Non
et c´est ne rechercher que le profit sans aucune connaissance de ce qu´on a en face. C´est une attitude irresponsable (je croyais qu´on avait fait des progrès dans ce domaine là hein...)
J´ai toujours été animé d´un fantasme ,sans doute sans fondement, à propos du libéralisme. C´est qu´avec celui-ci, les choses s´imposaient d´elles même. Qu´il était possible, en quelque sorte, à chacun de batir sa propre utopie dont le succès dépendrait de l´attractivité qu´elle a. Donc de paramètre qui ne dépendent pas du créateur, mais du consommateur/spectateur. Et donc chaque action, création, ou chose, était immédiatement légitimée par le reste du monde.
Pas besoin de se poser de questions de morales, pas besoin de se torturer l´esprit. Une chose est légitime et bonne si elle plait. C´est sans doute le même sentiment de plénitude qui a fait que les totalitarismes ont réeussi (le fait de remettre sa responsabilité et son jugement a autrui. Les bourreaux nazis disent "C´était les ordres"...Moi je n´aurai pas à dire si c´est bon ou mauvais, simplement je pourrais dire : les autres l´aiment, c´est leur faute, c´est donc bon. Ca simplifie la tache
)
Et il me semble qu´en fait, rien ne se fait par soi même; tout est manipulé et ce depuis toujours.
Rien ne s´implante naturellement; les besoins sont crées au contact d´une offre; et pas l´inverse. L´agriculture ne nait pas en Grèce, elle est "importée" lors de la révolution néolithique par des agriculteurs du proche Orient qui traversent la mer avec bétail et plantations. Les hommes grecs vivant sur le mode de chasseurs-ceuilleurs n´avaient aucune idée de la possibilité d´une agriculture. Leur mode de vie correspondait à leur horizon d´existence; rien n´existait en dehors de ça. Ils ne demandaient sans doute rien de ce qu´offre l´agriculture, mais l´adoptent cependant.
Je veux bien croire qu´il existe des demandes latentes; comme l´envie d´une amélioration du confort matériel... Mais tant que celles-ci ne sont pas conscientes et précises, elles n´existent pas.
L´ordre est inversé. Au lieu d´avoir une demande qui prime, on a une offre. Pour moi, ça s´assimile à du gavage. La justification vient a postériori : regardez ils le voulaient puisqu´ils le consomment. Lorsqu´ils n´en voudront plus, il n´y en aura plus.
C´est sans doute plus compliqué, les offres véhiculent elles même des tas de signes, de significations qui influent sur le choix. Comme les jeans occidentaux qui s´arrachaient en Russie durant la période soviétique.