Wahou, toujours aussi bien, chapitre parfaitement mené, vivement demain.
La suite. ![]()
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Super!!!!! Mais la coupe de poufsouffle elle devient quoi parce que ça doit être dangereux de la garder comme ça???? Kaim, tu feras quoi pour le message suivant???,, La suite!!!!! Ciao
Je viens de tout lire d´une seule traite et c´est vraiment super. Tu as un talent pour l´écriture.
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tous
Chapitre 23 : Le sang du sphinx
Après ce nouvel exploit, Harry fut fêté en héros. D’un seul coup, l’armée de Voldemort avait subi de lourdes pertes. Mrs McGonagall, malgré les agapes de la veille, commanda un dîner spécial aux elfes qui se surpassèrent pour régaler leur sauveur.
S’il en était heureux, le jeune homme n’en demeurait pas moins tracassé.
« Pourquoi tires-tu cette tête, lui demanda Ron en se goinfrant de dinde aux girolles. Une trentaine d’ennemis éliminés, tu peux être fier.
- Tu crois que ça me réjouit d’avoir tué toutes ces personnes ?
- C’était eux ou nous, Harry ! Tu nous as protégé d’une invasion.
- Peut-être, oui, Hermione. N’empêche que nous allons devoir réviser nos plans pour l’Egypte.
- Pourquoi ?
- Ron, nous ne pouvons plus utiliser la moto : l’espace est bouclé ! La directrice a décrété que cette mesure serait imposée tout le reste de l’année scolaire.
- Et le courrier ? Les hiboux…
- Supprimés ! Plus de lettres, ni de journaux : c’est le blocus. Seuls les plis urgents seront livrés par un émissaire spécial via cheminée.
- Mince ! Je venais de m’abonner à une nouvelle revue de Quidditch.
- C’est bien le moment de songer à ce sport, le gourmanda Hermione. Ce que dit Harry est beaucoup plus sérieux. Ne pourrions-nous démonter la moto et la faire passer par…
- Tu n’y songes pas ? s’étrangla Harry. Si nous la remontons à l’envers…
- Et le sort de réduction… comme pour le dragon ? Ensemble… ça devrait marcher, non ? »
Le jeune homme cessa de mastiquer, avala puis sourit :
« C’est… une excellente idée. Nous essaierons dès que possible, et nous sortirons par le passage secret de Honeydukes ! Merci, Hermione, tu me soulages d’un grand poids. »
Ce détail réglé, Harry profita plus largement du banquet. Il restait néanmoins un fameux point noir à solutionner : Drago Malefoy !
Il se tenait à sa place habituelle, entre Millicent et Luna. Harper, en face, semblait décrire, à grand renfort de gestes, la façon dont il s’y prendrait pour saisir le vif d’or lors de leur prochaine rencontre avec Poufsouffle. Apparemment, Drago ne tenait pas à reprendre sa place au sein de l’équipe. Harry, du coin de l’œil, contempla le quatuor. Ainsi Malefoy les avait vus partir. Il ne fallait pas être grand devin pour concevoir sa traîtrise. Maintenant que tous ses souvenirs étaient en place, Harry se rappelait l’horrible bagarre qu’il avait évitée : Drago n’y participait pas ! Qu’en déduire ? Seule, Hermione se portait garante de la sincérité du repenti.
Quelques jours passèrent dans la routine des tours de baguettes à appliquer à la potion, et des indispensables révisions des cours à rattraper.
Ses amis secondèrent beaucoup Harry dans cette dernière tâche, si bien qu’il fut rapidement à niveau. Le soir, il quittait tôt la salle commune, laissant les amoureux en tête-à-tête, s’isolant dans le dortoir vide où, rêveur, il faisait le point à moins qu’il ne détaille les cadeaux de ce dernier Noël au château. Molly l’avait encore gâté avec des pâtisseries et un pull assorti – disait-elle – à la couleur de ses yeux, orné d’une splendide effigie d’hippogriphe gris clair. Ron lui avait offert un exemplaire du Quidditch à travers les âges dans lequel il apprit de nouvelles techniques pour les attrapeurs. D’autres babioles s’ajoutaient à ces présents, notamment un mouchoir brodé d’un beau L que Harry considéra comme un trésor puisque sa tante Pétunia le lui envoyait en certifiant qu’il avait appartenu à Lily Evans, la mère du garçon ; Harry s’était ému devant cette découverte inattendue. Les Granger ne l’avaient pas oublié non plus. Sa marraine désirait-elle combler tous les Noëls ratés depuis 17 ans ? Elle avait expédié un album dans lequel photos moldues et animées, façon sorcier, se côtoyaient, prouvant les liens étroits qui unissaient les deux familles à une lointaine époque. Nostalgique, le garçon ne se lassait pas de consulter ces souvenirs, imaginant ce qu’aurait été sa vie sans l’intervention cruelle d’un certain Voldemort. Hermione n’était pas demeurée en reste ; son cadeau, quoique inutile, plut beaucoup au jeune homme : elle avait fait réparer le miroir à double face donné par Sirius Black. Seule, l’intention comptait, mais Harry fut reconnaissant à la jeune fille qui s’était débrouillée pour réaliser ce prodige en lui subtilisant l’objet lors de leur séjour au Square Grimmaurd.
Poudlard se repeupla bientôt avec le retour des vacanciers. Neville et Ginny s’effarèrent de l’extraordinaire expérience vécue par Harry tout en se réjouissant de le revoir si en forme :
« J’étais très inquiète, déclara la jeune fille. J’ai demandé de tes nouvelles tous les jours.
- Ah ! C’est gentil, je n’en ai rien su, répondit froidement Harry.
- Ron aura oublié de te le dire. J’aurais tant voulu rester, mais maman a insisté pour que je l’accompagne à Londres. Bill et Fleur vont avoir un bébé.
- Déjà ?
- Au mois de juin ! Maman les voit si peu, et papa est trop pris…
- Quelles sont les rumeurs du ministère ? Ont-ils commenté la nouvelle agression qu’a failli subir Poudlard ?
- Je ne sais pas ; papa n’a rien dit à ce sujet. Peut-être qu’il n’a pas voulu m’effrayer davantage. »
Harry ne demandait qu’à la croire. Sincèrement, il espérait qu’un jour… Si tout se terminait comme souhaité… Alors, il pourrait demander la main de Ginny à Arthur. Mais avant cet heureux moment, que n’auraient-ils pas encore à affronter ? Il s’éloigna très vite de la jeune fille, tel un pestiféré qui craint de contaminer le voisinage.
Les cours reprirent avec une intensité accrue. Qu’avaient donc les professeurs à inonder les élèves avec ces tonnes de devoirs ? Redoutaient-ils de ne pas arriver à boucler l’année scolaire ? Toujours est-il que le temps filait.
Harry avait revu Tonks qui déplora son absence lors des fêtes. Elle n’avait pas meilleure mine que lors de leur dernier échange, si bien que Harry se retint de l’ennuyer avec des questions sur Lupin ; sa physionomie trahissait suffisamment ses tourments.
Pour ses propres cours, Le jeune homme décida de profiter d’une trouvaille assez troublante de la part de Hermione. Depuis leur expérience accidentelle dans la caverne de Viperine, elle avait cherché des heures durant le pourquoi du phénomène produit. C’est assez excité que Harry décida de tester les conclusions de son amie.
« Voilà, déclara-t-il d’entrée de jeu, cours exclusivement pratique aujourd’hui. »
Cela enchanta l’ensemble de la classe qui fut aussitôt attentive.
« Miss Granger a découvert une particularité intéressante concernant les baguettes provenant de chez Ollivander. Je crois d’ailleurs que, pour la plupart, nous avons tous acheté nos baguettes chez ce malheureux commerçant. »
De vifs hochements de tête accueillirent ces paroles.
« Il est apparu, par pur hasard, que lorsqu’un sort est lancé, au même instant, par plusieurs baguettes contenant chacune un élément magique différent, la puissance du sort est multipliée d’autant.
- Ça n’a rien de neuf, ta théorie, Pott… Votre théorie, professeur.
- Juste remarque, Théodore. On sait depuis longtemps qu’en s’y mettant à plusieurs, l’effet est renforcé. Je vous signale une innovation, en raison des éléments différents provenant de chez Ollivander. Passons directement à la pratique, vous comprendrez mieux ce que j’essaie de dire. Bon, euh… Qui a du crin de licorne dans sa baguette, à part Ron ? Toi, Padma ? »
L’ancienne cavalière de Ron approuva lentement et s’avança vers le centre de la pièce au signe de Harry. Le rouquin se rapprocha également.
« Je voudrais que l’un après l’autre vous fassiez léviter cette pierre. »
Padma eut un rictus amer en estimant le poids de l’objet. Elle se concentra néanmoins puis lança un vigoureux :
« Wingardium Leviosa ! »
La pierre frémit et décolla de quelques centimètres.
« Très bien Padma ! À toi, Ron. »
Le jeune Weasley prononça la formule accompagnée du geste requis, la masse ne grimpa pas plus haut qu’avec Padma.
« Maintenant, vous allez le faire à deux en même temps. Attention, un… deux… trois ! »
Deux splendides « Wingardium Leviosa » fusèrent ; la pierre décolla de dix bons centimètres.
« Voyons ce que ça donne si je me joins à Ron. »
Sous les yeux stupéfaits des élèves, le roc s’éleva de près d’un mètre de haut.
« Avec Hermione et Neville ! »
Cette fois, le plafond de la pièce fut atteint. Des applaudissements nourris saluèrent cette exhibition et, aussitôt, tous se montrèrent curieux quant à la suite.
« Je vous demanderai à présent de former des groupes selon la nature de l’élément de votre baguette : les parties de licornes à l’extrême droite, celles de dragon au centre, puis les plumes de phoenix. Y a-t-il des personnes possédant d’autres ingrédients magiques venant de chez Ollivander ? »
Manifestement, le boutiquier préférait uniquement ces trois seuls ingrédients. La baguette de Crabbe lui avait été ramenée par son père au cours d’un voyage et contenait un ongle de troll ; Millicent Bulstrode ne connaissait pas l’origine de la sienne qui recelait un poil de Harpie.
« J’aimerais que, selon vos affinités, vous essayiez de travailler par trois ou quatre ; chacun disposant d’un élément différent, dit le jeune professeur. »
La répartition prit du temps ; des discussions s’élevèrent.
On arriva finalement à former des groupes où les représentants des diverses Maisons se voyaient mêlés malgré certaines frictions. Ainsi, Drago fit équipe avec Luna, Ginny et Ernie McMillan. Bien évidemment, le trio habituel oeuvra communément ; Neville s’allia avec Millicent et Terry Boot.
« C’est étrange, murmura Hermione. On dirait que l’union des Maisons se recrée. »
Cette constatation, loin de déplaire à Harry, le confortait au contraire dans la justesse de sa résolution. Le professeur Dumbledore serait ravi quand il apprendrait qu’il avait réussi à réunir ses condisciples dans une tâche commune.
Les résultats, d’ailleurs, étaient des plus encourageants. Avec un peu de discipline, les groupes parvinrent à trouver le rythme nécessaire pour créer un faisceau de forces conjuguées, beaucoup plus puissant que celui attendu séparément.
« Si nous devions à nouveau affronter l’ennemi, j’espère que vous vous souviendrez de ce cours et que, naturellement, vous chercherez vos partenaires afin d’unir vos efforts. »
Sur ces derniers mots, le cours s’acheva dans la bonne humeur.
Les préparatifs à la virée égyptienne se firent dans la plus grande discrétion. La réduction puis l’agrandissement de la moto s’étaient passées sans encombre… ou presque. L’engin, originellement doué pour s’adapter à la taille du conducteur, rejeta tout simplement les sortilèges que lui expédièrent les jeunes gens. Même en s’y mettant à quatre, la moto conservait sa taille normale.
« C’est dingue, pesta Harry. Cette ferraille est trop… magique, ça ne marche pas ! »
Il fallut à nouveau cogiter.
Ce fut Neville qui, involontairement, trouva la solution. Ce soir-là, il accompagna Harry à la cabane pour donner les trois tours de baguettes requis par le mélange. Ce rituel accompli, ils s’apprêtaient à quitter les lieux quand, paniqué, Neville se tâta les poches :
« Trevor, je l’ai perdu !
- Tu trimbalais cette bestiole avec toi ?
- Je l’ai toujours sur moi ; j’ai trop peur de le perdre. Ma grand-mère m’enverrait une de ces beuglantes s’il lui arrivait malheur !
- Cherchons-le, alors, soupira Harry. »
Ils se mirent en chasse, fouillant tous les recoins de la maison de Hagrid. Pas de crapaud en vadrouille !
« Tu es certain de ne pas l’avoir laissé tomber en cours de route ?
- Absolument. Je le sentais remuer quand nous sommes entrés, puis… »
Harry examina le bas de la porte donnant vers la chambre de Graup. Non, Trevor n’aurait pas su passer en dessous. Par contre, l’entrée…
« Je crains qu’il n’ait filé dehors.
- Oh, non ! Il va geler avec toute cette neige. »
Ils se ruèrent à l’extérieur après avoir refermé derrière eux. À la lueur de la lanterne emportée, ils cherchèrent des traces du batracien.
« Là ! » cria Neville en désignant un léger enfoncement dans le tapis glacial.
Ils suivirent la piste qui s’arrêta à l’appentis.
« Il est là-dedans, tu crois ?
- Nous serons vite fixés. » répliqua Harry en déverrouillant la porte.
Immédiatement, l’anomalie leur sauta aux yeux. La moto, qui avait conservé jusque-là la taille normale pour les jeunes gens, s’était réduite à la taille du crapaud juché dessus, l’air innocent.
« C’est merveilleux ! s’exclama Harry, enchanté. Nous réduirons encore un peu Trevor, et le tour sera joué. »
Neville tenta de protester tout en récupérant le fugueur. Il savait que c’était peine perdue si son ami en avait décidé ainsi. Soupirant, il empocha Trevor et sortit à la suite de Harry qui effaça soigneusement toutes traces de passage tout au long du chemin vers le château.
Une réunion exceptionnelle se tint dans la salle commune, très tard le lendemain, après que Ron et Hermione soient allés mélanger une ultime fois la mixture.
« J’ai coupé le feu et orienté le chaudron afin qu’il reçoive les rayons de lune et de soleil. Heureusement, le temps se maintient. Souhaitons que le ciel ne se couvre pas pendant les deux jours à venir.
- Parfait, Hermione. Alors, selon la recette, nous ne disposons que de ce délai pour nous procurer du sang de sphinx. Nous n’avons pas intérêt à traîner en route. L’avantage, c’est qu’il n’y a que 4500kms à parcourir et seulement 3 heures de décalage horaire. En moins d’une demi-heure, nous serons à pied d’œuvre.
- Quand comptes-tu partir ?
- Demain, juste après le match opposant Poufsouffle à Serpentard. Qu’en pensez-vous ?
- Ça me va, dit Neville. Et… Luna, on l’informe ou non ? »
Les trois paires d’yeux qui le fusillèrent auraient dû suffire à le décourager ; pourtant, Londubat insista :
« Elle ne dira rien ! Le sortilège protéiforme l’en dissuadera. Elle est parfois… bizarre, mais…
- Plus que bizarre, si tu veux mon avis ! Pour sortir avec Drago, elle est vraiment fêlée.
- Tu n’es pas objectif ; ton animosité vis-à-vis de Malefoy t’obscurcit l’esprit, dit Hermione.
- Et toi, ta passion des causes perdues te conduira à ta perte !
- Doucement, vous deux ! s’interposa Ron. Je suis d’accord avec Harry ; c’est trop risqué.
- Eh bien, nous sommes deux contre deux. Qui va trancher ? »
Un silence pesant s’installa.
« Nous demanderons à l’intéressée si ça lui convient. » soupira Harry, à moitié vaincu.
Dès le petit déjeuner expédié, le quatuor tenta de coincer Luna pour lui proposer de participer à la nouvelle aventure. Ils l’avaient peu fréquentée depuis le repas d’après Noël ; elle s’était même absentée quelques jours et était rentrée à Poudlard avec le gros des élèves. Aussi sa réaction ne les surprit qu’à demi quand ils l’abordèrent. Les voyant arriver sur elle, c’est tout juste si elle ne se sauva pas à toutes jambes :
« Que me voulez-vous ? Je n’ai rien fait ! pleura-t-elle presque.
- On ne t’accuse de rien, la rassura Harry. On voulait juste te proposer de nous accompagner.
- Où ça ? Au match ?
- Luna ! Ce sera comme au Japon. Tu en es ou pas ? »
La blonde jeune fille roula ses gros yeux globuleux, l’air parfaitement ahuri.
« Vous voulez vraiment de moi ? Je croyais…
- Tu ne dis rien à Malefoy, c’est promis ?
- Non ! Bien sûr que non.
- Alors, tiens-toi prête après le match. Fais un sac avec des vêtements légers mais prends un bon pull quand même.
- On va où ?
- Visiter les pyramides. »
Ils abandonnèrent la jeune fille à son étonnement, filant grossir les rangs des supporters de Poufsouffle.
L’ambiance des gradins battait son plein. Marée jaune contre marée verte, calicots et bannières flottaient joyeusement dans l’air glacial. Denis Crivey s’appliqua un « sonorus » afin d’annoncer la composition des équipes qui apparaissaient en saluant sur le terrain. L’énumération habituelle fut débitée d’un ton enjoué puis…
« Et… voici l’attrapeur de Serpentard… Drago Malefoy ! »
Harry ne fut pas le seul à sursauter. Presque les trois quarts des tribunes se redressèrent pour mieux voir s’il s’agissait ou non d’une blague de Denis.
Eh, non ! Très fier de son effet, Drago paradait sur la pelouse déneigée, agitant joyeusement une main, l’autre tenant fermement son … Ce n’était pas possible ! Comment se l’était-il procuré ?
« Tu vois ce que je vois ? s’étrangla Ron avec une grimace désenchantée.
- L’Ultrasonic1, murmura Harry, très affecté par cette découverte.
- Je parie que c’est Slug qui le lui a fait parvenir par courrier spécial. Drago n’avait pas de balai quand nous l’avons ramené de Londres.
- Il a eu tout le temps de l’acheter lui-même, bien avant le blocus, Ron, et de se le faire livrer par hibou.
- Hermione, tu ne comprends pas l’importance que…
- Je m’en doute. Pour me délasser, je ne lis pas que des magasines de tricots ; surtout depuis que je fréquente un individu très porté sur la chose… Le Quidditch, bien sûr ! Malefoy possède donc le dernier cri en matière de balai de course, pauvres Poufsouffle !
- Pauvre de nous ! rouspéta Ron. Tu n’imagines pas…
- Bien sûr que si ! L’Ultrasonic1 ne porte pas ce nom-là pour rien. Sa vitesse peut atteindre, voire dépasser, celle du son.
- Cessez de vous chamailler, ça va commencer ! »
Le coup de sifflet de Madame Bibine retentit. Une clameur admirative souleva l’assemblée au décollage magistral effectué par un Drago hilare.
C’était… dément. Jamais on n’avait assisté à un pareil envol. Les autres balais ressemblaient à de gros bourdons maladroits face à cet étalon de haute voltige.
Surexcités grâce à cet atout inédit, les Serpentard se déchaînèrent. Zacharias Smith – le capitaine des Poufsouffle – tenta de maintenir le moral de ses équipiers, mais… Les erreurs se multiplièrent, et les points de Serpentard augmentèrent de façon alarmante.
Il restait une petite chance, à condition que Summerby arrive à saisir le Vif d’or avant Malefoy. D’autant que…
« Regardez ! cria Harry. Il l’a vu ! »
À n’en pas douter, l’attrapeur de Poufsouffle avait remarqué quelque chose, à moins qu’il ne s’essaie à la feinte de Wronski.
Plongeant vers le sol à vive allure, Summerby profitait de l’éloignement de Drago dans les hauteurs.
« Bang ! » Le mur du son avait été franchi. Malefoy rattrapa son homologue en un clin d’oeil et… lui piqua le Vif d’or juste sous le nez !
Quelle déception ! Avec cette victoire, Serpentard prenait la tête du classement, haut la main.
« C’est pas juste, grogna Ron sans conviction, j’espère que Poufsouffle portera plainte pour usage de matériel non autorisé. »
Il savait, évidemment, que Madame Bibine aurait renvoyé Malefoy aux vestiaires s’il avait enfreint une once de règlement.
Mais l’heure n’était plus au Quidditch. Rapidement, Harry rallia ses troupes. Il expédia Ron, Hermione et Luna rejoindre Pré-au-Lard par le passage secret de la sorcière borgne tandis qu’il allait, en compagnie de Neville, chercher la moto. Tablant qu’avec leur victoire aucun Serpentard ne traînerait dans les parages, c’est sans précautions particulières qu’ils gagnèrent l’appentis.
« Fais attention à Trevor, s’il te plaît, s’étrangla Neville en remettant son crapaud à Harry.
- Pas de danger ! »
Un « Reducto » plus tard, l’animal atteignait la taille qu’il avait dû avoir juste après la perte de sa queue de têtard. Le posant sur la selle de la moto, celle-ci se réduisit également. Amusé, Harry empocha une mécanique miniature, identique aux jouets qu’il chapardait à Dudley quand celui-ci avait le dos tourné ; il rendit Trevor à son propriétaire, qui l’agrandit aussitôt.
Aidé par la carte du Maraudeur, le retour au château se passa dans la discrétion requise. Les cinq amis se regroupèrent comme prévu, près de la cabane hurlante.
Le ridicule ressenti par Harry en chevauchant la mini-moto se dissipa dès que son postérieur entra en contact avec le cuir de la selle à rallonge. Les sacoches bien arrimées, ils décollèrent.
Après un vol banal, l’atterrissage, au creux d’une dune de sable fin, se fit en douceur. Si la température, chaude mais sans excès, les ravit, le vent assez violent qui soufflait, les dérangea copieusement. Hermione, toujours pratique, s’enroula la tête d’un foulard, à la mode des Touaregs, se protégeant les yeux d’une paire de lunettes solaires. Luna tenta de l’imiter avec un résultat plus désopilant que réellement efficace. Les garçons s’équipèrent tant bien que mal, les écharpes du collège se prêtant aisément à cet emploi. Endossant leurs sacs, ils se mirent en route après avoir réduit Trevor et la moto que Harry emporta.
Comparé avec la forêt amazonienne et sa végétation luxuriante, ce désert aride ne leur sembla pas moins pénible. Tenir en équilibre sur cette poussière qui roulait sous les semelles n’était pas chose aisée. De plus, ils ignoraient l’emplacement exact du lieu où ils devaient se rendre.
« Dumbledore n’a pas pu m’éclairer sur l’endroit où vivent les sphinx. Il m’a recommandé de nous adresser au chef d’un village sorcier, tout proche, qui lui doit un service. Il faudra aussi nous en méfier car c’est un roublard, paraît-il.
- Ils parlent quelle langue, ces gens ? demanda Neville, inquiet.
- La même que nous, en principe. Nous n’allons d’ailleurs pas tarder à le vérifier, regardez ! »
Pointant le bleu du ciel, Harry attira l’attention de ses amis sur des objets qui venaient droit sur eux à vive allure.
« J’en ai entendu parler à la coupe du monde, mais le voir, c’est pas croyable, s’ébahit Ron.
- Des tapis volants, trois ! s’extasia Luna. Tu crois qu’ils viennent pour nous ? »
Harry ne jugea pas utile de répondre, les évènements étaient suffisamment éloquents. Planant majestueusement, les soieries bariolées amorcèrent une lente descente puis, sans avertir, les sorciers en turban brandirent leur baguette. Crac ! Les cinq amis furent proprement encagés.
« En voilà des façons ! C’est ça l’hospitalité du bled ? rouspéta Harry en se démenant contre les solides barreaux.
- On ne va pas se laisser faire. Unissons-nous dans un sortilège, et…
- Trop dangereux, Neville. On peut à peine bouger, cela pourrait se retourner contre nous. Attendons ; ils se posent. »
Les poings crispés, prêts à riposter, les jeunes gens observèrent leurs agresseurs qui se relevèrent de leur posture assise pour se tenir à distance, se contentant de toiser prudemment les prisonniers.
« Qui êtes-vous ? cria l’un des arrivants, un grand sorcier efflanqué en robe rayée vert et jaune.
- Des étudiants de Poudlard ! » répliqua sommairement Harry.
La suite!
Au fait, l´Ultrasonic, il est encore plus rapide que l´Eclair de Feu ou pas? Même si je le saurai sûrement dans quelques chapitres^^
D’un commun accord, les jeunes gens ôtèrent les linges dissimulant leurs traits. À la vue de ces visages pâles, un conciliabule animé éclata entre les autochtones. De leur position, les amis étaient incapables de saisir la moindre bribe de discussion.
« Ils n’ont pas l’air très content de nous voir ! commenta Hermione.
- Tu aurais dû dire qu’on était des touristes égarés, pleurnicha Luna. Je n’ai pas envie de finir à la casserole.
- Nous sommes en Afrique, mais pas chez des cannibales. Lorsque je suis venu avec mes parents, je n’ai rencontré que des gens charmants.
- C’était il y a longtemps ; ils ont peut-être changé, dit Neville qui tremblait violemment.
- Ils approchent ! Attention ! »
Tous firent front, essayant de pointer leur baguette à travers les barreaux.
« Ça ne passe pas, s’effara Hermione. On dirait qu’il y a du… caoutchouc transparent entre ces carrés de ferraille. »
Quoi qu’ils fassent, ils n’arrivèrent qu’à transpirer inutilement.
« On est enfermé ! haleta Luna, décomposée. Je déteste ça ; j’ai horreur de ça ; je veux sortir !
- Calme-toi ! Ce n’est pas si grave. »
La pauvre jeune fille semblait en proie à une crise d’hystérie. Hermione réagit très vite : vlam, vlam ! Une paire de gifles bien senties. Luna se raidit puis fondit en larmes.
« Ne nous énervons pas ! tempéra Harry. Nous avons des réserves d’eau, asseyons-nous et… buvons ! »
Chacun ôta son sac, sortit sa gourde et s’abreuva à petites gorgées.
Les geôliers s’arrêtèrent pour observer leurs prises.
« Qu’est-ce qu’ils font, murmura Harry qui tournait volontairement le dos aux agresseurs.
- Ils se demandent sûrement ce que nous fabriquons, dit Ron en jetant un rapide coup d’œil par-dessus l’épaule de son copain.
- Restons ainsi ; on va leur jouer la guerre des nerfs. »
Manifestement, l’attitude des prisonniers intriguait les Égyptiens. Une nouvelle discussion se déclencha ; la robe rayée s’approcha davantage :
« Vous êtes Anglais ? Que venez-vous faire ici ? »
Harry, d’un geste discret, obligea son groupe au mutisme.
« Eh ! Je vous parle ! Si vous venez de Poudlard vous devez comprendre ce que je dis. »
Harry mit la main en cornet sur son oreille puis adressa un clin d’œil à Ron :
« Tu entends quelque chose, toi ?
- Le bruit du vent, rien d’autre, répondit le rouquin en singeant son ami. »
L’effet escompté se produisit, l’autre s’énerva. Courant vers eux, il se planta à un mètre de la cage :
« Allez-vous répondre, oui ou non ? »
Lentement, Harry se redressa, se tournant vers cet énergumène peu amène, le toisant avec mépris :
« Nous n’avons pas pour habitude de parler avec des gens qui, sans se présenter, nous enferment de façon cavalière. Libérez-nous ! »
Son vis-à-vis parut hésiter :
« Nous avons reçu l’ordre d’intercepter quiconque se trouverait sur notre territoire. Avec les Mangemorts, qui nous harcèlent, nous devons nous montrer prudents. Nous vous conduisons à notre chef. Si vous vous débattez, le voyage sera désagréable. »
Le sorcier lança des ordres dans une langue que Harry ne saisit pas. Les étrangers brandirent leur baguette ; Harry agrippa les barreaux : la cage s’ébranla. Forcé de se rasseoir afin d’éviter la chute, le jeune homme tenta de rassurer son groupe :
« Nous sommes bons pour une balade. Ne paniquez pas, surtout ! »
Léviter en étant coincé dans une cage de deux mètres de côté, n’était pas vraiment gai. Leur prison s’éleva en oscillant dangereusement.
« Un dans chaque coin ; Ron au milieu ! »
L’équilibre se rétablit avec la répartition judicieuse des poids. Ils se posèrent sur une des toiles de soie bariolée qui décolla dès que son « conducteur » s’y installa, jambes croisées.
Franchement, ils n’apprécièrent pas ce mode de locomotion. Soumis aux rafales du vent, le tapis subissait de fréquents changements d’altitude, de quoi provoquer des haut-le-cœur dérangeants. Luna verdit ; Ron et Neville aussi. Seuls, Harry et Hermione s’adaptaient aux soubresauts de leur étrange monture.
Détaillant l’environnement, le garçon admira les hautes silhouettes qui se découpaient sur l’horizon : les pyramides !
Il en resta béat, tellement c’était… grandiose.
Le rappel à la dure réalité stoppa ses rêveries. Un village composé de maisonnettes en boue séchée se profilait en contrebas. Harry le vit se rapprocher dans une descente assez vertigineuse. Il craignit le choc… Le chauffeur assurait la manœuvre ; ils se posèrent sans heurts.
La cage se souleva sous le contrôle des sorciers égyptiens qui la conduisirent face à une case légèrement plus grande que les autres.
BOUM ! Les voilà au sol.
Leur arrivée déclencha aussitôt la curiosité des villageois ; un attroupement hétéroclite se massa autour de la prison métallique.
Mal à l’aise, Harry se compara à un animal exotique exposé à la curiosité d’un public avide de sensation ; ce qui ne fut pas sans lui rappeler une certaine visite au zoo, si longtemps auparavant.
L’apparition d’un personnage haut en couleurs arrêta sa vague de nostalgie. Il ne capta pas un traître mot de ce qui s’échangea entre ses geôliers et le grand sorcier barbu. En quelques coups de baguette, les barreaux s’effacèrent. Néanmoins, la détermination affichée par les Égyptiens dissuada la réplique des jeunes gens contraints de suivre le mouvement suggéré en direction de l’habitation.
Si Harry s’attendait à un décor miteux vu l’aspect extérieur du village, il n’en crut pas ses yeux en tombant dans un palais digne des mille et une nuits.
Soieries délicates, coussins moelleux, petites tables ouvragées, dorures : tout était d’un luxe hallucinant.
Le petit troupeau fut convié à prendre place sur des poufs accueillants. De charmantes hôtesses drapées de voiles diaphanes apparurent au claquement des doigts du maître des lieux ; thé et pâtisseries se distribuèrent au grand soulagement des invités forcés.
« Veuillez pardonner la manière utilisée pour vous amener jusqu’ici. Les consignes sont strictes depuis que la guerre a éclaté. Je suis Hassan Mustafa, chef de ce village, grand sorcier décoré de l’ordre d’Aladin. Peut-être avez-vous rencontré mon frère Mostafa ? Il a arbitré la dernière coupe du monde de Quidditch. »
Au salut de leur hôte, les jeunes gens répondirent à tour de rôle, Harry terminant la boucle :
« Harry James Potter, également étudiant en terminale à Poudlard. »
Le verre de thé que tenait Hassan, trembla à cette évocation :
« Po… Potter ? Seriez-vous… L’élu ?
- On le dit, oui ! soupira Harry dans un rictus amer. »
Le garçon, placide, affronta l’examen poussé de son interlocuteur qui s’attardait sur la cicatrice de son front.
« J’ai bien connu notre regretté Albus Dumbledore, soupira Hassan.
- C’est lui qui nous envoie vers vous.
- Lui ? Mais… Ah, oui… Son portrait, bien sûr. Que désire donc cette noble âme ?
- Que vous nous aidiez à… »
Harry hésitait. Comment son hôte réagirait-il à une pareille requête ? Il n’était jamais de bonne politique de rappeler à quelqu’un qu’il était redevable d’un service, surtout quand celui à qui ce service était dû, venait de mourir. Mustafa pensait certainement sa dette épurée, et voilà qu’un tout jeune homme sollicitait ses faveurs.
« Je sais ce qui te préoccupe, plaida gentiment le barbu. Il est exact que je suis le débiteur d’Albus. Son décès ne change rien. Il m’a secouru à une lointaine époque. Le moins que je puisse faire est de tenir mes engagements. Parle sans crainte. »
Rasséréné, Harry se lança :
« Merci de me faciliter les choses. En fait, nous cherchons… un sphinx. »
Cette fois, la gorgée de thé qu’ingurgitait Mustafa, passa à côté. Toussant et larmoyant, le sorcier se reprit :
« Un sphinx ! Mais mon jeune ami, c’est terriblement dangereux.
- S’il ne s’agissait que d’une… promenade de santé, j’estime que le professeur Dumbledore n’aurait pas jugé utile de vous déranger pour si peu. »
La sauce eut l’air de prendre. Le sorcier s’adoucit :
« Si tu manies aussi bien ta baguette que tes mots, je préfère être dans ton camp, rit-il. Un sphinx… Des éclaireurs seront nécessaires pour en repérer ; ils se cachent très bien, surtout le jour où ils se confondent avec le sable environnant. La nuit est le meilleur moment pour les débusquer.
- La nuit ! Mais… Nous ne comptions par rester si longtemps.
- Je ne puis rien de plus pour toi. En attendant ce soir, toi et tes amis, profitez donc de nos installations. Ma maison est votre maison. »
Conviés gracieusement par les hôtesses, les amis furent orientés dans le dédale des couloirs de ce palace surprenant. Harry, se souvenant de l’aspect banal de la tente occupée lors de la coupe du monde de Quidditch, ne s’étonnait plus de rien.
Arrivés à une bifurcation, une des accompagnatrices guida les trois garçons vers l’aile droite ; les filles allèrent à gauche sous la direction de la seconde jeune femme.
Se demandant ce qu’on leur voulait, Harry n’appréciait pas tellement cette séparation. Il se rassura néanmoins quand la demoiselle s’arrêta face à un rideau qu’elle soutint pour livrer le passage aux jeunes gens.
« Waouh ! s’extasia Ron, béat d’admiration. C’est encore mieux que la salle de bains des préfets. »
Marbre rose, accessoires délicats, parfums enivrants, ce lieu était sans conteste un havre de paix des plus tentants. Les deux piscines - l’un emplie d’eau bleutée, l’autre d’un liquide rose – les attiraient irrésistiblement.
Deux nouvelles hôtesses apparurent :
« Détendez-vous ! Nous n’allons pas vous manger. », pouffa l’une d’elles en essayant de débarrasser Harry de son sac à dos.
Le garçon se cabra :
« Vous… Vous êtes très aimables, mais… nous nous en sortirons seuls ! »
Pas le moins du monde vexées, les jeunes femmes s’éclipsèrent en riant, abandonnant les garçons qui se sourirent avant de se dévêtir rapidement.
Quel délice ! Ils testèrent tous les robinets et tous les pots de sels colorés à leur portée. Tels des gamins à la baignade, ils s’amusèrent au vu des résultats parfois cocasses de leurs expériences. Ainsi, par inadvertance, Neville renversa un récipient de liquide violet. Un bouillonnement se produisit autour de lui et tout son épiderme prit la même teinte violette que son pot. L’effet, heureusement, fut éphémère ; Neville retrouva vite sa peau rosée naturelle.
À jouer ainsi, ils perdirent un peu la notion du temps. Les demoiselles revinrent, leur apportant serviettes en éponge et robes d’intérieur. Elles gloussèrent encore devant les mines effarouchées des garçons qui refusèrent de quitter la piscine tant qu’elles n’avaient pas vidé les lieux.
« Ne désirez-vous point connaître le secret de nos massages ? minauda une petite mignonne dont les yeux noirs en amande fascinaient Londubat. Nous possédons des techniques directement issues de nos ancêtres. Vous ne le regretterez pas, croyez-moi. »
Ron et Harry durent retenir de force, au fond de l’eau, un Neville prêt à suivre les caprices alléchants de cette tentatrice.
« Comme vous voulez ! », rit l’aguicheuse personne en se retirant.
Dès qu’ils furent seuls, les garçons émergèrent, se ruant sur les essuies comme s’ils craignaient le retour des hôtesses.
« J’aurais bien voulu un massage, moi ! bougonna Londubat en s’habillant.
- Restons prudents ! Je vous ai raconté ce qui vous était arrivé en Amazonie. Je n’ai pas envie que ça recommence. »
Pour faire plus court que mon précédent comm´, je n´aurais pas d´autre choix que de retirer une lettre à mon pseudo ou de ne pas poster du tout. Donc je fais un comm´ normal : une bonne suite, toujours du même niveau, j´attends le chapitre suivant et, tant que j´y pense, je n´aime pas le verbe "solutionner" (pas dans ce chapitre, mais dans d´autres).
de ton commentaire Kaim. Au fait, dans toute la fic, j´ai employé deux fois ce verbe assez impropre; résoudre est mieux, c´est vrai.
C´est mignon, "solutionner". ![]()
Euh sinon, rien d´plus à dire, vivement la suite.
Ca doit être cool de se trimballer en tapis volant, c´est plus classe qu´un balai en tout cas. ![]()
Bon y´a un p´tit bou de temps que je n´avais pas posté ici! (depuis la page huit ça commence effectivement à faire...)
M´est avis que si JK Rowling n´existait pas tu pourrais peut-être bien la remplacée!!! Mais bien sûr si elle n´était pas la d´entré, personne n´aurait eu l´idée de ce gamin aux lunettes rondes et à la cicatrice en forme d´éclair!
Vivement la suite!
Frais et dispos, quoique l’accoutrement oriental qui les affublait les déconcertât, les garçons sortirent de la salle d’eau, immédiatement récupérés par un charmant guide. Une nouvelle balade s’effectua dans d’autres couloirs. Si Neville regrettait d’avoir chaussé les babouches proposées puisqu’il s’emmêlait pitoyablement les pieds dans les pointes recourbées, ses compagnons, eux, se battaient avec les pans des longues robes dont l’ampleur gênait leurs mouvements.
Ils débouchèrent dans une vaste salle éclairée aux chandelles. Pas à dire, c’était un véritable festin que l’on réservait aux invités inopinés.
Ron, les narines frétillantes, se captiva aussitôt pour la myriade de denrées proposées. Gourmand, il se lécha les lèvres, s’approchant vivement des tables basses abondamment garnies. Neville et Harry, loin de s’attarder à ces délices culinaires, ne regardaient … qu’elles. Qui donc étaient ces déesses vêtues de tulles pastel ? Têtes humblement baissées, un voile leur couvrant la moitié du visage, elles reflétaient tant de grâce que Harry se crut victime d’un enchantement. Quand elles redressèrent la nuque pour fixer les arrivant, Neville défaillit :
« Dis-moi que je rêve !
- Euh… C’est fou, mais ce sont elles : Luna et Hermione ! »
Lors du bal de Noël, c’est à peine s’il avait pu la reconnaître. Ici, l’éblouissante beauté de Hermione frappa Harry, plus encore. Subjugué, il ne comprenait pas comment son meilleur ami pouvait s’intéresser aux plats offerts alors qu’à deux pas se trouvait celle qui lui avait donné son cœur.
« Elle est fâchée, murmura Londubat.
- Je dirais… déçue. On le serait à moins. Si Ron cherche les ennuis, il est en bonne voie de les trouver. »
Les yeux noisette agrandis de khôl s’attardaient avec insistance sur le rouquin parfaitement inconscient du nuage de contrariété qui s’y dessinait. Luna, également ravissante dans sa toilette exotique, attirait l’attention d’autres convives, car les étrangers n’étaient pas les seuls hôtes assemblés. Une quinzaine d’hommes et de femmes, tous en habit de gala, discouraient aimablement en jetant parfois un œil furtif aux visages pâles débarqués. Hassan Mustafa s’avança au-devant des garçons, les poussant gentiment vers les invités.
« Voici les jeunes gens dont je vous ai parlé, annonça-t-il en commençant les présentations. »
Ron, arraché à sa contemplation des plats, rejoignit ses amis inondés de commentaires divers.
« L’Élu ! Quel bonheur de vous rencontrer ! pleurait une grande sorcière aux avant-bras tatoués de signes bizarres.
- Voyons, Fatima, ne vous mettez pas dans de tels états, la consola Hassan.
- Ne vous avais-je point averti qu’un grand bonheur nous viendrait du ciel. Ces jeunes gens en sont la preuve. »
Harry comprit facilement que cette sorcière devait être une réplique locale de Sibylle Trelawney. Hormis un anneau d’or dans la narine et les arabesques de son épiderme, la ressemblance était saisissante.
Le trio subit les assauts verbaux des participants au banquet qui, tous, désiraient des informations sur la manière dont se déroulait la guerre en Grande-Bretagne. À force de plaider leur parfaite ignorance en la matière, on finit par les laisser tranquille, et le repas débuta.
Si l’absence de couteaux et fourchettes désarçonna les occidentaux, Harry ne s’en formalisa pas trop ; imitant les indigènes, il plongea les doigts dans les vastes récipients, les chargeant de poulet et de semoule avant de les sucer joyeusement. Ron et Neville salivaient en silence, incapables d’adopter cette coutume typique. Leur hôte les prit en pitié et, d’un geste de sa baguette, il fit apparaître assiettes et couverts adéquats. Comment les filles se débrouillaient-elles ? Harry aurait été bien en peine de le dire puisqu’il leur tournait involontairement le dos ; le maître des lieux tenait à séparer les genres : les femmes à une table, les hommes à une autre.
La conversation roula sur plusieurs sujets mais revint fatalement sur la préoccupation première : la guerre.
« Les Mangemorts sont partout ! soupira Mustafa. La semaine dernière, un village situé à moins de trente kilomètres a été complètement ravagé. Toutes ces femmes et ces enfants… un désastre.
- Notre ministère fait ce qu’il peut ! s’emporta un gros nabab vêtu de pourpre et or. D’autant que les relations avec les Moldus sont assez tendues. Leur président est très mécontent. Vous n’imaginez pas à quel point il est difficile à nos Oubliators de faire passer ces atrocités pour des actes banals.
- D’accord, s’énerva son vis-à-vis, mais avouez que, systématiquement, faire porter le chapeau à des terroristes moldus, échauffe les autorités de notre pays qui voit l’économie troublée à cause de nous.
- C’est bien le but de notre ennemi ! Entraîner moldus et sorciers à se rejeter les fautes les uns sur les autres. Quand il parviendra à ses fins, il imposera sa loi aux deux mondes, j’en suis convaincu ! »
La tirade de Harry jeta un trouble gêné dans l’assemblée. Se voyant la cible de tous les regards, le jeune homme ne baissa pourtant pas la tête, au contraire. Il semblait prêt à argumenter sa position quand Hassan brisa le silence en réclamant de la musique.
Un groupe de jeunes filles s’installa ; luth, harpe et tambourin rythmèrent les discussions qui reprirent, plus calmes.
Au bout de cet interminable festin, après avoir encore ingurgité fruits et pâtisseries, les garçons auraient souhaité dégrafer leur ceinture d’un bon cran et gagner une couche quelconque afin de digérer à l’aise. Mais l’heure du repos n’avait pas encore sonné. Une servante accourut glisser quelques mots à l’oreille du maître des lieux. Se redressant, Hassan frappa dans ses mains, les invités interrompirent toute activité, se retirant à pas feutrés ; les musiciennes plièrent aussi bagage.
Quand la salle fut évacuée, il ne resta que les cinq amis et leur hôte :
« Il est temps de payer ma dette à ce cher Dumbledore. On vient de m’avertir qu’un sphinx avait été repéré. Un de mes hommes vous mènera jusqu’à lui. »
Se levant Hassan convia les jeunes gens à le suivre. Après de telles ripailles, c’est lourdement qu’ils emboîtèrent le pas à leur guide.
« J’ai trop mangé, murmura Ron en soutenant son ventre bombé.
- Un vrai porc, quand tu veux, grinça Hermione d’une voix pincée. »
Le rouquin se tourna alors vers elle et pila net en dévisageant sa compagne :
« C’est… c’est toi ?
- Qui veux-tu que ce soit ? Un troll ?
- Mais… mais…
- Je me suis trompée, tu n’es pas un porc, tu es un mouton. Cesse de bêler et avance.
- Je… je ne t’avais pas reconnue !
- Et cela ne t’inquiétait même pas que je ne sois pas dans la salle ? Merci, c’est très flatteur. »
Impériale, elle redressa le menton et passa fièrement devant un Ron, très mal à l’aise. Il trottina derrière elle, tentant d’apaiser le courroux malencontreusement provoqué. Mais la belle faisait la sourde oreille aux explications embrouillées du garçon. Elle se positionna à la hauteur de Harry :
« Où nous emmène-t-il, selon toi ?
- Aucune idée. »
Un jardin intérieur se présenta à eux. Près d’une délicate pièce d’eau, s’ouvraient fleurs et arbustes aromatiques : une oasis en plein désert, en somme. Là, un sorcier en turban patientait, assis, sur un tapis chamarré.
« Abdul, je te confie ces jeune gens. Qu’ils arrivent en sécurité au site, ou il t’en cuira.
- Euh… un instant, s’il vous plaît ! l’interrompit Luna. Nous n’allons pas sortir comme ça ? »
Hassan sourit dans ses moustaches, indiquant, d’un signe de tête, un petit paravent. Hermione et Luna coururent s’y changer. Pour les garçons, c’était plus simple, ils n’eurent qu’à tomber la robe pour se retrouver en tenue plus pratique. Leurs sacs étaient posés à proximité ; ils les endossèrent. Les filles réapparurent changées de pied en cape en quelques minutes à peine. Les cinq se casèrent sur le tapis qui décolla immédiatement.
« Bon voyage ! cria Mustafa les saluant de la main. Et bonne chance ! »
Harry s’étonnait vraiment de l’heure déjà tardive ; le temps avait filé si vite. Le banquet, aussi copieux qu’allongé, laissait malheureusement des traces dans les estomacs malmenés par ce vol inhabituel. Ron, une main sur la bouche, retenait des renvois nauséeux alors que Neville inspirait l’air à grande bouffée. Les filles regardaient droit devant elles, apparemment indifférentes aux malaises des garçons.
« Hermione, je suis certaine que si tu le voulais, tu pourrais soulager Ron et Neville de leur indigestion.
- Ils n’avaient qu’à s’abstenir de se goinfrer ! »
Elle paraissait de mauvais poil, Harry haussa les épaules et n’insista pas.
Brusquement, sans avertissement, leur chauffeur se retourna, baguette brandie :
« Caecus ! » dit-il.
Aussitôt, les jeunes gens se frottèrent les yeux. Où étaient les nuages,
la lune... ?
« Qu’est-ce que vous nous avez fait ? hurla Harry cherchant à saisir le traître. Je ne vois plus rien.
- Calmez-vous ! J’obéis aux ordres de mon maître. Le trajet doit rester secret. Nous avons un grand respect pour les sphinx et ne désirons pas les déranger... inutilement.
- Il aurait été plus honnête de nous le dire ! Nous vous aurions promis…
- Nous n’accordons pas facilement notre confiance ; on nous a déjà tellement roulés. N’en tenez pas rigueur à Hassan Mustafa, s’il vous plaît. C’est un grand sorcier. Ce désagrément ne sera que passager. »
Ruminant sa rancune, Harry s’enferma dans un mutisme boudeur. Aveugle et mené dans un lieu inconnu n’avait rien de rassurant. N’allait-on pas les livrer à des Mangemorts locaux ? Rien dans l’attitude affable de Mustafa ne laissait présumer une pareille forfaiture. Mais Dumbledore lui avait recommandé la prudence… Que ne l’avait-il mieux écouté ?
Le trajet ne dura pas. Le « chauffeur » était au moins un virtuose du vol en tapis car ils se posèrent mieux qu’une plume glissant sur une toile cirée.
« Nous sommes arrivés ! Descendez, voulez-vous ?
- Eh ! Vous n’allez pas nous abandonner ainsi ! gronda Harry. Nous devons pouvoir rejoindre notre point de départ, et…
- Taisez-vous ! » murmura le guide.
L’accent d’angoisse qui perçait dans cet ordre n’échappa pas à Harry. Il se concentra, en alerte.
« Que se passe-t-il ? Répondez ! dit-il sur le même ton.
- Je n’en suis pas sûr. On dirait… Je vais en repérage. Ne bougez pas d’ici.
- Mais… »
Harry se concentra afin d’ouvrir ses oreilles aux bruits de la nuit. Il perçut, furtifs, des pas qui s’éloignaient. Avec la respiration haletante de ses amis proches, il perdit rapidement le contact auditif.
« Où est-il parti ? couina Luna d’une voix tremblante.
- Il a vu ou entendu quelque chose. Tenez-vous prêts, on ne sait jamais. »
Chacun retint son souffle, aux aguets. Puis, crevant le silence, un cri retentit :
« Fuyez ! Cachez-vous, ce sont des… »
Un hurlement atroce jaillit ; tout s’apaisa.
« Il n’est pas mort, hein ? grelotta Neville dont les dents s’entrechoquaient dans un curieux claquement de castagnettes.
- Je ne sais pas. Je ne vois toujours rien. Groupons-nous ! »
Ils s’accolèrent dos à dos, baguettes brandies, scrutant les ténèbres de leurs yeux opacifiés. Harry battit des paupières. Oui ! Un brouillard naissait au fond de ses pupilles dilatées, un flou qui peu à peu régressait. Des formes se mouvaient dans leur direction. Elles étaient nombreuses et…
« Voyez-vous ce que je vois ? s’étrangla Ron.
- Des… des… bredouilla Neville.
- DES MOMIES ! Elles n’ont pas l’air commode. »
Il en sortait de partout. Bandelettes déchirées traînant derrière eux telles des chaînes fantomatiques, ces corps desséchés aux traits hideux convergeaient vers les jeunes gens. Certains, mains décharnées en avant, ne cachaient pas leurs intentions hostiles.
« On doit les repousser ! déclara fermement Harry.
- Pourquoi ces momies nous en veulent-elles ? On n’a rien fait, on ne sait même pas où on est.
- Nous violons peut-être leur territoire, Luna. N’empêche, vu leur attitude…
- Quel sort employons-nous ? demanda Hermione. »
Excellent question. Comment freiner cette horde qui lentement, mais sûrement, se refermait sur eux ? Les bandelettes n’étaient-elles pas imprégnées de bitume ? Ces membres squelettiques paraissaient aussi fragiles que…
« Incendio ! lança Harry sur les opposants les plus proches. »
Mieux que des torches, les dépouilles s’enflammèrent, hurlant des cris affreux en courant en tout sens. Des corps se percutèrent, communiquant le feu à d’autres. Les Européens survoltés aggravèrent la débandade des agresseurs, les arrosant d’« Incendio » mêlés de sortilèges explosifs qui pulvérisèrent les ossements en combustion.
Bientôt, les cinq amis contemplèrent un champ de bataille où seuls quelques foyers brûlaient encore. Tout obstacle avait disparu.
« On a eu chaud ! rit nerveusement Neville.
- Au propre comme au figuré, souffla Hermione en s’épongeant le front noirci de suie.
- Et notre traître de guide, où se cache-t-il ?
- Je n’ai pas l’impression que cette attaque ait été prévue dans son programme, Ron. Nous pouvons essayer de le trouver, je crains que ce soit… inutile. »
Personne n’éprouvant le désir de tomber sur un cadavre, le petit groupe détailla l’environnement.
Bonne suite, comme toujours.
Ah oui ça buguait quand j´ai lu je crois alors je n´ai rien d´autre à dire que : la suite. ![]()
Mais dis-moi Az´, n´est-ce pas toi le gentil garçon qui, il y a peu, me reprochait de na pas faire de commentaires constructifs?!?!?!
Bah sinon la suite!
Sûrement, mais quand y´a rien à dire, y´a rien à dire. ![]()
Si tu veux, tu fais une fic´ et je viens te faire un com´ "constructif"...
![]()
« Il devrait y avoir un sphinx dans le coin, non ? À moins que Hassan se soit moqué de nous et que…
- Harry… Regarde… là-bas ! »
Le garçon pivota dans la direction pointée par Hermione. Ses épaules se voûtèrent.
« Il nous a bien eu ! grinça-t-il, mauvais. »
Non loin, sur l’horizon, se découpait majestueusement la silhouette mi-lion mi-humaine du sphinx de pierre millénaire.
Accablés, les jeunes gens se concertèrent :
« On voulait un sphinx, on en a un ! pouffa Luna.
- Ah-ah-ah ! C’est fou ce que ça me fait rire.
- Allez, Harry ! Si Hassan nous a doublé, c’est en partie de notre faute. Nous aurions dû préciser que nous voulions un sphinx vivant et pas… un monument. »
Ramené à la raison, le jeune homme soupira :
« On fait quoi, maintenant ? Du tourisme ?
- Pourquoi pas ? Je ne suis jamais venue en Égypte, moi ! Examiner de près ces beautés me tente beaucoup. Voyez les pyramides, juste derrière. On pourrait s’approcher, non ? »
Tous étant d’accord, le signal du départ fut donné. Ils avaient à peine parcouru cent mètres que Hermione s’arrêta :
« C’est sans doute idiot, mais… Accio tapis ! » cria-t-elle en se tournant en arrière.
Un flottement plus tard, la soierie qui les avait amené s’étala devant eux. La jeune fille la roula, la réduisit à la taille d’un mouchoir ; Ron l’empocha.
« Il nous servira peut-être, s’excusa Hermione. »
La marche reprit.
Écrasant ! Au pied de cet édifice vénérable, les jeunes gens se sentirent ridiculement… petits. Par ses cent trente-sept mètres de hauteur, dépassant la basilique Saint-Pierre de Rome, la statue de la Liberté et tant d’autres constructions moldues, la pyramide de Kheops les intimida fortement.
« Il n’y a rien de bien intéressant là-dedans, dit Ron fier de son expérience antérieure. Par contre, non loin, il y a une série de tombes de nobles… Brrr, j’en ai encore froid dans le dos.
- On y va, dites ? insista Luna très enthousiaste.
- Pourquoi ? Tu veux écrire tes impressions à ton père ?
- À mon… Oui ! C’est une idée. »
Ron prit les rênes et orienta ses amis vers des pyramides miniatures.
« Les Moldus ne les voient pas comme nous, affirma-t-il. Pour eux, ce ne sont que des tas de sable. »
Un peu plus tard, ils déambulaient entre ces amas incroyablement conservés malgré les siècles écoulés.
Soudain, Harry se figea et fouilla sa poche :
« La montre ! Elle chauffe à nouveau.
- Qu’indique-t-elle ? s’empressa Hermione.
- La troisième, là-bas, dit le garçon en promenant l’engin dans son poing tendu.
- Le dernier Horcruxe serait ici ?
- Non, Ron ! Dumbledore m’a conseillé de me concentrer sur ce que je voulais trouver. Je n’arrête pas de penser au sphinx, donc… »
Assez excité par le parfum de l’aventure, ils gagnèrent rapidement le tombeau désigné. Une première difficulté se présenta : où était l’entrée ?
« Lumos ! » clama Harry, énervé de ne rien distinguer dans cet assemblage de blocs granitiques.
Les autres l’imitant, la lueur émise permit une fouille plus approfondie du site.
« Ici ! dit Hermione. Le sable est plus aplati qu’ailleurs, comme si…
- Un bloc avait glissé dessus ! Tu as raison. » s’emballa Harry.
Aussitôt tous se penchèrent attentivement sur l’anomalie.
« C’est certainement celui-ci, déclara-t-il en pointant le présumé responsable. Il a pourtant l’air de ne pas avoir bougé depuis des siècles.
- Si un sphinx habite là-dedans, on le nourrit ou il sort pour chasser. C’est donc probable que cette pierre se déboîte d’une manière ou d’une autre. »
S’interrogeant un moment sur la tactique à adopter, ils parlementèrent :
« On s’y met ensemble et on le tire ? suggéra Ron.
- Il est sûrement coincé. Il doit exister un mécanisme ou… un sort particulier pour le faire pivoter, réfléchit tout haut Hermione.
- Je vote pour la solution de Ron.
- Moi aussi !
- On peut essayer. Si ça rate, on essaiera autre chose. » conclut Harry.
Concentré, visant la pierre suspecte, ils lui lancèrent un puissant « Accio » ; elle ne bougea pas d’un millimètre.
« Mince, c’est la première fois que je vois ce sort échouer. On le pulvérise ?
- Assez de destructions, Ron ! dit Hermione. Nous ne sommes pas des vandales. Réduisons ce bloc, nous le manipulerons aisément ou passerons à côté. »
La tactique de la jeune fille s’avéra plus efficace. Tel un ballon qui se dégonfle, la pierre devint un grain de poussière.
Face à la bouche ouverte du monticule, de nouvelles interrogations surgirent : qu’allaient-ils découvrir ? Qui s’y risquerait en premier ? Harry, naturellement s’était avancé, immédiatement tiré en arrière par Ron.
« Il y a des pièges et des enchantements dans ces tombes. J’ai eu l’occasion d’en voir et, malgré que ces sortilèges aient été atténués pour les touristes, je te jure qu’ils étaient très impressionnants. Je prendrai la tête. »
Une file indienne se créa ; Harry fut relégué en dernière place. Pour le consoler, son ami lui affirma que le danger pouvait aussi surgir par l’arrière.
Si le début d’une descenderie obscure s’amorça sous leurs pieds craintifs, les « Lumos » devient rapidement inutiles avec l’éclairage de torches qui brûlaient fixées aux murs. Cette lumière était à la fois rassurante et… inquiétante. Elle prouvait que les lieux étaient entretenus et… fréquentés.
Lentement, ils cheminèrent sans rencontrer d’obstacles puis se regroupèrent au centre d’une immense salle carrée dont les murs s’ornaient de splendides dessins gravés entre des portes monumentales.
« Laquelle ouvrons-nous ? demanda Ron.
- Ne nous précipitons pas dans la gueule du… sphinx. Harry, que dis la montre ?
- Je… C’est étrange, elle ne rayonne pas plus qu’à l’entrée.
- Elle n’est pas cassée, au moins ? s’inquiéta Neville.
- Je ne crois pas. Les planètes tournent… normalement. Je ne sais pas…
- C’est la magie de l’endroit ! On devrait sortir et vite. Je n’aime pas sentir sur mes épaules le poids de toutes ces pierres et…
- Tu as voulu venir Luna, alors tais-toi ! » riposta Harry que ces jérémiades agaçaient.
La blonde demoiselle encaissa la rebuffade en sursautant. Larmoyante, elle fouilla son sac, sortit sa gourde et but une longue gorgée.
« Au lieu de se chamailler, examinons plutôt ces hiéroglyphes. Je ne pense pas qu’ils soient là uniquement pour la décoration. »
La sagesse de Hermione apaisa les esprits ; tous s’approchèrent des sculptures. Quelle délicatesse dans les tracés !
« Venez voir ! cria Neville. C’est un sphinx là, non ? »
La représentation murale ne prêtait pas à confusion.
« Il est… différent de ceux que l’on voit habituellement dans ce type de dessin. Il ne porte pas le Némès, mais…
- Le quoi ?
- Le Némès, un chapeau à rayures si tu préfères.
- Hermione, tu ne saurais pas lire les hiéroglyphes, par hasard ?
- Hélas, non, Harry ! L’étude des Runes m’a pris suffisamment de temps. Je me rattraperai, à l’occasion. Néanmoins, la symbolique est claire. »
Manifestement, ce n’était évident que pour elle.
« La créature est au centre d’un carré percé d’ouvertures. C’est comme…
- Encore une espèce de labyrinthe ? grimaça Ron.
- Je ne vois pas ce que signifient les traits qui coupent certains chemins. Essayons de deviner le bon parcours. »
Détaillant le plan gravé, ils en testèrent des chemins. Malheureusement, aucun ne paraissait aboutir à une sortie.
« On tombe tout le temps sur ces traits ! Ce sont des barrages, des pièges ou… rien ? s’énerva Ron. Si on n’en tenait pas compte, ça donnerait quoi ? »
La recherche reprit, sans plus de succès.
« Ou ce plan est un leurre ou quelque chose nous échappe, soupira Harry qui se tourna vers les portes closes. On ne va pas rester ici dix ans ! »
Résolument, il fonça sur le panneau le plus proche, le frappa des mains, des pieds et de l’épaule, n’y gagnant que des contusions douloureuses. Les négligeant, il se rua sur la porte suivante.
« Tu vas te faire mal ! Forcer l’entrée n’est pas une bonne méthode. Il doit exister un meilleur moyen. »
Hermione et ses sermons ! Dépité, Harry se calma.
« C’est vraiment idiot de ne rien avoir à faire ! dit Luna en s’adossant au mur. Si on sortait ? »
Elle bascula la tête en arrière ; un déclic retentit.
« Ne bouge plus ! ordonna Ron qui écarquillait les yeux de surprise.
- Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce que j’ai fait ? s’inquiéta la jeune fille clouée au mur.
- Avec ta manie de porter ta baguette derrière ton oreille… Elle vient de s’enfoncer dans l’œil du sphinx. »
Tous entourèrent Luna afin de vérifier cet incident.
« C’est exact ! dit Harry. Je vais tenir ta baguette pendant que tu te glisseras en dessous, prête ? »
L’opération se déroula en douceur, Luna put se décoller et regarder ce qu’elle avait involontairement provoqué.
« Je ne l’ai pas fait exprès, gémit-elle.
- Apparemment… des traits ont disparus, le chemin du labyrinthe est modifié. »
La constatation de Neville était hautement intéressante. La discussion s’anima :
« Qu’arrivera-t-il si tu retires la baguette ?
- Comment veux-tu que je le sache, Neville ? Je voudrais que l’on recommence à tracer la voie à partir de ce nouveau dessin. »
Le jeu de patience reprit pour un résultat identique.
« Encore trop d’obstacles ! Pour autant que c’en soient, se découragea Ron. »
Sourcils froncés, Harry réfléchit. Le nez presque collé à l’effigie du sphinx, il lui sembla que…
« Le second œil ! » s’exclama-t-il en y planta résolument sa baguette.
D’autres déclics se produisirent ainsi qu’un grand grincement.
« Là ! Une porte s’est ouverte. » s’ébahit Ron s’y précipitant.
Les filles et Neville le rejoignirent, très intrigués.
« Eh, vous n’allez pas me laisser ainsi ? » râla Harry qui soutenait les baguettes bien en place.
Voilà qui souleva de nouvelles questions : fallait-il laisser les baguettes plantées ou pas ? Si on les ôtait, que se passerait-il ?
« La voie est libre de tout trait, cette fois ! constata Hermione en examinant le tracé modifié. Je peux me tromper, mais je pense que les baguettes doivent rester dans ces orbites, sinon… tout se refermera.
- Ah, non ! Je ne me séparerai de ma baguette sous aucun prétexte. Trouve autre chose. »
La jeune fille tressaillit sous cet ultimatum à peine voilé. Se grattant la chevelure, elle invectiva ses amis :
« Ça vous dérangerait beaucoup d’aider Harry à se sortir de là ? Qui a une idée, une bonne si possible ?
- On pourrait remplacer les baguettes par… euh… des plumes !
- Bravo Neville, combien en as-tu sur toi ? Même pas une, je suppose. Qui d’autre ?
- Si cela ne dérange personne, je suis disposée à changer de place avec Harry. Rentrer là-dedans… Ne me tente pas.
- Merci, Luna. Cela ne résout, hélas, pas le problème de baguette.
- Fouillons nos sacs ! Ce serait le diable si nous ne trouvions pas un objet à substituer ! »
Sur cette recommandation de Ron, chacun s’activa. Dans le fouillis qui s’accumula pêle-mêle au centre de la salle, on sélectionna ce qui paraissait convenir.
« C’est quoi ce truc ? s’étonna Neville en contemplant un bout de bois percé d’une mine de graphite.
- Un crayon ! répliqua Hermione d’un haussement d’épaules. L’équivalent moldu des plumes d’oie.
- La forme est presque identique au bout d’une baguette, dit Ron en s’emparant du curieux objet. Qu’en penses-tu, Harry ?
- Décidez-vous, j’ai des fourmis dans les doigts !
- Mais s’il faut maintenir le contact au fond de l’œil, ce machin est trop gros pour passer entre ta baguette et le bord du trou.
- Il y a un peu de jeu, dit Harry en remuant les bouts de bois.
- J’ai ce qu’il faut alors ! s’exclama Hermione en brandissant…
- Une aiguille à tricoter ? Tu prends ton tricot pour partir en expédition ?
- Et alors ? se vexa la jeune fille. Ça peut servir ! »
Elle le prouva aussitôt. Avec d’infimes précautions, elle glissa la pointe de l’aiguille sous la baguette que Harry retira lentement. Ensuite, elle recopia le plan révélé. Le crayon, plus fin que la baguette mais plus épais que l’aiguille, remplaça celle-ci afin de faciliter la tâche de Luna qui succéda à Harry au soutient des objets.
« On devrait les coller, ainsi tu viendrais avec nous, proposa Neville.
- Non, non ! Allez-y sans moi. Je me débrouillerai toute seule. »
Après plusieurs tapes amicales sur les épaules de la jeune fille, ils se séparèrent.
Trop court, ze veux la suiteuh. ![]()