On retrouve dans ce nouvel opus l'atmosphère familière de la licence, calme, rassurante avec une pointe de mélancolie, l'action prend place dans Haven Springs, petite ville de mineurs entourée de montagnes, impossible de faire un microcosme plus typique. Ce soft joue beaucoup sur cet aspect de petite communauté où tout le monde se connait, de là nait l'immersion.
On incarne Alex Chen, jeune femme de 21 ans meurtrie par une enfance se résumant à bourlinguer dans différents foyers sociaux sans n'avoir jamais trouvé de famille d'adoption. Retrouvant son grand frère perdu de vue depuis 8 ans, son principal désir est avant tout un foyer. Alex est très sensible à certaines émotions fortes ressenties par autrui, jusqu'à saisir des bribes de pensée. Ça peut aller encore plus loin lorsque le scénario le décide, elle peut alors voir leur psyché concernant leur trouble et manipuler leur ressenti. Simple d'utilisation, c'est toutefois une bonne idée de gameplay.
La direction artistique est similaire au 1er Life is Strange, avec néanmoins un upgrade graphique indéniable et appréciable et un très bel effort sur les animations faciales. Même style d'OST également. Le cadre est très joli, mais le terrain de jeu tellement petit. Et les précédents volets offraient bien plus de décors différents. Quelques bugs graphiques, de luminosité, et la démarche d'Alex est trop robotique.
L'héroïne souffre d'un gros manque de réponse émotionnelle, incohérent avec son passif et son pouvoir, après un certain évènement notamment tous les PNJ réagissent mais pas Alex, elle semble aussi émue que si elle venait d'apprendre le résultat d'une élection quelconque. Ou elle réagit à retardement, à un moment elle s'est mise à péter un câble en apprenant une nouvelle...déjà connue depuis plusieurs jours! Qu'est-ce que c'est que cette écriture?
Parmi les PNJ, peu sont peu mémorables, on a un vrai manque de profondeur nous empêchant de les connaitre, on retiendra Gabe, le frère d'Alex, Duckie, le vieil alcoolique veuf et bavard, ou l'énergique Steph, craquante à souhait, d'ailleurs parmi les 2 romances possibles le jeu nous pousse clairement vers elle (en plus elle joue de la musique!) le pauvre Ryan est bien pâlichon à côté...pas très honnête de la part du scénar. Plus grave, l'absence totale de répercussions dans nos choix, très dérangeant pour un jeu narratif.
Les chapitres sont courts, on atteint péniblement les 10h de jeu. Chap 1: complétement dirigiste et donnant pas mal d'infos à digérer, le jeu a besoin de temps pour planter son décor. Tout une galerie de persos ne demandant qu'à être fréquentés nous est présentée. Le final marquant lance la trame principale.
Chap 2, 3 et 4: on a un peu plus de liberté de déplacement que ce que la licence offre habituellement, on peut revenir sur nos pas. Plein de moments agréables à vivre, mais sans aucun lien avec la quête principale qui se retrouve beaucoup trop en arrière-plan, on n'est pas impliqué. A côté de ça on a le festival, propice aux romances, ou ce passage très amusant du jeu de rôle grandeur nature. Au chap 4 on voit arriver le final à des kilomètres et il est très étonnant qu'Alex, avec son pouvoir, ne l'ai pas senti venir...
Chap 5: très dirigiste, concluant brutalement la trame principale. Il n'y a que là qu'on ressent l'impact de nos choix, seulement sur certains PNJ bien précis, et sans que ça change quoique ce soit car avec son pouvoir Alex ne peut pas échouer, du coup il n'y a aucune tension. Le scénar très paresseux se contente de rester en surface tant pour les relations avec les PNJ que les évènements importants, sans compter les incohérences et/ou facilités d'écriture, engendrant des moments d'émotion bizarres, pas naturels. Le 1er Life is Strange est largement supérieur, ici le sentiment de trop peu prédomine.