ELLE ET LUI, ELLE CAPRICIEUSE ET VERSATILE, LUI DISTANT ET RESERVE, OPPOSANTS ACHARNES.
Ils se connaissent depuis longtemps, ce sont des antagonistes de longue date.
Elle n’est pas précisément un modèle de stabilité, elle aime le changement et telle une danseuse étoile ne tient pas longtemps sur place. Elle n’aime pas tant les virevoltes que les hauts et les bas.
Lui au contraire est épais, hermétique et passe le plus clair de son temps dans l’isolement. Il est bien plus impavide. Les revirements ? Très peu pour lui. Il ne fait pas de vire-voltes, mais quand il fait une pirouette, c’est souvent la dernière.
C’est elle qui anime les débats, évidemment.
Tant qu’elle montait, on pouvait penser que sa fin à lui serait rapide.
Puis elle a arrêté de grimper, pour stagner pendant un certain temps, et là il fut dans l’expectative.
Puis elle est descendue, et là au contraire, lui se sentit beaucoup mieux, la mort s’éloignait pour lui et les forces lui revinrent.
Mais elle a recommencé à grimper brusquement, et là il s’est cassé et sa fin à lui était vraiment toute proche.
Avant dernier soubresaut, elle repart à la baisse, lui reprend espoir et en profite pour panser ses blessures.
Mais dans une ultime péripétie, elle inversa une dernière fois la tendance et repartit à la hausse, cela lui fut fatal.
Il ne s’agit pas du yo-yo boursier, les blessures sont physiques et la mort réelle.
Mais c’est qui, elle ?
Et lui ?
Si vous savez qui elle est, vous devinerez aisément qui il est lui.
LE VERRE A MOITIE PLEIN OU A MOITIE VIDE
Arthur est perdu dans le désert.
A un carrefour, il tombe nez à nez avec une jolie touriste, Estelle, blonde comme des épis de blé, mais tout aussi désemparée que lui.
Leurs gourdes sont vides, mais le soleil est encore haut dans le ciel.
Il leur faut de l‘eau.
Soudain Arthur aperçoit un petit flacon dans une crevasse.
Il s’en empare, enlève le bouchon, mais à sa grande surprise, un génie en sort.
Le génie est si heureux de pouvoir enfin un peu respirer de l’air frais qu’il est prêt à exaucer un voeu de ses compagnons qui viennent de le libérer.
Estelle demande un grand verre d’eau.
Arthur dont l’eau n’est pas la boisson favorite mais qui en l’occurrence ne veut pas mécontenter Estelle, réclame également de l’eau.
Le génie ne veut ni tourmenter Estelle, ni indisposer Arthur.
Son problème, c’est qu’il ne peut exaucer qu’un seul souhait.
Il leur propose une solution :
‘’Imaginez que je vous donne un verre d’eau plein. Comment pourriez-vous le partager très exactement entre vous deux ? Réfléchissez et si vous me donnez la bonne solution, je vous accorderai un autre voeu, par exemple de vous transporter instantanément à l’oasis la plus proche’’.
Si vous étiez perdu dans le désert, sous outil de mesure à portée, sans possibilité de poser le verre sur une surface plane, sans le moindre instrument de mesure, sans deuxième chope, sauriez-vous comment procéder pour partager équitablement votre verre plein d’eau ?
ESTELLE & ARTHUR, FRAICHEMENT PROMUS COMME CONDUCTEURS DE TER A LA SNCF.
Estelle, jolie blonde élancée dont les mèches sont autant d’accroche-coeurs, et dont la bonne humeur n’a d’égale que sa grâce naturelle, vient de recevoir une promotion.
Elle étrenne un nouveau couvre-chef orné d’un pin’s doré à la gloire du Trans Express Regional.
Elle a le droit de conduire pour la première fois le TER Strasbourg - Mulhouse, avec une toute nouvelle locomotive au design très aérodynamique type profil goutte de jus de choucroute.
Sa locomotive tire 4 wagons du même type, tous parfaitement identiques, donc de longueur strictement égales.
Au moment où elle s’arrête en gare à Sélestat, ses 4 wagons bien alignés, à mi-chemin, elle croise le TER Mulhouse – Strasbourg, qui lui aussi fait une halte dans la même gare au même moment.
Estelle fait un petit coucou au conducteur dans la locomotive d’en face, Arthur.
Arthur, jeune homme plutôt ambitieux, à la limite de l’arrivisme, et passablement amoureux d’Estelle, vient lui aussi tout juste d’être promu à la SNCF.
Lui aussi conduit exactement le même type de motrice qu’Estelle.
Et comme par hasard, il tire 4 wagons du même type, tous de la même longueur.
En plus, les wagons sont identiques aux wagons que tire la loc d’Estelle.
Mais le chef de gare est inquiet : bien que les deux motrices et les 8 wagons soient flambant neufs, il y a comme un défaut.
Estelle regarde le train d’Arthur, passablement surprise, mais avec un sourire malicieux au coin de l’oeil.
Arthur regarde le train d’Estelle, tout aussi ahuri.
En effet, les deux convois n’ont pas la même longueur.
Il n’y a eu pourtant aucun incident, ils n’ont pas souvenir d’avoir occasionné des dégâts de carrosserie, tout est intact.
Aucun wagon n´est décroché, les règles de sécurité parfaitement respectées.
Mais lorsque les deux convois s´arrêtent sur des voies parallèles, le doute n´est plus permis.
Le train d’Arthur est nettement plus court que celui d’Estelle.
Sauriez-vous trouver une explication rationnelle, histoire de remettre le pauvre chef de gare sur les rails ?
L’ESPRIT MALIN PLUS FORT QUE LA DIVINATION
Gandalf sur sa charrette tirée par une réplique de Rossinante arrive dans la Comté.
Les enfants de toutes les familles, dont les Touques, les Brandeboucs, les Sacquets, lui font la fête.
Gandalf est très aimé, et est invité à chaque anniversaire, les hobbits n’aiment rien tant que ses magnifiques jeux d’artifice dessinant des arabesques adorables dans la nuit étoilée.
Mais ce jour là, Frodon et ses amis de la Communauté de l’Anneau sont d’humour taquin.
Ils ont comploté un petit test pour Gandalf pour savoir s’il est aussi malin que les hobbits.
Gandalf évidemment est invité à ne pas tricher et donc à ne pas faire usage de ses talents de magicien.
Lui Gandalf, obligé de se plier aux caprices de ces coquins de hobbits !
Néanmoins, en homme placide qu’il est, accepte en souriant, d’une parce qu’il aime ce genre de défi, et de deux parce qu’il ne rate jamais la moindre occasion de s’amuser.
Et surtout, il veut profiter de l’occasion pour expliquer à ses camarades que la magie n’est rien si l’on ne sait pas d’abord se servir de sa tête.
Les hobbits veulent enfermer Gandalf dans une chambre toute noire, sans éclairage, sans fenêtre, la porte restant fermée. Dans cette chambre se trouve juste une table.
Les informations qu’on lui donne sont les suivantes :
- Sur cette table se trouve un gros tas de pièces d’or, le nombre d’écus n’est pas précisé, mais est largement supérieur à 10
- 10 pièces de ce même tas sont sur pile, toutes les autres sont sur face
Les piastres ne sont pas visibles, et Gandalf n’a aucun moyen de deviner, en les touchant, si ces ducats sont pile ou face, de même, il fait nuit noire.
Ce qu’on exige de Gandalf, c’est de diviser le tas de piécettes pour constituer deux tas.
Chacun de ces tas devant contenir exactement le même nombre de sous qui sont pile.
Gandalf ne peut retenir un sourire, et dans les secondes qui suivirent, donna la solution, sans même avoir besoin de rentrer dans la chambre pour s’exécuter.
Sauriez-vous vous aussi déjouer le traquenard de ces délurés de hobbits ?