Chapitre 41
« Vite ! Plus vite ! Je ne sais pas comment ils s’y sont pris mais ils se sont enfuis sans qu’on s’en aperçoive ! Regarde, ils ont fait un trou énorme dans le plancher ! »
« Hé oh ! Du calme ! Je vais aussi vite que je peux ! »
Les deux gardes, complètement affolés, faisaient galoper les chevaux du carrosse à très grande vitesse.
« Oh, et puis quand je pense à la reine Alécia ! Elle nous fera sûrement exécuter ! »
Le carrosse roula maladroitement sur une grosse pierre. Et, à cause de leur vitesse, le carrosse plongea sur le côté et se renversa. La roue qui avait heurté la pierre était maintenant brisée. Les deux hommes sortirent, non sans mal, du carrosse. Là, ils décidèrent de continuer leur chemin à pied.
Le garde habillé de l’uniforme du château de la reine Alécia courait dans le couloir. Il entra dans la chambre de la reine.
« Ma reine ! Un des prisonniers s’est échappé ! Sa cellule était entrouverte et j’ai trouvé sous sa couverture le corps d’un de nos hommes ! »
« Quoi ? ! » aboya-t-elle. « Lancez des avis de recherche ! Je le veux mort ou vif, vous m’entendez ? ! Mort ou vif ! !! »
« Oui ma reine ! » s’écria-t-il en s’éloignant.
Le garde courut jusqu’à l’atelier du château. Là, des dizaines d’artistes esclaves travaillaient sur des parchemins.
« Bon, la reine veut des avis de recherche pour un jeune homme d’environ 12 ans, blond, les yeux marrons qui s’appelle Krosia ! Je reviens dans une heure et je veux cents parchemins où il y figure les données que je viens de vous dire ! Allez, au boulot ! » lança-t-il.
Et à peine le garde ferma-t-il la porte qu’on pouvait entendre les mines des crayons qui dansaient sur le papier.
Aurion et Krosia étaient cachés derrière un gros buisson. Ne voyant personne venir après un quart d’heure d’attente, Aurion décida de pencher la tête pour voir si les gardes arrivaient.
« Fais gaffe, quand même. » chuchota Krosia.
Aurion pencha la tête doucement la tête sur le côté : il pu voir deux minuscules points noirs en mouvements à l’horizon.
« Je les vois. Je dirais qu’ils sont à encore deux ou trois kilomètres de nous. »
Krosia voulu vérifier.
« Ouais, tu as raison, encore au moins deux kilomètres avant qu’ils arrivent ici. On a largement le temps de fuir et d’arriver jusqu’au premier village venu. Mais il faudra se dépêcher. »
« J’ai une idée : on va au village, on se repose une nuit, puis le lendemain on retourne au château pour délivrer Askar et Hargorn. »
« De toute façon, c’est la seule solution qu’on a pour l’instant. »
Ils se relevèrent et se dirigèrent vers un village inconnu. Aurion l’avait vu alors qu’il était dans le carrosse. Ce village lui avait rappelé le sien.
« Je me demande comment il a fait. » souffla Hargorn.
« Hein ? »
« Krosia. Il paraît qu’il s’est enfui. Je ne sais pas comment il a fait. »
« Ah oui, les gardes en parlent tout le temps. Tiens, regarde ça ! » dit Askar, montrant du doigt un parchemin accroché au mur. « C’est l’avis de recherche qu’ils ont lancé. »
Ils continuèrent à discuter tout en courant : le garde leur avait demandé une nouvelle fois de faire le tour du château.
« Pfouh ! Je suis déjà essoufflé ! On en est où ? »
« On a fait qu’un côté, il nous en reste trois. »
Et cette information suffit pour le décourager encore plus.
« Chef ! »
« Oui ? » demanda Tirving.
« Lorsque nous serons arrivé à Terza, que ferons-nous ? »
« Ca me paraît évident : on cherchera et on tuera ce salaud de Nog ! »
Ils marchaient tous les cinq en direction de la capitale.
Une journée entière s’écoula.
« Ma reine ! Aucune trace des prisonniers ! »
« Comment ? ! Hum, je ne sais pas si je devrais envoyer Garland. »
« Ga… Garland ? ! Ma reine, ne le dérangez pas pour si peu ! »
« Si peu ? Six prisonniers se sont enfuis ! Garland saura les retrouver ! »
« Bien. Voulez-vous que je le contacte ? »
« Hum, pas tout de suite. Attendons encore un peu. Vous lui enverrez une lettre demain soir si on ne découvre toujours rien sur les prisonniers. »
Le garde sortit.
« Héhé ! Mon cher Garland ! Je crois que tu vas pouvoir une nouvelle fois rejoindre nos rangs ! Oui, tu commençais à me manquer ! Garland, le guerrier invincible ! Hahaha ! »
« Ah, nous sommes enfin arrivés au village ! Tant mieux, je commençais à ne plus sentir mes jambes ! » s’exclama Aurion.
Ensemble, ils franchirent la porte du village inconnu. A l’entrée était accrochée une grande banderole où il était marqué « Orif – Le Village des Flammes ». Dès leur entrée, un homme vint à leur rencontre.
« Bienvenue ! Bienvenue, amis voyageurs ! Alors, vous voulez passer quelques jours ici ? Tant mieux ! Je tiens une auberge tout près d’ici ! C’est à une minute de marche ! »
« Hors du village ? » demanda Krosia.
« Non, non, non ! A l’intérieur ! Suivez-moi, je vous y emmène ! »
Ainsi, ils marchèrent tous les trois dans le dédale des rues. Depuis leur entrée, ils avaient senti une étrange chaleur dans l’air.
« Dites-moi, pourquoi fait-il si chaud ici ? » demanda Aurion.
« Hahaha ! Comme vous avez certainement pu le lire, ici, c’est le village des flammes ! Il fait chaud tout le temps ! Cela doit venir du sol. On raconte qu’un volcan sommeil sous cette terre ! Mais ne vous inquiétez pas, ce ne sont que des légendes, hahaha ! »
Enfin, ils arrivèrent dans une petite auberge bondée de monde. On devait faire attention à chaques pas que l’on faisait, de peur de marcher sur les pieds de quelqu’un. L’homme qu’ils avaient suivi se plaça derrière le comptoir. Aussitôt, un gros homme bourru s’approcha.
« Ah Tarf, te voilà enfin ! Je crève de soif, moi ! Allez, sers-moi une bière ! »
« Oui, tout de suite Gor ! Désolé pour le retard. »
Instantanément, Tarf rempli la chope de bière.
« Voilà, ça te fera 8 po. »
« J’paierai plus tard. » grogna-t-il.
« Héhé ! Pas de problème ! » rigola Tarf, qui était en fait à la fois apeuré et énervé.
Une fois que le gros homme s’était éloigné, Tarf prévint les enfants.
« Hé, faites gaffe à ce gars-là ! Il dit qu’il paiera toujours le lendemain ! Et maintenant, ça va faire plus de deux cents bières qu’il me doit demain. » chuchota-t-il.
« Et vous ne réagissez pas ? »
« Vous êtes fou ! Cet homme vous fracasse le crâne en un coup de poing ! Tout le monde le craint ici ! »
« Alors pourquoi le chef ne le chasse pas ? »
« Lui aussi a trop peur. Bon, ne parlons plus de ça… Vous voulez une chambre pour ce soir ? »
« C’est combien ? »
« Hum, tarif enfant, ça vous fera 10 po. »
« Waouh, c’est pas cher ! » répondit Aurion en lui tendant l’or.
« Merci ! Votre chambre est réservée à votre nom. Je garde la clé jusqu’à ce soir. Vous aurez la chambre 14. »
« Pas de problème ! »
Après l’avoir remercié, les deux garçons sortirent de l’auberge, étouffants. Puis ils attendirent vingt heures du soir pour se rendre à l’auberge. A cinq mètre de la porte d’entrée, ils entendirent la grosse voix de Gor crier.
« Je te dis que je sais pas où dormir ce soir, donc tu me file la clé d’une chambre, et en vitesse ! »
« N… non ! Voilà six mois que tu habites ici et tu me dois déjà plus de mille pièces d’or ! Hors de question ! »
Enervé, Aurion se dressa devant la porte ouverte de l’auberge.
« Lâche-le, crétin ! »
Soudain, Aurion reçu un violent coup de poing dans l’arrière de la tête. Il se retourna : c’était Krosia.
« Tu es fou ! T’as entendu comme moi que ce gars-là fracasse une tête en un coup de poing ! »
« Mais… »
Il n’eu pas le temps de finir sa phrase qu’on entendit les lourds pas de Gor qui couraient vers eux.
« Je vais t’apprendre à m’insulter ! » grogna-t-il.
Slash !
Une fine lame fendit l’air, puis le crâne de Gor. Son sang s’écoula sur le parquet de l’auberge. Un homme avec des cheveux blonds et courts se tenait là, la main droite pointée vers le corps mort de Gor.
« J’entre à peine dans le village, et c’est avec des cris qu’on me reçoit ? Hahaha ! Au moins, on entendra plus ce gros-là hurler ! »
L’homme blond entra, retira sa dague du crâne de Gor et en essuya le sang.
« C’est combien une chambre ? »