Chapitre 34
La porte « 2 » s’ouvrit lentement, dévoilant d’innombrables créatures tenues en cage, certainement par mesures de sécurité. Derrière eux, Hargorn ferma la porte à clef. Aurion leva les yeux au plafond. Une fine ouverture laissait passer la lumière de la Lune. Ainsi, la pièce était baignée dans une douce lumière blanche.
« Bien, nous y voilà ! A mon avis, il est inutile de vous parler des règles, tellement elles sont simples : tuer le plus de créatures en un temps limité. Cette fois-ci, vous aurez droit à n’importe quelle arme, qu’elle soit de corps à corps ou de tir. »
« Pourquoi Hargorn a fermé la porte à clef ? »
« Ha, ha ! C’est simplement pour savoir quelle sera votre réaction lorsque vous ne pourrez pas fuir, pendant un combat. Pour voir votre niveau de courage, votre sang-froid. Bon, nous allons monter sur ce rebord de mur pour avoir une vue d’ensemble. Le temps est limité à deux minu… »
Mais il ne pu finir sa phrase : la douce lumière blanche s’effaçait peu à peu, comme si d’énormes nuages passaient par là. Tous levèrent les yeux en direction de ce phénomène étrange. Mais ce n’étaient pas de gros nuages, mais plutôt une sorte de gros bateau volant, quelque chose qui ressemblait à une énorme barque, avec, sur les côtés, deux grandes voiles qui faisaient penser à des ailes.
« Mais qu’est-ce que c’est que ça ! » cria Askar.
Puis il y eu un léger sifflement.
BOUM !
Le plafond explosa, les débris de pierres tombant sur le sol. Une fois le tremblement fini, ils levèrent une fois de plus les yeux : par l’énorme ouverture qu’avait créé l’explosion, on pu voir un homme, accroché au vaisseau, la main pointée vers eux. Et on pu aussi voir une aura qui entourait le vaisseau.
< C’est l’œuvre de la magie ! > pensa Krosia.
Et, par l’ouverture, une dizaine de mercenaires, armés jusqu’aux dents, entra dans la petite salle. Effrayé par leur venue, Aurion eut le réflexe de défoncer la porte d’un coup de pied impressionnant. Et, sans attendre son ami, il quitta les salles de l’épreuve. En s’en allant, il jeta un dernier regard vers Krosia, Askar et Hargorn : ils n’étaient plus là.
Il entendit alors le vrombissement du vaisseau qui partait dans la direction opposée. Et alors, tout fut calme.
Lentement, il s’approcha de la pièce « 2 », dans l’espoir d’y trouver quelqu’un. Mais il n’y avait personne. Il ne restait plus que les créatures, toutes aussi effrayées qu’Aurion. Manifestement, ses trois « compagnons » s’étaient fait enlevés. Mais pour quelle raison ? Et par qui ? Soudain, Aurion se rappela d’un symbole, d’une marque, gravée sur le vaisseau : une main noire.
Sans plus réfléchir, il se mit en tête l’idée de retrouver ses trois amis, surtout Krosia.
Il sortit de la guilde, sans dire un mot aux autre, bien qu’on le questionna sur le bruit de l’explosion. Mais Aurion fit mine de ne rien savoir.
Dehors, tout le monde semblait affolé, les gens couraient, fuyant un ennemi qui était déjà partit. Mais quel ennemi ? Personne ne semblait le savoir, bien que le mot « Empire » courait les rues. Alors, Aurion alla voir un vieux mendiant pour le questionner sur cet Empire.
« L’Empire ? Ha, ha ! Vous ne savez pas qui c’est ? Ben, les gardes impériaux, c’est ceux qui font régner leur lois, ceux qui emprisonnent les personnes qui ne sont pas d’accord avec eux, ect. Pourquoi c’te question ? »
Aurion lui expliqua donc ce qui s’était passé dans la salle de l’épreuve. Et il lui raconta aussi la marque de la main noire, sur le vaisseau.
« Aaah oui, la fameuse main noire ! Si c’est bien ce que tu as vu, il s’agit alors bien de l’Empire. »
« Vous semblez vous y connaître avec l’Empire, je me trompe ? »
« Ha, ha ! Non, tu ne te trompes pas ! Ils m’ont déjà fait prisonnier, mais avec des potes, on s’est enfui. Faut dire qu’on était agile à l’époque, alors que maintenant… »
« Et c’était comment là-bas ? »
« Horrible. On était enfermé dans des cachots humides, on mangeait juste une fois par jour, et encore, pas beaucoup ! Et après un mois de souffrance, c’était l’arène… »
« Hein ? Vous étiez exécuté ? »
« Oui, mais comme j’t’ai dit, on a réussit à s’enfuir ! C’est qu’on était balèzes, à l’époque… »
« Comment vous avez fait pour vous enfuir ? »
« On a attendu le moment unique, le seul où on avait une petite chance de s’en sortir ! Les égouts ! Dans l’arène, près d’un mur, il y a une petite grille, où on peu à peine passer ! C’est là qu’il faut agir, si on tient à la vie. Donc, pour vos potes, je pense qu’ils peuvent s’en sortirent, mais il faut vraiment qu’ils soient rapides, sinon, c’est foutu ! »
Aurion le remercia pour ses précieux conseils et s’en alla. Mais il eut une idée. Il retourna voir le mendiant.
« Quoi encore ? »
« Heu, je voudrais savoir, ces égouts, ils débouchent où, exactement ? Et cette arène, elle est dans quelle ville ? »
« L’arène, elle est à Kahlad. C’est la deuxième plus grande ville d’Albion ! »
« Kahlad ? Et, c’est loin d’ici ? »
« … Hum, si t’empruntes les égouts et que tu marches 36 heures, en te reposant le minimum, tu y arriveras ! »
« D’accord ! »
Alors qu’Aurion s’éloignait, le mendiant le rappela.
« Oui ? »
« Prends quand même ça ! Ca te seras très utile, pour l’allé, comme pour le retour ! »
« C’est quoi ? »
« Un plan des égouts de la région. »
« Ah, super, vous m’aurez été vraiment utile ! Encore merci ! »
« Oh, mais de rien, entre ex hors-la-loi, on peut bien s’aider ! »
« Hé, mais j’ai jamais été un hors-la-loi, moi ! »
« Hé, hé ! C’est ce qu’ils disent tous ! Allez, grouille-toi, si tu veux sauver tes potes ! »
Le plan des égouts en poche, Aurion s’en alla tranquillement à la recherche de la première plaque d’égout. Sans difficulté, il en trouva une. Elle était marquée : « 46-C ». Et comme il n’y avait plus personne dans les rues de Kovo, il l’ouvrit sans prendre garde au bruit que cela ferait.
Clank !
Il glissa à l’intérieur, et déjà il aperçut les yeux rouges des rats. Il ne prit pas la peine de refermer la plaque. Puis il jeta un dernier coup d’œil aux rues de Kovo.
« Adieu, Kovo ! »