Plus violent ..........
Non mais un foyer, une maison alors que tout le monde crevait de faim sous la Russie tsariste je considére ça comme un succés, je considére comme un succés le fait que la durée de vie aie augmenter de 20 ans sur 15 ans avec Lénine, que les terres ont été redistribués, que la première guerre mondiale pour des territoires aient été stoppés, que le nombre de d'heure de travail à été diminuée et que les soviétiques avaient droit à des vacances gratuites et des congés par semaine.
Mais mon Dieu imagine que tu dises en 1925 à un soviétique la révolution bolchevique est un échec, il te crache dessus tellement leur vie à été meilleure ...
Maintenant évite d'insulter la révolution bolchevique quand tu y connais rien.
Mais t'as 12 ans ou quoi ?
"Mais mon Dieu imagine que tu dises en 1925 à un soviétique la révolution bolchevique est un échec, il te crache dessus tellement leur vie à été meilleure ... "
T'as trop vu de propagande toi.
"Maintenant évite d'insulter la révolution bolchevique quand tu y connais rien."
Je ne l'ai pas insulté, j'ai juste constaté son échec
Tu devrais aller te coucher avant de dégouter encore d'autres pauvres forumeurs qui voulaient juste en apprendre plus sur le communisme.
Où commencer l'analyse de la révolution russe ?
Faut-il commencer en 1917 ? En 1914 ? En 1905 ? Au XIXe siècle ? Voire avant ?
Difficile à dire. Pour en saisir le plus possible, il est certain qu'il faut remonter très loin.
Mais une telle analyse représenterait une masse de travail considérable et serait évidemment très difficile et surtout très longue à mener à bien.
Ici je prendrai le parti de brosser un rapide tableau, en gros à partir de 1905, mais de ne pas trop entrer dans les détails. Ce sera déjà suffisamment long comme ca.
La réflexion pourra s'enrichir par la suite avec les différentes interventions (enfin j'espère, si il n'y a pas trop de dingues dogmatiques qui viennent pleurer parce que ce que je dis n'est pas idéologiquement hallal).
Je vais être obligé de passer vite sur certains points qui nécessiteraient tous un développement super long : la guerre russo-polonaise, les interventions étrangères, et d'une manière générale : le déroulement des combats eux-mêmes. (le "comment" concret de la façon dont le pouvoir russe a gagné la guerre civile sur le plan militaire quoi)
J'espère ne pas être trop brouillon et ne pas trop me répéter : c'est de l'impro.
Ca va prendre plusieurs post d'affilé, et ca va surement rebuter pas mal de gens de lire autant. Mais on ne fait pas d'histoire en dix lignes.
1905, c'est d'abord la défaite russe face au Japon (bataille navale de Tsushima notamment). Cette guerre avait été décidé pour les même raisons que beaucoup d'autres : pour détourner l'attention du peuple des problèmes sociaux d'ordre intérieur et orienter les regards vers l'ennemi soit-disant commun et vers l'extérieur.
A cette guerre qui tourne très mal s'ajoute en effet la grande secousse sociale qu'on connait entre le dimanche rouge en Janvier et le manifeste d'Octobre en... Octobre. Elle force le régime tsariste à se doter d'une constitution "libérale" (le sens de ce mot est plus que jamais sujet à caution). Ce sera le début de la célébrité des fameux "soviets" ("conseils" en russe) : des assemblées générales de travailleurs, de soldats, de paysans… tous aspirant au contrôle de leurs propres existences.
Ce Manifeste d'Octobre accordait sur le papier un certain nombre de libertés : conscience, parole, réunion, association. C'était une concession faite par le gouvernement tsariste qui avait eu peur du mouvement social.
En réalité, la contre-attaque tsariste réduit à néant ces maigres progrès en à peine deux ans, et la Russie reprend son visage d'autocratie opaque. Les soviet sont réprimés avec force et beaucoup sont détruits. D'autres entrent dans la clandestinité.
Ayant pris une gifle à Tsushima, l'empire russe se "replie" vers l'Ouest (et surtout vers les Balkans) pour essayer de redorer son blason.
Mais les balkans sont aussi la cible d'un autre impérialisme : celui de l'Autriche-Hongrie. La région jouxte aussi un troisième empire qui n'entend pas se laisser faire sans rien dire, même s'il n'a plus vraiment les moyens de ses ambitions : l'empire Ottoman.
1912-1913 : deux guerres balkaniques, entre anciens sujets ottomans soutenues par la Russie et la Sublime Porte.
Bon. On sait que les causes immédiates de la ruine du régime tsariste résident dans la conjoncture initiée par la première guerre mondiale.
Quelle est la situation de la Russie en 1914 ?
Son armée est une grande force militaire numérique, mais le matériel et la logistique ne sont pas à la hauteur.
Pourtant, fin 1913, le plan quadrienal prévoit de porter les effectifs de l'armée active d'1,3 à 1,8 millions d'hommes, pour une réserve d'environ 6 millions d'hommes.
On consolide aussi le réseau ferré mais les estimations évoquent encore en 14 un délai d'environ 40 jours pour réaliser la mobilisation (c'est pourquoi, entre autres choses, l'Allemagne choisira de se tourner d'abord vers l'Ouest au début de WW1, jugeant que la France risque de mobiliser plus vite que la Russie).
Les soldats russes ne sont pas particulièrement motivés. La plupart sont d'origine paysanne. Une paysannerie qui subi depuis des siècles l'oppression de l'autocratie tsariste.
De plus le pays n'est pas envahi. On n'aura donc pas cette excuse.
La contradiction est flagrante entre les buts de guerre de la Russie (que je ne détaillerai pas intégralement ici par souci d'économie de place) et ce qu'elle pratique chez elle.
En effet elle explique que l'un de ses objectifs, conforme à sa politique étrangère depuis des années, consiste à soutenir les nationalismes au sein de l'empire d'Autriche-Hongrie afin de le faire éclater et d'en satelliser une partie alors même qu'elle musèle les velléités nationalistes à l'intérieur de ses propres frontières.
C'est en partie pourquoi les socialistes russes seront les seuls à refuser de soutenir les crédits de guerre en 1914, malgré les promesse d'autonomie faites à certaines minorités (dont les polonais. Ce sera important par la suite).
A la mobilisation, les paysans sont massivement mobilisés pour le service "actif" tandis que la majeure partie des ouvriers urbains sont mobilisés dans leurs usines : ils n'iront pas au front mais seront quand même considérés comme mobilisés. Donc ils devront accepter sans broncher les horaires, les salaires et les conditions de travail que la guerre "imposera".
Après quelques succès dans les premières semaines de la guerre en 14 (les russes poussent jusqu'à Tannenberg avant d'y être bloqués), la vraie catastrophe s'amorce.
Le sultan Ottoman déclare la guerre "sainte", ce qui est stressant pour la Russie, qui a de fortes minorités musulmanes.
L'armée russe souffre du manque chronique de matériel et abuse fortement du "matériel humain".
L'opération de l'Entente dans les Dardanelles échoue à débloquer la Russie.
Le Tsar s'implique de plus en plus personnellement dans les combats, ce qui est dangereux puisqu'il récupère en même temps les défaites à son propre compte.
A l'intérieur, le doute grandit.
L'économie est désorganisée. Les villes commencent à avoir du mal à se ravitailler correctement et la noblesse est évidemment la première servie. Le peuple commence à gronder.
La corruption est de plus carrément flagrante même au plus haut niveau (affaire Raspoutine comme exemple emblématique).
Début 1917 la crise est déjà générale. La durée de la guerre appuie là où ca fait mal. Les russes en ont ras le bol.
Les morts s'accumulent, les blessés aussi. On commence à sentir la pénurie de main d'oeuvre, surtout dans les campagnes. Les paysans entretiennent un certain ressentiment envers la classe proprement ouvrière (très faible en Russie : environ 5% de la population. On y reviendra) puisque celle-ci est essentiellement mobilisée dans ses usines, considérées comme stratégiques, et non sur le front.
La récolte de 1916 a été très mauvaise et les grèves se multiplient en ville (pénuries, pression intense sur les travailleurs pour produire toujours plus, répression tout aussi intense...)
La grève des usines Poutilov à Pétrograd est particulièrement sanglante.
Mais les bolchéviks ont encore très peu de poids, même dans les villes.
8 Mars 1917 : grand cycle de révoltes urbaines. Beaucoup de femmes participent activement et la troupe, elle aussi particulièrement concernée par les affres de la guerre, finit par refuser de tirer dans la foule.
Le 15 Mars, le Tsar abdique.
Mais le nouveau gouvernement affirme immédiatement sa volonté de poursuivre la guerre, ce qui est en nette contradiction avec la volonté des moudjiks (c'est à dire la grande majorité des russes...) qui veut la paix et le partage équitable des terres.
Or, les moudjiks sont massivement mobilisés et constituent une très large partie de l'armée russe.
Les désertions, les fraternisations, les désordres se multiplient sur le front.
C'est à ce moment que l'influence Bolchévik grandi.
Lénine, dans ses "thèses d'Avril", promet la paix et le partage de la terre cher aux moudjiks, y croient. Les pauvres naifs se feront bien rouler. Dans ces thèses, Lénine promet aussi le pouvoir aux seuls soviets. Il ne tiendra aucune de ces promesses.
Abusés par les promesses bolchéviques formulées dans les thèses d'Avril et sans cesse réaffirmées pendant tout l'été 1917, une bonne partie des ouvriers et des moudjiks apportent leur soutien aux bolchéviques, croyant qu'ils vont garantir la souveraineté des soviets, en plus d'arrêter la guerre. Les marins de Kronstadt sont dans le même cas : ils croient aux promesses de Lénine.
Ils ont quant à eux déjà mis en pratique leurs idées communistes sur leur ile depuis le printemps 1917 : il s'agit d'un mode de fonctionnement proches du communisme libertaire et du communisme des conseils. Rien à voir avec le programme bolchévique tel qu'il se révélera par la suite.
Le coup d'Etat bolchévique sera extrêmement romancé a posteriori. Il sera même renommé "révolution d'Octobre".
Il s'agit en fait d'une poignée de Bolchéviks qui prennent d'assaut le palais gouvernemental grace au soutien crucial des marins de Kronstadt dans le croiseur "Aurora".
Ce n'est pas très bien préparé : les participants ne connaissent pas le plan du palais et se perdent dans ce dédale. Si bien que la majorité du gouvernement a le temps de s'enfuir.
Anecdote souriante : ils trouvent la cave à vin du palais : une des mieux fournies d'Europe, dit-on. Ils la distribuent dans la rue, Pendant des jours c'est la plus grosse beuverie générale de l'Histoire de St Petersburg, voire du monde.
Dès le lendemain Lénine déclare la paix, conformément à sa promesse. Il invite tous les belligérants à faire une paix blanche. Il propose aussi à tous les travailleurs de cesser le combat.
Mais il avertit tout de suite qu'il consentira à d'autres termes s'il le faut.
Les alliés refusent évidemment mais les Allemands et les Autrichiens se montrent particulièrement intéressés par la perspective de supprimer le front de l'Est.
je vous donne une carte de l’espérance de vie en russie et elle chute dans les années 90, avec le très libéral etsine.
http://www.google.fr/imgres?client=firefox-a&hs=agg&sa=X&rls=org.mozilla:fr:official&biw=1467&bih=691&tbm=isch&tbnid=mNjUhPz_V1fm9M:&imgrefurl=http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays%3Flangue%3Dfr%26codePays%3DRUS%26codeTheme%3D3%26codeStat%3DSP.DYN.LE00.IN&docid=cCaB0Azs2F0kRM&imgurl=http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMHistoComplexe%253Flangue%253Dfr%2526annee%253D2000%2526annee2%253D2000%2526codeStat%253DSP.DYN.LE00.IN%2526codePays%253DRUS%2526type%253D5%2526compareMonde%253D2%2526definitionMinimum%253D5%2526codeStat2%253Dx&w=500&h=260&ei=aLtEUquZHMTDtQbSl4CgDA&zoom=1&iact=hc&vpx=1115&vpy=237&dur=8113&hovh=162&hovw=312&tx=122&ty=72&page=1&tbnh=143&tbnw=275&start=0&ndsp=26&ved=1t:429,r:6,s:0,i:101
On ne peut pas Vouer aux gémonies le communisme malgré ses faiblesses et ses horreurs.Même les pays démocratique ont aussi beaucoup de sang sur les mains .
Qu'est ce qui se passe en Octobre 1917 ?
C'est la conjoncture de deux mouvements momentanément convergents :
- D'un côté la prise de contrôle de l'appareil d'Etat par un parti original : les bolchéviques.
-De l'autre un vaste mouvement de révolution sociale initié dès le printemps/été 1917 dans les campagnes, avec notamment le fameux "partage noir" (les paysans partagent eux-mêmes les terres entre eux, en fonction des bouches à nourrir et sans le moindre contrôle d'aucun parti politique, pas même les bolchéviques, qui ont d'autres projets (eux veulent la collectivisation sous l'égide de l'Etat).
Il y a 4 forces majeurs en jeu :
-> D'abord ce vaste mouvement paysan, qui est en gestation depuis longtemps dans les campagnes russes (les siècles d'oppression tsariste). C'est cette force qui prend le plus d'ampleur dès l'été 1917.
Les campagnes entretiennent de longue date une certaine méfiance vis à vis de l'Etat et de la ville (d'où viennent les receveurs d'impôts, les "recruteurs" de l'armée... Tout ce qui vient emmerder la campagne...), et elle se traduit par un rejet total à cause de la conjoncture du moment.
A l'été 1917, l'Etat est déjà largement en voie de délitement dans les campagnes et les paysans ont commencé le "partage noir" : leur révolution agraire autonome.
L'Etat use et abuse de la violence répressive, ce qui entretient le mouvement (on est encore avant le coup d'Etat bolchévique)
-> L'armée.
A la fin de l'été 1917 l'armée entre en phase de décomposition avancée.
Les moudjiks, qui sont la principale composantes de l'armée, en ont marre de la guerre et désertent massivement pour rentrer chez eux. Ils emportent leurs armes avec eux et rejoignent le mouvement social qui agite les campagnes.
-> Les ouvriers.
Les ouvriers ne représentent qu'environ 3 à 5% de la population active russe. Ils sont évidemment présents en ville et se fichent bien du partage noir qui a lieu dans les campagnes. Ils sont plus intéressés sur les mots d'ordre bolchéviques (résumés dans les thèses d'Avril) et leur apportent leur soutien (ce qui n'était pas le cas avant 17, en tout cas pas aussi massivement).
Ils font vivre les fameux "soviet" urbains qui se multiplient mais n'ont que peu de contacts avec les soviets ruraux.
-> Enfin, dans le même temps, les minorités nationales sont en pleine ébullition, avec des variations selon les régions. Les polonais sont particulièrement actifs de ce côté là. Mais aussi les ukrainiens, les baltes, les caucasiens.....
On réclame l'autonomie, l'indépendance (rappelons qu'elle avait quasiment été promise à certains, dont les polonais, pour les pousser à faire la guerre en 14)
Ces quatre forces démolissent méthodiquement toutes les structures de l'ancien Etat tsariste, puis "républicain" (le gouvernement de Février)
Elles sont en situation d'accord tacite entre elles : elles veulent toute la défaite de l'ancien ordre social et la paix.
Ca changera vite... Et l'affrontement entre elles sera long.
La conjoncture de la guerre n'est pas étrangère à l'embrasement. Mais cette conjoncture ne fait qu'agir sur des processus déjà en cours ou en gestation dans l'empire russe depuis longtemps.
La "Révolution russe" ne se réduit absolument pas au coup d'Etat de 1917, comme les bolchéviques essaieront de le faire croire a posteriori. Ceux-ci ont très largement profité de la convergence momentanée de différents mouvements, tous d'accord pour abattre les structures socio-politiques précédentes et qui apporteront leur soutien tacite au coup d'Etat lui-même. Avant de déchanter totalement...
Et la suite ?
Les bolchéviques savent qu'ils ne sont pas encore en réelle position de force et ils mettent une large partie de leur programme entre parenthèses : tout le volet agraire en particulier est laissé tombé parce qu'ils n'ont pas les moyens de lutter contre le partage noir établi de facto dans de larges portions des campagnes.
Comme toutes ces forces sont incompatibles à moyen-terme, on va voir les bolchéviques monter progressivement en puissance et briser toute opposition sitôt les moyens de le faire acquis.
Résumons :
En dépit de l'abdication du Tsar et de l'instauration d'un régime constitutionnel, conservateur et n'ayant pas l'intention de changer grand chose dans les structures de la Russie, on assiste à la convergence de plusieurs mouvements avec pour objectif la destruction de l'ancien régime.
Que se passe t-il au lendemain du coup d'Etat ?
Les soviets sont neutralisés immédiatement par les bolchéviques partout où c'est possible. Ils en noyautaient déjà certains, et commencent à le faire pour les autres.
L'autogestion mise en place dans de nombreuses usines est remplacée par le contrôle étatique, qui se prétend "ouvrier", donc légitime pour le contrôle... sic
C'est le début d'un grand malentendu vis à vis des travailleurs.
L'Etat a le souci de l'efficacité économique, mais les travailleurs aspiraient justement à ce que la pression mise sur leurs épaules pendant la guerre soit levée. Or les bolchéviques leur ordonnent de redoubler d'efforts et restent sourds à leurs revendications.
Dès Novembre 1917 les grèves ouvrières se multiplient dans les villes.
Le coup d'Etat a accéléré le délitement de l'empire : de nombreuses nationalités proclament leur indépendance et les bolchéviques sont débordés :
Ca leur pose en effet plusieurs problèmes : les blés d'Ukraine se retrouvent dans un pays étranger. De même que le pétrole du Caucase.
Alors le pouvoir bolchévique comprend soudain beaucoup mieux le régime tsariste et reprend ses us et coutumes à son compte : il entreprend de recoller les morceaux. Les bolchéviques reprennent l'impérialisme à leur compte tout en l'enrobant de rhétorique et de propagande "ouvrière" qui ferait de leur impérialisme le plus légitime. Selon eux ce ne serait d'ailleurs même pas de l'impérialisme.... sic
Ils commencent à forcer les nouveaux pays à retourner dans le giron russe.
C'est alors que tous les mouvements qui convergeaient jusqu'à l'automne se télescopent soudainement
La doctrine du parti bolchévique est claire : il est l'avant-garde éclairée de tous les travailleurs. Lui seul connait la voie de la révolution et est apte à la montrer aux masses.
Cela se traduit par un refus complet du partage du pouvoir, y compris avec les autres tendances se revendiquant du communisme ou ayant une projet proche (les mencheviks, les SR, les anarchistes et bien d'autres... Les bolchéviques sont très loin de faire l'unanimité en milieu ouvrier comme paysan).
L'incompréhension grandit parmi ceux qui ont initialement soutenu le coup d'Etat bolcheviks (ils soutenaient en fait surtout ses promesses de paix de partage de la terre).
On crée le conseil des commissaires du peuple, composé de bolchéviques, pour surveiller les soviet.
A Petrograd, début Décembre 17, Trotski et Felix Djerjinski créent le "comité militaire révolutionnaire", composé de 60 membres dont 50 bolchéviques. Il sera chargé de préparer la prise de pouvoir effective par les bolchéviques notamment en structurant le réseau policier du nouvel Etat.
Il n'existera que moins de deux mois mais émettra plus de 6000 ordres, surtout pour briser les grèves ouvrières massives à Petrograd, Moscou et d'autres grandes villes.
Ce réseau d'espions et de policiers devient très vite la "Vetcheka" (accronyme de : Commission extraordinaire panrusse pour la répression de la contre-révolution et du sabotage), plus connue sous le nom de "Tchéka" (abréviation : lettres russes "tché" et "K" pour "commission extraordinaire").
Début 1918 les soviet sont à peu près intégralement sous le contrôle autoritaire de l'Etat bolchévique grace à l'action de ces deux organismes.
Dès la fin Octobre 1917 on avait commencé à parler de lutte contre les "ennemis du peuple". On avait établi des listes de proscriptions.
Bientôt même les "suspects" sont listés et on crée les "tribunaux révolutionnaires" pour les juger.
On crée aussi une commission de ravitaillement chargée d'aller chercher à la campagne de quoi nourrir les villes.
On épure l'armée de ses éléments bourgeois ou nobles (surtout parmi les officiers bien sûr).
Le 6 décembre le couvre-feu est déclaré à Petrograd.
La "Terreur révolutionnaire" est lancée, en référence à la révolution française, et la violence se généralise :
- Violence urbaine : les ouvriers font massivement grève et se révoltent. La répression est terrible.
- Violence paysanne : beaucoup de moudjiks ont ramené leurs armes avec eux à leur retour du front, et ils ne se laissent pas spolier le peu qu'ils ont par les agents de la Vetcheka (ils sont toujours méfiants vis à vis de ce qui vient de la ville et de l'Etat : ils n'en veulent plus).
Situation début 1918 : pas d'opposition trop menaçante face aux bolchéviques. Ils contrôlent d'une main de fer beaucoup de villes, notamment dans le Nord et le centre du pays.
Les interventions étrangères sont bien là mais restent assez faibles tant que WW1 n'est pas terminée.
Seule une petite armée (environ 3000 hommes alors) commandée par les généraux "blancs" (tsaristes) Alexeiev et Kornilov se met en place dans le Sud du pays, soutenue par les puissances étrangères.
Beaucoup de Kosaks se joignent à eux parce qu'ils jouissaient d'un statut particulier sous le Tsar, notamment un statut très favorable concernant le service militaire. Ils se sentent menacés par les bolchéviques, et les blancs les abreuves en plus des pires mensonges sur les révolutionnaires.
D'emblée les combats sont extrêmement violents malgré le peu d'effectifs engagés (c'est le début de la guerre civile).
Les bolcheviques justifient leur sauvagerie par la volonté d'"exterminer les ennemis du peuple" . Il ne peut y avoir de négociations : c'est la victoire totale ou la mort.
Cela se comprend (le constat, pas les moyens employés) puisque cette guerre a effectivement un enjeu social en plus du politique : entre les deux visions de la sociétés face à face (tsaristes et révolutionnaires, noyautés par les bolcheviques) il ne peut y avoir qu'un vainqueur et un vaincu.
D'où la violence extrême. Ce qui perdra malheureusement déjà à moitié la révolution (on ne construit pas de paradis sur terre à partir d'autant de cadavres...)
Pendant ce temps la Vetcheka redouble de répression contre les grèves ouvrières, dont elle massacre systématiquement les leaders.
Le 3 Mars 1918, c'est la paix de Brest-Litovsk. Une paix très dure pour la Russie qui se retrouve bien dépecée.
Le 10 Mars le pouvoir Bolchévique quitte Petrograd pour Moscou, officiellement pour rompre avec le symbole tsariste par excellence que représente la ville, en fait surtout parce que la ville est peu sûre pour eux, tant sur le plan social (grèves ouvrières très dures) que sur la plan de la situation géostratégique en cas de guerre civile : la ville est moins bien défendable que Moscou.
La Vetcheka suit le mouvement et s'installe à Moscou.
A ce moment, la Vetcheka compte déjà environ 2000 membres, auxquels s'ajoutent des milliers de "troupes spéciales", de mouchards, d'espions...
A titre de comparaison, le commissariat (ministère) de l'intérieur compte 400 membres.
Au printemps et en été la Terreur bolchévique frappe de plein fouet les forces révolutionnaires et néanmoins hostiles aux bolchéviques.
Les 11 et 12 Avril, 1000 hommes de la Vetcheka encerclent et attaquent tout un quartier de Moscou qui a voulu déclarer son autogestion.
Il y aura plus de 500 arrestations, et un nombre de morts inconnu...
Les menchéviks sont en train de regagner du terrain dans les soviets de province, que les bolchévik avaient réussi à contrôler à grand peine pendant l'hiver 17-18.
La réponse ne se fait pas attendre : Trotsky déclare "Nous sommes pour la guerre civile ! Vive la guerre civile !"
On crée une véritable armée chargée de ravitailler les grandes villes qui va écumer la campagne en purgeant au passage le plus d'éléments anti-bolchéviques possible.
Juin 1918 : la guerilla a commencé dans les campagnes, contre les bolchéviques.
On dénombre environ 140 insurrection pendant l'été 1918.
Tous les journaux d'opposition, qu'ils soient de droite, de gauche, anarchistes ou autre sont muselés et/ou interdits.
Tous les soviets non-favorables aux bolchéviques sont déclarés illégaux et sont dissous, souvent par la force.
Juin 1918 : la Vetcheka compte environ 12 000 membres.
A la fin de l'année elle en comptera près de 40 000.
Le 13 Juin, la peine de mort est rétablie (elle avait été abolie par les bolchéviques pour faire bonne figure, mais là ils en ont trop besoin...)
Les grèves ouvrières prennent encore de l'ampleur. Les bolcheviques ferment les usines agitées et répriment à tout va.
En Juin on assiste à un appel à la grève générale par pratiquement toutes les organisations révolutionnaires non-bolchéviques. Et les grèves fleurissent en effet partout dans le pays.
texte très éclairant baraban si tu as des liens sur le sujet ou des références je prends ;
Et pendant ce temps :
A l'été 1918, il y a maintenant 3 fronts pour les bolchéviques :
- L'armée blanche du Don (celle du célèbre Denikine)
- L'Ukraine, avec son nouveau gouvernement ("la rada") très pro-allemand, anti-bolchevique et carrément anti-russe (l'ancien colonisateur). L'armée allemande les appuie évidemment.
- Le long du transibérien, la fameuse "légion Tchèque" commence à bouger (des Tchèques enrolés dans l'armée russe pendant la guerre qui se battent dans le but de faire tomber l'empire Austro-Hongrois. Ils sont très déçus par le retrait de la Russie de la guerre et sont donc contre le nouveau gouvernement. Ils veulent que la Russie reprenne le combat contre l'Autriche-Hongrie).
De plus dans la zone tenue par les bolchéviques on dénombre environ 140 révoltes populaires (contre la Terreur bolchevique, contre la conscription dans la nouvelle armée rouge, etc...).
La Vetcheka arrête en masse, prend des otages, déporte (les camps qu'elle contrôle sont les ancêtres directs du fameux "goulag")... Cette terreur ne s'achèvera pas de sitôt : elle durera près de 70 ans.
Les camps sont de deux types :
- Les camps de travail coercitif. On y entre après un jugement "légal".
- Les camps d'incarcération. Ceux-ci peuvent être prescrits sur une simple formalité administrative : pas besoin de jugement.
Le 15 Aout on arrête les principaux leaders menchevik.
Il y a plusieurs tentatives d'attentats contre Lénine, qui lui servent de prétexte pour accuser les SR et détruire leurs structures.
La presse aux ordres, et en particulier la Pravda, relaye les premiers mensonges du pouvoir. Ca deviendra une tradition dans l'union "soviétique" (qui est déjà en train de se débarrasser des soviets, mais qui gardera le nom)
La Terreur rouge prend le prétexte de la guerre de classes pour se justifier.
Zinoniev prévoit 10 millions (oui oui) de morts ("90 sur 100 millions doivent survivre")
Et en effet la Vetcheka execute plus d'opposants politiques en quelques semaines que le régime tsariste depuis 1825... Joli score.
On crée de nouvelles catégories de criminels : les "suspects" deviennent des criminels. De même que les "ennemis du peuple", dont la définition dépend de la volonté Bolchevique.
Lénine octroie à la Vetcheka un brevet d'infaillibilité et crée les "troupes de défenses de la République" à partir des troupes "spéciales" de la Vetcheka.
Et c'est sur ce font de répression ultra-violente que la guerre civile se poursuit. Armée rouge contre armée blanche, certes.
Mais pas uniquement. Il y a aussi le "front intérieur".
Les deux principales armées, rouge et blanche, avancent et reculent au grès des victoires et défaites, et chacune organise une répression sanglante des terrains qu'elles occupent : les blancs visent les révolutionnaires dans leur ensemble, les bolchéviques visent les blancs mais aussi les autres révolutionnaires, pas d'accord avec eux. Ils ratissent ainsi encore plus large que les blancs... Ils n'ont pratiquement que des ennemis partout :
En 1919, c'est une gigantesque révolte paysanne qui frappe la région de l'Ukraine à la Volga.
Les blancs en profitent pour avancer (Denikine et Koltchak surtout).
Les interventions étrangères gagnent en puissance depuis la fin de WW1.
Dans le même temps, la Pologne qui s'est constituée en Etat indépendant n'est pas d'accord avec la Russie bolchevique sur le tracé de la nouvelle frontière : elle veut récupérer du territoire perdu lors des partages de la Pologne antérieurs, mais la Russie n'est évidemment pas d'accord -> Encore une fois, les bolcheviques révèlent leur vrai visage, tout aussi impérialiste que les autres Etats en ayant les moyens. Ils ne veulent pas perdre un pousse de territoire, mais ils veulent aussi en profiter pour mettre en place une Pologne alliée aux bolcheviques et relier ainsi le territoire bolchevique russe aux révolutionnaires allemands
(les spartakistes, qui ne plaisent pas du tout aux bolcheviques. Ceux-ci voudraient bien contrôler ce vent révolutionnaire pour que ce soit leurs idées, centralistes et autoritaires, qui triomphent contre le communisme des conseils libres prôné par les spartakistes).
En Pologne les dirigeants remettent les anciens propriétaires terriens en place, ce qui exaspère les communautés paysannes. Ils commencent à organiser ce qu'ils appellent la "chasse aux judéo-bolchévique" et autres "socialistes".
L'antisémitisme est largement présent dans les anciens territoires russes et est surtout marqué en Ukraine.
On a un retour massif des pogroms côté blanc, surtout à l'été/automne 1919.
Les puissances étrangères ferment les yeux et soutiennent toujours les blancs.
Denikine et la Rada (gouvernement ukrainien) cautionnent tout à fait ces exactions anti-juives.
On estime le nombre de victimes à 150 000. Mais la terreur n'est pas revendiquée côté blanc comme elle l'est côté rouge, où elle est même théorisée.
Les rouges ciblent ainsi tout ce qui n'est pas bolchévique, des anarchistes aux royalistes. Pas seulement les bourgeois et les nobles : Paysans, ouvriers, Cosaques, tout le monde...
Les anarchistes et les SR, justement, sont devant un dilemme : beaucoup ont commencé par soutenir les bolchéviques quand ils étaient tout sourire et qu'ils promettaient ce que tout le monde voulait : la paix et le pouvoir aux soviets. Mais ils ont vite déchanté. Que faut-il faire maintenant ? Les bolchéviques se retournent contre tous leurs opposants, même révolutionnaires... Il n'est plus possible d'être allié avec eux.
Makhno par exemple, avait monté une armée populaire composée essentiellement de paysans ukrainiens (dont certains partagent l'antisémitisme ambiant...) pour lutter contre les allemands et les conservateurs ukrainiens, avec la bénédiction des bolchéviques jusqu'à ce qu'ils jugent ne plus avoir besoin de lui et se retournent contre lui. La Makhnovchtchina se bat alors à la fois contre les rouges et les blancs (et aussi parfois contre les juifs, au grand dam de Makhno).
Les premier internements orchestrés par les bolchéviques pour motifs "psychiatriques" ont lieu contre les SR, les anarchistes et les mencheviks.
10 Mars 1919, à Kronstadt, les usines Poutilov (ou Boutilov, je sais plus) se réunissent en AG et condamnent l'action et le gouvernement des bolcheviques. Ils veulent que le pouvoir revienne aux soviet, comme promis avant le coup d'Etat. Il exigent aussi la libération des milliers de prisonniers politiques révolutionnaires que les bolchéviques ont jetés en prison.
Lénine et Zinoviev viennent en personnes dans ces usines. Ils y sont conspués.
Alors la Vetcheka se livre au massacre d'une grande partie des ouvriers de ces usines.
On a aussi des massacres à Toula cette même semaine. A Astrakan du 12 au 14 Mars, de 2000 à 4000 grévistes sont fusillés ou noyés.
Trotsky interdit alors purement et simplement les grèves...
Mais ca ne les arrête pas. Pas encore...
En Juin 1920 il y aura une nouvelle grève à Toula : pour le dimanche chômé. La Vetcheka va s'en occuper de la même façon que l'année précédente... Elle procède à l'arrestation des leaders, mais tous les participants demandent à être arrêtés avec eux. Il y aura donc envrion 10 000 arrestations ce jour là.
Mais ce n'est pas tout !
Dans ce patchwork très compliqué, il y a aussi une autre force : les paysans en lutte organisés en milices, voire en armées. On les appelle les "Verts" . (Rouges, Blancs, Verts, Noirs avec les anarchistes... Ca en fait des couleurs)
Ils prônent "le terre aux paysans" , et pas à l'Etat comme le veulent les bolcheviques.
Ils veulent des soviet librement élus et hors du contrôle étatique. (ils ajoutent malheureusement souvent dans ce slogan : "sans moscovites ni juifs" ...)
Début 1921 les guerres paysannes sont partout, de l'Ukraine à la Sibérie en passant par la Volga.
Les bolchéviques ne tiennent plus que les grandes villes de leur propre zone, et encore : il y a de nombreuses grèves sauvages et révoltes.
C'est alors que Lénine met en place la NEP pour essayer de gagner en puissance. En gros il s'agit du rétablissement du capitalisme.
Ca ne calme absolument pas les ardeurs des divers insurgés.
Kiev change de mains pas moins de 14 fois, avec les conséquences habituelles que je vous laisse imaginer (épurations selon le camp qui prend la ville, etc...)
C'est la grande famine de 1921-22 qui calmera les paysans ukrainiens (on parle d'environ 5 millions de victimes)
En Mars 1921 éclate l'emblématique révolte de Kronstadt.
Les marins de cette base navale étaient initialement le meilleur soutien des bolcheviques (ce sont eux qui ont permis le coup d'Etat d'Octobre. Ils se sont battu avec l'armée rouge à ses débuts, et ils en sont considérés comme l'élite). Mais ils se retournent contre eux. Ils réclament eux aussi des soviet libres et la fin de la nouvelle dictature bolchevique. Ils veulent un retour aux principes du début de la révolution. http://fr.wikipedia.org/wiki/Révolte_de_Kronstadt#Revendications_de_Kronstadt
En guise de réponses à leur revendications ils sont massacrés par l'armée rouge.
La propagande intense de la presse contrôlée, la situation chaotique et les problèmes de ravitaillement, le ras le bol général vis à vis du tsarisme et le fait que les puissances étrangères envahissent la russie en soutien aux blancs, mais aussi la disparition des principaux opposants aux bolchevik des suites de la traque sanglante orchestrée par la police politique conduisent cependant à un accroissement du ralliement aux bolcheviques dans leur zone de contrôle.
Ils progressent sur tous les fronts.
Les pays occidentaux qui tentent de soutenir les blancs s'essoufflent peu à peu et abandonnent le terrain (plusieurs facteurs : les peuples en ont marre de faire la guerre et ne comprennent pas cette agression de la Russie qui ne les concerne pas. De plus les Etats occidentaux ont peur que leurs propres ouvriers prennent le parti de la Russie révolutionnaire)
Lachés par les occidentaux, les blancs ne peuvent se soutenir par eux-mêmes et lâchent prise.
Les paysans sont décimés à la fois par les blancs et par les rouges à mesure de leurs progressions et ne sont plus en mesure de s'organiser pour se défendre eux-mêmes.
La Makhnovchtchina est détruite par l'armée rouge, bien que ce soit elle qui ait empêché que l'ukraine ne tombe aux mains de l'Allemagne et des blancs.
Les rouges se retrouvent seuls face aux blancs et parviennent à les vaincre finalement.
Début 1922 c'est l'Eglise orthodoxe qui est attaquée (on l'avait plus ou moins laissé tranquille pendant la guerre civile parce qu'une grande partie des moudjiks étaient croyants et qu'il ne fallait pas achever de se les mettre à dos. Il y en avait déjà bien assez contre les bolcheviques. Mais maintenant que la situation est mieux sous contrôle, on peut y aller).
On se sert des biens saisis pour ravitailler les villes.
A partir de là, les bolcheviques vont restructurer leur Etat. Reconstruire le pays.
L'industrialisation russe était en effet largement tributaire des investissements étrangers (notamment français, avec les célèbres "emprunts russes" ), et ceux-ci ne veulent absolument pas financer une Russie Bolchevique. Tout est à reconstruire, et il faudra le faire en grande partie en "interne", en autarcie.
Il faudra attendre la toute fin des années 20' et le début des années 30' pour que les bolcheviques soient enfin en mesure d'imposer leur programme aux campagnes russes, qui n'en voulaient pas et qui continuaient localement à pratiquer le "partage noir" dès que la répression se relâchait.
Ce sera sanglant.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Collectivisation_en_Union_soviétique
Un mot encore sur les camps de concentration :
Au début des années 30' , les camps comptent environ 140 000 prisonniers.
La GPU a succédé à la Vetcheka.
La politique est de faire bosser les détenus (on parle de "réhabilitation par le travail" (ce qui ne nous rappelle rien... Arbeit macht frei ? ) des dangereux éléments contre-révolutionnaires, c'est à dire des mécontents et de ceux qui critiquent le pouvoir bolchevique).
En 1932 les détenus sont environ 300 000.
En 1935 les camps sont unifiés en une seule administration : c'est le début du célèbre "goulag" (acronyme russe pour "Administration principale des camps")
On estime le nombre de détenus à 1 000 000.
La mine d'or de la kolyma fait travailler à elle seule environ 140 000 détenus.
En 1941 on estime le nombre de détenus à 2 000 000.
Mais on se fait pas mal d'idées fausse sur le goulag.
On était par exemple très rarement condamné à vie au goulag.
La majorité des peines étaient inférieures à 5 ans et le renouvellement des prisonniers dans les camps était d'environ 20% par an.
Les détenus politiques représentent "seulement" (sic) 1/3 des détenus après la guerre civile. Les autres sont des fraudeurs, des voleurs (quand on a faim, on vole...), des gens qui n'avaient pas de passeport (parce qu'en 1932 on a instauré un système de passeport interne dans le pays pour lutter contre les déplacements de population fuyant la faim et les contrôler. On est pendant l'holodomor en Ukraine et beaucoup voudraient fuir pour ne pas mourir. Une famine beaucoup moins célèbre touche aussi le Kazakstan pratiquement en même temps, qui fera environ 1 millions de morts). Il y a aussi famine dans le caucase... Même autour de Moscou, la mortalité due à la faim et aux conditions de vie explose littéralement.)
Bref, le prisonnier de droit commun a aussi droit au goulag.
Il y a une très forte mortalité dans les camps (on se tue à la tâche... littéralement) mais ce ne seront jamais des camps d'extermination proprement dits. Le but est quand même de garder le travailleur vie pour qu'il bosse.
Pour Komodor je sais pas quelle source Baraban utilise mais si tu veux un excellent bouquin sur la guerre civile russe et la révolution de 17 je te conseille "la révolution russe" d'Orlando Figes.
ok je note pour ma prochaine commande de bouquin merci .
Merci baraban, enfin des propos objectifs ![]()
Désolé pour les communistes que j'aurai offensés mais les deux pro-dictature incapable de tenir un dialogue m'ont dégouté.
Je lis ton pavé en rentrant de cours ![]()
J'ai lu et franchement il y pas mal d'informations fausses d'ailleurs tu ne cites aucunes sources ...
DatFrunkp, on est pas des pro-dictature et un gros pavé ne suffit pas à faire monter la crédibilité
Là c'est surtout de l'impro de tout ce que j'ai appris au fil du temps sur les révolutions russes (on peut presque dire qu'il y en a 3 entre 1917 et 1921...).
Des sources, il y en a un paquet.
Ca commence avec mes cours d'histoire contemporaine à la fac. Ensuite il y a des informations croisées d'un paquet de bouquins.
R; Rocker, Voline, Lénine, Staline, Trotsky, R. Luxembourg, F.X. Coquin, Mayer, Mandel, et d'autres.
Pour les sources lues en Russe il y a entre autres Golovin, Soukhanov, Sokolov et même Dénikine !
Ca fait quelques temps que je m'intéresse au sujet.
D'ailleurs j'attends qu'Appiodici_bis me corrige les fautes qu'il n'a pas manqué de remarquer
A moins que comme beaucoup d'autres amis des bolchéviques, il considère qu'est faux tout ce qui n'est pas hagiographique ![]()
Après tout, leur journal s'appelait la "pravda"
Trisomwizabitch : Je ne connais pas Orlando Figes par contre
Sinon, des réactions ?