Fini le manifeste pour un nouveau théâtre de Paso', très intéressant à parcourir dans sa tentative peut-être à jamais illusoire de s'extraire de la binarité théâtre / théâtre qui dénonce l'artificialité de la représentation pour proposer à la place une espèce de réduction dépouillée de la chose à de la tribune idéologique et culturelle portée par des corps, dans un idéal athénien mais adapté aux réalités de la vie contemporaine.
Cet ascétisme de l'incarnation est globalement ce qui m'a toujours intéressé dans le théâtre, dépouillé de ses oripeaux, donc je suis assez en phase avec le texte.
Pas moi du moins mais en soi ça peut m'intéresser.
En fait c'est chiant Madame Bovary. 
Bon j'ai assez lu de romans classiques pour l'instant, je commence à en avoir marre. Je vais me taper un bouquin de culture générale et je lirai les recommandations de lectures du manuel en question sur les chapitres qui m'intéressent. 
Le 26 avril 2023 à 10:58:05 :
Bon j'ai assez lu de romans classiques pour l'instant, je commence à en avoir marre.
Moi aussi. 
Les enfants de la liberté ! Par Marc Levy de base je n’ai jamais lu mais la j’ai comme défis de lire 10 pages minimum par jour et je kiff bien l’histoire pour l’instant
Fini le premier et unique numéro de la revue Fire!!, une sorte de magazine - manifeste de littérature de jeunes écrivains de Harlem qui entendaient protester contre l'imagine que se donnait l'élite culturelle noire new-yorkaise de l'entre-deux guerres.
Tous les textes ne sont pas parfaitement aboutis en soi mais j'aime beaucoup le geste derrière.
J'ai toujours vaguement caressé l'idée de faire une revue, puisque c'est la forme littéraire un peu ultime par rapport à ce qui me plaît dans l'appréhension de l'objet artistique : aucune règle et une plasticité totale des formes, des combinaisons, des associations possibles, et une recherche expérimentale mais polémique également avant tout.
Lu dernièrement Le Marteau sans maître de Char. Ce sont des textes pour la plupart très hermétiques, et je redoutais que cela me fasse passer complètement à côté ; au fur et à mesure du recueil j'ai pu "me faire" davantage au style et trouver ici et là des angles d'accroche, et même si je ne perçais pas forcément à jour complètement tel et tel poème, il me parlait ou j'y adhérais suffisamment pour que j'aie la curiosité d'en lire d'autres. Malgré des obscurités qui pouvaient quelquefois désemparer, voire lasser, c'est une écriture qui m'a bien plu dans son caractère, sa solidité, et le fait que son obscurité puisse jeter des feux, garder une logique propre suffisamment unifiante à quoi se raccrocher. Bref j'ai trouvé le tout peu facile, souvent trop distant pour être appréhender, mais intéressant, ce qui m'incite à tenter d'autres œuvres de Char.
Aussi lu Elle t'attend, une pièce de Zeller. Je l'ai trouvée moins dérangeante, moins maîtrisée que celles de la trilogie familiale. On y retrouve des dialogues de la banalité, mais qui sont marqués par une tension sans cesse alimentée, un suspens, et en cela n'ennuient jamais. On retrouve également un petit jeu avec la chronologie des scènes, susceptible ici de mettre en exergue l'attente avec ce qu'elle comporte de déni face à une réalité connue ; c'est une bonne idée mais dont l'exploitation manquait de force à mon avis. Dans l'ensemble j'ai trouvé que le tout gardait un côté brouillon, un peu dispersé (à l'image de ces retrouvailles familiales en somme), en tout cas pas suffisamment étourdissant. Mais lu sans déplaisir du tout.
Il y a toujours du cryptique dans Char mais pour le coup le Marteau est encore tributaire de l'influence surréaliste (le mouvement, pas l'esthétique) dont l'auteur va fermement s'émanciper ensuite, dans le discours et dans la lettre. Donc n'hésite pas à continuer ![]()
J'ai pensé à toi en lisant Krogold. Céline est aussi convaincu que ça s'écrit carapaçon.
J'entame La Condition humaine . Ça fait 5-6 ans qu'il traîne dans ma bibliothèque et que je n'ai aucune envie de le lire.
L'envie n'est toujours pas là, j'espère qu'elle viendra au fil de la lecture.
Ensuite je me lance dans Kessel, Le Lion, Les Cavaliers et La Vallée des rubis. J'ai hâte.
Terminé La Tregua (Benedetti), un contemporain pas tout neuf et un peu oublié (l'Uruguay en 1960) mais qui est l'ancêtre direct et distingué de la tranche de vie sentimentale ultra-disséquée de Marias et compagnie. Je lui donne l'avantage car il se tient aux contraintes de son banal personnage, par l'absence de verbosité (la narration est en journal intime), et surtout parce qu'il sonne juste. Le portrait auto-critique du comptable de 49 ans qui n'espère plus que sa retraite, assez drôle, se mue en une sorte d'éloge à la médiocrité qui se balance entre espoir et résignation. Doux-amer, comme tous les grands hispanophones.
En parallèle, j'ai commencé Les Diaboliques (Barbey d'Aurevilly), acheté en présence d'André Markowicz pour l'anecdote. La manie de la digression et le plaisir évident qu'y prend l'auteur me font fulminer, mais je laisse faire, je suis patient. Après 25 pages, le vicomte Bramachin a posé les yeux sur celle qu'il prendra derrière un rideau, et la première nouvelle peut enfin commencer.
Le 01 mai 2023 à 17:20:13 :
J'entame La Condition humaine . Ça fait 5-6 ans qu'il traîne dans ma bibliothèque et que je n'ai aucune envie de le lire.
L'envie n'est toujours pas là, j'espère qu'elle viendra au fil de la lecture.Ensuite je me lance dans Kessel, Le Lion, Les Cavaliers et La Vallée des rubis. J'ai hâte.
oulah mal parti
Le 01 mai 2023 à 11:09:43 :
Il y a toujours du cryptique dans Char mais pour le coup le Marteau est encore tributaire de l'influence surréaliste (le mouvement, pas l'esthétique) dont l'auteur va fermement s'émanciper ensuite, dans le discours et dans la lettre. Donc n'hésite pas à continuerJ'ai pensé à toi en lisant Krogold. Céline est aussi convaincu que ça s'écrit carapaçon.
On ne peut vraiment faire confiance à personne 
Oui pour Char j'avais cru comprendre qu'il y avait une évolution en ce sens, je verrai ça.
Ici je délaisse brièvement les romans, je suis sur un recueil poétique de Venaille et j'ai lu la pièce Le Dieu du carnage de Réza, dont j'avais assez apprécié Art il y a longtemps, et je l'ai trouvée décevante, ça manque de subtilité, on ne croit pas aux personnages, on a la sensation d'endurer un long bavardage où ni le comique ni la surprise ni le mordant ne prennent, dommage.
Il faut au moins tenter les feuillets d'Hypnos avant de l'abandonner ce provençal fou. C'est vraiment stylé.
Reza palu mais je l'ai tellement eu en oral de bac que je déteste sans l'ouvrir
- Mouawad même combat même si je l'ai un peu plus tapé.
Je crois que ça fait partie de ces bouquins blacklistés à jamais par le taf et les présentations stéréotypées, à côté de trucs comme les Impatientes, les Hirondelles de Kaboul, En attendant Bojangles et bien d'autres.
"L'effort du poète vise à transformer vieux ennemis en loyaux adversaires, tout lendemain fertile étant fonction de la réussite de ce projet, surtout là où s'élance, s'enlace, décline, est décimée toute la gamme des voiles où le vent des continents rend son cœur au vent des abîmes."
Ce patron.
La première partie de la phrase c'est réellement un des trucs qui a été les plus inspirants dans ma vie.
Finito La Poésie du gérondif, un "essai" de Minaudier, le type qui a traduit L'Homme qui savait la langue des serpents -
- et ça se sent.
C'est un énorme nerd quasi-autistique de la grammaire, il en collectionne littéralement des milliers d'ouvrages et il a fait un bouquin pour parler de cette passion, ce qui lui donne l'occasion d'alterner entre vulgarisation de procédés linguistiques techniques et anecdotes diverses sur la grande diversité des parlers existant à travers le monde. Moins une langue se construit comme le français, plus ça a tendance à l'intéresser - et il a une obsession marquée pour les isolats.
Très sympa à lire, j'ai passé un vrai bon moment, mais j'ai des objections assez lourdes derrière le propos. C'est un affreux foutoir, déjà. Dur de percevoir un sens derrière un enfilage d'étapes d'un voyage un peu abscons dans sa composition qui a une organisation vaguement thématique mais pas trop et elle n'est pas marquée, à dessein.
C'est ultra relativiste ensuite. Le seul propos à tirer de la chose, c'est que rien n'est universalisable, et il s'accompagne derrière ça d'un humour qui m'a parfois fait sourire au début avant de profondément me casser les couilles à la fin, surtout quand il commence à forcer un délire de parodie dans les notes de discours coranique pour donner ses références biblio'. C'est le fond du panier de la vanne de petit athée qui se croit malin.
Ca a finalement la gratuité que j'aime pas, qu'on va cacher derrière le parapluie commode de l'étiquette "poétique", quand on se contente d'empiler des données de savoir sans les articuler autour d'une volonté interprétative. Il essaie de ménager ses transitions, et il le fait parfois bien, mais c'est finalement un bouquin qui se consomme comme de la vidéo youtube en balançant de la data dont on ne retient rien, sitôt qu'on l'a lue, chassée par la suivante.
Derrière ça en fait se cache le grand grand défaut méthodique d'une certaine approche structuraliste et plutôt gauchisante de l'art (mais du monde surtout derrière) avec laquelle j'ai pas mal de difficultés personnelles en ce moment, tout en ayant été formé à travers elle et tout en la partageant encore largement.
J'ai du mal avec les philosophies qui vont se construire sur l'idée que le système est impossible à cause de la présence d'exception à la marge. Ce qu'il y a de pénible avec le bouquin de Minaudier, c'est qu'il le sait, qu'il le dit (il admet par exemple qu'organiquement on tend vers certains modèles synthétiques de langues de communication qui phagocytent les autres), mais qu'il balaie l'objection en s'en battant les couilles derrière de simples modalisations type "dans cette perspective, on".
La stérilité (un mot qui revient presque toujours dans mes approches négatives des ouvrages), toujours. Je crois pas que la bonne poésie, même la plus frivole et libérée en apparence, soit stérile typiquement ; je crois qu'elle porte derrière des visions de l'homme et du monde qui sont pleines de sens et de pesanteur.
Au fond, une unique question qui détermine tout le reste : croit-on en la vérité ou non.
Dans ma tête ces gars-là c'est toujours la même image

Ils sont pas méchants pour un sou et ils sont même franchement intéressants, voire sympa. Mais c'est une telle perte de temps.
Tout le bouquin j'ai attendu la ref' à Borges d'ailleurs, qu'il a bien su nous faire atteindre jusqu'à la centième et dernière note de bas de page dans un dégueulis verbal malaisant.
Cette utilisation par contre de l'Argentin ça me casse les couilles. Les mecs qui regardent Borges comme si c'était des labyrinthes sans sens et sans sortie.
Le 02 mai 2023 à 21:04:51 :
"L'effort du poète vise à transformer vieux ennemis en loyaux adversaires, tout lendemain fertile étant fonction de la réussite de ce projet, surtout là où s'élance, s'enlace, décline, est décimée toute la gamme des voiles où le vent des continents rend son cœur au vent des abîmes."Ce patron.
La première partie de la phrase c'est réellement un des trucs qui a été les plus inspirants dans ma vie.
Ca me parle aussi, je lirai un autre Char cette année probablement pour creuser
Là ce sera sans doute Les Villes tentaculaires de Verhaeren, petit retour à la rime. J'ai trouvé La Fortune des Rougon chez ma sœur ; pas avide de Zola mais par curiosité peut-être, je verrai.
Cahiers d'insouciance d' Alexandre Jollien.
L'affaire Charles Dexter Ward, de H.P. Lovecraft. 
Puzzle de Franck Thilliez