Le club : Gil - "Sakho, un joueur d´exception"
L´arrivée de Paul Le Guen n´a pas fait que des heureux en janvier dernier. Elle a provoqué le départ de Patrice Lecornu et de François Gil, anciens responsables des centres de formation et du préformation du PSG. Malgré tout, ce dernier continue d´observer les performances des jeunes qu´il a formés et notamment celles de Sakho...
Ancien "géniteur" de ce qu´il est convenu d´appeler désormais la génération dorée du PSG, François Gil a éprouvé un sentiment doux-amer en voyant évoluer sur la pelouse de Nungesser ses anciens élèves que sont Arnaud, NGog, Ngoyi, Sakho et Sankharé : "J´étais très content pour eux par rapport à tout ce qu´ils ont vécu pour en arriver là, explique-t-il aujourd´hui dans "Le Parisien". Je l´étais également pour le club car c´est un projet qui a abouti. Mais, pourquoi le cacher ? J´étais aussi super-triste car je ne sais toujours pas pourquoi on ne m´a pas gardé. On m´a licencié économiquement alors que j´ai oeuvré de tout mon coeur et que j´ai réussi." Depuis, Bertrand Reuzeau a repris les commandes de la formation parisienne, ainsi que le souhaitait Paul Le Guen.
La remise du port du brassard de capitaine à Mamadou Sakho a créé la surprise - pas celle du formateur, qui ne tarit d´ailleurs pas d´éloge au sujet du défenseur : "Il était déjà mûr à 13 ans, pondère-t-il. En 14 ans, je l´appelais ´mon coach adjoint". C´était un véritable relais sur et hors du terrain, un leader naturel. Mais il a toujours fait ça avec humilité, simplicité, sans tirer la couverture à lui. Il est très apprécié des autres. Depuis ses débuts, il est considéré comme un joueur d´exception, mais il est également intelligent et respectueux."
Celui qui l´a entraîné durant plusieurs années détaille le parcours du natif de la capitale : "Nous l´avons repéré au Paris FC. En benjamins, il n´était pas le plus grand mais il possédait déjà cette facilité, cette intelligence. Nous avons ensuite failli le perdre à 13 ans car tous les clubs français le voulaient. Avec Patrice Lecornu, nous nous sommes battus pour améliorer ses conditions contractuelles et trouver un appartement pour sa famille. Il a ensuite traversé une période très difficile avec le décès de son père. Mais cela lui a donné plus de force. Vous savez, quand un joueur est plus mature sur le terrain, c´est souvent qu´il a souffert dans la vie. Aujourd´hui, le football et le PSG sont sa seconde famille."
L´oeil du formateur n´a pas perdu son acuité. Même s´il ne le suit plus quotidiennement, François Gil sait à quel poste Mamadou Sakho peut donner le meilleur de lui-même : "Je le préfère comme défenseur central, son vrai poste. Dans l´axe, il sera capable de dégager une plus grande force." Même si l´homme ne fait plus partie du PSG, Paul Le Guen ne pourra décemment pas lui reprocher de lui fournir quelques tuyaux.