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Liste des sujets

Le libre-échangisme sur la sellette.

lekhan
lekhan
Niveau 10
09 août 2006 à 00:47:06

La suspension sine die des négociations du cycle de Doha, dit « du
développement », de l¹Organisation mondiale du commerce (OMC), annoncée
à Genève le 24 juillet dernier par son directeur général, M. Pascal
Lamy, est-elle une bonne ou une mauvaise nouvelle ?

Une très mauvaise nouvelle, à en croire les médias dominants qui versent
des larmes de crocodile sur le sort des pays pauvres prétendument
affectés par la non conclusion d¹un accord qui aurait facilité l¹accès
de leurs productions aux marchés des pays riches.

Pour comprendre l¹imposture de ce discours, il faut d¹abord démonter ses
présupposés :

- Le premier, qui fonde tous les autres, est que l¹ouverture totale des
marchés, le libre-échangisme sans limites, serait bénéfique à tous, pays
et populations pauvres et riches. Les pays non industrialisés, mais qui
voudraient le devenir, auraient, nous dit-on, tout à gagner à abaisser
leurs barrières tarifaires aux produits industriels et aux services
fournis par des firmes transnationales du Nord dont la productivité est
sans commune mesure avec celle des entreprises locales.

Ce n¹est pas seulement le simple bon sens qui invalide une telle
allégation, c¹est aussi l¹expérience. Les pays les plus fréquemment
cités comme des « success stories » en la matière (la Corée, Taïwan) ont
fait exactement l¹inverse : ils ont bâti leur industrialisation sur la
protection de leur marché intérieur, de manière à permettre à leurs
industries naissantes de ne pas être étouffées dans l¹¦uf.

- Le deuxième est qu¹il existerait un marché mondial des produits
agricoles. C¹est faux : plus de 90 % des produits agricoles sont
consommés sur place. Seuls moins de 10 % sont exportés, pour une bonne
part dans des conditions en totale violation des principes
libre-échangistes. Aussi bien l¹Union européenne (UE), via la politique
agricole commune (PAC), que les Etats-Unis subventionnent massivement
leurs exportations dans ce domaine, causant la ruine des petits
producteurs des pays du Sud, en particulier des cotonniers d¹Afrique de
l¹Ouest.

- Le troisième est la confusion délibérément entretenue quant à l¹accès
des produits agricoles des pays du Sud aux marchés développés. On nous
présente cet accès comme un facteur de développement, d¹où l¹hypocrite
désignation du Cycle de Doha. De quel accès s¹agit-il ? Non pas des
produits de l¹agriculture paysanne, destinés à la consommation familiale
ou locale, mais bien de ceux de la grande agriculture productiviste, de
l¹agro-business. Cette dernière ne change pas de nature au motif qu¹elle
serait de nationalité brésilienne ou argentine, surtout quand on sait
qu¹elle est souvent entre les mains de transnationales américaines ou
européennes implantées sur place.

- La quatrième est la référence constante des médias, notamment
économiques et financiers, aux gouvernements des pays du Sud pour tenter
de culpabiliser les opposants au libre-échange. Or nombre de ces
gouvernements, celui du Brésil en tête, lorsqu¹ils s¹expriment à l¹OMC,
sont les porte-parole non pas des intérêts de leurs petits paysans, mais
de ceux de l¹agro-business. Ces gouvernements réclament à juste titre la
suppression totale des subventions aux exportations, acquise pour 2013,
mais, dans une logique strictement libérale, ils s¹opposent aux
revendications de sécurité et de souveraineté alimentaires, donc de
protection aux importations, que défendent les organisations paysannes
du Nord comme du Sud regroupées dans La Via Campesina.

Une fois effectués ces rappels, on peut analyser l¹échec de Genève et en
tirer quelques enseignements. Une « réussite » du Cycle de Doha
supposait un compromis global entre l¹UE et les Etats-Unis, d¹une part,
et les grands pays émergents (Brésil, Inde, etc.) d¹autre part : les
premiers supprimaient leurs subventions aux exportations agricoles, et
les seconds abaissaient leurs barrières douanières aux importations de
produits industriels, ainsi qu¹aux fournisseurs de services (assurances,
banques, notamment) par le biais de l¹Accord général sur le commerce des
services (AGCS). Dans tous les cas, il s¹agissait essentiellement de
satisfaire les revendications des grandes firmes transnationales des
secteurs en question, et nullement, comme le dit la propagande libérale,
de défendre les consommateurs.

Dès lors qu¹un accord ne pouvait être conclu sur l¹agriculture, c¹est
l¹ensemble du « deal » qui capotait. C¹est ce qui s¹est passé en raison
de l¹attitude intransigeante de Washington : à quelques mois des
élections de novembre au Congrès - où les républicains craignent de
perdre le contrôle des deux Chambres -, le gouvernement Bush ne pouvait
se permettre de s¹aliéner les suffrages des « farmers ». Le commissaire
européen chargé du commerce, M. Peter Mandelson, était, lui, disposé à
aller très loin, et même au-delà de son mandat de négociation, dans la
réduction des tarifs douaniers sur les produits agricoles afin de
favoriser la percée des transnationales européennes dans les pays «
émergents ». Avec comme conséquence inévitable la disparition d¹un
nombre accru d¹exploitations, et une concentration supplémentaire du
secteur. Dans la plupart des pays membres (mais pas en France), ce
secteur « pèse » en effet beaucoup moins en termes politiques que les
grands lobbies de l¹industrie et des services.

L¹échec des négociations de l¹OMC a été bien accueilli par le
gouvernement français et par les mouvements paysans et
altermondialistes, mais pas du tout pour les mêmes raisons. Le ministre
de l¹agriculture, M. Dominique Bussereau, pourra se prévaloir du
maintien du statu quo auprès de ses amis de la Fédération nationale des
syndicats d¹exploitants agricoles (FNSEA). Les seconds y voient un coup
de frein à la généralisation de la logique du libre-échange. Car c¹est
bien de cela qu¹il s¹agit en dernière instance.

On objectera à juste titre que les Etats et ensembles d¹Etats les plus
puissants peuvent, par des traités bilatéraux, obtenir des Etats plus
faibles ce qui leur a été refusé par des décisions multilatérales à
l¹OMC, et même davantage. Washington joue ouvertement cette carte, et
l¹UE s¹apprête à le faire également. La grande différence est que, dans
ce dernier cas, les acteurs en présence sont bien identifiés et
permettent des mobilisations populaires ciblées. Par exemple contre le
traité de libre-échange signé, mais non encore ratifié, entre les
Etats-Unis et le Pérou. Il est plus difficile de désigner clairement
l¹adversaire derrière un accord global à l¹OMC.

La lutte contre l¹idéologie libre-échangiste, qui place l¹expansion du
commerce au-dessus de toutes les autres considérations - écologiques,
sociales, de droits humains -, et qui a fait la preuve de ses ravages,
est progressivement en train de devenir une priorité pour les mouvements
sociaux du monde entier, l¹Amérique latine étant nettement en avance sur
le reste du monde. Elle est évidemment combattue, bec et ongles, par les
économistes libéraux. Elle est cependant abordée avec beaucoup de
réticence par certains de leurs collègues se réclamant de la gauche, et
encore plus de l¹extrême gauche : ils craignent l¹accusation, à leurs
yeux infamante, de velléités « protectionnistes » en contradiction,
croient-ils, avec leur posture globale « internationaliste » et
anti-étatique.

Cette confusion intellectuelle et politique les conduit à dénoncer le
libre-échange - et comment pourraient-ils faire autrement -, mais à ne
pas s¹avancer sérieusement sur le terrain des alternatives. Comme s¹il
n¹y avait pas à protéger des acquis de civilisation, des biens publics
mondiaux, des populations paysannes, etc., tous laminés par une
mondialisation libérale dont le libre-échange est le credo central.

Ce n´est qu´une preuve de plus de l´échec du système économique actuel, et une premiére victoire pour relancer les questions réels de la signification et de l´utilité de faire croitre encore et toujours les nations déjà trop développé.

Eleve
Eleve
Niveau 2
09 août 2006 à 00:47:21

Tu vas nous faire le plaisir de t´autocensurer et d´effacer ce topic qui n´a sa place que sur le forum actualités.

lekhan
lekhan
Niveau 10
09 août 2006 à 00:49:25

Le libre échangisme c´est de l´actualité ?

Eleve
Eleve
Niveau 2
09 août 2006 à 00:52:59

Tout autant que la notion d´identité française qui a été développée dans le topic relatif aux déclarations du député italien sur l´équipe de France. Tu es parti d´un fait d´actualité pour broder ton argumentaire. Soit tu refais ton topic correctement, soit tu ne repostes pas ce sujet. C´est l´équité qui veut çà : tu ne peux pas t´autoriser ce que tu interdis aux forumeurs.

Lorkon
Lorkon
Niveau 8
09 août 2006 à 00:57:17

Disons que c´est un sujet d´actualité a caractère politique.Il a tout a fait sa place ici.Mais j´ai pas encore tout lu là, c´est un peu long pour moi ce soir^^

lekhan
lekhan
Niveau 10
09 août 2006 à 00:57:24

Alors refait le même topic que chip ;) Mais entre Doha etles délcarations d´un italien sur l´équipe de france... Pour moi il n´y a pas photo.

Entre l´omc et la politique poubelle, je crois qu´il y a un sujet qui à sa place ici et pas l´autre.

Eleve
Eleve
Niveau 2
09 août 2006 à 00:59:45

la "politique poubelle", comme tu dis, est le thème du forum que tu modères. Tu n´as absolumment pas à apporter d´appréciation sur la pertinence des arguments pour justifier tes suppressions intempestives. Si tu considères qu´un topic doit être effacé parcqu´il parle d´identité française, tu n´a plus qu´à démissionner de ton poste Lekhan.

Leo-Kaiser
Leo-Kaiser
Niveau 5
09 août 2006 à 01:39:20

J´ai vraiment apprecie ton post Lekhan (enfin un truc qui change du FN), et j´aimerais vivement en discuter avec toi.

Je suis 100% d´accord qu´il n´ya aucune logique a accroitre la richesse du rihe sur le dos du pauvre. Ensuite, la surconsomation sans faire appel au recyclage est un desastre ecologique. J´apprecie toutefois que Nintendo remplace les anciennes consoles DS avec la nouvelle pour kelkes euros.

Ensuite, j´admets ete satisfait de la defaite des americains et de l´UE dans ces pourpales. Il est evident ke tout accord n´aurait favoriser ke ces derniers, au mepris des paysans ki supposement en beneficiraient.

j´achete desormais (du mieux, j´essaye) des jus "Fair Trade", comme cela, je sais ke je viabilise des plantations d´amerique du Sud et d´Afrike tenues par des petits paysans.

J´espere k´un jour, on se reveilera et on essayera de vivre en paix ensemble et avec la terre.

keske tu conseillerais :question:

Kaji_Ryoji
Kaji_Ryoji
Niveau 10
09 août 2006 à 09:18:16

pour une fois qu´on a un topic interessant.

Je suis d´accord avec l´idée de base, l´economie actuelle repose sur des mensonges et sur du vent.

Docteur_Chakall
Docteur_Chakall
Niveau 8
09 août 2006 à 09:20:30

Instructif en effet. Mais si vous n´y voyez pas d´objection je vais continuer à me complaire dans le mensonge et le vent.

Kaji_Ryoji
Kaji_Ryoji
Niveau 10
09 août 2006 à 09:22:38

Comme tu veux, mais quand ce système deviendra obselete, il faudra penser a un autre.

Docteur_Chakall
Docteur_Chakall
Niveau 8
09 août 2006 à 09:23:35

Y a le temps, non ?

Kaji_Ryoji
Kaji_Ryoji
Niveau 10
09 août 2006 à 09:28:47

Non, vu l´augmentation des prix du pétrole, le transit de marchandise par avion et cargo va devenir de moins en moins rentable, et au final tout produire et raffiner sur place deviendra plus rentable, mettant fin a l´economie actuelle, qui repose sur des benefice sur les differences de couts entre les pays.

gijoe080288
gijoe080288
Niveau 10
09 août 2006 à 10:10:38

Le pétrole est un élément tout à fait contingent.
Je veux dire par la que sa disparition à lui seul ne détruira en rien la société actuelle. (comme les cigarettes, si elles n´existaient pas, ou plus, elles auraient étés remplacées par un autre produit).

liberal
liberal
Niveau 10
09 août 2006 à 10:48:17

D´autant que les biocarburants sont deja une réalité...à part en France, qui en interdit l´utilisation (car l´etat français ne touche pas un rond de taxes sur les biocarburants).

liberal
liberal
Niveau 10
09 août 2006 à 11:02:26

Au fait, l´echangisme c´est pas quelque chose de tres eloigné de l´economie?

nshenmue
nshenmue
Niveau 10
09 août 2006 à 11:02:31

le pétrole en lui même oui , mais il faut trouver un remplacant viable . Ce n´est pas si simple.
Le prix du pétrole a des répercutions sur toute l´éconnomie .Ce n´est pas comme le prx des cigaretttes .

Judenstein
Judenstein
Niveau 9
09 août 2006 à 11:08:16

Les socialistes doivent confondre économie et paraphilie.

liberal
liberal
Niveau 10
09 août 2006 à 11:09:31

nshenmue :d) il me semble que les biocarburants sont une alternative viable au petrole, du moins pour ses propriétés de combustible.

gijoe080288
gijoe080288
Niveau 10
09 août 2006 à 11:13:53

Le prix des cigarettes a des répercutions sur une grande part de l´économie, mais qu´importe, c´était pour l´exemple ^^
Pour détruire une société, il faut en détruire les principes; de même pour une idéologie. Quand la mécanisation, l´idée qu´un progrès matériel substanciel est la base d´un progrès moral, et le fanatisme autours de la croissance disparaîtront (par je ne sais quel moyen) de la société occidentale, celle-ci disparaîtra aussi.
Le pétrole est un moyen de cette mécanisation, du progrès technique et de la croissance, mais n´en est pas le principe.

(je prend ces trois choses parce qu´ils sont les trois éléments [en gros] concomittant des deux révolutions que nous avons eu. Contrairement à toutes les civilisations, nos deux révolutions à nous sont allées dans le même sens. Je parle bien entendu de la "Révolution" néolithique, qui a lieu dans le monde entier à des dates à peu près semblables; et de la "Révolution" industrielle, qui porte l´Europe "civilisée" à la tête du monde.)

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