Pas lu mais je n'ai pas été du tout convaincu par L'ombre infinie de César.
C'est un livre qui me fait un peu seumer parce que je le trouve médiocre et bordélique tout le long mais il y a un excellent chapitre en mode histoire romantisée d'une invasion barbare, avec une vraie plume.
Jamais testé sa fiction après cette entrée en matière pénible.
"Éloge de l'ombre" de Junichirô Tanizaki
Finito De meute à mort, le premier morceau de la partie II de la trilo de Jaworski sur les Celtes.
C'est un peu le reflet en miroir de Même pas mort, qui constituait en un tome unique la partie I. Là où le premier était très contemplatif par instants, on a ici des tartines d'action et de bastons qui sont aussi agréables à parcourir que répétitives et incroyables ensuite...avant que la fin du roman ne vienne plaquer une justification qui doit nous faire changer de regard sur les événements narrés.
C'est toujours un peu bizarrement composé, typiquement le prologue te fait penser que ça va être un gros roman de frère contre frère alors que pas du tout.
Mais malgré tout je prends un vrai plaisir à parcourir cette geste épique et sanglante, je ne lis que ça en ce moment.
Je vais sûrement vite sauter sur les suites.
J'ai commencé la Montagne Magique de Mann, un peu de mal pour le moment, c'est pas désagréable mais l'impression de passer à côté, ça risque d'être difficile sur la durée vu le pavé que c'est
.
La vieille mason de Vauxhall Walk. Anthologie fantastique dirigée par Jacques Finné qui, depuis des années, déterre des auteurs femmes victoriennes qui ont gratté d'excellentes nouvelles fantastiques et mystérieuses.
Je viens de finir Les cinq vœux de M. Murray McBride de Joe Siple, histoire très touchante sur un centenaire qui se lie d'amitié avec un garçon de 10 ans atteint de problèmes cardiaques. J'ai beaucoup aimé les personnages, et il y avait aussi une pointe d'humour malgré les sujets lourds abordés
J'ai terminé ma relecture de La Chartreuse de Parme, que j'ai beaucoup plus appréciée aujourd'hui qu'au lycée.
Les romans d'apprentissages réalistes occupent (ou occupaient) une place très importante au lycée, et je suis pas bien sûr que les élèves puissent capter ce ton ironique de l'auteur qui malmène un "jeune" pourtant plus vieux qu'eux, qui ont 16/17 ans. Je suis encore moins sûr qu'il soit pertinent d'encourager un lecteur de 16 ans à apprivoiser ce regard sagace sur la jeunesse.
Je veux pas réduire Stendhal à ça, mais ça m'a frappé.
J'avais un peu ce reproche avec le Rouge et le Noir, que j'ai pas enseigné mais sur lequel j'ai pas mal examiné puisqu'il a été au programme du bac plusieurs années quand j'ai commencé le boulot.
Force est de constater qu'il leur plaisait, Julien, à ma grande surprise.
Alors ils ne percevaient pas vraiment l'ironie autour de la figure, ils le prenaient plutôt comme une sorte de personnage un peu loser mais romantique tout de même mais il y avait un raccord qui se faisait.
Des fois, on ne sait jamais.
Ah bah comme quoi... Merci pour ta réponse.
Je vais me lancer dans les carnets de Christophe Colomb pour mes 5ème, j'aimerais travailler sur le personnage du conquérant à partir de ces textes.
Autrement, je viens de m'acheter les nouvelles complètes d'Hemingway (Quarto), mais je ne sais pas par où commencer... Quelqu'un connaît une bonne porte d'entrée ? J'ai déjà lu Mort dans l'après-midi et Le Vieil homme et la mer, que j'ai aimés sans plus me plonger dans son oeuvre.
Hemingway avait une théorie sur la nouvelle plus ou moins inspirée de son taf de journaliste, il pensait que ça trouvait son efficacité maximale en étant très bref et en se contentant de poser une situation (souvent une conversation un peu allusive entre deux ou trois personnages, dans un lieu clos ou semi-clos) de laquelle émergeait de façon implicite un secret, un thème suggéré, quelque chose dans ce goût-là.
Il a pas mal tafé cette esthétique dans ses nouvelles des années 20 et des années 30 - dont j'ai lu un certain nombre personnellement dans le recueil Un chat sous la pluie qui est une chouette nouvelle utilisant cette perspective.
Je ne sais pas bien comment c'est rangé dans le Quarto, d'autant que la publication d'Hemingway aux US c'est un vaste bordel et que les compilations françaises en face sont des créations éditoriales de chez nous tout aussi arbitraires.
Le Quarto est rangé par ordre chronologique, et toutes les nouvelles parues en recueil du vivant d'Hemingway sont rattachées à ces recueils.
Y a différentes grandes rubriques qui correspondent aux différents moments de son oeuvre (1899-1921 ; 1921-1925 ; 1926-1929 ; 1930-1936, etc.), et des sous-rubriques qui correspondent aux recueils publiés. Y a d'autres sous-rubriques "Nouvelles et fragments" pour les nouvelles solitaires ou posthumes, et ils ajoutent à chaque fois une sélection de lettres écrites à ces mêmes époques, censées éclairer l'oeuvre.
Typiquement, la nouvelle "Un chat sous la pluie" appartient à l'édition de 1925 de De nos jours.
On a dépiauté ça avec mon libraire et on a comparé la table des matières avec celle de la Pléiade (Oeuvres romanesques en deux volumes). En gros, l'édition Pléiade c'est fourre-tout absolument chaotique ou les nouvelles sont rangées n'importe où n'importe comment dans deux tomes non-exhaustifs. La Quarto est exhaustif (sur les nouvelles) et assez rationnel.
Après c'est que mon avis a priori, et je suis loin d'être un spécialiste critique d'Hemingway. Mais je le conseillerais (et déconseillerais a priori les Pléiades, que je n'ai pas prises alors que j'avais le blé et l'ambition).
C'est intéressant ce que tu dis sur l'esthétique de la nouvelle chez Hemingway, qui recoupe un peu le propos très général que j'avais entendu au sujet de la "micronouvelle"... Je vais commencer par son recueil De nos jours (les deux moutures) et posterai mes impressions à l'occasion ici.
Bon j'ai lu De nos jours hier soir, et ça m'a fait penser à l' "universel reportage" que fustige Mallarmé. On ne devient que ce qu'on regarde, et ce pauvre Hemingway retient l'horreur des événements, ne garde pas grand chose d'autre...
J'ai entendu Houellebecq récemment dire quelque part "la différence entre le bien et le mal passe à l'intérieur de chaque être", voulant dire qu'on ne peut pas faire de bon roman si on n'a pas saisi cette vérité anthropologique... Alors je veux pas caricaturer Hemingway avec ce que j'ai lu (et d'ailleurs il ne nous force pas à prêter des intentions à ses personnages), mais le genre bref justement l'exempte d'un cahier des charges romanesque... et le résultat m'a un peu déprimé.
En plus de ça, j'ai toujours eu un rapport d'attirance/défiance au fait divers, et Hemingway m'a replongé dans une vieille complaisance sordide.
Rien à voir mais une question m'est revenue, que je pose aux plus érudits.
Dans Stendhal y a une vieille distinction entre "esprit italien" et "esprit français" adaptée à la psychologie amoureuse. Je me pose la question de la généalogie de cette distinction, quelqu'un peut m'éclairer ?
J'aime bien cet oeil photographique chez lui. Il me fait toujours penser à la fois aux non-dits dont Bolano parsème toutes ses oeuvres et à la très fameuse Les Fils de la Vierge de Cortazar, où la saisie d'un moment bloqué sur une photo peut révéler une tragédie insoupçonnée. C'est une esthétique qui me fascine. C'est la manière la plus appropriée de discuter ce que le naturalisme a prétendu être ou faire en saisissant du fait matériel et brut.
Je me pose la question de la généalogie de cette distinction, quelqu'un peut m'éclairer ?
La généalogie dans la culture française de cette obsession ou dans l'œuvre de Stendhal ?
Je peux répondre précisément ni à l'une ni à l'autre, Stendhal de toute façon toute son œuvre c'est de l'italinolâtrie assez courante à sa génération, même si chez lui ça prend une forme assez extrême.
Plus généralement, je suppose - mais j'ai pas la queue d'une preuve, c'est une hypothèse - que ça doit dater en France à peu près du XIVe / XVe, avec la réception de la Renaissance (l'italienne, la pétrarquienne en gros) du canzoniere et cie.
j'ai commencé un recueil de nouvelles assez complet de Tchekhov
Pour l'instant (100 pages) ce sont des nouvelles de max 6 pages et sur un ton léger... j'attends des nouvelles plus longues pour vraiment juger mais j'apprécie le style d'écriture assez désinvolte
Le 04 août 2023 à 09:29:02 :
J'aime bien cet oeil photographique chez lui. Il me fait toujours penser à la fois aux non-dits dont Bolano parsème toutes ses oeuvres et à la très fameuse Les Fils de la Vierge de Cortazar, où la saisie d'un moment bloqué sur une photo peut révéler une tragédie insoupçonnée. C'est une esthétique qui me fascine. C'est la manière la plus appropriée de discuter ce que le naturalisme a prétendu être ou faire en saisissant du fait matériel et brut.
Après y a quand même cette composition (dans le choix des histoires et dans leur agencement dans le recueil) qui force carrément l'imaginaire. A la lecture d'Hemingway, je me suis surpris par ma propension à prolonger mentalement l'horrible et le tragique, alors que je ne crois pas être un radical pervers. Mais peut-être que ma lecture a été biaisée par autre chose, des préjugés, une mauvaise posture initiale... Il faudrait que je gratte un peu plus et autrement.
Je me pose la question de la généalogie de cette distinction, quelqu'un peut m'éclairer ?
La généalogie dans la culture française de cette obsession ou dans l'œuvre de Stendhal ?
Je peux répondre précisément ni à l'une ni à l'autre, Stendhal de toute façon toute son œuvre c'est de l'italinolâtrie assez courante à sa génération, même si chez lui ça prend une forme assez extrême.
Plus généralement, je suppose - mais j'ai pas la queue d'une preuve, c'est une hypothèse - que ça doit dater en France à peu près du XIVe / XVe, avec la réception de la Renaissance (l'italienne, la pétrarquienne en gros) du canzoniere et cie.
Oui je voulais dire dans la culture française.
Ta réponse me parle assez, même s'il faudrait gratter si on voulait...
Concernant l'italinolâtrie de Stendhal, je me suis même demandé s'il ne prétendait pas à demi-mot dans la Chartreuse que l' "esprit français" est un obstacle au déploiement de l'amour. Y a plein de petites piques que j'ai pas relevées.
En tout cas ce qui est sûr (j'ai pas développé dans mon message mais c'était le point intermédiaire de mon raisonnement) c'est qu'à la Renaissance la plupart des clichés sur l'esprit italien existent déjà en France, tu les vois partout chez Rabelais, ça se voit aussi très bien dans le théâtre et dans les mots qu'on emprunte au lexique italien (le fait d'appeler quelqu'un un brave, le vocabulaire d'un certain type d'arme etc).
Ce jeu sur les stéréotypes va sûrement culminer durant le grand siècle mais en 15xx tout me paraît déjà là en germe.
Après il faudrait affiner, il y a aussi l'influence de Boccace, plus tard celle de Bandello.
Je viens de finir la trilogie de la Première loi
Globalement c'était une lecture assez intéressante, bien que j'en attendais mieux.
Le premier tome je l'ai trouvé majoritairement ennuyeux, ça se laissait lire c'est tout, jusqu'à la fin qui était intéressante
Le deuxième tome est mon préféré
Le troisième un mélange des deux, à la fois ennuyeux sur certains passages et passionnant sur d'autres
J'ai principalement apprécié les passages avec le supérieur Glokta qui est au milieu d'intrigues et le premier des mages Bayaz qui est un personnage assez fourbe finalement. Les autres personnages restent égaux à eux même du début à la fin, le nordique Logen qui répète "pas encore mort" c'est chiant et son pote qui cause jamais et qui meurt aucune différence ce personnage ne sert à rien, la femme sauvage Ferro j'aimais bien sa façon d'envoyer chier mais avec son obsession de la vengeance on dirait une parodie.
C'est décrit comme de la fantasy or jusqu'aux dernières pages du dernier tome la magie était très minime et ne servait qu'à sortir les héros d'une situation merdique d'un claquement de doigt. Dans le dernier tome elle a enfin une place plus travaillée et l'univers est mieux étoffé à ce niveau. Le Neuf doigts qui semble être "possédé" des fois c'est juste amené de façon ridicule et encore une fois ça fait pirouette scénaristique pour sortir le personnage d'une situation impossible
Je n'ai pas aimé les combats comme dans beaucoup d'autres histoires que j'ai lues, ceux ci sont ce que j'appelle du cirque, des "moulinets" en tout sens, des lames qui coupent en deux un corps des membres comme dans du beurre avec des gerbes de sang, c'est très violent très imagé mais absurde je préfère les combats plus réalistes et finalement plus intenses.
J'entame une lecture plus légère : Le Dernier torero de Camille de Villeneuve (Gallimard, 2023). Que pour la thématique tauromachique, et parce que les libraires nîmois ont trouvé ça pas mal "pour une fois". On verra.
Le 04 août 2023 à 14:21:14 :
Je viens de finir la trilogie de la Première loi
Globalement c'était une lecture assez intéressante, bien que j'en attendais mieux.
Le premier tome je l'ai trouvé majoritairement ennuyeux, ça se laissait lire c'est tout, jusqu'à la fin qui était intéressante
Le deuxième tome est mon préféré
Le troisième un mélange des deux, à la fois ennuyeux sur certains passages et passionnant sur d'autres
J'ai principalement apprécié les passages avec le supérieur Glokta qui est au milieu d'intrigues et le premier des mages Bayaz qui est un personnage assez fourbe finalement. Les autres personnages restent égaux à eux même du début à la fin, le nordique Logen qui répète "pas encore mort" c'est chiant et son pote qui cause jamais et qui meurt aucune différence ce personnage ne sert à rien, la femme sauvage Ferro j'aimais bien sa façon d'envoyer chier mais avec son obsession de la vengeance on dirait une parodie.
C'est décrit comme de la fantasy or jusqu'aux dernières pages du dernier tome la magie était très minime et ne servait qu'à sortir les héros d'une situation merdique d'un claquement de doigt. Dans le dernier tome elle a enfin une place plus travaillée et l'univers est mieux étoffé à ce niveau. Le Neuf doigts qui semble être "possédé" des fois c'est juste amené de façon ridicule et encore une fois ça fait pirouette scénaristique pour sortir le personnage d'une situation impossible
Je n'ai pas aimé les combats comme dans beaucoup d'autres histoires que j'ai lues, ceux ci sont ce que j'appelle du cirque, des "moulinets" en tout sens, des lames qui coupent en deux un corps des membres comme dans du beurre avec des gerbes de sang, c'est très violent très imagé mais absurde je préfère les combats plus réalistes et finalement plus intenses.
Il est assez spécial comme auteur de fantasy parce qu'il peut te massacrer des passages et même un roman entier juste pour ironiser sur des clichés
Clairement pas fan de cette approche