicatrice effacée depuis l’affrontement. La porte était définitivement fermée. Pourquoi ce sourd malaise, alors ?
Un éclair de vision le tira en arrière. Lui traversant l’esprit, des mots surgirent du néant, clamant :
« POTTER, LA MORT N’EST PAS UNE FIN ! JAMAIS ! »
Le rire sardonique qui retentit aurait pu lui glacer le sang, mais l’étreinte de ses amis le combla tellement qu’il préféra… l’oubli.

FIN

srphirothn98
srphirothn98
Niveau 10
11 août 2006 à 01:49:43

Exellente fin :ok: digne du texte en général. Félicitations!!!

Petit bémol ( parce qu´il faut toujours qu´il y en ait un avec moi XD ) : Patil est un peu HS dans la scene finale...

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