ah enfin 
a tous les Marseillais
INTERVIEW
Fernandez : " Le mot d´ordre c´est donner du plaisir" 16/06/2005
Jean Fernandez a endossé officiellement jeudi son costume d’entraîneur de l’Olympique de Marseille, par une visite des installations de la Commanderie. Il nous a accordé une interview où il n’a qu’un mot à la bouche : plaisir. Le sien, et celui qu’il entend donner au public.
On a le sentiment que rien n’aurait pu vous empêcher de dire « oui » au challenge que vous proposait l’Olympique de Marseille…
C’est exactement ça. J’ai toujours fait l’objet de contacts en fin de saison, comme tous les entraîneurs. Mais il n’y a qu’un seul club qui pouvait me faire bouger, c’est l’OM. Car mon expérience marseillaise m’a marqué à vie sur un plan professionnel. Surtout en 1991-93. Ce sont les deux meilleures saisons de ma carrière. Humainement c’était très fort, vraiment passionnant. D’autant que nous nous frottions au gotha européen.
Même si vous avez remporté la coupe de France sur le terrain sous le maillot blanc ( en 1976), c’est votre expérience dans le staff de l’équipe, par la suite, qui vous a laissé les meilleurs souvenirs ?
Oui. J’ai certes été joueur de première division, à Marseille, puis à Bordeaux et à Cannes. J’aurais d’ailleurs pu continuer encore quelques années de plus. Mais ma vocation était d’entraîner. Quand j’ai eu cette opportunité de prendre une équipe en main, à l’AS Cannes, je n’avais que 30 ans, mais je n’ai pas hésité.
En 1992, votre expérience à la tête de l’équipe phocéenne a duré six mois avant votre remplacement, mais vous ne semblez pas en tirer d’amertume…
Non, effectivement. Je n’ai surtout pas le sentiment d’avoir échoué. Quand Goethals a repris l’équipe, elle était 3e ou 4e et qualifiée pour la phase finale de la Ligue des Champions. De plus, c’est cette même équipe que j’avais contribuée à construire avec le recrutement de Desailly, Boksic ou Völler qui a remporté le championnat et la coupe d’Europe quelques mois plus tard.
Simplement le démarrage de la saison avait été difficile car j’avais récupéré des internationaux carbonisés par l’Euro 92. Il avait aussi fallu gérer l’après Papin-Waddle. Malgré tout, nous étions positionnés. Et il faut aussi rappeler qu’à l’époque il y avait un personnage très ambitieux, mais qui mettait aussi beaucoup de pression ( Tapie, ndlr). Et avec lui, les entraîneurs ne restaient pas longtemps en place à Marseille…
On connaît vos aptitudes à déceler le talent chez les jeunes. Vous devez voir d’un bon œil le fait que l’OM se tourne enfin vers son centre de formation…
Oui, j’apprécie de travailler avec les jeunes joueurs. On en a déjà parlé avec Pape et José. Nous sommes d’accord sur le fait que dans l’effectif il ne faut jamais oublier d’intégrer les quatre ou cinq bons joueurs jeunes du centre.
Cette année, le mot d’ordre de l’OM est de donner du plaisir…
Oui, à Marseille c’est vraiment important. Il faut gagner, bien sûr, mais donner de l’émotion est également essentiel. Les supporters ont été déçus en 2004-05. L’équipe a quand même perdu 26 points sur son terrain. Dans les années 90, il était pratiquement impossible pour nos adversaires de s’imposer au Vélodrome. Compte tenu de la qualité de l’effectif et des joueurs de l’an dernier ces mauvais résultats m’interpellent.
Est-ce une question d’état d’esprit, selon vous ?
Le foot est une question d’état d’esprit. Je le dis souvent à mes joueurs. Quand on a la chance de faire ce métier, on n’a pas le droit de tricher. On doit toujours être à 200%. On doit toujours avoir dans la tête l’envie de donner du plaisir au public qui vient nous voir. Les joueurs qui nous rejoindront devront comprendre ça. Mais en général, ils savent où ils signent. Ils ont conscience qu’ici c’est un peu comme à Naples.
Justement, deux joueurs, Oruma et Ribéry, ont déjà rejoint l’OM. Quel est votre regard sur ces deux recrues que vous connaissez bien ?
Je les connais, mais dans le cas d’Oruma, l’OM était déjà intéressé depuis l’an dernier. Wilson est un garçon qui va vite, qui est capable de courir pendant 90 minutes. Il est technique, et il va plaire au public, c’est certain. Quant à Franck Ribéry, il est vif, endurant lui-aussi et très spectaculaire.
Comment imaginez-vous les associer ?
Ils peuvent évoluer l’un comme l’autre soit à gauche, soit à droite. Et de toute façon, avec les bons joueurs il n’y a jamais de souci. J’ajoute que même s’ils ont déjà quelques titres à leur actif, ce sont des garçons qui ont faim. Et ça, ajouté au talent, c’est le mélange idéal.
Pour l’OM et pour vous, les choses sérieuses vont commencer rapidement avec l’entrée en lice en Intertoto, à la mi-juillet. Est-ce un avantage ?
C’était un choix de la direction, mais je m’y associe totalement. Au bout de quelques victoires on peut accéder à la coupe de l’Uefa. Avant les clubs français boudaient l’intertoto, mais depuis le parcours de Lille à la fois sur la scène nationale et en coupe d’Europe la saison dernière, ils ont révisé leur avis. Nous ferons en sorte d’être prêts pour le début de l’épreuve. Ces matches vont remplacer les rencontres amicales. Il y aura même plus d’intensité.
Avez-vous un message à faire passer aux supporters marseillais ?
Je leur demande de nous faire confiance. Je me sens l’âme d’un olympien. Je sais que j’arrive dans un club qui n’a plus connu de titre depuis plus de dix ans. Il y a une grande impatience. C’est naturel. Mais je peux leur garantir que nous allons tout faire pour leur proposer une équipe compétitive
Sinon, Pedretti à l´OL c´est fait , Lyon et Marseille ont trouvés un accord
