Fuel est l'exemple même d'un titre qui semblait ambitieux et intéressant, qui fini par sortir, et dont on se rend compte que ses développeurs ont été contraint de revoir toutes leurs ambitions à la baisse.
Comprenons-nous bien, Fuel n'est pas mauvais. Il laisse seulement un amère goût d'inachevé. Au départ, ce jeu devait être un jeu de course dans un monde post-apocalyptique entièrement inspiré des Etats-Unis (pour ce qui est des décors) ou le but était de courir pour récupérer les derniers bidons de pétrole existants. Sur un speech quelque peu écologique (l'apocalypse ayant eu lieu du fait que les humains préféraient alimenter leurs moteurs de 4.8L plutôt que de prendre soin de la planète), l'intérêt du jeu devait être développé ainsi.
A la base. Car au final, ce speech écologique, vous l'oubliez. L'ambiance post-apo qui aurait dû s'en découler, vous l'oubliez également. A la fin, il ne reste donc que les épreuves de course, et c'est malheureux tant la map révélait un potentiel énorme avec un speech pareil, et une ambiance qui aurait pu être géniale.
Du coup, on se retrouve à enchaîner les courses, les épreuves et ainsi de suite, juste pour les faire, sans autre raison ni motivation que cela. On amasse les bidons de "Fuel" dans le seul but de pouvoir débloquer d'autres véhicules avec, et... c'est tout.
Le gameplay aurait, quand à lui, pu se révéler bien plus profond, bien plus intéressant et bien plus technique qu'il n'est, mais là encore on a rapidement la sensation que les développeurs n'ont pas pu faire tout ce qu'ils désiraient. Déjà, n'espérez pas dépasser les 212km/h en descente (hormis en chute) avec n'importe quel véhicule. C'est lent, surtout vu la grandeur de la carte et les nombreuses lignes droites qui la jalonnent. Ensuite, n'espérez pas non plus de technique particulière en conduite. Pas de drift, pas même de dérapage, frein à main qui sert juste à freiner très vite mais qui est inutile en course, en terme de possibilité c'est très pauvre, et la conduite en elle-même est assez lourde et très avare en sensations. Selon le véhicule que vous prenez, vous serez plus ou moins agile soit sur route, sois sur chemin de terre, sois en tout-terrain. Et il n'y a vraiment qu'ici que les différences se font sentir, ce qui est dommage.
Graphiquement, le jeu n'est pas impressionnant mais est tout de même plutôt joli, offrant de beaux panoramas, même si les routes manquent parfois un tout petit peu de cohérence. Malheureusement, si en forêt, c'est superbe et bien détaillé, sur les grands axes, tout semble vide et terne, et c'est là encore dommage.
En définitive, Fuel n'est pas un mauvais jeu, mais il demeure amplement perfectible et on voit bien que ses développeurs ont été cassés dans leur élan d'ambition et ont dû revoir leur copie à la baisse.