Chapitre 45
Le soleil se couchait. Le pont-levis d’un château se baissait, laissant apparaître un chevalier sombre. On n’entendait presque pas les pas discrets du cheval noir. Le chevalier noir ordonna à son cheval d’aller au galop en direction du château de la reine. Ainsi, il se mit en chemin.
La nuit tombée, les cinq voleurs étaient tous rassemblés autour d’un feu de bois, fêtant leur victoire contre Nog. Ils ne réapparaîtrai sûrement jamais à Terza : les gardes impériaux devaient être à leur recherche. Tirving regardait sa carte de voleur. Il examinait la signature de Grif. Puis, la rangeant, il se demandait ce qu’il pourrait bien faire maintenant, banni de Terza. Alors il posa la question aux quatre autres voleurs.
« Hahaha ! Ce soir, c’est la fête ! Pas le temps de penser à ça maintenant ! On y réfléchira demain, au levé du soleil. »
Puis ils s’amusèrent durant toute la nuit, s’endormant seulement quand le soleil se levait.
« Seigneur Garland, vous êtes arrivé ! Bienvenue, bienvenue à vous ! »
Garland ne répondit pas. Les serviteurs le menèrent jusqu’à la chambre de la reine, puis ils s’en allèrent, les laissant tranquilles.
« Ah, te voilà ! Je t’attendais avec impatience ! Bien, parlons boulot à présent ! »
« Que veux-tu de moi ? »
« Mon messager a dû te l’apprendre. Je voudrais que tu retrouves des prisonniers qui se sont échappés. »
« Combien sont-ils ? »
« Hum, laisse-moi réfléchir… je crois qu’ils sont sept. Cinq voleurs et deux enfants. »
« Et a-t-on une idée de l’endroit où ils se trouvent ? »
« Je n’en ai aucune idée. Quoiqu’il en soit, je suis quasiment sûre qu’ils ne sont pas tous les sept rassemblés. »
« Bon. Je pars quand ? »
« Dès que possible. En fait, ce serait parfait si tu partais maintenant. Ils doivent être exécutés ! Et les jeux de l’arène ont lieu dans deux jours ! »
Garland ne répondit pas et sortit de la chambre. Il reprit son cheval et se mit en route vers les villes et villages les plus proches.
< Le village le plus proche est… Orif, le Village des Flammes. >
Les deux fines silhouettes marchaient rapidement en direction du château de la reine. Sur le bord de la route, ils virent le carrosse écrasé qui avait emmené Aurion et les cinq voleurs. Les deux garçons eurent un léger sourire lorsqu’ils virent les deux chevaux qui traînaient le carrosse. Et heureusement, ces deux chevaux n’avaient pas l’air blessé. Sans perdre une seconde, ils montèrent chacun un cheval puis se mirent au galop.
« Avec ça, on arrivera avant la tombée de la nuit ! » criait Krosia à cause du vent dans ses oreilles.
Aurion fit « oui » de la tête et ils continuèrent leur chemin, sur leurs chevaux, essayant de les faire accélérer le plus vite possible.
Et après deux heures de chemin, ils purent apercevoir au loin la silhouette du château qui se dessinait à l’horizon.
Le chevalier noir continuait son chemin vers Orif, le château juste derrière lui. Et il continua ainsi, le soleil se couchant peu à peu, toujours attentif à tout bruit qui aurait pu surgir de nulle part. Garland était continuellement sur ses gardes : c’était certainement pour cela qu’il survivait encore et toujours, sans jamais subir de blessures importantes, toujours vainqueur.
Pendant ce temps, le soleil tombait et la Lune se levait. Bientôt, il fit nuit noire. Et ce qui devait arriver arriva : les trois chevaux se rencontrèrent. Les destriers se cabrèrent brusquement, manquant de faire tomber les deux garçons. Garland mit pied à terre. Les deux garçons, étonnés de l’inconnu, firent de même. Aurion, ne voyant pas son interlocuteur, utilisa son rayon lumineux. Face à cette lumière, Garland dégaina son épée et s’approcha d’eux. Aurion, sentant le combat approcher, utilisa son sort qui lui permettait d’illuminer les environs. Ainsi, ils pourraient tous se battre sans craindre de se prendre un coup inattendu. De plus, leur nouvel ennemi semblait dangereux. Garland s’arrêta, laissant le temps à ses deux cibles de prendre eux-mêmes leur arme. Enfin, ils furent tous en position de combat.
« Dommage que je ne puisse pas vous tuer. La reine vous veut vivant. Vraiment dommage. »
Les deux garçons ne répondirent pas et attendirent le premier assaut. Ils n’avaient pas l’intention d’attaquer cet homme qui semblait extrêmement bien protégé. Ils préféraient attendre, juste pour voir la puissance de leur adversaire. Et Garland ne perdit pas de temps : il bondit sur eux.
Dans la nuit noire, plusieurs hommes transportaient le corps troués de lames afin de l’enterrer. Et ainsi, on n’entendit plus parler de Gen.
Dans son château, la reine Alécia marchait dans sa chambre, tel un fauve en cage.
« Je me demande ce qu’il est advenu de Garland. Mais je ne devrais pas m’en faire. A lui seul, il pourrait exterminer une armée entière, rien qu’avec l’aide de son sort destructeur. D’ailleurs, s’il trouve des problèmes pendant un combat, il l’utilisera certainement. Oui, je ne devrais pas m’en faire. »
Un garde ouvrit brusquement la porte.
« Ma reine ! »
« Frappe avant d’entrer, imbécile ! »
Le garde, surpris, referma doucement la porte, puis frappa.
« Entrez ! » dit distinctement la reine.
« Ma reine ! Les deux prisonniers venant de la guilde des guerriers se sont échappés ! »
« Qu… QUOI ? ! »
« Nous ne savons pas comment ils ont procédé mais on a retrouvé un énorme trou dans le mur de leur cachot ! »
« Raaah ! Marre ! J’en ai marre ! Retrouvez-les et tuez-les ! »
« B… Bien ma reine ! »
Et lorsque le garde fut sortit, la reine fut de nouveau seule.
« Hum, je n’ai vraiment pas de chance ! Toutes les autres reines et rois vont prendre ma prison pour une passoire ! »
Et dans la nuit noire, trois silhouettes s’agitaient en plein combat, chacune évitant les attaques des autres. L’une de ses trois personnes allait mourir. Mais laquelle ?