Et si la " liberté du peuple " ne souhaite pas massacrer en masse ?
Le 24 janvier 2016 à 21:34:19 parkas_1 a écrit :
Et si la " liberté du peuple " ne souhaite pas massacrer en masse ?
Selon Appiodici, le peuple ne sait pas ce qui est bon pour lui. ![]()
Le 24 janvier 2016 à 21:31:53 Tyler_Durden_68 a écrit :
Semblerait bien que si, un choix s'impose.
Ce que je veut dire c'est qu'il y a un contexte, et je ne pense pas qu'il y est une doctrine politique qui soit totalement universelle.
Par exemple on va prendre le cas du Chiapas avec le marxisme léninisme : Il est juste invraisemblable pour l'EZLN si elle était ML que le Chiapas est une bonne terre où s'installer, tout simplement car les peuples indigènes aspiraient avant tout à se séparer de l’État, pas à le prendre, ce dernier les persécutant depuis des siècles.
Dans un autre sens, l'anarchisme n'est pas applicable dans les pays anglo-saxons et nordiques car la morale protestante qui est de mise là bas est contraire à l'oisiveté promise par l'anarchisme.
Je sais pas si tu as compris mais le monde est très diversifié, à la fois du fait des cultures (à comprendre comme façons de penser), des contextes géopolitiques préexistants et des rapports de force.
Penser alors qu'une seule théorie politique peut convenir au monde entier me parait faire fausse route. C'est d'ailleurs pour ça que je vois d'un bon œil autant les expériences dont je suis politiquement proches, comme le Chiapas, que celles dont je ne le suis pas mais se battant contre le capitalisme, comme aux Philippines.
Le 24 janvier 2016 à 21:55:24 Thomas_Walk_4 a écrit :
Penser alors qu'une seule théorie politique peut convenir au monde entier me parait faire fausse route.
Merci, on peut donc clore ce topic.
Un seule théorie politique dans le cadre de la sortie du capitalisme, j'aurais dû préciser.
Je parle plutôt de la manière de mener la lutte, pas qu'il n'existe qu'une seule doctrine politique applicable. Prétexter que tout est une question culturelle, ne me semble pas un argument convaincant. Si il y a la reconnaissance de la GPP comme théorie universelle, ce n'est pas pour rien... C'est qu'elle a fait ses preuves. Certes, il y a une multiplication d'expériences, de manières de luttes, c'est même très bien. Mais ce qui doit nous intéresser, c'est de savoir laquelle au finale, permet d'avoir des résultats ? C'est pour ça que j'ai dis "J'ai fais mon choix", non pas qu'il soit définitif mais qu'il s'adapte surtout à la réalité. Si ça piétine au Chiapas et ça reste dans l'autonomie indigène, alors que ça progresse aux Philippines par exemple, c'est qu'il y a des questions de stratégies globales à se poser, tout simplement.
Bien évidemment, je reste persuadé que les formes de lutte et les multiplications de ces dernières sous la dictature du prolétariat, prendront des formes diverses et variés. C'est bien là que tout se joue et sera déterminant.
Le 24 janvier 2016 à 21:34:19 parkas_1 a écrit :
Et si la " liberté du peuple " ne souhaite pas massacrer en masse ?
Qu'est-ce que François Furet fait là, il s'est perdu ?
GPP ?
Guerre populaire prolongée je crois, un élément introduit par les maoïste dans la théorie marxiste léniniste.
C'est qu'il s'y connait ![]()
Les dernières insurrections clairement rurale dates de la résistance. Or la stratégie de l'encerclement des centres urbains (c'est bien ça entre autre la GPP ?) n'a marché qu'à un seul endroit, la Corse, grâce à son maquis impénétrable. Si on prend la situation de la France tout comme de l'Europe aujourd'hui, le combat rural est juste suicidaire. Les guérillas telles que les FARCs ou le Sentier Lumineux en Amérique du sud n'ont réussie à résister que grâce à une géographie favorisant la guerre populaire.
À chaque réseau ses points faibles, ses nœuds qu’il faut défaire pour que la circulation s’arrête, pour que la toile implose. La dernière grande panne électrique européenne l’a montré : il aura suffi d’un incident sur une ligne à haute tension pour plonger une bonne partie du continent dans le noir. Le premier geste pour que quelque chose
puisse surgir au milieu de la métropole, pour que s’ouvrent d’autres possibles, c’est d’arrêter son perpetuum mobile. C’est ce qu’ont compris les rebelles thaïlandais qui font sauter les relais électriques. C’est ce qu’ont compris les anti-CPE, qui ont bloqué les universités pour ensuite tâcher de bloquer l’économie. C’est aussi ce qu’ont compris les dockers américains en grève en octobre 2002 pour le maintien de trois cents emplois, et qui bloquèrent pendant dix jours les principaux ports de la côte Ouest. L’économie américaine est si dépendante des flux tendus en provenance d’Asie que le coût du blocage se montait à un milliard d’euros par jour. À dix mille, on peut faire vaciller la plus grande puissance économique mondiale.
Il n'y a donc aucun piétinement de l'EZLN, c'est juste en totale continuité avec ce qu'elle a voulue faire, vouloir un Chiapas communiste autonome.
Quelque chose de très important : Jamais et au grand jamais, Mao et Gonzalo n'ont théorisé le fait que la GPP doit être mené exclusivement dans des pays (semi)-féodaux ou agraire ! Bien au contraire, Mao a théorisé la Guerre Populaire comme stratégie militaire et comme nécessité de s'affronter avec l'appareil d'État, donc pas uniquement d'avoir une ligne militariste (qui serait de l'ultra-gauchisme de faite), mais de reconnaître les impératifs militaires dans la lutte. Quand à Gonzalo, il est le premier à déclaré très clairement que les apports de Mao Zedong sont universel à la théorie marxiste-léniniste, notamment sur la question de la Guerre Populaire, qui peut-être appliqué... Même dans les pays impérialistes. Je tiens à souligner une autre chose très importante : Non, non et non la Guerre Populaire Prolongée n'est absolument pas basé mécaniquement sur "l'encerclement des villes par les campagnes" et ne repose pas uniquement sur des forces armées paysannes, ou qui ont des camps agraires. C'est comme tenté de ramener le maoisme à un marxisme-léninisme "à la chinoise", ou uniquement pour les pays du Tiers-Monde. C'est une vision fausse, mécaniste et qui ne tient pas compte de la réalité du MLM et encore moins de la position maoiste sur le sujet. Je pense aux maoistes Italiens et Canadiens, qui reconnaissent l'universalité de la GPP comme moyen de lutte et d'action révolutionnaire. Donc, arrêtons de croire qu'il s'agisse uniquement d'une question agraire, de lutte armée dans les campagnes où je ne sais pas quoi d'autre. C'est aussi risible que cantonner le mouvement autonome en France, à des types vivant dans des squats, se branlant sur Coupat sous la douche et déclamant du Tiqqun tout en lisant du Heiddeger en même temps.
La GPP est avant tout et je le répète, une façon de comprendre et d'organiser la lutte, jusqu'au conflit armé ouvert qui s'ensuivra. Est-ce que la GPP est possible dans les pays impérialistes ? Oui, absolument. Car c'est une stratégie globale, qui repose sur plusieurs concepts assez simple, une organisation stricte, etc etc. En Europe, nous avons connu la guérilla urbaine car la caractéristique de l'Europe est d'être le cœur des métropoles impérialistes. Les BR, les CCC, la RAF ont été inspiré autant par la Chine, que par Guevara et le foquisme, que par les mouvements révolutionnaires amérindiens. Seulement, l'application d'une ligne ultra-militariste comme celle de la RAF, à conduit à sa perte. Les BR étaient (quoi qu'on puisse en dire), implanté assez bien dans la classe ouvrière, etc etc. L'IRA quand à elle, a eu des dirigeants dans les années 70/80 proche des théories maoïstes, notamment dans l'affrontement avec les forces de répression. Est-ce que la France c'est la Russie ou la Chine ? Non. Alors pourquoi appliquer mécaniquement ? C'est inutile. Ce qui est sûr, c'est qu'il y aura la dictature du prolétariat et c'est bien là le point d'ancrage en fait, avec la révolution russe et chinoise ! Aujourd'hui, si il doit y avoir des zones "rouges" ou autre, c'est tout ce qui concerne principalement les zones qui sont entre l'urbain et la campagne, toutes ces zones avec de fortes contradictions et qui ne sont plus idéologiquement influencé par l'extrême-gauche et les révolutionnaire. Faire le maquis ? Un peu de sérieux...
J'ai lu le Comité Invisible, j'ai lu Tiqqun... Comme tout le monde à l'époque, parce que ça faisait criser pas mal de monde et c'était la grande peur de "l'ultra-gauche". Depuis quand la GPP est uniquement une question de contrôle de territoire ? En fait, tu as une vision totalement biaisée de la GPP, de ses moyens d'actions, politiques et militaires. C'est sans doute pour ça que tu n'arrives pas à l'appréhender de façon globale et claire. Évidemment que le contrôle pur des bâtiments administratifs ou symbolique ne sert plus à grand chose, mais qu'il faut viser l'infrastructure et le cœur économique. En quoi cela est contraire à la GPP ? En rien en fait : http://lesmaterialistes.com/veritable-point-vue-maoiste-guerre-populaire-prolongee-pays-imperialistes (Très bon texte de Front Social sur la GPP dans les pays impérialistes)
Tu as raison sur un point fondamental : On ne peut pas lancer un mouvement tel que la GPP, tant que nous ne sommes pas dans une phase défensive, dans une phase d'accumulation, de lutte idéologique et politique afin de re-gagner à nous des pans entiers de la société, capable de s'organiser et surtout, d'être la possibilité de nos bases arrières ! Chercher la rupture, préparer le terrain. Nous sommes à un degré zéro actuellement, même pas dans une phase défensive en fait... Avant de lancer quoi que ce soit, il faut déjà créer les conditions objectives qui pourront permettre de créer la cassure, de créer les points de faille et par la suite, de disposer des zones nécessaires pour le lancement de la GPP. On ne se lance pas à l'aveuglette dans une aventure purement militariste, sans soutien populaire car c'est la mort assuré.
Ce que le (n)PCI appelle ici ‘‘première phase de la Guerre populaire’’, c'est en fait le travail préparatoire du Parti prétendant à la direction révolutionnaire des masses, au sein de l'étape zéro, pour passer à l'étape 1 : la défensive stratégique de la Guerre populaire déclarée, proprement dite. C'est le travail de construction de l'antagonisme et de la ‘rupture ’ sur le terrain de la société civile, et de préparation organisationnelle et opérationnelle sur le terrain politico-militaire. La ‘seconde phase’, c'est la Guerre populaire proprement dite ; une guerre d'intensité variable, peut-être faible au début mais allant en s'intensifiant, qui se caractérise par 1°/ un Parti dirigeant et identifié comme tel par les masses, avec sa Force combattive et son/ses Front(s) révolutionnaire(s) et populaire(s) uni(s) (organisations de masses générées, organisations alliées diverses), 2°/ une conception du monde (idéologie), une STRATÉGIE, un PLAN DE TRAVAIL et de lutte clairement établi (modifiable et rectifiable, mais établi dans son principe) pour la conquête du pouvoir par les classes exploitées. C'est l'affrontement clair entre deux camps, deux armées : la bourgeoisie avec principalement son État, mais aussi éventuellement des forces para-étatiques ; et le prolétariat à la tête des masses populaires, avec le Parti, sa Force de combat et son/ses Fronts. C'est à partir de là qu'il y a un sens à parler de défensive, équilibre et enfin, un jour (oser l'espérer, c'est oser lutter donc oser vaincre...), offensive pour la conquête du pouvoir.
http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/gramsci-et-la-theorie-de-la-guerre-populaire-en-pays-capitaliste-tres--a114072346
Et la suite : http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/gramsci-et-la-theorie-de-la-guerre-populaire-en-pays-capitaliste-tres--a114072464
Faut mener une lutte idéologique, politique et pour reprendre Gramsci, qui est "culturelle", c'est à dire qu'il va falloir commencer à faire bouger les lignes dans les bastions qui semblent impénétrables pour la bourgeoisie.
Le problème du Chiapas, est finalement j'ai envie de dire le problème de l'Ukraine de Makhno : C'est chouette d'avoir l'autonomie, chouette de pouvoir s'auto-déterminer et pouvoir faire du communisme entre-soi. Mais les autres, ils vont se faire foutre, où alors ça se passe comment ? C'est le problème qui va se poser aussi au Kurdistan finalement, qui semble bien s'accommoder d'une stratégie similaire. Le problème, c'est qu'il est impossible de concevoir qu'une expérience révolutionnaire doive se cantonner à un petit espace fédéré, avec quelques communes et les autres, ils peuvent attendre leurs tours. Je dis pas que c'est égoïste, je dis simplement que cela démontre qu'il faut une stratégie internationale, globale et qui vise à faire la révolution: la Guerre Populaire Prolongée.
Il est sérieux ton pavé Tyler ? ![]()
Pourquoi ne devrait-il pas l'être ?
http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/01/25/badinter-remet-les-droits-des-salaries-au-c-ur-du-code-du-travail_4853015_823448.html
On va rire ![]()
http://www.humanite.fr/goodyear-michael-reynald-jean-francois-hassan-et-les-autres-condamnes-pour-lexemple-596637
Témoignages de 4 des syndicalistes Goodyear condamnés l'autre jour.
Triple post ![]()
Quelques témoignages de paysan de la Conf'/Copain44 sur la lutte à NDDL et sur le modèle agricole français :
http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20160122.OBS3189/notre-dame-des-landes-le-retour-en-force-des-paysans.html
N'empêche c'est degueulasse les syndicalistes arrêtés comme ça....
Ah et sinon assez intéressant l'autre article.
Le 25 janvier 2016 à 15:50:56 TheRedWave a écrit :
Ah et sinon assez intéressant l'autre article.
Lequel ?
Btw voilà le compte rendu de ce qui s'est passé cet après-midi au tribunal de Nantes à propos des expulsions à NDDL > immédiates pour les exploitations agricoles, 2 mois de délais pour les habitations.