Ca s´appelle : " le dormeur du greffe"
C´est un bureau de grisaille où chante une greffière
Arrachant follement aux dossiers des agrafes
D´argent ; où le soleil, sous le palais fier, jamais
Ne luit : c´est un petit greffe qui manque de lumière.
Un stagiaire jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la toge tombant dans la poussière grise,
Attend ; il est debout dans le greffe, sous le sol,
Sombre dans ce couloir où la lumière manque.
Les mains sur le comptoir, il attend.
Souriant comme Sourirait un enfant malade, il perd son temps :
Justice, berce-le chaudement : il s´ennuie.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il attend sous les néons, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux taches de café sur la bavette.
