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Liste des sujets

l'ultime combat de Harry Potter

KaiM
KaiM
Niveau 11
27 juin 2006 à 13:20:55

´vé.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
27 juin 2006 à 14:08:06

Tu deviens flemmard KaiM. :o))

Et sinon, ben...la suite. :-)

Gwahywir
Gwahywir
Niveau 3
27 juin 2006 à 16:36:17

Toujours aussi, génial!!!!!! La suite???? :ange:

KaiM
KaiM
Niveau 11
27 juin 2006 à 16:38:16

Ah, au fait, on ne dit pas "malgré que".

tati11
tati11
Niveau 10
27 juin 2006 à 17:22:05

ah, non? Oups! Comme quoi j´ai encore beaucoup à apprendre. :merci: de me le signaler.

Après un long parcours dans le ventre de la falaise, ils accueillirent l’air libre avec un réel plaisir.
« C’est magnifique ! s’extasia Hermione en détaillant leur nouvel environnement. On dirait… un jardin. »
Effectivement, à croire qu’ils étaient au Paradis. Quelle harmonie !
Partout, gracieuses, des fleurs ouvraient leurs délicats pétales, distillant dans l’atmosphère des parfums suaves. Bosquets, buissons, parterres, tout était orchestré dans un festival enchanteur de tons les plus parfaits.
Enivrés des senteurs multiples, les amis se régalèrent de ce spectacle grandiose, oubliant même le but de leur venue.
Hermione et Ron, main dans la main, se mirent à courir sur le gazon. Riant, le jeune homme saisit sa compagne par la taille, la faisant tournoyer en l’air.
« Ils sont fous ou quoi ? demanda Harry, étonné par cette attitude puérile.
- Ils s’aiment ; ils ont bien le droit de s’amuser un peu, soupira Neville, l’air extatique. D’ailleurs, moi aussi, j’ai envie de rigoler ! »
D’un coup, le jeune Londubat s’éloigna en courant puis, avec une souplesse digne d’un champion de gymnastique, il exécuta plusieurs sauts périlleux. Voir ses amis s’ébattre ainsi stupéfia Harry qui demeura cloué sur place. Qu’est-ce qui leur arrivait ? Ne voilà-t-il pas qu’ils formaient une ronde à trois et chantaient à tue-tête des comptines de gosses de cinq ans ?
« Eh ! Je vous signale que le temps passe. Cessez vos gamineries, immédiatement ! »
Loin de l’écouter les autres n’en rirent que de plus belle, laissant Harry complètement désorienté face à ce nouveau problème. Roulades dans l’herbe, culbutes, parties de chatouillis, cette succession d’enfantillages laissait Harry de marbre. Il ne comprenait pas.
Puis, brusquement, tout s’arrêta.
Plus de rires, plus de mouvements, rien ! Le joyeux trio paraissait pétrifié mieux que par un « Petrificus Totalus »
« Ce n’est pas drôle ! À quoi vous jouez ? » s’inquiéta Harry en s’approchant lentement des corps statufiés dans leur posture antérieure.
Voulant secouer sa troupe, il posa une main tremblante sur le bras de Ron, et la retira vivement.
« Glacé ! Ils sont comme congelés, qu’est-ce que… ? »
Un bruissement proche l’obligea à se détourner ; c’est alors qu’il la vit.
Elle était sans conteste la plus belle femme du monde. Une Vélane ? Grande, élancée, une cascade de cheveux blonds lui descendant presque aux chevilles, drapée d’une toge immaculée, elle le regardait en souriant.
« Qu’attends-tu pour rejoindre tes amis ? » susurra-t-elle d’une voix mielleuse.
D’abord interloqué, Harry répliqua fermement :
« Qu’est-ce que Vous leur avez faits ? Annulez ça tout de suite !
- Sûrement pas ! J’ai si peu de visiteurs ; quelques statues supplémentaires agrémenteront plaisamment mon jardin. Pourquoi mes parfums ne t’atteignent-t-ils pas ? Cela me surprend. En quoi es-tu différent ? Qui es-tu ? Que veux-tu ?
- Je… je suis Harry Potter, je cherche une plante. »
La divine apparition éclata d’un rire cristallin :
« Tu as osé pénétrer mon univers pour me dépouiller ? Es-tu inconscient ou seulement idiot ? Sache que les rares qui entrent ici, ne ressortent jamais. Potter… Ce nom ne m’est pas étranger. Serais-tu… ? »
Elle réfléchissait. Ses traits reflétèrent successivement le doute, l’étonnement puis…
« Tu as vu la mort de près, je me trompe ?
- C’est… c’est exact. » avoua Harry malgré lui.
Ces parfums devaient être une sorte de Véritasérum, impossible autrement.
« Oui ! Je comprends à présent ce qui te singularise. Harry Potter, le survivant. Celui sur qui le Seigneur des Ténèbres voudrait tant mettre la main. Et te voici en mon pouvoir. Il me récompensera sûrement quand je t’aurai livré à lui. Car si mes effluves sont inopérants sur toi, ma magie, elle, ne te ratera pas. »
Langoureusement, elle s’approcha en ondulant des hanches. Un chant d’une infinie beauté roula de sa gorge veloutée.
« Je suis Sylviane, la reine du monde floral. Viens avec moi, entends ma voix, tu seras mon roi. »
Quelle tentation ! Harry eut la sensation d’être soumis à l’Imperium. Il oscilla dangereusement, prêt à accepter tout ce que cette déesse lui proposerait.
« Oublie soucis et tracas, dans me bras tu seras comblé au-delà de toute espérance. »
Résister ! Il ferma son esprit, ses oreilles, ses yeux ; se concentrant sur l’image qui illuminait son cœur : Ginny.
« De quel matière es-tu fait ? tonna Sylviane, courroucée. Nul ne peut me contrer.
- Je suis navré de vous contredire, pouffa Harry, raffermi.
- Tant pis pour toi, pauvre imbécile. Mon favori te transformera avant peu en un adorable rôti cuit à point. »
Elle émit un sifflement bizarre que Harry s’étonna d’identifier facilement.
Le Fourchelang ! Cette femme le parlait comme les descendants de Salazard Serpentard et… lui-même.
« Vous essayez d’appeler Vipérine ? ricana-t-il avec arrogance.
- Quoi ? Tu as traduit ce que j’ai dit ?
- Entre autre talent, je possède cette langue peu courante, tout comme Voldemort. C’est inutile de vous fatiguer, votre Dragon ne viendra pas !
- Il ne tardera pas, il obéit toujours.
- Pas cette fois. Nous l’avons rencontré et…
- Tu ne l’as pas tué, au moins ? Vipérine est mon seul ami. Si tu as commis cette infamie, je…
- Il n’est pas mort ! s’empressa de la rassurer Harry. Nous l’avons… kidnappé.
- Kid… quoi ?
- Nous l’avons entravé et caché.
- Rends-le moi, ou tu le regretteras.
- Je vous propose un marché : votre dragon contre… trois choses. »
Harry crut un instant avoir dépassé les bornes vu l’éclair de fureur qui brilla dans l’émeraude des yeux de la reine. Pourtant, sans avoir bu de Félix Félicis, il était certain de son coup.
« Dis vite ! Il me tarde de le revoir. »
Une vague de triomphe l’inondant, Harry inspira profondément avant de lâcher :
« Vous décongelez mes amis, vous nous confierez un plant d’hypercharacias, puis vous nous laisserez repartir sans dommage. »
Oh ! là là ! Nettement moins jolie la déesse avec ses traits déformés par la rage. Sur ses gardes, Harry était prêt à repousser les mauvais sorts que cette furie semblait lui destiner. Néanmoins, après avoir craché par terre de dépit, elle se calma :
« Tu as gagné, Potter. Je le promets. Rends-moi Vipérine, maintenant !
- Sans vouloir mettre en doute votre honorable parole, j’aimerais d’abord que vous agissiez. Votre dragon vous sera remis quand nous serons… en sécurité.
- Qui me dis que tu respecteras le marché ?
- Euh… moi, je vous le dis. Ma parole vaut bien la vôtre, non ? »
Cette ultime fanfaronnade eut raison des réticences de Sylviane. D’un geste dédaigneux, elle libéra le trio de l’enchantement qui l’immobilisait ; d’un autre, elle attira une motte de terre au milieu de laquelle croissait un étrange végétal, laid et velu.
« Tu as ce que tu désirais. Partez, et rendez-moi Vipérine. »
Ron, Hermione et Neville massaient leurs muscles raidis après cette inaction forcée. Interdits, ils regardèrent tour à tour Harry qui toisait une bien belle personne.
« C’est qui, celle-là ?
- Ron, je te présente la reine Sylviane, maîtresse de ces lieux et roublarde au possible !
- Comment oses-tu m’insulter, freluquet ! Il me suffit de…
- Un geste de travers, et vous ne reverrez jamais votre favori !
- Mais de quoi ils causent ?
- Tais-toi, Neville, souffla Hermione tentant de saisir les nuances de l’affrontement.
- Donnez-nous l’hypercharacias ! Pas ce… cette…
- Un Vulgarus pustulus ! s’extasia Neville. J’en ai vu dans un livre et… »
Les épaules de la reine s’affaissèrent légèrement, elle avait joué et perdu.
D’une chiquenaude, elle convoqua une seconde plante. Dès qu’il l’aperçut, Harry sut que c’était la bonne. La montre de Dumbledore le confirma en émettant un doux rayonnement depuis le fond de sa poche.
Inutile de s’éterniser. D’un signe du menton, Harry ordonna un repli général après s’être emparé de son trésor. Au petit trot, ils décampèrent.
« N’oubliez pas votre engagement, jeune Potter. Sinon… »
Les paroles envenimées n’atteignirent pas Harry qui ne songeait qu’au trajet inverse.
« Mais que s’est-il passé ? insista Hermione pour la dixième fois en galopant à la suite du garçon.
- Plus tard. J’ai hâte de mettre le plus de distance possible entre cette femme et nous. Tu as toujours le mini-dragon, j’espère ? »
La jeune fille fouilla sa poche et exhiba le reptile endormi.
« C’est lui, Vipérine ?
- Oui ! Et elle y tient beaucoup, heureusement pour nous. Déposons-le là où nous l’avons trouvé. Il la rejoindra… s’il le peut.
- Tu ne vas pas lui rendre sa taille normale ?
- Pour qu’il nous transforme en brochettes ? Sylviane se débrouillera, j’en suis convaincu. »
Dès qu’ils abordèrent la caverne, Hermione réveilla la bestiole. En douceur, elle jeta un léger « amplificatum » qui lui donna le volume d’une grosse poule.
« Il rejoindra plus facilement sa maîtresse sous cette forme. », sourit la jeune fille en l’abandonnant à sa destinée.
Au pas de course, ils firent marche arrière, peu désireux d’attendre les réactions de la reine lorsqu’elle rencontrerait son favori. La descente de la falaise ne posa aucun problème grâce au sortilège de ralentissement qu’ils s’appliquèrent mutuellement. La zone carbonisée dépassée, ils se dirigèrent vers le marécage. À nouveau, la touffeur et la profusion de la végétation, leur tombèrent dessus.
« Oh ! Vous avez vu ? dit Hermione ravie en désignant un gros tronc d’arbre sur lequel s’agitaient des petites boules de fourrure aux couleurs variées.
Des boursoufflets ! Un nid ! Fred et Georges seraient contents d’un arrivage frais, qu’en dites-vous ?
- Ce n’est pas le moment ! Je voudrais, rapidement, que l’on s’éloigne de cette reine. »
Quitter la forêt magique lui paraissait urgent. Il n’aurait pas su expliquer pourquoi, c’était juste un… pressentiment.
Ils en coupèrent des tiges. Le chemin tracé antérieurement s’était déjà refermé tant la croissance de ces plantes magiques était accélérée. Le professeur Chourave aurait été ravie d’œuvrer en des lieux si prolifiques.
« Nous ne sommes plus très loin du marais, courons !
- Stop ! cria Hermione.
- Pourquoi, il faut…
- Neville n’est plus là ! Il était derrière moi, puis… »
Catastrophe ! Où était Londubat ? Vite, demi-tour.
Se bousculant, ils firent marche arrière, regardant partout, hélant le disparu :
« Neville !
- NeeeViiiille !
- ICI ! » répondit une voix énervée.
Trois têtes se relevèrent pour distinguer une scène qui aurait pu être amusante en d’autres circonstances. Neville était suspendu dans les airs, parfaitement entravé par un amas de lianes étrangleuses.
« Sortez-moi de là ! gémit-il à demi étouffé.
- Ne te débats surtout pas, conseilla Hermione. C’est comme un Filet du diable, plus tu résistes plus ça se resserre.
- On ne peut pas le laisser là ! dit Ron. Comment le libérer sans le blesser ?
- Flitwick ! Le sort du tressage. Ça devrait marcher, non ? »
Ce rappel de Harry déclencha la riposte :
« Tractartis ! » crièrent-ils en agitant leur baguette.
Les tiges se nattèrent sagement, oubliant leur victime qui retomba lourdement sur le sol.
Redressant un Neville livide, Harry s’informa :
« Tu vas bien ? On peut poursuivre ? »
Un lent signe de tête accordant la supplique, ils repartirent.
Ils n’avaient pas parcouru vingt mètres qu’une nouvelle menace s’annonça.
« C’est quoi, ce bruit ? » demanda Neville cherchant la source de ce qu’il percevait.
Tous s’arrêtèrent, les sens aux aguets. Un son, indéfinissable bien que régulier, se dirigeait sur eux, augmentant d’intensité à chaque seconde.
« On dirait… un moteur ? s’alarma Hermione.
- Pas un moteur, blémit Ron. Ça ! »
Il pointait le ciel où un curieux nuage noir venait d’apparaître. Mobile et bruyant, il se déplaçait rapidement.
« Des insectes ! Je ne sais pas lesquels, mais… »
Un instant, le nuage parut se figer puis, brusquement, il s’agita à nouveau dessinant un visage souriant méchamment.
« C’est Sylviane qui nous les envoie ! cria Hermione en identifiant les traits reproduits. Que fait-on ?
- On se défend ! répliqua Harry qui brandit sa baguette. PAXI-SAGITTA ! »
Alors que les bestioles fonçaient sur eux, tous l’imitèrent. Coordonnant leur attaque, le même phénomène que pour Vipérine se produisit, décuplant l’effet du sortilège. Bientôt, ils furent entourés de gentils frelons dépourvus de dard.
En riant, ils se remirent en route.
« Aïe, cria Harry en se massant l’épaule. »
La douleur ressentie s’estompa immédiatement, le garçon négligea cette piqûre.

Le marécage était là, enfin !
« Regardez bien où vous mettez les pieds, recommanda Harry en s’élançant. »
Il bondit d’une souche à l’autre puis… Bang ! Il se frotta le front, légèrement sonné d’avoir rencontré… Rien ! Il n’y avait rien devant lui.
« Un mur invisible ! C’est encore un coup de Sylviane. On ne peut pas passer, elle a fermé la barrière, cria-t-il aux autres. »
Dépité, il revint près de ses amis.
« Elle se venge, à sa façon ! râla Harry.
- Ne bougez pas d’ici, je vais lui dire deux mots, moi, à cette reine !
- Hermione, non ! »
Trop tard, elle avait transplané.
« Elle est folle ! Oser affronter seule Sylviane, Je vais…
- Non, Harry, le retint Ron. Elle sait très bien ce qu’elle fait et a plus d’un tour dans son sac, crois-moi ! Faisons-lui confiance. »
Pour tromper l’ennui autant que l’inquiétude, les garçons dressèrent un petit campement où ils se restaurèrent auprès d’une flambée.
« Elle en met un temps ! s’énerva Harry en consultant sa montre magique. Si elle n’est pas de retour dans un quart d’heure, je… »
Crac ! La jeune fille, un peu ébouriffée, se matérialisa près d’eux.
« C’est réglé, rit-elle en s’installant près du feu. Pas si forte que ça, Sylviane.
- Qu’est-ce que tu lui as fait ?
- Pas grand-chose ! Figurez-vous qu’elle ignorait le sortilège d’agrandissement. Elle a été ravie de l’apprendre ; c’est arrangé. On pourra passer. »
Cette Hermione ! Elle venait de se frotter à une reine sorcière, et elle mangeait gaiement, comme si rien ne s’était passé.

Le marais fut aisément franchi à la seconde tentative ; Sylviane avait tenu sa promesse. Après quelques efforts supplémentaires, ils retrouvèrent la moto avec joie.
« Quelle heure sera-t-il chez nous ? » s’enquit Hermione pendant qu’ils fourraient leur attirail dans les fontes.
Harry ajusta les aiguilles de la montre :
« Il sera minuit en arrivant. Vous ne risquez pas de sanctions puisque je vous accompagne. Ron, ça t’ennuierait de conduire ? Je suis un peu fatigué. »
Ils s’envolèrent.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
27 juin 2006 à 17:58:29

Ben ma foi toujours aussi bien, c´est cool ce rythme de plusieurs suites par jour, continue. :-)

KaiM
KaiM
Niveau 11
27 juin 2006 à 18:39:59

´é.

Gwahywir
Gwahywir
Niveau 3
27 juin 2006 à 18:50:33

Super!!!! Super!!!! Kaim tu vas faire comment pour raccourcir encor ton message? :o)) La suite??????? Ciao!!!

tati11
tati11
Niveau 10
27 juin 2006 à 18:50:43

ce rythme ne durera pas :lol: j´arrive au bout de mes munitions.

tati11
tati11
Niveau 10
28 juin 2006 à 10:28:07

Voici probablement mon chapitre préféré.

Chapitre 22 : L’épouvantable cauchemar de Harry.

Harry s’étira. Il avait merveilleusement bien dormi.
Quel silence !
Intrigué, il ouvrit le rideau rouge de son baldaquin. Oups, il devait avoir fait un tour d’horloge ; il faisait grand jour.
Sans précipitation, il se leva, et se dirigea vers la salle de bains. Soudain, il se figea. Où étaient les affaires des autres occupants du dortoir ? Les elfes les auraient-ils rangées ? Connaissant la propension au désordre des condisciples, Harry n’en resta pas moins circonspect. Lentement, il s’avança vers le coffre au pied du lit de Dean, souleva le couvercle... Vide ! Effaré, il se rua sur celui de Neville : pareil. Le coffre de Seamus l’était aussi. Déboussolé, Harry hésita à ouvrir le dernier. Ron avait-il aussi… déménagé ?
À son grand soulagement, il trouva les effets personnels de son ami, bien rangés à l’endroit prévu.
Soucieux cependant, il décida de jeter un œil dehors, tant la luminosité lui paraissait étrange. Ce qu’il vit le cloua sur place : tout le décor disparaissait… sous un épais manteau de neige.
« C’est impossible, murmura-t-il, sidéré. Tout ça… en une nuit ? »
Décidé à en avoir le cœur net, Harry fonça se doucher. Moins de 10 minutes plus tard, il descendait en courant la tour des Gryffondor.
Il ne rencontra pas âme qui vive. Poudlard avait-il fermé ? Subissait-il un sortilège ?
Quand il déboula comme un fou dans la grande salle, il crut que le plafond magique s’écroulait sur sa tête. Pourquoi avait-on déjà placé les décorations de Noël ? En théorie, il restait près d’un mois avant cette fête, non ?
Désespérément seul, il erra à la recherche d’un être vivant capable de lui expliquer ce qui se tramait. Son estomac criant famine, il dévala les marches menant aux cuisines. La porte était ouverte, il la franchit. Ô joie, les elfes oeuvraient. Au ralenti, certes, mais ils travaillaient. Regardant partout, Harry distingua Dobby et Kreattur qui s’activaient autour d’une casserole où mijotait une sauce onctueuse.
« Que je suis content que vous soyez là ! Dites, pourquoi a-t-on déjà monté le sapin et pendu les guirlandes ? »
Face au peu d’intérêt qu’on lui porta, Harry s’énerva :
« Eh ! Je vous cause ! »
Il posa une main sur l’épaule de Dobby, et tomba des nues : elle traversa l’elfe sans rencontrer de résistance.
Complètement dépassé, le jeune homme demeura inerte quelques instants, tentant d’ordonner le chaos de ses pensées. C’était impossible ! Il n’était pas un fantôme ! Il le saurait, le sentirait. Il essaya à nouveau de saisir un elfe au passage, en vain. La peur l’étreignit. Il dût se forcer à réfléchir :
« Ils ne me voient pas, ni ne me sentent ou écoutent. Moi, je les vois et les entends. Qu’est-ce qu’ils racontent ? Ils en tirent une tête.»
Se concentrant, il distingua les échanges verbaux :
« Dobby doit arrêter de pleurer sinon la sauce sera trop salée et on se plaindra, là-haut.
- Kreattur sait pourquoi Dobby pleure ; il pleure d’ailleurs pour la même raison que lui. Son maître lui manque. Il manque à tout le monde ! »
Abasourdi, Harry constata que les elfes parlaient de lui comme d’un… défunt ou du moins d’un absent. Ils avaient l’air très malheureux, des larmes leur coulaient au long du nez.
« Plus d’un mois ! Personne n’arrive à le réveiller. Hermignone est si triste ; son whisky aussi, il n’a pas voulu rentrer chez lui pour les fêtes. »
Serait-il tombé dans une pensine sans s’en rappeler ? À qui appartiendrait un tel souvenir ? En plus, il avait vraiment faim. Il s’approcha d’une table avec l’espoir de prendre un des petits pains posés sur une corbeille en osier. Comme pour les elfes, sa main passa au travers.
« C’est dingue, pesta-t-il. J’ai su ouvrir les coffres en haut et manipuler la douche. Alors ?? ? »
L’envie de hurler l’envahit ; deux personnes entrèrent stoppant net son amorce de cri.
Ron et Hermione se dirigèrent sur les elfes qui achevaient leurs préparatifs.
« C’est prêt, dit Dobby. Monsieur Potter… ?
- Toujours pareil, soupira le garçon roux en s’emparant du plateau garni. »
Ses deux amis remercièrent les domestiques, et tournèrent les talons ; Harry, très intrigué, leur emboîta le pas. Où se rendaient-ils avec cette nourriture ? Ils n’avaient vraiment pas l’air heureux, eux non plus !
Suivant les jeunes gens, Harry grimpa les sept étages dévalés peu avant. Arrivés dans la salle commune de Gryffondor, Hermione débarrassa un coin de table tandis que Ron montait au dortoir. Qu’allait-il y fabriquer ?
Il ne tarda pas à le savoir quand il perçut des pas en descente. Manifestement, Ron n’était plus seul. Qui amenait-il ?
Pour un choc, Harry reçut le plus beau de sa vie lorsqu’il reconnut le nouvel arrivant : lui-même ! Mais était-ce réellement lui, cette… ce zombie, raide mieux qu’une planche, aux yeux éteints et au teint livide ?
« Assieds-toi, commanda Ron à la statue animée.
- Mange, Harry ! » murmura Hermione presque en pleurs.
Tel un automate, son double obéit sagement, se servant des différents plats qu’il mastiqua machinalement. Encore plus ahuri, si possible, Harry se regarda manger avec l’étrange impression que son propre estomac s’emplissait peu à peu. Une sensation de plénitude se répandit dans son ventre repu.
« Bois, Harry ! »
Immédiatement, l’autre Potter s’abreuva avec le verre d’eau servi par Hermione.
« Nous allons monter, tu dois avoir sommeil, maintenant. »
Ron entraîna le zombie vers le dortoir. Sans hésiter, Harry les accompagna. Impuissant, il assista à son coucher alors qu’il n’avait aucune envie de dormir, lui.
« Repose-toi ! C’est ce que les médicomages ne cessent de répéter. À ce soir. »
Avec des gestes de profonde lassitude, Ron referma les rideaux du baldaquin, puis rejoignit Hermione qui sanglotait blottie au creux du large divan.
« Tiens le coup, c’est dur, mais… Il faut du temps, dit le rouquin en prenant la jeune fille dans ses bras où il la berça doucement.
- C’est affreux, horrible ! Tous les jours j’espère ; rien ne change.
- Ça finira forcément par s’arranger. D’ailleurs, il m’a paru mieux aujourd’hui. Il s’est habillé sans que je lui demande.
- Quoi ? bondit Hermione en se dégageant brusquement de l’étreinte. Tu ne lui as pas dit, et…
- Il a dû le faire tout seul entre ce matin et maintenant.
- Tu veux dire qu’il était habillé quand tu es monté le chercher ?
- Je pense même qu’il s’est douché. »
Énervée, Hermione arpenta le tapis de la salle commune. Les mains croisées sous le menton, elle semblait en proie à une cogitation furieuse. D’un coup, elle s’arrêta et fixa le grand rouquin avec des yeux paniqués :
« Est-ce que tu te rends compte de ce que ça signifie ? S’il se met à agir seul, Dumbledore nous l’a dit, c’est que la fin est proche !
- Calme-toi ! Nous n’avons pas su découvrir la signification exacte de ces propos ; McGonagall a bloqué le bureau. Aussi, cela peut être une excellente nouvelle.
- Comme la pire ! J’ai tellement peur. Je ne veux pas qu’il meure ! »
Là-dessus, elle courut se blottir dans les bras accueillants de Ron pour y larmoyer de plus belle.
Harry les regarda s’enlacer puis se détourna. Il n’avait pas l’âme d’un voyeur, et se sentait de trop même si les amoureux ne percevaient pas sa présence.
Profondément troublé par ces bribes d’informations, il sortit de la salle commune en franchissant la porte sans qu’elle ne s’ouvrît ; il la passa tel un écran de fumée.
Tout se bousculait derrière sa cicatrice. Cela n’avait aucun sens. Il était à la fois palpable et fantomatique.
« POURQUOI ? » hurlait son esprit enfiévré.
Il tenta de raisonner sereinement, ses pieds le conduisant inconsciemment au deuxième étage. Pas de mot de passe à donner, il gravit sans encombre le colimaçon jusqu’au tableau endormi de son mentor. Pensif, il le fixa longuement avant de se décider à parler :
« Monsieur ? Professeur Dumbledore ? Je suis là. M’entendez-vous ? »
Ses épaules s’abaissèrent de vaine lutte. Il amorçait un demi-tour quand une voix douce résonna :
« Harry ? Enfin ! »
Se retournant, radieux, Harry en bafouillait d’émotion :
« Vous… Vous m’entendez ? Je… Je suis perdu. Aidez moi, je vous en supplie !
- On le serait à moins, Harry ! Ainsi, tu as rencontré Sylviane. Une fort jolie personne, n’est-il pas ? Elle a été bannie et condamnée à vivre en recluse car elle pétrifiait tous ceux qu’elle rencontrait. Si j’avais su qu’elle était en Amazonie ; je t’aurais dit de te méfier d’elle. Quelle idée de t’être laissé piquer par un Bisstique.
- Moi ? Je n’ai pas été… »
La mémoire lui revint, tranchante tel un couperet : les insectes de la reine. C’est vrai qu’il s’était senti faible en reprenant la moto puis… Un grand trou noir.
« Je ne l’ai pas fait exprès. Qu’est-ce que cette bestiole m’a refilé ? La maladie du sommeil ?
- Harry ! Seule, la mouche tsé-tsé inocule cette maladie moldue. Toi, tu as contracté… hélas bien pire.
- Expliquez-moi ! Ron et Hermione parlaient d’une fin proche. Vais-je mourir ? »
Le jeune homme et le vieillard se toisèrent dans un mutisme embarrassé.
Toussant, Dumbledore chercha ses mots :
« Au fait… Nous ne savons pas. Au bout d’un temps d’incubation – celui que tu as vécu dans le coma – il semblerait que le corps du malade se dédouble…
- Je m’en suis rendu compte, merci.
- Ne sois pas si amer. Je ne fais qu’exposer nos faibles connaissances du phénomène. Nous dirons que tu es… dans de sales draps. Ceux qui, comme toi, ont subi ce dédoublement… ne sont plus là pour le raconter.
- Ils sont morts ? Tous ? s’étrangla Harry.
- Je suis désolé, la réponse est oui. »
Assommé par cette révélation hautement pessimiste, Harry demeura figé quelques secondes.
« Nous ne pouvons faire que, je dis bien que, des suppositions sur ton état.
- Eh bien, quelles sont-elles ? soupira le garçon prêt à tout encaisser. Il y a pourtant un truc qui ne colle pas dans votre histoire ! Comment sait-on qu’un dédoublement s’opère puisque les malades n’ont jamais rien raconté ?
- C’est très bien, Harry. Je vois que, comme toujours, même dans les graves moments, tu parviens à réfléchir. On le sait, ou au moins on l’a deviné, parce que d’ici peu, un jour ou deux au plus, tu seras capable de manifester ta présence.
- Je pourrai parler aux autres ?
- Pas parler ni écrire, selon les rares expériences antérieures ; mais déplacer des objets, c’est certain.
- Une grâce que l’on accorde au condamné, c’est ça ?
- Peut-être. Une sorte de rémission afin de trouver le moyen de réveiller ton corps physique. Et, j’aborde une théorie toute personnelle, je pense aussi que c’est une chance d’être dans cet état.
- Je vous assure que je m’en passerais bien. Qu’est-ce qui vous amène à cette conclusion ?
- Je crois que si tu parviens à te retrouver… complet, tu seras en mesure… d’inverser le cours du temps.
- QUOI ?
- Je crois que lorsque tu te réveilleras, tout ce que tu auras vécu entre ton dédoublement et cet instant-là, n’aura pas encore eu lieu. Tu serais alors capable d’empêcher certains évènements de se produire.
- Je ne comprends pas ! Quoique… »
Sourcils froncés, Harry s’abîma dans de profondes réflexions. Il s’éclaira soudain :
« Voilà pourquoi vous parliez de chance ! Si j’arrive à retourner dans mon corps, je devrai avertir, euh… prévenir quelque chose ou quelqu’un de…
- C’est à peu près ça, oui ! C’est aussi la raison pour laquelle, toujours selon mon point de vue, les autres malades sont définitivement… partis. Ils ont, en quelque sorte, raté leur mission.
- Ah ! En ce cas, cela signifie aussi qu’un danger est imminent ?
- C’est probable mais pas certain. Nous ne faisons qu’échafauder des hypothèses, Harry. Tout ce que je viens de dire n’est peut-être que du vent. Personne…
- D’accord ! Inutile de le répéter. On verra ce qui se passera. Merci de vos conseils, même s’ils ne servent pas à grand-chose. Au revoir. »
L’esprit chamboulé, Harry sortit, maussade.

La journée s’écoula tristement. Harry restait debout, il ne pouvait même pas s’asseoir, et s’étonnait de ne pas passer au travers des planchers. Sans cape, le froid vivifiant ne l’atteignant pas, il accompagna Ron et Hermione jusqu’à la cabane où il les vit s’occuper de l’antidote. Manifestement, les racines d’hypercharacias avaient été ajoutées, le mélange présentait une teinte bleutée très encourageante. Selon la recette découverte dans le souvenir de Varius Inops, la préparation nécessitait une surveillance judicieuse, et trois tours de baguette toutes les 12 heures.
Harry imagina ses amis venant ici la nuit pour remuer la mixture. Les pauvres, ils devaient être assez fatigués par ces déplacements constants. Dire qu’il ne leur était d’aucune utilité.
Toujours à leur suite, il les regarda réviser leurs cours en s’affligeant du retard qu’il accumulait. Dans le fond, si son destin était déjà celé, pourquoi se tracasser pour des ASPIC qu’il ne réussirait pas. Et Voldemort, lui, allait-il gagner ? Ça non ! Rien que pour cette raison, Harry se jura de tout faire pour rentrer dans son corps afin de contrer le Seigneur des Ténèbres.
Il se creusa les méninges à la recherche de l’idée géniale qui lui permettrait cet exploit.
Le soir tombait qu’il n’avait aucune solution à son problème. Après avoir reçu son propre dîner, tel une mécanique bien huilée, il descendit à la grande salle quasi déserte, où il assista au repas de ses amis qui se tenaient à l’écart du couple Luna-Drago.

tati11
tati11
Niveau 10
28 juin 2006 à 10:29:12

Encore là, ces deux-là ? Que Drago n’ait pas quitté Poudlard, c’était normal : il ne savait pas où aller ; l’école était devenue son seul refuge. Luna était restée par amour, sûrement. Vraiment étrange la vie. Qui aurait pu croire que… Enfin, Harry avait d’autres chats à fouetter que de s’intéresser aux méandres des sentiments d’autrui. Il regretta simplement que Ginny soit absente. Rien que la voir, l’aurait comblé.
D’autres convives étaient néanmoins attablés. Le grand Cadwallader, poursuiveur de Poufsouffle, discutait avec Chambers, son homologue de Serdaigle. Dans un autre coin, Millicent Bulstrode faisait les yeux doux à Harper, l’attrapeur actuel de Serpentard.
Un mouvement attira son attention, il s’étonna de voir Malefoy se diriger vers Ron et Hermione.
« Excusez-moi de vous déranger. J’aimerais des nouvelles de Potter.
- Pourquoi ? aboya Ron. Pour aller cafter à ton maître qu’il n’a plus de soucis à se faire ?
- PAS DU TOUT ! s’emporta Drago, vexé. Quand comprendrez-vous que…
- Garde tes fausses excuses pour toi, Malefoy. Nous, on sait de quel bord tu es. »
Hermione essaya de ramener Ron dans le droit chemin. Hélas, l’insulte avait frappé Drago, mieux qu’une gifle.
« Tu me traites de menteur, Weasley ? répliqua-t-il d’une voix blanche.
- Parfaitement ! C’est ce que je pense. Tu joues la comédie du brave petit repenti qui a perdu sa maman, et…
- Tu dépasses les bornes, Weasley. Je… Je demande réparation, sur-le-champ ! »
Des murmures d’intérêt s’élevèrent. Un duel, ici ? Maintenant ?
« Choisis ton témoin, je choisirai le mien.
- Luna.
- Je désigne Hermione. »
Les témoins cités s’entreregardèrent avec des lueurs d’effroi au fond des pupilles. Ce n’était pas possible, ils n’allaient pas…
Mais déjà Ron s’était levé, insensible à l’émoi de sa compagne.
Les adversaires grimpèrent sur la grande table des Serdaigle débarrassée à la hâte. Ils se firent face. Tenant leur baguette telles des épées, les duelistes se saluèrent avec raideur.
« Tu te souviens des règles, ou dois-je te les rappeler ? grinça Malefoy, ironique.
- À trois ! rugit Ron, tétanisé. »
La baguette derrière l’épaule, ils s’affrontèrent.
« Expell, commença Drago.
- Protego ! riposta Ron. »
Malefoy recula de plusieurs mètres comme frappé d’un bélier invisible.
« Petrificus…
- Levi Corpus ! »
Ron se retrouva tête en bas, empêtré dans les plis de sa robe.
« Un partout, s’empressa de crier Hermione pour calmer le jeu. »
Drago semblait sourd. Il avança vers Ron, les traits déformés de rage.
« Traite-moi encore de menteur, et tu connaîtras ta douleur, Weasley ! cracha-t-il menaçant. »
Harry craignit le pire. Il ne savait rien faire pour s’interposer. Pourtant, ce qu’il lisait dans les yeux de Drago lui dressait les cheveux sur la tête. Endoloris ! Malefoy allait le projeter sur son meilleur ami, et il ne pouvait agir.
« Drago, non ! supplia Luna, décomposée.
- Weasley ! Pour la dernière fois, suis-je un menteur ?
- Oui ! Tu l’es, crâna Ron. »
C’était la phrase à ne pas dire. Drago inspira un grand coup, et brandit sa baguette.
« Finite Incantatem ! clama une voix sévère au bout de la salle. Où vous croyez-vous ? Quelles sont ces pratiques ? »
Ron heurta le bois de la table, immédiatement secouru par Hermione. Tous se tournèrent sur une Mrs McGonagall hautement outrée.
« Vingt points de moins pour Gryffondor et Serpentard. Un duel ! En plein dîner ! On aura tout vu. »
Furieuse, la directrice à peine apparue, rentra dans ses quartiers laissant l’assemblée à ses états d’âme.
« Tu ne perds rien pour attendre, siffla Ron mauvais.
- Quand tu veux et où tu veux. », répliqua Drago que Luna entraînait en arrière.

Après cet épisode tumultueux, Harry escorta ses amis jusqu’à leur salle commune. Qu’est-ce qu’ils se prenaient la tête !
« Tu aurais dû m’écouter ! Braver Drago était une idiotie monumentale.
- C’est ça, défends-le, comme tes elfes ! Il se moque de nous, j’en suis persuadé. Harry l’était aussi.
- Laisse Harry en dehors de ça ! Il lui est déjà arrivé de se tromper et…
- Ben voyons, s’il était là, il te le confirmerait. »
Harry vit le poing de Hermione se crisper ; tout son être dégageait une telle volonté de riposter violemment qu’un réflexe pour la défense de Ron le poussa à agir. Le coup partit, Ron l’esquiva, trébucha…
« Qui a fait ça ? s’ébahit le rouquin.
- Quoi, t’expédier au tapis ? C’est moi, nigaud.
- Non, quelque chose m’a frôlé ou… passé au travers.
- Ne fais pas l’imbécile, Ron. Si tu essaies de détourner la conversation, je te jure que… »
VLAM ! Un précieux vase, qui ornait le dessus de la cheminée, éclata en mille morceaux au contact du plancher.
Interdits, Ron et Hermione fixèrent les bris de cristal puis s’entreregardèrent avec étonnement.
« Pas normal, ça !
- Ce n’est pas Peeves, qu’est-ce que c’est alors ? » dit Hermione en lançant machinalement un « reparo »
Le bel objet se reconstitua, et lévita jusqu’à sa place antérieure.
Vlam ! Le voilà à nouveau par terre.
« Il… Il y a un fantôme, ici ! bredouilla Ron, mal à l’aise en jetant des yeux paniqués dans les coins de la pièce vide.
- Il y a sûrement quelqu’un ou quelque chose. Attends, je vais chercher Pattenrond.
- Ton chat ? Pourquoi ? Eh, ne me laisse pas…»
Sans l’écouter, la jeune fille répara le vase et partit en courant.
Évitant tout mouvement, Harry prit en pitié son ami qui paraissait terrorisé. Ron était sur ses gardes, baguette brandie, prêt à se défendre à la moindre alerte. Son isolement ne dura pas, Hermione arriva tenant Pattenrond dans ses bras. Délicatement, elle le posa au sol, attentive à ses réactions.
Le chat n’hésita pas une seconde, il fila droit sur les pieds de Harry qu’il traversa à plusieurs reprises en ronronnant copieusement.
« Il ou elle se tient là où est Pattenrond, sourit Hermione. Vu son attitude, il a repéré un ami. Quel dommage qu’il ne puisse parler et nous dire ce qu’il voit. »
À ces mots, le chat arrêta sa danse, se dirigeant directement vers le dortoir des garçons.
« Pourquoi fait-il ça ? s’étonna Ron. On dirait qu’il veut grimper.
- Suis-le, et raconte-moi ensuite. Tu sais que le même système anti-intrusion est aussi appliqué à votre dortoir, maintenant. »
Cette fois, c’était Hermione qui demeurerait seule avec l’être invisible.
« Vous m’entendez ? » murmura-t-elle, craintive.
Un des volumes posés sur la table glissa de quelques centimètres. La jeune fille s’approcha, scrutant désespérément le vide autour d’elle.
« Ami ? »
Harry déplaça le livre de haut en bas ; Hermione sourit largement.
« Mon chat ne se trompe jamais sur les individus. Ah, voilà Ron qui revient. »
Le grand rouquin apparut, blafard. Aussitôt, Hermione se précipita sur lui :
« Qu’est-ce qui te met dans cet état ? Pattenrond s’est installé sur un lit, hein ? Lequel ?
- Il faut l’avoir vu pour y croire, il a sauté sur… Sur Harry ! Il s’est frotté à son visage, comme s’il quémandait des caresses. Puis, il s’est couché en rond sur sa poitrine ; il y est toujours. »
Brièvement interloquée, Hermione se tourna vers la table.
« Harry, c’est toi ? »
Le livre effectua un second va-et-vient très explicite.
« Ça veut dire oui ? bêla Ron, ahuri. Cette chose qui déplace le bouquin, c’est… Harry ? »
Tout doute se dissipa avec un nouveau mouvement.
« Harry ! s’extasia Hermione. C’est merveilleux ! »
Le livre se déplaça de gauche à droite et inversement.
« Tu n’es pas… content ? »
Harry pestait tellement de ne pouvoir parler ou écrire qu’il expédia le volume au travers de la salle.
« Il n’est pas du tout content, conclut Ron.
- Ça en à l’air, en effet. », dit sa compagne en replaçant le livre sur la table.
Une succession de questions et réponses s’échangea par tome interposé.
Très circonspects, les amis de Harry résumèrent la situation :
« Si nous avons compris, tu es là… d’esprit et non de corps. Tu ne sais que déplacer les objets et tu ne sais pas si tu arriveras à rentrer en toi. Si tu échoues, tu… mourras ? »
Une lente affirmation se produisit, démoralisant Ron et Hermione qui promirent solennellement de tout mettre en œuvre pour l’aider.
Harry, lui, se sentait vanné après ces efforts de communication. Il avait essayé d’attraper une plume qui traînait, en vain. Il n’était parvenu qu’à pousser des bibelots, même pas à les soulever. C’est avec plaisir qu’il accueillit la proposition de grimper au dortoir. Il y monta le premier, laissant les amoureux à leurs adieux.
Quand il se vit allongé, tout raide sous ses draps, son moral tomba au plus bas. Pattenrond devina-t-il ses intentions ? Il détalla en vitesse quand Harry se jeta sur son corps. Il tenta d’en reprendre possession, mais rebondit dessus, se cognant comme dans une porte.
« Je traverse tout, sauf moi ! soupira-t-il. »
Fatigué, il s’installa à côté de lui et ferma les yeux. Demain, peut-être…

crazydunkeur
crazydunkeur
Niveau 5
28 juin 2006 à 11:12:01

c´est trop beauuu, la suite

KaiM_
KaiM_
Niveau 3
28 juin 2006 à 11:44:01

´

tati11
tati11
Niveau 10
28 juin 2006 à 11:48:45

:rire: dois-je comprendre que ton prochain commentaire sera absent, Kaim ?
La suite ce soir

KaiM_
KaiM_
Niveau 3
28 juin 2006 à 12:00:32

Attends, je peux encore réduire. Une apostrophe, ça fait quand même deux pixels, après tout. Ca me laisse de la marge.

Gwahywir
Gwahywir
Niveau 3
28 juin 2006 à 13:26:33

Toujours super tati!!!!
KaiM pas beaucoup dde marge, mas j´attend de voir!!!! Ciao!!!

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
28 juin 2006 à 13:48:08

T´es sûre que tu vas attendre ce soir? Ouin! :snif2: Cette aprèm´ serait mieux...nan? :p)
La suite! :-)

tati11
tati11
Niveau 10
28 juin 2006 à 18:20:50

j´ai pas pu l´après-midi, je bosse :lol:

Hélas, son réveil ne lui apporta pas le changement souhaité. Il s’observa à la dérobée durant sa toilette, prit son petit déjeuner par la bouche de son double puis s’ennuya… à mourir. Il communiqua un peu avec ses amis qui s’enfermèrent dans la bibliothèque afin d’éplucher tous les ouvrages en rapport avec l’état du malade.
Sans but, il erra ; traversant les portes mieux qu’un courant d’air. Pour se distraire un peu, il s’orienta vers le domaine des Serpentard.
Le labyrinthe des cachots ne l’impressionnait plus depuis longtemps. Inutile, cette fois de connaître le mot de passe, il fonça dans le mur nu repéré lors de sa deuxième année, et se retrouva dans la salle commune de la Maison de Drago. Cette pièce tout en longueur au décor sobre, sauf dans ses sièges aux tournures exagérées, laissa Harry indifférent ; il cherchait Drago. Était-ce cela sa chance d’être malade ? Pouvoir découvrir la vérité sur la duplicité de Malefoy ?
Il l’aperçut enfin ; il dormait. Une irrépressible envie de s’amuser s’empara de Harry. Flanquer la frousse à Malefoy ? Pourquoi pas ? Mais d’abord, espionner. Il reluqua chaque recoin, déplaçant en douceur une feuille ou l’autre, lisant des bribes de textes qui ne l’éclairèrent en rien. Des formules pour mémoriser plus rapidement les sortilèges, d’autres pour augmenter ses capacités physique : que du vent.
Dépité, Harry décida de remuer un peu son adversaire. Avisant une potiche de belle taille, il la poussa délibérément.
BOUM !
Drago se redressa, hagard :
« Qui… Qui est là ? »
Un second accessoire chut sur le sol. Malefoy n’en menait pas large :
« Peeves, c’est toi, hein ? Ignoble rejet de l’au-delà. Montre-toi ! »
Loin de lui accorder ce plaisir, Harry poursuivit son hécatombe. Livres, vaisselle, bibelots : un torrent d’objets se renversa, au grand dam d’un Malefoy étourdi.
« Qui… qui est là ? Que… me voulez-vous ? bégaya-t-il apeuré. »
Que n’aurait donné Harry pour crier, en face, tout ce qu’il retenait dans son coeur depuis six années.
Soudain, l’absurdité, voire le ridicule de sa tentative, l’atteignit de plein fouet. Quel jeu puéril alors que…
Rappelé à ses tourments intérieurs, le dédoublé vida les lieux, presque honteux de sa piètre prestation.

Harry laissa ses pieds le mener où bon leur semblaient. Il ne s’étonna donc pas de se retrouver à la lisière de la forêt interdite, non loin de la cabane de Hagrid. Machinalement, il surveilla les traces de passages et fut soulagé en constatant leur absence : ses copains avaient respecté les consignes et effacés leurs pas dans la neige.
Il se promena, sans but précis, l’âme en vadrouille. Tiens ? Le ciel changeait de teinte. Un orage, en début d’hiver ? Sûrement une tempête de neige s’annonçait-elle. Pourtant… en y regardant de plus près… Ce n’était pas un nuage commun, ça. Cette tache noire qui grossissait était… Un véhicule ! Un camion volant !
L’Anglia empruntée à Arthur Weasley avait été une expérience inoubliable. Les Sombrals, eux aussi, ne se souciaient pas de l’espace aérien. La moto se moquait des mesures anti-intrusion, alors…
Se pourrait-il que d’autres aient compris le point faible de la cuirasse de Poudlard ? Cet engin en approche contenait-il…
« Des MANGEMORTS ! » hurla Harry en se mettant à courir à toutes jambes vers le château. Il devait prévenir ses amis. Ils allaient subir une attaque en règle, et ils étaient si peu nombreux.
Harry battit un record de vitesse malgré la neige sur laquelle ses pas ne se marquaient pas. Grimpant les quatre étages, il se rua à la bibliothèque. Comment faire comprendre à ses amis que… Oui ! Quel idiot, il aurait dû y penser plus tôt. Ici, avec tous ces volumes, en les choisissant bien, il saurait parler !
Boum ! Un tome tomba.
« C’est toi, Harry ? Tu veux quelque chose ? »
Le bouquin au sol s’agita en un « oui » furieux.
Boum ! Un autre livre tomba.
Ron et Hermione paraissaient à cent lieues de déchiffrer ce que Harry désirait.
Boum ! Trois d’un coup.
« Qu’est-ce qui se passe, Harry ? Pourquoi es-tu en colère ? » s’inquiéta Hermione en ramassant les ouvrages un à un. Elle allait les ranger quand, enfin, elle lut les titres des couvertures.
« Se prémunir des attaques des vampires ; Comment combattre vos ennemis ; Moyens de défense rapide, et… »
Hermione s’arrêta stupéfaite :
« Il y a un danger ici ? À Poudlard ? C’est ce que tu veux dire ? »
De joie, Harry l’aurait embrassée, il se contenta de remuer affirmativement un des exemplaires resté par terre.
Sentant l’urgence, ses amis réagirent sans demander plus d’explications. Ils dévalèrent les marches vers la porte de la directrice en criant dans les couloirs afin d’ameuter les rares étudiants traînants :
« Nous sommes attaqués ! Préparez-vous ! Alerte ! »
Prévenue par le boucan déclenché, Mrs McGonagall ouvrit avant même qu’ils ne frappent.
« En voilà du chahut ! Qu’est-ce qui…
- Nous allons être attaqués, professeur. Il faut avertir tout le monde, vite !
- Calmez-vous ! C’est ridicule, Poudlard est invincible. Nous sommes à la veille de Noël, qui oserait… »
Son regard se tourna vers le dehors, la directrice exorbitée crispa une main sur son cœur :
« C’est… épouvantable. » dit-elle d’une voix défaillante.
Ron et Hermione, tendant le cou, eurent une vision d’horreur. Ils étaient au moins trente à avoir débarqué, et se dirigeaient droit sur eux.
« Madame, que devons-nous faire ? Madame… »
Minerva McGonagall secoua la tête, battit des paupières, et revint au présent :
« Je… Bloquez les issues. Je contacte le ministère. Barricadez portes et fenêtres. »
Elle se précipita dans le couloir, pointa sa baguette sur sa gorge pour y appliquer un « Sonorus » puis hurla :
« Les élèves et tous les professeurs doivent impérativement se rassembler dans le hall d’entrée. Une attaque est en cours. Défendez-vous ! »
Quel branle-bas de combat ! Impuissant, Harry assista aux préparatifs d’urgence. Il vit accourir Slughorn qui distribua les sortilèges de calfeutrage à toutes les ouvertures possibles du rez-de-chaussée. Flitwick et Pomfresh, aidés de plusieurs étudiants, déplacèrent des meubles, les faisant léviter pour dresser un barrage entre la porte principale et le petit troupeau terrorisé.
Anxieusement, Harry les compta. Une vingtaine, professeurs compris. C’était la débâcle assurée !
Ron et Hermione avaient rejoint les autres. Des interrogations fusaient :
« Combien sont-ils ?
- Comment a-t-on su ?
- Qui les a vus ? »
À peine une dernière chaise posée en renfort, des coups de buttoir ébranlèrent le double panneau de chêne.
Slughorn s’adressa à l’assemblée sur un ton volontairement désinvolte :
« Nous n’en sommes plus à notre première altercation avec ces individus. Serrez les rangs, essayez de vous concentrer à plusieurs sur le même ennemi, l’effet sera renforcé. »
Hors d’haleine, Mrs McGonagall arriva :
« Les renforts sont en route ! annonça-t-elle avant de s’effarer face au petit nombre de résistants. Nous devons les contrer le plus longtemps possible.
- Madame, cria un tout jeune élève de Poufsouffle. La porte, elle fume ! »
Avec horreur, Harry constata cette triste vérité. Hermione brandit sa baguette :
« Refrigero ! »
Un mur de glace givra le panneau, mais se liquéfia presque aussitôt.
« Bien essayé, Miss Granger. Je crains qu’ils ne soient à plusieurs à incendier ce bois vénérable. », soupira la directrice.
Des coups se mirent à pleuvoir contre les vitres de la grande salle.
« Là, ils peuvent toujours courir. », rit Slughorn très fier de son calfeutrage.
Malheureusement, ni les Aguamenti ni les Refrigero n’arrêtèrent la combustion de la porte. La fumée ne gênait pas les résistants grâce au sortilège venteux que Mrs Pomfresh faisait circuler autour d’eux.
Harry dénombra des absents. Sibylle Trelawney n’avait sans doute rien entendu, perdue dans les vapeurs de calmants ou d’alcool. Le professeur Chourave… Dans ses serres, probablement.
« Pourvu qu’elle y reste. » songea Harry, très inquiet.
De même, Gobe-Planche n’était pas là, mais Harry savait qu’elle passait les fêtes en famille. Tonks ! Pourquoi manquait-elle à l’appel ? Et surtout… Malefoy ! Ce trouillard restait-il planqué dans les cachots ? Ou… allait-il révéler son vrai visage en refusant d’affronter ses amis Mangemorts ? Pire, en attaquant dans le dos des opposants ? Harry souhaita alerter ses condisciples de ce danger potentiel, mais un craquement sinistre l’en empêcha.
Cette attente, les doigts crispés sur les baguettes, avait éprouvé durement les nerfs. Ce fut presque soulagés que les embusqués accueillirent l’affrontement.
Les cinq premiers téméraires Mangemorts osant pointer leur affreux masque furent balayés immédiatement. D’autres suivirent lançant des boules de feu sur la barricade qui s’enflamma. Pendant que certains résistants étouffaient le feu, les autres se battaient bravement. Harry bouillait de rage. Voir ça et ne rien pouvoir faire !
Le vacarme était infernal. Des sorts de toutes les couleurs fusaient dans le hall, rebondissant sur le murs ou détruisant statues et portraits.
« Bloque-jambe, Expelliarmus, Protego, Petrificus Totalus ! »
Il s’en échangeait des incantations !
« Stupéfix ! » hurla une Hermione déchaînée qui ne rata pas sa cible.
Des renforts ! Il fallait absolument…
Harry se frappa le front et courut en direction des cuisines. Les elfes ont de grands pouvoirs, pourquoi ne pas les rallier à la défense de leur maison ?
Il traversa le mur, tombant en pleine agitation. Brave Dobby ! Monté sur une table, il haranguait ses congénères.
« Il faut aller là-haut ! Dobby sait de quoi ces êtres sont capables.
- Kreattur est d’accord. Il sait aussi, dit le domestique en grimpant auprès de Dobby. »
Les autres elfes semblaient très tièdes à se joindre à la lutte. Harry décida de manifester sa présence. Il avisa une pile d’assiette qu’il poussa. Plusieurs cris effrayés répondirent à cette explosion. Se concentrant un maximum, Harry aligna les morceaux de porcelaine. Un mot se forma.
« Harry ? s’exclama Dobby. C’est vous Monsieur ? »
Un nouveau mot apparut : oui !
L’elfe dansa sur place.
« Si Monsieur Potter est là, nous n’avons rien à craindre. Allons-y ! »
Tous s’armèrent. Couteaux, fourchettes, casseroles, tous les ustensiles disponibles trouvèrent acquéreur. Puis, au signal de Dobby, ils transplanèrent d’un étage.

tati11
tati11
Niveau 10
28 juin 2006 à 18:24:08

Harry, lui, dût se contenter de remonter à toutes jambes.
L’arrivée des elfes parut une bénédiction. Ils étaient entrés directement dans l’action sans attendre de permission. Les Mangemorts furent désorientés par cet afflux insolite de renfort. Bombardés d’accessoires culinaires, renversés de sortilèges informulés, frappés de toute part, ils déchantèrent.
Pour un spectacle, c’en était un splendide. Harry applaudit lorsqu’il entrevit Kreattur sauter sur le dos d’un Mangemort pour lui marteler le crâne avec une bouilloire. De leur côté ses amis ne restaient pas inactifs, loin de là. Ron enflamma la robe d’un adversaire qui décampa vers la sortie. Hermione, elle, s’occupait de deux adversaires que, d’un mouvement de baguette, elle dénuda. Les pauvres, honteux, s’enfuirent également.
Bientôt, un des masques hurla l’ordre de repli espéré par les résistants.
« VICTOIRE ! rugirent élèves, professeurs et elfes réunis.
- Pourchassons-les, il faut en capturer le plus possible, dit Hermione.
- NON ! » cria Harry ; son cri se perdit, inutile.
Ils ne devaient pas sortir… Ces malfaisants pouvaient encore réagir.
Navré, il vit ses amis bondir à la suite des agresseurs. Il se précipita ; il n’avait pas atteint le seuil que retentit le sort le plus cruel à entendre :
« Avada Kedavra ! »
Un hurlement atroce vibra dans l’atmosphère. Harry hésita à franchir le dernier mètre. Il savait que ce qu’il verrait serait intolérable.
Il avança lentement, son cœur se déchira : Ron, effondré, berçait le corps sans vie de son aimée. Hermione, sa presque sœur, avait présumé de son audace ; elle n’était plus.
Glacé jusqu’aux os, tremblant d’une fureur ravageuse, Harry hurla toute sa douleur. Un attroupement, muet de chagrin se forma autour de la défunte.
« CELA NE SERA PAS ! râgea Harry. Si j’arrive… si Dumbledore a raison… Je pourrai l’empêcher… »
Fou de désespoir, il fonça vers son dortoir. Il se jeta sur lui, se frappa, gaspilla énormément de vaine énergie, puis sanglota éperdument.
Qu’il meure, lui, soit ! C’était déjà étonnant qu’il ait survécu à tout ce qu’il avait enduré ; mais pas elle, pas Hermione.
Il se redressa, essuyant ses larmes d’un revers de manche. Il existait sûrement un moyen ! Lequel ? Il regarda son corps inerte qu’il injuria copieusement :
« Espèce de nouille, réveille-toi ! Crétin, debout ! Remue-toi, lavette ! Tu obéis à Ron et Hermione, alors… »
Éblouissante, la vérité lui sauta à l’esprit ! Il la tenait la solution. L’ennui… c’est qu’il ne saisissait pas la manière de l’utiliser.
Qui ? Qui pourrait l’aider ? Il fallait quelqu’un de réceptif aux choses inhabituelles, quelqu’un de doué…
Harry secoua la tête et éclata d’un rire dément :
« Entre fou, on se comprendra ! »
Il dévala l’escalier.
Il en franchit des murs et des portes avant de trouver celle qu’il cherchait.
Endormie, elle reposait sur un grand lit tendu de voiles roses diaphanes. Le décor écoeurant de ce domaine privé ne l’affecta guère, Harry ne s’y attarda pas. Son instinct ne l’avait pas trompé, une forte odeur de xérès embaumait l’atmosphère. Doucement, il s’approcha :
« Professeur ! Professeur Trelawney, c’est Harry Potter qui vous parle. »
Sibylle grogna, et changea simplement de position.
« Elle est beurrée, c’est bien ma veine. » soupira Harry, dépité.
Repérant une pile de livres traitant de l’art divinatoire, il prit un malin plaisir à la pousser. Le vacarme eut l’effet escompté, le professeur battit des paupières embuées de vapeur d’ivresse :
« On a frappé à la porte ? Entrez ! C’est ouvert. »
Dérouté un court instant, Harry cria :
« M’entendez-vous ? »
Sibylle tâtonna sa table de chevet, y pêcha ses lunettes qu’elle chaussa.
« Quelqu’un parle ? Un esprit se manifesterait-il ? »
Pressé d’en finir, Harry agit d’instinct. Il sauta sur le professeur de divination, et se coula en elle.
« Je vous dirige ! Vous exécuterez mes directives, compris ? »
Raidie, Trelawney approuva d’un lent signe de tête.
« Dortoir des garçons de Gryffondor ; courrez ! »
Ramassant ses jupons, Sibylle sauta hors du lit, franchit la porte et grimpa les étages. Parvenue devant le lit où Harry gisait, elle se figea.
« Vous ne suivrez que mes ordres, n’est-ce pas ? »
Le professeur possédé opina gravement.
« Dites, à haute et intelligible voix, à ce dormeur qu’il doit se réveiller ! »
Harry croisa mentalement les doigts, son destin et celui de Hermione se jouaient à cet instant crucial.
« Réveille-toi ! lança fermement Sibylle. »
À peine ces mots prononcés, Harry se sentit aspiré en un long étirement d’un corps vers un autre.
Le dormeur s’éveilla.
Harry s’étira, grognon. Il avait affreusement mal dormi.
Pour un cauchemar, c’en était un de taille. Il ne se souvenait plus trop bien de quoi il s’agissait, mais il était certain de ne pas avoir aimé ça.
Quel silence !
Intrigué, il ouvrit le rideau rouge de son baldaquin. Oups, il devait avoir fait un tour d’horloge ; il faisait grand jour.
Sans précipitation, il se leva, et se dirigea vers la salle de bains.
Il se figea, quelque chose ne collait pas. Cette impression de déjà vu était… fort désagréable. Soudain anxieux, il avisa le coffre de Dean qu’il contempla longuement avant de se décider à en soulever le couvercle. Rien ! Il fixa ceux des autres occupants, sachant très bien ce qu’il trouverait s’il y regardait. À pas lents, il gagna la fenêtre. Appuyant son front contre la vitre glacée, il se décomposa face à l’étendue enneigée qui nappait tout le paysage.
Alors… ? Son cauchemar devenait réalité ou bien… ?
Il fallait qu’il sache, et surtout qu’il se souvienne de ce rêve idiot.
Passée une douche revigorante, il fila en bas.
La découverte des décorations de Noël de la grande salle le fit frissonner d’effroi. Que devait-il faire à présent ? C’était agaçant, sa mémoire semblait ne fonctionner qu’au compte-gouttes, une crampe de faim l’éclaira.
« Les cuisines ! » murmura-t-il en se retournant.
La porte était ouverte, il la franchit. Il les repéra sans difficulté, et s’approcha timidement des deux elfes penchés sur une cassolette.
« Dobby doit arrêter de pleurer sinon la sauce sera trop salée et on se plaindra, là-haut.
- Kreattur sait pourquoi Dobby pleure ; il pleure d’ailleurs pour la même raison que lui. Son maître lui manque. Il manque à tout le monde ! »
Le cœur de Harry se contracta douloureusement. Il leva une main, hésita puis la posa sur l’épaule de Dobby.
Vlam ! Une cassolette par terre.
« Mon… Monsieur Potter ! s’exclama l’elfe ébahi. C’est un miracle ! »
Harry faillit tomber à la renverse sous l’assaut des deux créatures qui l’étreignirent avec émotion.
« Merci de cet accueil ! Ne dites rien, on va rire. Ron et Hermione vont arriver. »
Un doigt sur la bouche, Harry s’écarta des elfes interloqués pour se dissimuler rapidement près de la porte. Cela ne tarda pas, ses amis passèrent à côté de lui, réclamant un plateau garni. Dobby et Kreattur ne bougèrent pas, Ron s’énerva :
« Eh ! Le plateau de Harry, c’est pour demain ?
- On vous a pétrifié ou quoi ? Pourquoi regardez-vous derrière… »
Hermione se retourna, Ron également. Leur tête ! Colin Crivey aurait été ravi d’ajouter ces deux portraits à sa collection.
« Ha… Har…
- Harry ! cria Hermione en bondissant vers lui. »
De nouvelles effusions s’échangèrent, les elfes se joignant aux jeunes gens pour fêter le revenant.
« C’est merveilleux, pleura Hermione. On n’y croyait plus.
- Depuis quand t’es-tu levé ? Raconte !
- Je voudrais… d’abord manger. Je vous raconterai tout… enfin… ce que je sais. »
Ralliant la salle commune, le joyeux trio s’installa. Harry, tout en dégustant ses côtes d’agneaux, réclama des explications sur le retour d’Amazonie.
« Ron nous a ramené facilement ; il était très tard. Nous avons rangé la moto puis, tu t’es écroulé. On t’a secoué, même giflé, tu ne réagissais à rien. Neville et Ron t’ont porté jusqu’au château. Je ne te dis pas le savon que nous a passé Mrs McGonagall. Elle était à la fois terriblement furieuse et inquiète. Nous t’avons conduit à l’infirmerie ; Mrs Pomfresh a décelé une trace de piqûre sur ton épaule.
- Les professeurs ont insisté pour qu’on raconte notre aventure. J’ai cru que la directrice allait faire une crise d’apoplexie quand nous avons refusé de parler.
- À trois, nous sommes allés consulter Dumbledore. Il a compris tout de suite que tu étais victime d’un…
- Bisstique ! dit Harry.
- Ah, tu connais ces bestioles ? Il paraît que…
- Le malade se dédouble. C’est exact, hélas. »
Ron et Hermione sursautèrent.
« Tu… Non ! Harry… Si tu t’es dédoublé, c’est que…
- La fin est proche. Tu l’as déclaré devant moi quand j’étais… invisible. La bonne nouvelle, c’est que je ne mourrai pas puisque j’ai su réintégrer mon corps. La mauvaise, c’est que je ne me rappelle pas la moitié de ce qui s’est passé. »
Patiemment, une fois repu, Harry narra les souvenirs qui émergeaient de son esprit en pleine confusion. Ses conclusions laissèrent ses amis assez dubitatifs.
« Inutile d’essayer de parler à Dumbledore, soupira Ron, Mrs…
- McGonagall vous a fermé l’accès au bureau. »
Cette preuve supplémentaire, de ce qu’affirmait Harry, balaya les derniers doutes des jeunes gens : il avait réellement vécu une expérience des plus étranges.
« Allons lui parler ! Elle sera ravie de te voir debout, Harry. »
D’un commun accord, ils s’empressèrent de suivre le conseil de la jeune fille.

« Potter ! Euh… Harry, vous êtes réveillé ? s’effara la directrice en ouvrant au trio.
- Il semblerait, oui ! Ne m’en demandez pas la cause, je ne la connais pas. Puis-je à nouveau accéder à votre bureau : c’est capital. »
Approuvant vigoureusement, la directrice les escorta volontiers jusqu’au second étage.
« J’ai imposé cette restriction à vos amis de peur qu’ils n’abusent de la situation exceptionnelle que nous vivions. Je ne vous cache pas la joie que votre guérison me procure, dit-elle en faisant pivoter la gargouille. Je... me retire, je crois que…
- Restez ! Il ne vous en voudra pas d’assister à nos débats. »
Un pâle sourire de gratitude éclaira les traits sévères de Mrs McGonagall qui accompagna le trio jusqu’au portait du professeur Dumbledore.
« Professeur, je suis là ! C’est Harry Potter, Monsieur ! »
Le tableau prit du temps à s’animer :
« Harry ? Enfin ! Je désespérais. Apparemment, tu es réveillé. C’est parfait. Je n’en attendais pas moins de toi : tu es le seul à avoir réussi.
- Oui… et non. Je ne me rappelle pas de tout. Voudriez-vous…
- Que dis-tu ? Tu as des… trous de mémoire, après t’être dédoublé ?
- Cela revient, mais… peu à peu. Je dois faire quelque chose, non ? »
Dumbledore s’affaissa dans sa barbe, songeur. Il prit son temps avant de se redresser :
« Tu as, effectivement, une mission à accomplir. Laquelle ? Toi seul la connais. Nous ne disposons que d’hypothèses sur ton cas, et…
- Vous me l’avez dit ! Il me semble que vous disiez que j’avais de la chance et que, si je rentrais en moi, j’abolirais le temps.
- C’est exact. Si nous avons su nous parler alors que personne ne te voyait ni t’entendait, c’est que tu étais… presque parti. Quant à savoir si tu vas réussir…
- Qu’insinuez-vous ?
- Nul n’ayant survécu, qui peut savoir ce qui se passera si tu rates ta mission ? »
Harry n’eut pas besoin d’un dessin pour capter le pessimisme de ces paroles. Dumbledore lui signifiait, à couvert, qu’en cas d’échec, la mort serait au rendez-vous.
Il remercia néanmoins l’ancien directeur, puis sortit, maussade.

La journée s’écoula tristement. Comme dans son cauchemar, il accompagna ses amis à la cabane de Hagrid où il vérifia l’avancement de la potion.
« Je vais pouvoir vous seconder pour les nuits, soupira-t-il, c’est déjà ça. »
Découragé, il se consola un peu en rattrapant les leçons en retard. Il apprit que Tonks avait assumé le cours de DCFM en son absence mais qu’elle avait quitté Poudlard dès le début des vacances.
Vint le moment du dîner. Son apparition dans la grande salle déclencha la curiosité, voire l’effarement, des convives présents.
Harry, à côté de Ron, commença à se servir des plats succulents disposés sur la table. Il n’eut pas à bouger, il savait que Malefoy s’approchait d’eux.

tati11
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Niveau 10
28 juin 2006 à 18:24:32

« Potter ! Tu es debout ?
- Non, je suis assis et j’aimerais manger en paix, merci.
- Ce n’était qu’une question d’élémentaire courtoisie. Tu es resté dans le cirage près d’un mois et…
- Tu aurais sûrement préféré que j’y reste. Désolé de vous décevoir, toi, et tes amis masqués.
- Ce ne sont plus mes amis, tu le sais, j’ai…
- Changé ? J’aimerais que ce soit vrai, mais j’en doute.
- Tu me traites de menteur, Potter ?
- Parfaitement ! C’est ce que je pense. Tu joues la comédie du brave petit repenti qui a perdu sa maman, et…
- Tu dépasses les bornes, Potter. Je… Je demande réparation, sur-le-champ ! »
Harry était prêt. Quelque part, il n’ignorait pas qu’il usurpait la place de Ron, peut-être que ce simple geste modifierait le décours inéluctable du temps ?
Insensible au regard réprobateur de Hermione, il se campa face à son adversaire. Les baguettes se relevèrent derrière l’épaule, et…
« Levicorpus ! » jeta immédiatement Harry après le trois fatidique.
Malefoy, tête en bas, gesticulait lamentablement. Harry s’avança vers sa victime :
« Tu caches ton jeu ; je te démasquerai ! » cracha-t-il, venimeux.
Respirant à grands coups, il pointa sa baguette :
« Finite Incantatem ! clama une voix sévère au bout de la salle. Où vous croyez-vous ? Quelles sont ces pratiques ? »
Drago tomba par terre, immédiatement secouru par Luna. Tous se tournèrent sur une Mrs McGonagall hautement outrée.
« Vingt points de moins pour Gryffondor et Serpentard. Un duel ! En plein dîner ! On aura tout vu. »
Furieuse, la directrice à peine apparue, rentra dans ses quartiers laissant l’assemblée à ses états d’âme.
Malefoy et Harry se toisèrent en silence, chacun reprit le cours de son repas interrompu.
« Braver Drago ? Tu es malade, ou quoi ?
- J’étais malade, Hermione. Je ne l’encadre pas ; je n’y peux rien.
- D’accord avec toi ! s’empressa Ron.
- Je le sais, pouffa Harry. Si je n’étais pas intervenu, Hermione t’aurait flanqué un beignet.
- De quoi tu causes ? »
Le jeune homme narra ses aventures telles qu’il s’en rappelait avant de saluer ses amis et de monter se coucher.

Quelle nuit ! Impossible de fermer l’œil tant Harry retourna son problème dans son cerveau enfiévré. Le matin le surprit plus fatigué que la veille.
Lors du petit déjeuner, le voyant si cerné, Hermione compatit :
« Tu as beaucoup dormi avant, Harry. Cette insomnie est naturelle, je pense.
- Qu’importe ! Mets-toi à ma place : devoir empêcher quelque chose et être incapable de s’en souvenir ; je deviens fou.
- Accompagne-nous…
- À la bibliothèque, non merci. Je vais aller… prendre l’air. »
Un flash de mémoire s’était produit, il avait revécu l’épisode dans lequel il effrayait Malefoy en renversant tout le mobilier de la salle commune des Serpentard. Il se traita d’idiot, enfila sa cape d’hiver, puis sortit.

Harry laissa ses pieds le mener où bon leur semblaient. Il ne s’étonna donc pas de se retrouver à la lisière de la forêt interdite, non loin de la cabane de Hagrid. Il vérifia si des traces existaient, et… en découvrit !
Troublé, il ferma les yeux afin de déterminer d’où provenait l’erreur. Son duel avec Malefoy avait-il réellement modifié le temps ? Le fait qu’il n’ait pas terrorisé Drago avait-il eu une influence ? Harry était persuadé ne devoir rencontrer personne en ces lieux. Pourtant…
Un craquement se produisit dans des buissons persistants à proximité ; le garçon pivota sur lui-même :
« Luna ! Qu’est-ce que tu fabriques par ici ? »
Embarrassée, la jeune fille emmitouflée dans sa cape épaisse essuya des yeux larmoyants :
« J’effacerai mes traces, ne me crie pas dessus ! J’aurais tant voulu vous aider et partir avec vous. Maintenant que tu es de retour, je ne voulais pas rater votre envol. Vous allez repartir, non ?
- C’est prévu, mais pas tout de suite.
- Drago m’a questionnée sur la moto, mais je n’ai rien dit, je le jure. »
Une enclume tombée sur sa tête n’aurait pas mieux assommé Harry :
« QU’EST-CE QUE TU DIS ? Drago connaît la moto ?
- Il m’a dit vous avoir vu partir et… »
Comme un puzzle, des pièces s’assemblèrent sous les cheveux en bataille d’un Harry pétrifié :
« JE SAIS ! hurla-t-il. Ils vont débarquer, et Hermione… COURS Luna. Il faut prévenir tout le monde. »
Loué soit Merlin, il était en avance sur l’horaire !
Il battit un record de vitesse. Négligeant la bibliothèque, il grimpa immédiatement au premier étage, fonça sur la porte, pénétra en coup de vent dans la pièce sans y avoir été invité.
Mrs McGonagall, choquée de l’intrusion, se leva d’un bond :
« En voilà des façons, Monsieur Potter, que…
- Il… Il faut… »
Hors d’haleine, Harry n’arrivait pas à s’exprimer. Il haleta :
« Fermer… vite !
- Que désirez-vous que l’on ferme ? L’école ?
- Non… Le… truc… »
Il prit une grande inspiration, puis lâcha d’un trait :
« Fermez l’espace aérien. C’est une question de minutes ! Des Mangemorts arrivent en camion volant ! JE LE SAIS ! »
La directrice sursauta. Ce jeune homme n’avait pas toute sa tête pour oser crier ainsi chez elle.
« La veille de Noël ? Vous divaguez… Nom d’un gnome, vous pourriez avoir raison ! réagit-elle brusquement. »
Se précipitant sur la fenêtre, elle l’ouvrit à la volée, et pointa sa baguette vers le ciel :
« Occultus Totalus ! »
Instantanément, la luminosité extérieure se modifia. Le ciel, si pur, parut se teinter d’ocre. Harry s’approcha de Mrs McGonagall ; ensemble, ils regardèrent le dehors.
« Si vous m’avez induite en erreur Harry, Gryffondor va le… »
Elle n’eut pas à achever sa phrase, une explosion formidable lui coupa la parole. Des gerbes de feu embrasèrent le ciel à l’endroit précis où le véhicule ennemi se désintégra.
« J’ai réussi ! », murmura Harry.
Il avait les jambes coupées par l’émotion. La directrice dût le soutenir pour le guider vers un siège sur lequel il s’affala.
Des tintements cristallins résonnèrent, Harry se retrouva avec un verre de jus d’œillet en main :
« Avalez ça, nous en avons besoin. » dit la directrice qui vida le sien d’un trait.
Le jeune homme, choqué, ne réagit pas. Sa main se mit à trembler doucement puis de plus en plus violemment. D’un coup, la douleur surgit, lui déchirant le crâne. Harry s’écroula.

Harry s’étira, grognon. Il avait affreusement mal dormi. Ce cauchemar ! Quand il raconterait ça à ses amis, ils se moqueraient de lui.
Quel silence !
Intrigué, il ouvrit le rideau rouge de son baldaquin. Oups, il devait avoir fait un tour d’horloge ; il faisait grand jour.
Sans précipitation, il se leva, et se dirigea vers la salle de bains.
Interdit, il se figea. NOOOOoooon ! Ça n’allait pas recommencer ?
L’angoisse lui enserrant les entrailles, il négligea sa toilette pour se ruer en bas. Pieds nus, en pyjama, il déboula comme un fou dans la salle commune.
Qu’est-ce que…
« Harry ! cria Hermione en se jetant sur lui. Tu as le chic pour nous flanquer la frousse. »
Ron se joignit à elle pour étreindre le garçon déboussolé.
« Euh… Quand sommes-nous ? Il faut… je dois…
- Joyeux Noël, Harry ! Tu as raté le réveillon, mais…
- Le camion volant ? Les Mangemorts ? » s’énerva Harry.
Ses amis le regardèrent comme s’il s’agissait d’un échappé du département psychiatrique de Ste Mangouste.
« Tu as eu un choc, tu devrais peut-être remonter… commença doucement Hermione.
- J’ai assez dormi ainsi ! Il va y avoir une attaque, et…
- Non ! Tu as tout arrangé, tu ne t’en souviens pas ?
- Vous… Vous êtes sûrs ? Que s’est-il passé. Je me vois dans le bureau de McGonagall, puis…
- Tu t’es évanoui, Harry. Nous avons tous eu très peur, mais…
- VOLDEMORT ! Il s’est encore trahi. Il a piqué sa crise, et j’en ai fait les frais. »
Puisque tout était accompli, Harry se sentit pousser des ailes d’allégresse, il plaqua deux baisers sonores sur les joues de la jeune fille et étreignit vivement Ron avant de s’intéresser aux paquets cadeaux qui couvraient la table.

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