Voilà, mais c´est tout pour un moment, parce qu´après il me faudra taper, donc...
Savourez
CHAPITRE XXII : Un voile se lève ;
Les cris dans la petite pièce exiguë sont assourdissants. Melanos met fin à la peine de son prisonnier dès son arrivé, mais cinq minutes sont nécessaires au grand mage pour se rétablir convenablement.
- Maintenant que vous pouvez parler, discutons donc un moment. Il y a quelques énigmes que j´aimerais savoir résolue. Vous me parlez d´une prophétie, et d´un ancien Ordre chargé de l´analyse de ces choses. Pourtant, je n´en trouve nulle trace dans les archives les plus secrètes.
- Nous…nous étions bien dissimulés. Il ne fallait pas que des ennemis ou… ou n´importe qui puisse accéder à nos résultats.
- Je crois que vous mentez. Mal. Voyons, si vous me cachez quoi que ce soit, vous allez souffrir à nouveau. Moi qui pensais écourter votre peine…J´aimerais éviter de recommencer. Reprenons. Que ne voulez-vous me dire?
- Je…je ne peux pas…j´ai reçu des…consignes.
- De qui?
L´image éthérée du mage disparaît après avoir vacillé. Il a été envoyé au néant. Une seule personne, moi mis à part, le peut
- Toi. Qu´a tu fait?
- J´ai des ordres. Moi aussi. De plus haut.
- Qu´est ce que tu raconte? Il n´y a qu´à moi que tu obéit, Mort.
- C´est ce que je - ce que nous - t´avons laissé croire. "On" te manipule. Tu peux oublier tout ce que je t´ai dit. Tout est faux. Ceci est vrai, écoute bien : je ne suis pas la Mort. Elle est ma maîtresse, tu ne l´as jamais vu. C´est elle qui ordonne. Tu ne lui arrives pas à la cheville. La prédiction apocalyptique que je t´ai faite n´arrivera probablement jamais. Ma maîtresse n’a aucun intérêt à protéger l’humanité, elle voudrait plutôt voire sa disparition. Mais même moi ne connais pas tout de ses plans.
Mon choix est fait, bien que je n’y soit que pour peu. La vérité, et la mort.
- Elle a une offre à te faire. Acceptes-tu de l’écouter ?
- Ai-je le choix ?
- Tu peux disparaître ici si tu veux. Maintenant.
- Je suis curieux de savoir ce qu’elle propose. Je suis d’accord pour l’écouter, mais avant ça…
Mon sort est prêt. Un des plus puissants de ma courte expérience.
- Tu m’as trahit. Je ne l’ai jamais supporté, je ne vais pas faire une exception pour toi.
Je le formule mentalement. L’ombre qui entoure le corps féminin se déchire, pareil à un voile. Puis c’est au tour des chaires immatérielles de se disperser. Enfin, ces lambeaux s’enflamment.
Il faut que je retourne « là-bas ». quelque chose m’en empêche. Évidemment. C’est comme si mon esprit buttait sur une infranchissable montagne.
Les alentours changent. Une gigantesque plaine de roche, sur laquelle je n’aperçois aucun relief, à part un trône sombre d’une dizaine de mètres. Il me tourne le dos, de longs pans de tissu dépassent des accoudoirs. Il neige doucement, mais la couverture blanche qui tombe fond immédiatement en touchant terre, sans même laisser de traces.
Je ne sais que trop bien ce qui m’attend sur ce siège de pierre brute. Il pivote vers moi dans un horrible grincement. Je ferme les yeux. Une voix surgit. Elle est tellement impossible que le simple fait de l’entendre me déchire l’esprit.
- Te voilà enfin, petit humain. Tu en as mis du temps pour te rendre compte du problème.
- On m’a dit que…
- Ne parle pas tant que je ne t’y autorise pas ! On t’as en effet dit que je te proposais un marché. Un choix. Le voici : sers moi ou disparaît.
C’est tellement banal qu’il en reste sceptique. Une partie de lui s’y était attendue. Ou en avait rêvé.
- Ta réponse ?
- Pourquoi ?
La Mort hurle à présent, me pliant à genoux de ce simple son.
- Tu n’as pas à poser de questions ! Réponds juste par oui ou non.
- J’accepte.
- Bien. Tu connaîtras ton but en temps voulu. Tu as détruit mon agent, il était d’une grande qualité. Je suis prêt à te pardonner si tu te conduis correctement.
S’adresse-t-elle à moi ou à un gamin ?
- Tu vas le remplacer. Tu verra, tu aimeras ce travail.
Elle le dévisage, partant de la tête pour finir avec les pieds.
- Mes serviteurs directs ont plus de tenue que ça. Mes Prêtresses du premier Cercle vont s’occuper de toi. À ton retour, je t’expliquerais ton but. Suis-les.
Quatre femmes, toutes identiques dans grande beauté, se matérialise un peu plus loin. Les cheveux qui sortent de leurs capuches sont d’un blond si clair qu’il se fond avec leur peau livide. Un fin maquillage noir souligne leurs traits. Elles affichent un extérieur fermé, indiffèrent. Légèrement triste peut-être. Leur lourde robe sombre dissimulent une côte de maille que l’on entend cliqueter à chacun de leurs mouvements, au rythme de leurs pas.
Sans un mot, elle se place en formant un carré dont il est le centre, tournant vers lui leur visage de marbre. Elles tendent leur paume droite presque translucide vers lui, à hauteur d’épaule, et ils sont autre part.