Bah non, finalement, vous allez l´avoir. Puisque personne n´est là et que je m´ennuie deux peu, je tape.
CHAPITRE II : En avant ;
Longue est la route qui se déroule devant lui. Penché au dessus d´une carte, à la lueur d´une bougie, il décide de son itinéraire.
La plus proche bourgade, Worf, est une tranquille petite cité dont la plupart des habitants cultive la terre. Elle dépend de la capitale, plus loin toujours au nord, Enev.
Il se met en route de nuit. Il connaît la forêt environnante comme sa poche, et n´a nul besoin de lumière pour s´y repérer. Il respire profondément l´odeur de l´humus fraîchissant. Quelques feuilles craquent sous ses pas. Pour le reste, un silence profond tient ces bois.
Il se sent joyeux de partir, de découvrir tant de nouvelles terres. Son cœur s´emplit de cette gaieté pour n´en plus départir, bien qu´elle soit teintée de regrets. Mais il a décidé d´aller de l´avant sans se retourner.
Arrivé à la lisière, il s´arrête. une faible lune éclaire le terrain devant lui. Il n´a jamais quitté sa forêt natale. Il choisit cet endroit pour dormir.
Les nuages de l´aube sont roses. Un petit rongeur monte sur le dormeur, intrigué par cette présence inattendue. Leiji se redresse assez brutalement, dérangé par l´animal. ce dernier, plus effrayé encore, disparaît parmi les hautes herbes.
Le voyageur s´étire longuement. Son sommeil n´a pas été troublé, il est prêt pour une pleine journée de marche. Il déjeune en route de fruits secs et sucrés. En fait de route, il n´y a rien ici qui y ressemble de près ou de loin. Il connaît seulement son itinéraire et la direction à suivre.
Le premier soleil, Viaca en sa langue, le réchauffe doucement. Une très légère brise se lève, faisant onduler les herbes en de fugaces arabesques. Son esprit vagabonde au gré de ces dessins. Tout autour de lui lui semble neuf, et pour cause. Mais s´il n´avait encore jamais dépassé les derniers arbres de sa résidence sylvestre, il n´en a pas moins appris de son père le nom et l´image, à travers de nombreux livres, de tout ce qu´il peut voir à présent. La nature le passionne. Il s´amuse à reconnaître les fleurs, les plantes et les animaux qui détalent à son approche, courroucés ou apeurés.
Il se sent libre. Un peu seul. Un peu triste. Un peu perdu, certainement. Mais entièrement libre.
Quelques heures de marche et Pichca, le second astre du jour, vient rejoindre son frère dans l´azur pur et sans nuages. Une belle matinée de fin d´été.
Il chemine presque toute la journée sans s´interrompre, si ce n´est pour se restaurer.
Ses yeux, encore jeunes selon les critères de son peuple, n´en peuvent plus de toutes les merveilles qu´ils rencontrent.
Peu avant le deuxième soir, il se couche au sommet d´une petite butte qui surplombe les alentours, relativement plats.
Mais dans la nuit, alors que son subconscient prend la relève, le ciel déjà obscure se couvre de lourds nuages. Ils s´accumulent petit à petit, masquant les étoiles. Un éclair à l´horizon. Le grondement du tonnerre. Leiji dort toujours.
Puis vient la pluie, de plus en plus pressante, de sorte qu´il ne peut faire autrement que d´ouvrir les yeux.
Dans ses paquetages, il a emmené une vaste toile cirée. Il s´en recouvre, assit en tailleur. Plus question de s´allonger.
L´orage éclate vraiment, incroyable concert illuminé de flashs aveuglants qui semblent fendre la toile céleste encombrée de nuages noirs. Le paysage est vite strié de lignes obliques, parallèles. La pluie.
Il observe ce spectacle grandiose. La nature en fonctionnement.
Tout se calme un peu avant l´aube. le sol est plus qu´humide, et les hautes herbes qui n´ont pas été couchées par le vent mouillent ses vêtements jusqu´aux genoux. Malgré tout, et comme pour se faire pardonner de sa colère nocturne, le ciel envoi prestement Viaca, lequel darde ses chaux rayons. Une brume légère s´élève. Au zénith de ce premier astre, aidé de son compagnon, tout est sec, comme s´il ne s´était rien passé.
Après son repas léger, Leiji s´accorde une sieste reconstituante. La chaleur y est tout juste propice.
Les chaps sont un peu courts, c´est vrai mais bon. J´aime bien comme ça. 