« Her... Hermione ! Où est-elle allée ?
- Où voulais-tu que je sois, sinon avec toi ? »
Sous l’oeil médusé du garçon, le chat se transforma en une jeune fille très satisfaite de son effet.
« Un… Animagus ! Tu es un Animagus ? Depuis quand ?
- Un bon moment. Mrs McGonagall m’a donné des leçons dès la rentrée. Je lui avais promis de ne rien dire. Ici, j’ai été… forcée de me révéler. »
Sous le choc, Harry ne parla pas pendant le trajet inverse, laissant la demoiselle narrer aux autres son combat avec le sphinx. Ron et Neville s’esclaffèrent en imaginant la scène qu’ils avaient ratée. Londubat fouilla sa poche pour en extraire Trevor :
« J’aurais peut-être dû t’envoyer en renfort ? Au moins tu aurais servi à quelque chose, sourit-il en couvant tendrement le batracien.
- Trevor est très utile ! Sans lui, nous n’aurions pas su réduire la moto. » rit Ron accompagnant sa réplique d’une bourrade dans le dos de son ami.
Catastrophe ! Sous le coup, Neville laissa échapper le crapaud qui, épris de liberté, bondit joyeusement en avant.
« Reviens ici ! Trevor ! » cria son propriétaire énervé.
Déjà, il se mettait à la poursuite du facétieux animal sauteur. Hermione, figée, regarda tour à tour son plan et le dos qui s’éloignait.
« Petrificus Totalus ! »
Boum ! Neville chut de tout son long.
« Pourquoi fais-tu ça ? s’étonna Harry.
- Il allait droit vers un des… obstacles.
- Et alors ? Ils sont désactivés.
- Le sphinx a dit : va-t’en si tu le peux… Peut-être a-t-il enclenché… »
Oh ! Voilà qui méritait réflexion.
« Allons-y prudemment. Quelques précautions ne nous feront pas de mal. »
Hermione délivra Neville au passage ; tous s’avancèrent avec la vigilance requise. Soudain, la jeune fille força ses amis à s’arrêter :
« Trevor est là-bas, il ne bouge plus !
- Aurait-il repéré quelque chose ? Je ne vois rien, moi.
- Ben… Si ta bestiole est passée, c’est qu’on le peut aussi.
- Je n’en suis pas certaine, Ron. Il faudrait…
- Mon sac, je vais le lancer près de Trevor ! »
Personne n’objectant, Harry se délesta. Il visa soigneusement afin d’éviter l’animal, fit un moulinet avec la lanière et expédia son projectile.
Ça alla si vite qu’il fallut quelques secondes aux amis pour comprendre le phénomène : empalé proprement en plein vol, le sac n’avait pas atteint son but.
Entre eux et Trevor se trouvait un entrelacs de tiges métalliques.
« Mince ! Nous voilà bloqués, soupira Ron.
- Ces barres ont l’air costaud. On essaie de les fondre ?
- Non, Harry ! Le sphinx a dit aussi que la magie était inopérante en ces lieux.
- Il a peut-être menti pour nous décourager.
- Ce genre de piège n’a rien de bien… sorcier. C’est ce qui me pousse à le croire.
- On doit se débrouiller autrement ? Les barres sont trop serrées pour se glisser entre, et…
- Trevor n’a pas été touché en passant. Pourquoi, à votre avis ?
- Il est… petit ? suggéra Neville.
- Et surtout… il n’est pas humain ! Il y a quand même de la magie ici. Ce système a reconnu un animal. Il doit être réglé pour freiner tous les intrus d’une autre espèce.
- Hermione, rassure-moi ! Tu n’as pas l’intention de…
- Si ! En chat, je parviendrai à me faufiler. J’irai plus loin et, si possible,
je rejoindrai Luna. J’ai peur qu’il ne lui soit arrivé quelque chose et que ce soit la cause du déblocage des obstacles. »
Quand Hermione prenait une décision, inutile d’essayer de l’en dissuader.
Contraints, les garçons assistèrent à l’incroyable transformation de l’Animagus. Mutin, le chat leur lança un dernier clin d’œil avant de se couler souplement entre les barreaux.
« Sois prudente ! cria Harry. »
Ils s’ennuyaient, assis par terre, adossés aux parois du couloir. De longues minutes angoissantes s’étaient écoulées dans le silence à peine troublé par les quelques coassements de Trevor revenu dans les mains aimantes de son maître. Chacun se murait dans ses pensées.
Harry avait beau être habitué aux coups de tête de Hermione, il ne pouvait s’empêcher de s’angoisser à son sujet.
« Et si elle ne revenait pas ? murmura Londubat.
- Je t’interdis de dire ça ! rouspéta Ron.
- Nous ne pouvons pas nous éterniser ainsi ! Nous aurions dû lui fixer un délai, râla Harry.
- De toute façon, on ne peut rien faire : on est coincé.
- Faux, Ron ! Il reste… le sphinx. Soit on le nourrit, soit il part chasser. Tôt ou tard, Nous aurons… de la visite. »
Cette perspective fut loin de leur remonter le moral. Harry consultait une énième fois la montre de Dumbledore quand un grincement retentit.
« La voie est libre ! hurla Ron. Elle a réussi ! »
Les barres étaient rentrées dans leur logement ; le sac de Harry retomba mollement. Le garçon s’en empara puis pressa ses amis à accélérer le mouvement.
Ils coururent tout au long du trajet, se cognant à chaque les tournants tant l’anxiété les tenaillait. S’orientant grâce au plan laissé par Hermione, il ne leur fallut guère de temps pour retourner en arrière. Ils se tamponnèrent les uns les autres en pénétrant en coup de vent dans la salle des hiéroglyphes où une surprise les attendait.
« Hermione ! s’exclama Harry. Tu es sauve. Mais…
- Pourquoi remplaces-tu Luna ? Elle avait un besoin urgent ? rit Ron.
- Luna n’est pas là ! Le crayon était par terre, et sa baguette – heureusement – encore à moitié enfoncée dans le trou ; aucune trace d’elle, répliqua la jeune fille en quittant sa posture.
- Elle… tu veux dire qu’elle a…
- Disparu ! J’ai paré au plus pressé en remettant ces objets dans les orbites afin de vous faire sortir. »
Drame ! Ils cherchèrent des traces de lutte ou autres, en vain.
« À croire qu’elle s’est évaporée ! conclut Harry, effondré. Connaissant Luna, si elle avait été agressée, elle se serait défendue, or… »
Ils débattirent longuement sur les options possibles. Ils étaient tous très fatigués et, s’ils brûlaient d’envie de retrouver leur blonde amie, ils se voyaient mal en train de parcourir le désert en pleine nuit.
« Ça ne servirait à rien de partir à sa recherche maintenant. Installons-nous ici et dormons un peu. À l’aube, nous nous mettrons en route. »
Après ces sages paroles du chef de file, ils se casèrent sur les dalles de gré poli, tentant de réparer leurs forces malgré l’inconfort.
Le petit matin les surprit courbaturés et maussades. En regrettant les tables si bien garnies de Poudlard, un frugal repas de sandwiches fut rapidement expédié avant d’émerger au dehors.
Harry avait passé une bonne partie de la nuit à réfléchir sur la meilleure façon de retracer Luna. Il espérait ne pas se tromper en exhibant la si précieuse montre de son mentor. Concentré, il vida son esprit, le fixant uniquement sur la disparue. Son poing tendu donna bientôt une direction qu’ils suivirent à grands pas.
Au bout d’un long cheminement dans le sable graveleux, laissant les pyramides dormir derrière eux, ils s’interrogèrent :
« Ne devrait-on pas voir des traces de passage ? Il n’y a rien.
- Neville, ce sol ne conserve pas longtemps les traces de semelles. Le vent qui balaie le plateau efface tout au fur et à mesure. Même si un troupeau de chameaux était venu ici, nous ne le verrions pas plus, dit Hermione, lassée.
- Une chance d’être en hiver ! soupira Ron. En plein été nous serions déjà grillés. »
Le soleil brillait haut dans le ciel d’azur où voguaient quelques nuages paresseux. Leurs provisions, suffisantes pour plusieurs jours, ne posaient pas de problème. Le seul point noir : le temps ! S’ils ne rentraient pas incessamment au château, la potion raterait ! Ils se hâtaient donc vers… l’inconnu.
Le paysage changea ; ils s’écartèrent de la plaine, rencontrant des collines pelées qu’ils grimpèrent facilement. Arrivés au sommet de la seconde, Harry se jeta par terre :
« Couchez-vous ! », ordonna-t-il dans un murmure paniqué.
Tous obéirent instantanément.
« Qu’est-ce qu’il y a ? souffla Ron.
- En bas ! J’ai vu… ou cru voir quelque chose ! »
Rampant jusqu’au rebord, Harry allongea le cou, observa rapidement, puis à reculons il rejoignit ses amis :
« Il y a une sorte de campement, tout proche. Il n’est pas très actif mais…
- Quoi ? s’énerva Hermione. Que contient-il pour que tu tires cette tête ?
- J’ai reconnu… Crabbe, Goyle et…
- Comment sont-ils sortis de Poudlard ?
- Ce ne sont pas des fils mais des pères qu’il s’agit ; Dolohov est avec eux.
- Des Mangemorts ! s’écria Hermione en se plaquant les mains sur la bouche. Anthonin Dolohov a pourtant été arrêté !
- Probable que des évasions ont encore eu lieu. Mustafa Hassan nous avait dit qu’ils rodaient dans la région : il avait raison. Se seraient eux qui….
- Auraient enlevé Luna ? Je le crains, Ron.
- Que fait-on ? On attaque ?
- Neville, il faudrait d’abord savoir leur nombre exact, et s’ils détiennent vraiment Luna, répliqua la sage Hermione.
- J’ai ma cape d’invisibilité ; je vais y aller.
- Je t’accompagne. », décréta la jeune fille d’un ton ferme.
« C’est quand même idiot, dit le père de Vincent Crabbe en déballant un poulet cuit. On n’a même pas le droit de faire du feu.
- On serait repéré. Il ne fait pas si froid que ça, répondit son homologue à l’imposante carrure.
- J’en ai ma claque de manger froid !
- S’il n’y a que ça pour te faire plaisir, rit l’autre. Incendio ! » lança-t-il en pointant sa baguette sur la volaille dorée.
Surpris, Crabbe laissa tomber la nourriture enflammée.
« C’est malin ! Elle est carbonisée à présent. »
D’une des trois tentes dressées autour d’un âtre éteint surgit Dolohov.
« Vous n’avez rien de mieux à faire que de jouer comme des gamins ?
- Ben… non ! dit Crabbe en étouffant un bayement. Et la donzelle, toujours dans les vaps ?
- T’as tapé trop fort, rouspéta Dolohov.
- Je ne mesure pas ma force, rigola l’épais personnage en arborant des poings larges comme des marteaux.
- N’empêche que t’as failli la tuer. On doit attendre son réveil. »
Occupés à palabrer, les Mangemorts ne remarquèrent pas le mouvement du panneau de toile qui s’ouvrit et se referma discrètement.
Harry et Hermione, serrés l’un contre l’autre, n’eurent aucune difficulté à trouver le corps inanimé de Luna Lovegood couché sur un lit de couvertures. Une bosse de la taille d’un œuf de poule déformait son front lisse.
« Les sauvages ! murmura Hermione. Comment allons-nous la ramener dans cet état ? »
Un instant, le garçon pencha pour le sort de réduction. Seulement… ils ne seraient que deux à devoir le crier très fort, donc…
« Il faut un moyen de la réveiller… en douceur. Inutile d’alerter les balaises du dehors.
- De l’alcali volatil, ou ammoniaque si tu préfères ; c’est souverain pour les étourdissements.
- Si elle a une commotion cérébrale, cela sera inopérant.
- Bah ! J’essaie quand même. »
Harry s’étonna à nouveau de l’ingéniosité de sa compagne. Inimaginable, ce qu’elle trimbalait avec elle ! Elle se glissa hors de la cape, ôta son sac qu’elle ouvrit. Sans chercher, elle mit directement la main sur un petit flacon qu’elle déboucha, l’approchant des narines de la belle endormie.
Après plusieurs passages infructueux, le nez de Luna se plissa étrangement. Elle secoua brusquement la tête en tout sens tentant d’échapper aux vapeurs irritantes que Hermione s’efforçait de lui faire respirer. Enfin, elle battit des paupières. Hermione éloigna le flacon qu’elle reboucha en l’empochant :
« Luna, c’est nous ! Harry est là aussi. Lève-toi, il faut partir.
- À… boire ! réclama la blonde demoiselle. »
Hermione porta une main vers sa gourde ; Luna avait déjà attrapé la sienne qui traînait à proximité. Elle but une longue rasade et soupira d’aise.
« On est où ?
- C’est un camp de Mangemorts ; nous devons filer. »
Elle terminait à peine sa phrase qu’un éclat de voix extérieure la fit pivoter vers l’entrée. Quelqu’un entrait ! Luna cria de surprise en voyant d’un côté Dolohov, de l’autre… un chat aux poils bruns hérissés de fureur.
« Tu as de la compagnie, on dirait, rigola grassement le Mangemort. Les chats étaient sacrés par ici à une certaine époque. Elle est malheureusement révolue pour toi, sale matou ! »
Il brandit sa baguette, Harry fut plus prompt :
« Stupefix ! »
Boum ! Anthonin s’écroula, entraînant dans sa chute l’ensemble d’une batterie de cuisine.
Affolé, Harry ne pensa qu’au bruit provoqué. Les deux autres ennemis ne tarderaient pas à rappliquer. Vite, une idée…
D’un geste brusque, il se dégagea de la cape qu’il jeta à Luna :
« Mets-la ! Hermione, reprends ta… »
La jeune fille ne l’avait pas attendu pour se métamorphoser et récupérer sa baguette. La toile s’arracha dévoilant le faciès ingrat de Goyle :
« Qu’est-ce…
- Petrificus Totalus ! » crièrent les jeunes gens.
Le père de Gregory se retrouva face contre terre.
Crabbe, qui devait être juste derrière son homologue, évita les deux « Stupefix » conjointement lancés. Harry et Hermione ne tergiversèrent pas, ils bondirent dehors distinguant la lourde carcasse qui s’éloignait à toutes jambes.
« Il veut monter un balai ! Empêchons-le de s’enfuir. »
En riant, ils n’eurent pas besoin de se consulter pour lancer le sort de réduction. Tel un parfait idiot, le père de Vincent contempla le mini-balai qu’il tentait vainement de chevaucher. Un double « Incarcerem » le ligota proprement.
Une fois Dolohov et Goyle solidement entravés, restait la question cruciale : que faire d’eux ?
« Procédons comme dans ta chambre à Goderic’s Hollow, recommanda Hermione.
- Tu veux les envoyer au Ministère, mais…
- La prison d’Azkaban n’est plus très sûre, manifestement. Souhaitons qu’ils sauront quoi faire de ces trois individus. »
Une bouilloire truquée en Portoloin plus tard, les Mangemorts disparurent de leur vue.
Il était temps de vider les lieux au cas où d’autres sbires de Voldemort décideraient de rallier leur campement.
Rejoignant les amis abandonnés au sommet de la colline, Harry et Hermione soutinrent une Luna défaillante durant le trajet.
« Comment t’ont-ils attaquées ? s’informa Harry.
- Je… n’en sais trop rien. Je tenais ma position, j’ai entendu du bruit dans le couloir par où on était descendu. Je ne savais plus ce que je devais faire. Si je lâchais, vous risquiez des ennuis. Ils sont arrivés et… c’est le noir total. »
Neville s’occupa gentiment de la jeune fille dès qu’il apprit ses malheurs. Par ses connaissances de la Botanique, et grâce aux mixtures apportées par Hermione, il confectionna un emplâtre qui se révéla très efficace sur le front meurtri.
« Si tu es suffisamment remise, je propose de rentrer. » dit Harry.
Tous accueillirent cette annonce avec soulagement. Comparée à ce désert grouillant de drôles de scorpions, la neige de Poudlard ressemblait au Paradis.
Joli concours d´énigmes. Mais dis-moi, tu dis qu´il y a des sphinx à Gringotts, alors pourquoi Harry n´est-il pas allé là-bas se procurer du sang de sphinx plutôt que dans le désert ?
il y en avait, mais ils ont été remplacés car ils attaquaient les clients.
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Au moins peux rien dire sur la longueur c´te fois. ![]()
Bon, ben, la suite. ![]()
Chapitre 24 : Angoisses !
Il était un peu plus de midi lorsqu’ils se faufilèrent dans la grand salle bourdonnante d’éclats de voix et de bruits de vaisselle. Rafraîchis et changés, ils s’intégrèrent facilement au festin en cours, personne ne s’intéressant particulièrement à eux. Mrs McGonagall, de loin, leva bien un œil soupçonneux derrière ses lunettes carrées, mais ils étaient trop heureux de réintégrer ce havre de paix pour s’en soucier.
Enthousiaste, Ron garnit son assiette à ras bord, à croire qu’il n’avait rien avalé depuis deux jours. Harry s’étonna de la quantité de liquide que Luna ingurgitait ; la pauvre semblait déshydratée depuis sa récente mésaventure. Isolée à la table de Serdaigle, elle ne s’occupait que de son gobelet d’or qu’elle vidait et remplissait à vive allure. Il constata que Hermione suivait son regard :
« Elle est en froid avec Malefoy ? souffla-t-elle à son oreille.
- Je n’avais rien remarqué jusqu’ici, mais c’est sûr qu’elle tient ses distances.
- C’est de notre faute ! On lui a trop fait la leçon.
- Je ne le lui reprocherai pas. Moins elle le fréquentera, mieux nous nous porterons.
- Drago a l’air vraiment… malheureux.
- Tu ne changeras jamais. Il s’en fiche éperdument ; il est en train de rigoler avec ses potes. Ceux-là ne savent pas encore que nous avons capturé leur père ! »
Effectivement, Crabbe et Goyle se goinfraient joyeusement, inconscients des malheurs de leur famille. Pourtant, l’œil sagace de Hermione ne s’était pas trompé. Si Harry avait voulu être plus attentif, il aurait remarqué que les sourires de Malefoy étaient très… forcés. Sans cesse, il tournait la tête en direction de Luna, la détaillant avec un mélange de détresse et de surprise, ne répondant que mollement aux blagues grossières de ses amis.
Le repas s’achevant, la grande salle s’évacua, chacun tentant de se trouver une occupation pour ce dimanche après-midi. Le trio habituel n’était pas dans ce cas : une tâche importante l’attendait. Ils s’éclipsèrent discrètement jusqu’à la cabane de Hagrid que Hermione désenchanta afin d’y pénétrer.
Rien n’avait bougé à l’intérieur, le repousse-tout de la jeune fille s’avérait efficace. Rassurés, ils s’activèrent auprès de la mixture qui, maintenant, présentait des reflets dorés.
« C’est exactement la couleur désirée, sourit Hermione en vérifiant ses notes. Elle a eu ses deux nuits de repos ; j’ai parlé météo avec Dean, il m’a assuré que le ciel était resté pur durant notre absence. »
Le moment le plus critique était arrivé. S’ils le rataient, tout serait à refaire.
Avec précaution, Harry exhiba la fiole au contenu rubicond. Hermione saisit une burette graduée qu’elle présenta au garçon pour qu’il y déverse les 7 ml requis. Sa main ne trembla pas lors du transvasement, le compte fut atteint sans débordement.
« Il faut l’ajouter goutte à goutte en récitant l’incantation. Tu veux t’en charger, Ron ?
- Mo… Moi ? Non ! Je suis capable de bafouiller. C’est une trop grande responsabilité. Fais-le, ou alors Hermione, mais pas moi !
- Tu as raison. Hermione est la plus douée de nous trois, alors…
- Ben voyons ! Comme ça, si ça rate, ce sera de ma faute ? Merci pour cette preuve de confiance. »
Quoiqu’elle manifestât de l’humeur, la demoiselle n’en était pas moins ravie que ce rôle lui échût. Elle ferma brièvement les yeux, inspirant et expirant profondément. Très sérieuse à présent, elle s’empara de la burette et, tout en plongeant sa baguette dans le liquide du chaudron, elle énonça :
« Par ce sang reçu, purifie-toi ! »
Elle tourna sa baguette trois fois dans le sens des aiguilles d’une montre, trois fois dans l’autre ; une seconde goutte s’ajouta, elle répéta :
« Par ce sang reçu, purifie-toi. »
Les garçons retinrent leur souffle de peur de gêner la manœuvre en cours. Des minutes s’écoulèrent aussi lentement que le rituel l’imposait. Le front en sueur, Hermione ressassa sa litanie. Le récipient gradué était presque vide, la formulation changea :
« Par cet ultime sacrifice, que tout ce qui a été créé vilement, s’efface éternellement. »
La dernière goutte tomba, Hermione agita consciencieusement la mixture de sept tour à gauche puis sept à droite. Elle se décontracta enfin.
Curieux, le trio se pencha sur le mélange. Le petit tourbillon laissé par la baguette ralentit, la surface se calma.
« J’ai tout fait correctement, non ? Pourquoi ça ne bouge pas ?
- Il est trop tôt pour le dire, déglutit Harry, mal à l’aise. Attendons.
- Tu as récité trop vite, c’est loupé ! soupira amèrement Ron.
- Tu aurais fait mieux, sûrement ? riposta la jeune fille, vexée. Ce n’est pas une catastrophe, il faut…
- Des mois d’efforts inutiles ! C’est frustrant. » pesta Harry tapa du pied, rageur.
Était-ce un effet de la secousse du plancher ou bien…
« J’ai… j’ai vu une bulle se former ! s’exclama Hermione. »
Le trio se resserra autour du chaudron. Oui ! Le mélange évoluait. Plus nombreux, des bouillons apparurent. Le ton vira, s’assombrissant davantage pour atteindre une nuance presque violette.
« Écartons-nous ! prévint Hermione. Si tout se passe bien… »
Un flash les éblouit en plein recul. Papillonnant des paupières, il leur fallut quelques secondes avant de retrouver toutes leurs facultés visuelles.
Méfiants, ils s’approchèrent à nouveau. Là, au fond du chaudron, reposait un liquide immaculé.
« Un blanc pur ! » s’écria Hermione en sautant de joie.
La béatitude totale rayonna sur les visages des amis qui s’étreignirent chaleureusement.
« On a réussi ! On a réussi ! », claironna Ron à tue-tête.
Harry, très ému, ne savait qui il devait remercier le plus pour avoir permis ce grand œuvre. Il n’arrivait pas à détacher son regard de cette potion tant espérée. Il l’avait ! Il possédait une arme contre son ennemi mortel. Une arme inédite à laquelle Voldemort ne s’attendait certainement pas.
« Il ne reste qu’à la mettre en sécurité, dit Hermione. J’ai préparé spécialement la fiole pour la recevoir. »
Le garçon ne douta pas des précautions qu’avait dû employer son amie pour stériliser un récipient destiné à une si haute finalité.
De sa baguette, Hermione aspira le liquide qu’elle transvasa aussitôt dans un délicat objet de cristal noir. Hermétiquement bouchée, la fiole changea de main. Harry la réceptionna telle une précieuse relique.
« Le verre est traité contre les bris en tout genre. Même un sortilège puissant ne saura le casser. »
Pleinement rassuré, le jeune homme empocha l’arme ultime avec un sourire de gratitude infinie.
Leur mission étant accomplie, les amis sortirent dans la fraîcheur hivernale sans se soucier, cette fois, des traces laissées dans la neige.
Harry monta directement à son dortoir y déposer son trésor. Quand il descendit, il négligea les bavardages de ses condisciples, préférant s’isoler afin de méditer sur la marche à suivre.
Errant, il ne tint pas compte de ses pas. Il entra dans une salle où ronflait un bon feu, s’installa dans le confortable fauteuil en retrait et… s’assoupit.
Depuis combien de temps dormait-il ? Il n’en savait rien. Des éclats de voix le tirèrent brutalement du sommeil.
« Mais qu’est-ce que tu fabriques ? gronda une voix mâle assez fâchée.
- Rien ! Fiche-moi la paix. » répliqua un timbre féminin.
Embarrassé, Harry se tassa dans son coin. Pourquoi fallait-il qu’il fût là ? Juste au moment où Drago et Luna réglaient leurs différends. Dans un éclair, il entraperçut le profil de Luna qui empochait une boîte et s’éloignait de la cheminée. Il aurait été plus honnête de… se manifester mais Harry avait toujours possédé un naturel… curieux. Il se concentra un maximum pour obliger son corps à se confondre avec le tissu du fauteuil. Du moment qu’aucun des jeunes gens ne viennent s’asseoir sur lui, Harry était à l’abri.
« Tu m’évites depuis Noël, pourquoi ? Et où étais-tu passée hier ? J’avais espéré qu’après la victoire…
- N’espère plus rien me concernant. Est-ce clair ? »
Les oreilles grandes ouvertes, Harry guettait la réaction de Malefoy. Il ne fut pas déçu.
« Je parie que c’est à cause de Potter et sa bande. Ils t’ont interdit de me parler, c’est ça ? cracha Drago, très en colère.
- Pas du tout ! C’est moi qui n’ai plus envie de te fréquenter. »
Dissimulé dans son coin, Harry grimaça malgré lui. Se mettant à la place de Drago, il se demanda comment Malefoy encaisserait une telle rebuffade.
Un silence pesant s’installa. Puis… il y eu un bruit bizarre de gorge contractée :
« Mais… je t’aime, moi ! murmura Drago.
- Moi pas ! Va-t’en. Laisse-moi seule.
- NON ! hurla l’amoureux éconduit. Tu me disais... tu m’as juré…
- Que tu es naïf ! J’ai fait un très beau voyage en compagnie de Neville ; il est si mignon.
- Lon… Londubat ? s’étrangla Drago, absolument dépassé par cette révélation. Tu es finalement… très différente de ce que j’imaginais.
- Désolée de te décevoir, adieu !
- Je voudrais… Je te promets de ne plus ennuyer ensuite, si… tu m’accordes… un dernier baiser. »
Depuis sa position, Harry eut toutes les peines du monde à garder son sérieux. Drago quémandant de tendresse de Luna, cela valait le coup de s’être endormi ici !
Puisqu’il ne voyait rien, il imagina Malefoy s’approchant de la jeune fille pour lui dérober les lèvres. Mais, au lieu du bruit de succion suivi d’un sanglot attendu, ce qu’il perçut le fit sursauter :
« Je m’en doutais, gronda Drago ! Qui êtes-vous ? »
La réplique de Luna glaça le sang de Harry :
« ENDOLORIS ! Pauvre idiot. »
Bondissant hors de son nid, Harry engloba la scène d’un regard ahuri. Malefoy, couché sur le tapis, se tordait de douleur sous la baguette pointée par une Luna au sourire… machiavélique.
« Qu’est-ce que tu fabriques, Luna ? Arrête ça tout de suite ! »
Il n’eut que le réflexe de se baisser pour éviter un tir de lumière rouge qui alla fissurer le mur derrière lui. Le temps qu’il se redresse, la jeune fille rompait la lutte en disparaissant par la porte.
Harry, choqué, s’approcha lentement de Drago, une main secourable tendue :
« Pou… pourquoi a-t-elle fait ça ?
- Ce n’est pas Luna ! Rattrape-la, il ne faut pas qu’elle s’échappe ! » répliqua le jeune homme en s’agrippant à Harry.
Un coup de poing dans l’estomac ne lui aurait pas mieux coupé le souffle ; Harry tressaillit, écarquilla les yeux puis lâcha Malefoy pour se lancer à la poursuite de…
Les idées à l’envers, il déboula dans le couloir, cherchant désespérément un indice pour s’orienter. Rien ! Pas un bruit de cavalcade, de porte qui claque, rien ! Seul, il n’arriverait jamais à fouiller tout Poudlard.
Trépignant sur place dans l’indécision, la réponse lui sauta à l’esprit :
« Kreattur ! cria-t-il, énervé. »
L’elfe domestique se matérialisa devant lui avec une profonde courbette :
« Le maître désire ?
- Je… je veux que tu ameutes tous les elfes ; qu’ils se dispersent dans le château. Il y a un traître parmi nous : Luna Lovegood. Trouvez-la, elle n’est pas dans son état normal ! »
Kreattur s’inclina et s’évapora.
Demeuré seul, Harry hésita en réfléchissant à toute allure. Il ne doutait pas de la docilité de son domestique ; il pouvait compter sur lui à présent. C’était inutile de courir bêtement dans tous les coins, il retourna donc dans la pièce où, effondré sur un divan, Malefoy récupérait peu à peu des douleurs infligées par son ex-amie.
S’approchant doucement, Harry toussota :
Tati, en 14 pages, tu as posté les quelques 300 pages qu´on avait sur HP4!
Tu as économisé quelques 260 pages on dirait!!
Pendant un court instant j´ai pensé qu´ils allaient oser l´Avada Kedavra^^.
Bon, ben toujours aussi bien que veux-tu qu´j´te dise, ce s´rait même bien que l´histoire finale de Rowling se rapproche de la tienne, même si à mon avis elle fera de Drago un personnage plus ou moins maléfique jusqu´à la fin, enfin faut voir, toute façon comme j´en ai lu aucun peux pas vraiment savoir... ![]()
Joli chapitre. Entre la substitution de Luna et la coopération Harry/Drago, on peut dire que l´histoire avance.
![]()
Super!!!! J´ai toujours su que Drago allait revenir dans le droit chemin et ut montres ça super bien!!! A moins que ce soir un stratagème???? Vivement la suite!!!!!
Débloquant l’ascenseur, les jeunes gens remontèrent tout en haut du ministère. Harry ne désirait nullement affronter Rufus Scrimgeour à cette heure, mais il ne voyait pas comment rentrer à Poudlard sans en passer par là.
Le planton de service, engoncé dans sa traditionnelle robe verte, sommeillait assis derrière la petite table.
« Hum ! toussa Harry.
- Que ? Quoi ? sursauta l’agent de sécurité. Nom d’une chouette, c’est… vous ?
- Je suis navré d’interrompre votre… surveillance. Nous désirerions parler au Ministre, si possible.
- Maintenant ? Tout de suite ? »
Harry compatit au désarroi de son vis-à-vis, quel dilemme !
Le planton se leva, tourna la tête en arrière puis en avant, se mordant cruellement les lèvres :
« C’est que…
- Je prends tout sur moi ! Veuillez simplement l’avertir de notre venue. »
La robe verte s’envola, courant vers le fond du couloir où elle disparut à un croisement.
Les garçons n’eurent pas longtemps à attendre, le sorcier revint vers eux, la mine épouvantée :
« Il est d’une humeur massacrante. Je vous préviens, vous risquez un blâme, et… »
Voyant le peu d’effet de ses paroles sur la détermination des visiteurs, le planton les escorta jusqu’au bureau du Ministre de la magie.
La crinière en bataille, des poches sous les yeux, Scrimgeour s’était manifestement levé du pied gauche :
« QUE VENEZ-VOUS FABRIQUER ICI, À CETTE HEURE ? SANS AUTORISATION ! », hurla-t-il en guise de bonjour.
- Pas grand-chose, ironisa Harry ; seulement éviter une évasion massive et ajouter deux prisonniers à ceux d’en bas. Nous devons hélas déplorer la perte d’un Auror – Dalwish – assassiné par vos détenus si bien gardés. »
La réplique étonnante, débitée avec un calme souverain, désarçonna le ministre dont l’animosité fondit aussitôt. Il réclama des détails que fournirent posément les jeunes gens.
Après avoir écouté religieusement, Scrimgeour s’emporta à nouveau mais contre son administration défaillante, cette fois.
« Des incapables ! Je suis entouré d’une bande d’incapables qui laissent des traîtres ses balader dans nos murs. Je vous remercie, Mr Potter ainsi que vous, Mr Malefoy, votre sens du devoir ainsi que votre courage devraient servir d’exemple à plus d’un. Ne serait-il pas temps de délivrer Miss Lovegood de sa triste position ? Je regrette infiniment mon accès de colère ; veuillez m’en excuser. Tant de négligences…. Les mesures seront renforcées, je vous le promets. Si je puis vous être utile en quoi que ce soit, n’hésitez pas à m’avertir. Voici d’ailleurs un dispositif qui nous aidera à communiquer. »
Le Ministre ouvrit un tiroir de son bureau et en sortit un parchemin munis d’une plume verte.
« Écrivez dessus, je recevrai votre requête directement ; je vous répondrai par la même voie. » dit-il en tendant les objets à Harry.
Il guida ensuite les jeunes gens vers la cheminée monumentale où ronflait une belle flambée.
Un tourbillon désagréable plus tard, les jeunes gens réapparaissaient dans le bureau de Mrs McGonagall où plusieurs personnes étaient assemblées.
Harry coupa court aux questions qui fusaient de Slughorn, Tonks et Flitwick :
« On vous racontera plus tard. La vie de Luna Lovegood est peut-être en danger. Pouvons-nous accéder à la tour de Serdaigle : c’est capital ; je crois que c’est le meilleur endroit où elle pourrait être ! »
Cette requête offusqua légèrement la directrice. Elle se reprit pourtant :
« À situation exceptionnelle, moyen exceptionnel : je vous y autorise. Suivez-moi ! »
Un cortège se forma en direction de l’aile ouest du château. Malheureusement, le dîner s’achevait ; de nombreux élèves remontaient vers leur étage, ils s’étonnèrent de ce défilé de professeurs escortant… Malefoy et Potter ! Un vent d’intérêt secoua les étudiants qui se mêlèrent à cette étrange course. Les interrogations multiples roulèrent dans la meute des poursuivants :
« Potter et Malefoy, amis ?
- Où vont-ils ?
- Encore un traître ? »
La surprise fut à son comble quand Mrs McGonagall pila devant une gigantesque tapisserie représentant une noble dame que Harry reconnut aussitôt : Rowena Serdaigle.
Le tumulte et la presse des élèves étaient si intenses que nul ne perçut les mots chuchotés par la directrice. La tapisserie se releva, dévoilant un escalier. Se plantant à l’entrée, Mrs McGonagall laissa passer les professeurs puis poussa Harry et Drago vers les marches.
« Que personne ne s’avise à monter derrière nous ! » recommanda-t-elle en rabattant le voile de tissu au nez des petits curieux.
L’ascension du colimaçon de pierre mena la petite troupe à la salle commune des Serdaigle. Très peu de différences la singularisait de celle de Gryffondor, Harry se crut presque chez lui.
La directrice se posta face à une porte sur laquelle elle brandit sa baguette. Nul son ne sortit, mais Harry fut persuadé que le système anti-intrusion venait d’être déverrouillé.
« Vous allez pouvoir accéder au dortoir des filles, dit Mrs McGonagall. La chambre occupée par Miss Lovegood se situe au troisième niveau. »
Ils y grimpèrent et débouchèrent dans un local circulaire, identique à ceux des garçons sauf que les rideaux des baldaquins étaient bleus ou roses.
Harry focalisa son esprit, toutes ses pensées se tournèrent vers Luna. Son instinct était-il en défaut ? Il n’avait pas voulu utiliser la carte du Maraudeur que seuls ses vrais amis devaient connaître. Voldemort était au courant pour la salle sur demande, mais il était douteux que Ludmilla en ait eu vent, donc…
Sans avoir à exhiber la montre de Dumbledore qui dormait au fond de sa poche, il sut qu’il se trouvait très près de la disparue. D’un geste, il désigna le coffre au pied d’un lit. Mrs McGonagall releva un sourcil soupçonneux :
« Comment savez-vous qu’il s’agit du celui de Miss Lovegood ?
- Elle… Elle nous a décrit sa chambre, mentit Harry. Cette malle est truquée, peut-être comme celle du faux Maugrey ? »
Les professeurs se penchèrent sur l’objet qu’ils observèrent minutieusement. Tonks promena sa baguette sur les surfaces en bois mouluré puis secoua négativement la tête :
« Pas d’enchantements apparents.
- Ce coffre est beaucoup trop petit pour contenir une jeune fille, souffla Flitwick, à moins qu’il ne possède plusieurs compartiments ou que… »
Attentifs, tous suivirent l’approche du professeur qui, d’un coup sec, enfonça sa baguette dans la serrure. Concentré, il l’y remua en douceur, tel un cambrioleur moldu ; quelques tours à gauche, puis à droite. Un déclic se produisit, Flitwick se redressa satisfait. Personne n’osa bouger.
« Ouvrez-le, dit Mrs McGonagall à Drago. »
Il se précipita sur le lourd couvercle qu’il souleva. Y plongeant son regard, il se décomposa :
« Lu… Luna ! Qu’a-t-elle fait de toi ? »
Tombant à genoux, Drago sanglota en étreignant le rebord de la malle où, discrètement, les assistants jetèrent un œil. Une main sur le cœur, la directrice haleta :
« L’in… l’infirmerie, vite ! Cette pauvre enfant… »
Harry, cloué sur place, contempla le fond de la malle sur lequel reposait, inconsciente… une poupée. Réduite à la taille d’un jouet de fillettes moldues, Luna était étendue, rigide, ses pupilles ouvertes fixaient le vide.
Tonks, très affectée, prit délicatement la miniature dans ses bras. Elle la serra contre elle, bouleversée.
« Elle… Elle vit ! Je sens sa chaleur. Descendons ! »
Les élèves massés devant l’entrée de la tour des Serdaigle en furent pour leur frais quant aux explications. Ils ne virent qu’une cavalcade endiablée les déborder puis foncer vers le second étage.
Mrs Pomfresh accourut au-devant du groupe. Elle réceptionna l’étrange colis en s’épouvantant :
« Je n’y arriverai pas ! Ste Mangouste pourrait… »
Manu militari, Mrs McGonagall imposa ses directives :
« Potter, Malefoy et Miss Tonks vous conduirez cette victime à Londres. Revenez, dès que vous le pourrez. »
Nymphadora, livide et tremblante, semblait vouloir émettre une opinion négative quand un remue-ménage se fit entendre à l’entrée qu’avait bloquée l’infirmière. Fâchée, cette dernière alla remettre à l’ordre ces voyous qui troublaient ce lieu de repos ; elle ouvrit et les houspilla :
« Tenez-vous tranquille ! Vous obtiendrez des détails mais… »
Proprement bousculée, Mrs Pomfresh recula de plusieurs mètres laissant apparaître trois jeunes gens très inquiets :
« Nous devons savoir ! cria Ron en écartant l’infirmière. Excusez-nous !
- Approchez Mr Weasley, vous aussi Miss Granger. Ah ! Vous êtes là Neville, évidemment ! soupira Mrs McGonagall. »
Pendant que Mrs Pomfresh refermait la porte, le trio s’avança vers le lit où la poupée avait été déposée.
« Elle est de vos amies, je comprends votre effroi ! dit la directrice en essuyant un larme sous ses lunettes.
- Elle… elle est vivante ?
- Oui, Mr Londubat. Nous comptions l’envoyer à Ste Mangouste. Cela vous plairait-il de l’accompagner ? »
Ron avait grimacé au nom de cet hôpital qu’il détestait. Il approuva pourtant vivement ainsi que les deux autres.
Le rituel de la cheminée se prépara. Même si celle de l’infirmerie était suffisamment vaste pour accepter une expédition groupée, recevoir six personnes dépassait ses capacités. Tonks le comprit et se récusa :
« Cette pauvre enfant a plus besoin de vous que de moi ! dit-elle en s’effaçant, comme soulagée. Revenez vite ! »
Luna, emballée d’une couverture, fut confiée à Hermione dont les lèvres tremblaient d’émotion. Drago, chaviré, saisit la menotte raidie de la miniature et ne la lâcha pas durant le transfert.
La réceptionniste de Ste Mangouste avait le nez plongé dans un exemplaire de « Moi, le Magicien » dédicacé par l’auteur lui-même : Gilderoy Lockhart. Captivée par la vie mouvementée de cet actuel résidant de la salle Janus Thickey, elle faillit crier de surprise en découvrant les cinq jeunes gens qui poireautaient derrière son bureau.
« C’est pour une urgence ! déclara Hermione qui dévoila son paquet. »
La vue de cette… chose horrifia la préposée. Aussitôt, elle orienta les visiteurs :
« Ce cas relève de la pathologie des sortilèges ; quatrième étage ! »
Au pas de course, ils franchirent la double porte séparant l’accueil et le quartier des soins. L’escalier branlant s’enfila, tant pis pour le dérangement causé aux portraits endormis sur les murs, ils poussèrent un second panneau, et arrivèrent dans un vaste couloir celui, qu’à part Drago, ils connaissaient déjà pour y être venus deux ans auparavant. Là, à quelques pas, se trouvait la salle des cas pathologiques de longue durée. Neville, le teint crayeux, lorgna la porte derrière laquelle reposaient ses parents. Ron, compatissant, posa une main sur l’épaule du jeune Londubat.
« Je… Je suis venu à Noël, avoua ce dernier, tristement. Ils n’ont pas changé ; Lockhart non plus, du reste. »
Une sorcière en robe blanche accourut au-devant d’eux. Il ne lui fallut qu’une fraction de seconde pour comprendre la situation. Fermement, elle s’empara du ballot de couverture :
« Le professeur Euthanasias Pilocarpe est justement ici, c’est une chance. Passez dans la salle d’attente, ce ne sera pas long ! »
Obéissants, ils s’assirent, la mine sombre.
« Si vous nous expliquiez ? » demanda Hermione qui ne cachait pas son étonnement d’avoir Malefoy pour voisin de siège.
C’était une excellente façon de tuer le temps. Lentement, s’alternant les répliques, Harry et Drago racontèrent leurs aventures.
« Ma tante Ludmilla est une vraie garce ; ma mère ne la supportait pas. Je ne l’ai vue qu’une paire de fois de toute ma vie, soupira Drago. J’aurais dû me douter qu’elle rallierait les Mangemorts à la première occasion.
- Vous êtes certains de votre sort d’amnésie ?
- Si tu avais vu sa tête, tu comprendrais : elle est pratiquement folle.
- C’est triste pour elle, mais heureux pour nous, Harry. Si elle parlait… notre plan serait en danger.
- Quel plan ?
- Euh… Tu nous excuseras Drago, mais nous n’en dirons pas plus. Ne le prends pas pour un manque de confiance ; ce serait plutôt une mesure de sécurité tant pour nous que pour toi. Ni Luna ni Neville ne sont d’ailleurs au courant. »
Malefoy accepta cet aveu de Ron avec son flegme habituel avant de s’enfoncer dans ses pensées.
Un bruit sortit les jeunes gens de leurs rêveries, l’infirmière revenait. Se levant, ils se rassurèrent immédiatement au vu du large sourire qu’elle affichait :
« Le professeur a entamé le traitement. Vous pourrez récupérer cette jeune fille d’ici une heure ou deux. »
Si des panneaux n’avaient pas recommandé le silence aux visiteurs, c’est sûr que des cris de joie auraient vibré dans le couloir. Se congratulant mutuellement, les jeunes gens se cherchèrent un dérivatif à leur attente.
« Je propose de monter à l’étage, dit Harry se tenant l’estomac. J’ai raté le dîner et ces émotions m’ont donné faim. »
Joyeusement, le groupe s’ébranla vers le salon de thé du 5ème. Ils s’étonnèrent du nombre de visiteurs qui hantaient ces lieux malgré l’heure avancée. Après s’être servis de diverses gâteries, les amis s’installèrent à une des rares tables libres où, tout en dégustant, ils écoutèrent les propos échangés autour d’eux.
« Mon pauvre frère, sanglotait une dame âgée. Trois heures de Doloris ; il ne s’en remettra pas.
- Ma femme, mes enfants, transformés en poulet, gémissait un homme qui s’arrachait les cheveux un à un ».
Plusieurs échos similaires résonnèrent macabrement aux oreilles des jeunes gens. Il était manifeste que la guerre battait son plein ; les actes de terrorisme se multipliaient.
Non loin, un couple de sorciers en robe d’hôpital se murmurait des confidences :
« Toujours aucune nouvelle ? Qui a pu faire ça ? demanda le jeune sorcière aux cheveux bleus
- Vous auriez dû voir le chantier ! Tout a été retourné, répliqua son vis-à-vis dont les longues moustaches trempaient dans sa tasse de thé.
- A-t-on pu déterminer ce qui a disparu ?
- Oui ! Ces vandales ont emporté toutes les archives de ce pauvre docteur Perjurus ; une vengeance, sûrement. »
La gorgée que Ron avalait rata sa luette. Pris d’une quinte de toux irrépressible, il éprouvait des difficultés à reprendre son souffle. Le teint rougi, les yeux larmoyants, il suffoquait.
« Anapnéo ! » lança Malefoy d’un mouvement de baguette.
Une respiration sifflante répondit à ce sortilège parfaitement réussi.
« Mer… Merci, articula Ron, d’une voix faible.
- Tu vas mieux ? Pourquoi t’es-tu étranglé ? C’est à cause de ce docteur ?
- Hermione, si tu étais passée par où je suis passé… tu comprendrais. Je parie que mon Epouvantard a changé de forme depuis mon séjour entre les mains de cet affreux bonhomme. L’évocation de son nom me fait presque autant d’effet que celui de… Vo… Voldemort. »
Ce nom honni à peine chuchoté déclencha des réactions. Plusieurs visages interrogateurs ou offusqués se tournèrent vers ces jeunes gens outrageants. Prudent, Harry ordonna au groupe de vider les lieux.
« Vous en pensez quoi, de tous ces gens ? demanda Hermione alors qu’ils descendaient vers la salle d’attente.
- La guerre continue et la terreur est de retour, murmura Harry, contrarié.
- Ce 4ème étage est pourtant calme, dit Ron.
- Je parie qu’au niveau où l’on traite les blessures, il y a foule. »
Sur ces propos pessimistes de Harry, tous replongèrent dans leurs pensées. Fréquemment, Malefoy tendit le cou vers la porte du fond d’où il espérait voir surgir… Il se leva d’un bond, des larmes perlant entre ses cils incolores. Au bout du couloir, soutenue par l’infirmière, Luna Lovegood avançait à petits pas chancelants. Ivre de joie, Drago courut enlacer la jeune fille. Ravis, mais discrets, leurs amis se détournèrent, laissant le couple aux effusions des retrouvailles.
Rayonnant, Malefoy ramena Luna auprès du quatuor qui la fêta également.
« Je ne jouerai plus jamais à la poupée ; je le promets, conclut-elle simplement. »
Toujours excellent, vivement la suite. ![]()
C´est toujours aussi bien!
Je veux la suite!!!
Tout le monde pensait que Drago allait faire un sale cup mais en fait ils s´entendent bien... Ca cache quelque chose!
Sinon ben la suite!!!
Harry Potter´s Final Fight
Harry Potter´s Last Battle.
Or :
The Last Battle of Harry Potter.
Chapitre 25 : Les miasmes de Voldemort.
La vie à Poudlard reprit son cours avec ses leçons et devoirs. Harry s’appliquait tant bien que mal à assumer son rôle de professeur et d’élève.
Depuis que la paix avec Drago était devenue évidente pour tous, il n’avait plus à redouter l’opposition des Serpentard. Un vrai miracle, selon Hermione qui s’en réjouissait ainsi que la majorité des étudiants.
Gryffondor et Serdaigle reçurent des points supplémentaires lorsque le professeur Chourave désira leur enseigner les propriétés du Polypore hexagonal du Japon.
« Je ne m’attendais pas à autant de bonnes réponses ! s’écria-t-elle enchantée. Je me demande comment vous avez réussi à apprendre autant de détails sur ce sujet peu banal. »
Les complices se gardèrent bien de narrer les exploits ayant permis l’étude poussée de cette éponge particulière. Personne ne se doutait de ce qu’ils avaient préparé, ni à quelle fin.
Naturellement, Harry s’impatientait. Plusieurs fois, il était allé bavarder avec le professeur Dumbledore qui, pour une obscure raison, lui refusait l’emploi du dernier souvenir en sa possession. Il s’était montré enthousiaste quand Harry lui avait déclaré être enfin convaincu du repentir sincère de Drago Malefoy :
« Je l’ai toujours su : Drago n’a pas l’âme d’un tueur. Il a subi… de mauvaises influences ; il ne voulait pas décevoir son père. Je suis très heureux, Harry, que tu sois parvenu à trouver un terrain d’entente avec lui ainsi qu’avec les autres Maisons. Les plans de Tom Jedusor volent en éclats ; persévère dans cette voie. »
Ce soir-là, après le dîner, le jeune homme s’isola dans le bureau pour tenter à nouveau sa chance auprès du tableau.
« Il n’est jamais bon de connaître certaines choses avant l’heure. Cela peut te brouiller l’esprit, fausser ta vision des faits et te pousser à l’erreur, répondit le vieillard.
- Quand me direz-vous où je découvrirai le dernier Horcruxe ; celui qui serait en relation avec ma Maison ? Car c’est cela, n’est-ce pas ? Nous avons depuis longtemps abandonné l’idée que ce serait Naguini le détenteur du dernier fragment d’âme de Voldemort. »
Ses épaules se voûtant, Harry s’attendait à une nouvelle rebuffade, pourtant… :
« Tu as raison, Naguini était une fausse voie. À l’époque où nous avons évoqué cette possibilité, j’étais persuadé que Tom désirait profiter de ta mort comme de l’ultime déchirure grâce à laquelle son âme serait fragmentée en sept parties. Avec le rebondissement de l’Avada Kedavra qui l’a frappé, j’ai pensé qu’il n’avait pas réussi, et n’avait accompli ce méfait que plus tard, en choisissant son serpent comme dépositaire. À présent, libéré des contraintes terrestres, je vois les choses sous un angle différent. Même si Tom éprouvait de… l’affection pour Naguini – en raison de sa férocité et de son attachement à sa personne – dans l’état où il se trouvait, Tom ne pouvait accomplir le rituel de magie noire nécessaire à enfermer un Horcruxe. Donc, de trois choses l’une : ou ce dernier fragment n’existe pas, ou il l’a créé récemment, ou… depuis longtemps. »
Interloqué, Harry fronça les sourcils :
« Il n’existerait pas ? Je n’ose l’espérer. Avec tout ce que vous m’avez fait découvrir sur Voldemort, s’il avait un plan, il s’y sera tenu.
- Exact, mon garçon. Je suis certain qu’un dernier Horcruxe sommeille et qu’il date d’environ un an et demi.
- Comment le savez-vous ?
- Je ne fais que des suppositions, mais depuis que tu m’as conté ton escapade au ministère en compagnie de Drago, j’ai beaucoup réfléchi. »
Cette fois, Harry secoua la tête pour ordonner ses pensées. Le ministère ? Qu’est-ce que Dumbledore radotait là ? Aveuglante la lumière jaillit dans son cerveau en ébullition :
« Votre montre ! Elle a chauffé quand j’étais…
- Près du département des mystères, n’est-ce pas ?
- Oui ! s’excita le garçon se remémorant ce passage. J’étais au pied de l’ascenseur, et j’ai eu l’impression qu’il fallait que j’y retourne... enfin… que j’aille revoir l’endroit où…
- Il te manque toujours, n’est-ce pas ? »
Son silence parla pour Harry.
« Il va bien… pour le peu que je l’ai croisé car ceux qui, comme moi, ont la chance de revenir en portrait n’expérimentent pas l’au-delà de la même manière que les autres. Revenons-en à cet Horcruxe. Il est là-bas, tu l’as senti.
- Il y avait un tas de trucs dans ce département. La montre me guidera-t-elle jusqu’à lui ?
- Son usage, dans un tel lieu ne me semble… pas indiqué. Tu connais déjà un peu l’endroit, c’est un bel atout.
- Vais-je devoir l’explorer de fond en comble ? Si je me souviens bien, il y a une porte que je ne suis pas parvenu à ouvrir. Le couteau de Sirius aurait dû le faire, il a fondu !
- Oublie cet endroit ! réagit très vite Dumbledore. Il n’y a rien d’intéressant pour toi derrière cette issue condamnée. La force qu’il contient dépasse nos capacités d’entendement. Tu devrais essayer le département des archives, en priorité. Je pense que notre ennemi a eu accès à cette section avant de s’intéresser à toi… cette nuit-là. Il voulait la sphère contenant la prophétie, mais aussi autre chose. À toi de découvrir ce qu’il a trafiqué. »
Troublé, Harry salua le professeur avant de gagner la salle commune.
« Nid d’abeille ! » dit-il négligemment à la grosse dame.
Hermione s’était replongée dans ses manuels de tricots afin de poursuivre la libération des elfes domestiques. Elle venait juste d’apprendre ce point spécial quand il avait fallu changer le mot de passe. Si certains Gryffondor s’étaient étonnés de ce choix, nul n’avait osé le critiquer.
« Salut, Harry ! dit Ron en le voyant entrer. Tu veux faire une partie d’échecs ?
- Non, merci. Je monte ; bonsoir à tous. »
L’attitude renfermée du jeune homme n’échappa pas à ses proches qui échangèrent des regards contrariés. D’un signe de tête, Hermione accorda à son soupirant de vider les lieux. Quatre à quatre il grimpa les marches et se retrouva dans le dortoir vide. Au bruit de douche provenant de la salle de bains, le rouquin se rassura : Harry ne s’était pas volatilisé. D’ailleurs, il n’eut guère à attendre avant de voir apparaître son ami en robe de chambre :
« Qu’est-ce qui cloche ? Tu as parlé à Dumbledore ?
- Il m’a prétendu que…
- Quoi ?
- Que le dernier Horcruxe serait au département des mystères.
- Au Ministère ? Comment Vo… Voldemort y aurait-il dissimulé son âme ? »
Patiemment, Harry narra ses échanges avec l’ancien directeur.
« Nous nous déplacerons à Londres dès que possible. Je dois encore réfléchir au meilleur moyen de s’y prendre. »
Là-dessus, il s’allongea sur ses draps frais :
« Bonne nuit ! Essaie de ne pas trop chahuter en remontant. »
Un couloir éclairé de torches défilait à vive allure. Une porte fut franchie ; une salle circulaire se présenta, noire du sol au plafond. Face à la douzaine d’issues identiques, l’être rampant n’hésita pas, il fonça sur celle du milieu qui s’ouvrit aussitôt. Un second corridor, percé d’orifices, étrangement coloré de tons blafards fut parcouru d’une traite pour se terminer devant une autre série de portes noires. Un sifflement bizarre résonna, un panneau coulissa sans bruit. Que de rayonnages, ici ! Une cathédrale, au moins ! Toute la gigantesque pièce était découpée d’étagères aussi hautes que longues ; des milliers ou des millions d’objets hétéroclites les garnissaient. Oscillante, la vue de cet endroit détailla des étiquettes manuscrites. Certaines semblaient extrêmement âgées, jaunies et friables, prêtes à se décomposer au moindre contact. Le visiteur y lut : Vistemboire de l’époque Mérovingienne, probablement issu de la collection de Lord Emeric Balfour décédé en 1640 ; Métacarpe d’origine inconnue, gracieusement délégué en héritage par Lady Honnorat Galigaï décédée en 1555, etc.
Pour un musée, celui-ci était grandiose. Des reliques de tous bords s’y côtoyaient dans l’indifférence poussiéreuse de l’oubli. L’œil inquisiteur s’attarda sur la troisième planche d’une allée. Un petit globe de quatre centimètres de diamètre y dormait sous la pellicule épaisse de résidus déposés au fil des ans écoulés.
Une vague de joie, immense, merveilleuse, déferla dans l’esprit de la créature qui s’esclaffa bruyamment. Un rire dément vibra en longs éclats ; éclats tellement sonores que le dormeur s’éveilla, en nage.
Harry, redressé d’un bond, s’essuya le front d’un revers de manche, perdu parmi ses draps chiffonnés. Un… rêve ?
Réprimant un frisson, il s’efforça au calme. Trop de similitudes existaient avec son expérience antérieure pour qu’il ne s’agisse que d’un banal cauchemar. Déjà, Harry avait ressenti cette impression d’être un serpent visitant le département des mystères. Bien sûr, puisqu’il venait d’en débattre avec Dumbledore, cette irruption d’images était peut-être… naturelle. Pourtant… Avec Voldemort, rien n’était jamais certain. Avait-il encore tenté de le manipuler ?
Depuis qu’il avait appris à fermer son esprit correctement, Harry dormait plus paisiblement. Son « blocage » mental avait-il cédé ?
Tracassé, le jeune homme n’arriva plus à retrouver le sommeil. Il eut beau se tourner et retourner, loin de se reposer, il s’énervait davantage. En désespoir de cause, il se leva.
Doucement, afin de ne pas perturber la nuit de ses compagnons, il descendit dans la salle commune qu’il souhaita déserte à cette heure.
Raté !
Pelotonné dans un des larges fauteuils devant la cheminée, un corps abandonné aux bras de Morphée respirait régulièrement. Harry se mordit les lèvres, le cœur broyé d’une effroyable tentation. Il amorça un pas vers la belle endormie, puis recula lentement les pieds vers l’escalier. Clac ! Sa pantoufle dérapa, la jeune fille s’éveilla :
« Ha… Harry ? C’est toi ? Que fais-tu ici ?
- Je… rien ! Je n’avais plus sommeil. »
Déjà il entamait un repli stratégique, elle le freina :
« Ne pars pas, s’il te plaît ! Nous… nous ne nous parlons presque plus, et… »
Tout, il aurait tout supporté mais pas ça ! Pas les larmes de…
« Ginny, s’étrangla-t-il, ému. Ne pleure pas, je t’en supplie. Je… »
Toutes ses résolutions s’envolèrent d’un coup. Plus rien n’avait d’importance. La guerre, les Horcruxes, Voldemort…, et alors ? Le minois chaviré pour lequel son âme se consumait le contemplait si tristement : il céda.
Un même élan les poussa l’un vers l’autre. Passionnées, leurs lèvres s’unirent dans un long baiser mouvementé. Aveux, serments, promesses, excuses et pardons s’échangèrent dans la confusion des retrouvailles.
Quand l’effervescence se tarît un peu, Harry garda Ginny dans ses bras, la berçant tendrement. Sa chevelure rousse reposant sur la poitrine du garçon, elle soupira :
« Tu en as mis du temps à me revenir. Je désespérais.
- Tu es plus que ma vie, Ginny ! J’ai tellement peur de t’exposer.
- N’y pense pas ! Nous serons discrets, c’est tout. »
Une toux embarrassée les fit pivoter vers la porte du dortoir des filles.
« Désolée de vous déranger, pouffa Hermione. Je venais juste chercher Ginny pour la mettre dans son lit. Je vais remonter.
- Tu ne nous déranges pas ! assura Harry. Je suis même content que tu sois là. Je suis descendu parce que j’ai fait un rêve… bizarre. »
Immédiatement, les jeunes filles s’inquiétèrent et le bombardèrent de questions. Sans quitter la main de Ginny, Harry la convia à s’asseoir sur le divan ; Hermione se casa dans un fauteuil. Il raconta ses visions nocturnes, et l’impression étrange ressentie.
Du bout des ongles, Hermione se frictionna le crâne :
« Tu sembles persuadé qu’il essaie à nouveau de t’attirer dans un piège, je n’y crois pas ! Tu es devenu un bon Occlumens.
- Après le dîner, j’avais discuté avec Dumbledore au sujet du dernier... »
Harry s’interrompit pour regarder Ginny avec un mélange d’amour et de tristesse :
« Tu n’es pas au courant de ce que je prépare avec Ron et Hermione. J’ai toujours craint que…
- Il est temps de la renseigner, Harry. »
Hermione soupira. Elle contempla affectueusement le couple enlacé puis cria :
« Dobby ? »
L’elfe se matérialisa presque aussitôt :
« Hermignone a appelé Dobby ? Que peut faire Dobby pour l’amie de monsieur Potter ?
- Nous allons bavarder assez longtemps. Pourrais-tu nous apporter un encas ? »
L’elfe s’évapora quelques instants.
« Tu donnes du travail supplémentaires aux elfes ? rit Ginny.
- Dobby me rapporte tous les chapeaux que je tricote. Ça lui apprendra. »
Il revint porteur d’un plateau abondamment garni et ne s’incrusta pas. Les secrets s’échangèrent entre le trio qui se restaura, protégé par un « Assurdiato » de bon aloi.
« C’est épouvantable ! déclara Ginny horrifiée par le récit de Harry. Des fragments d’âmes…
- Les Horcruxes, oui ! Nous pensions les détruire, au départ. Puis, avec le souvenir du vieil apothicaire, nous avons révisés nos plans.
- Le but de vos expéditions, c’était de…
- Fabriquer une potion. Elle est prête maintenant, compléta Hermione.
- Il ne nous manque que le dernier Horcruxe. Dumbledore a émis l’idée qu’il serait au département des mystères, que Voldemort l’y aurait créé le fameux soir où… Sirius est mort. »
Les trois jeunes gens ruminèrent un moment en silence.
« Il t’a conseillé de visiter les archives, c’est ça ? murmura Hermione. Il existerait là-bas un objet ayant appartenu à Goderic Gryffondor ?
- Dans mon… rêve, j’ai vu une petite sphère.
- Oui ! bondit de joie Hermione. J’ai compris. Ce n’est pas Voldemort qui est entré en toi, mais l’inverse : tu as vu une partie de ce qu’il a fabriqué ce soir-là.
- Possible, admit Harry peu convaincu cependant. En tout cas, la salle était immense, la fouiller demandera des… mois ou des années.
- Avec la montre de Dumbledore, tu trouveras facilement, dit Hermione.
- C’est loin d’être gagné, elle n’y fonctionnera pas ! Si tu avais aperçu cet endroit…
- Il y a peut-être un répertoire ? Ginny, pourrais-tu questionner ton père à ce sujet ?
- Je le suppose. Il faudra aller à la poste de Pré-au-Lard, parce que… d’ici...
- Nous irons demain ! conclut Harry. On s’arrangera pour s’éclipser. »
Sur cette résolution, après un dernier tendre baiser, Harry laissa Ginny et Hermione monter se coucher ; il en fit autant, l’esprit nettement allégé à présent.
Pour suivre les titres originaux de la serie, je dirais "harry Potter and the last battle".
Toujours aussi bien, ma foi, même si s´passe moins d´trucs dans c´chap´.
Vivement demain. ![]()
Une petite pause et de nouvelles îstes dans le dernier chapitre, très bien. J´attends la suite.