La nuit porte conseil
C’était une longue nuit d’hivers, une nuit plus opaque que la plus profonde des abîmes.
Olivier avait erré seul, se laissant aller à la débauche la plus totale, accompagné dans son naufrage par le souffle lancinent et glacial d’une douce bise.
Il était à présent 6h du matin, Olivier adossé à un réverbère tentait vainement de reprendre ses esprits . Il était tellement proche du coma éthylique que sa vision, ses pensées et le monde extérieur n’étaient pour lui que des choses incompréhensibles, vagues et incohérentes.
Physiquement et mentalement absent, il semblait avoir rejoint un autre monde, il était enfin parvenu a ses fins, aucun écueil ni aucun achoppement ne pouvait des lors l’empêcher d’oublier ses tracas d’apaiser son irascibilité. Pour la première fois il se sentait libre, ni assujetti, ni brimé, bref l’alcool lui procurait se sentiment d’euphorie et d’assurance qui lui faisait cruellement défaut en temps normal.
Alors que les gens commençaient à affluer dans les rues, Olivier fut soudain sortie de sa léthargie par le bruit assourdissant d’un klaxon mal accordé.
Son aller simple pour le bonheur venait de prendre fin, lui qui semblait l’avoir touché du doigt venait d’effectuer un retour brutal à la réalité, comme si ce son avait été spécialement émis pour le sortir de sa torpeur et lui remettre les pieds sur terre.
Mais bizarrement, ce come-back, fut presque inexistant pour Olivier, juste le temps d’en prendre conscience qu’il était déjà reparti au Nirvana, il était pourtant persuadé d’avoir été lucide une fraction de seconde mais avait recouvré la sérénité qui l’habitait quelques secondes auparavant. Inexplicablement apaisé, Olivier se sentait même mieux qu’avant. En plus de ce sentiment de paix intérieur, il avait également la sensation de s’élever, tandis que contrairement à son état extérieur, il avait récupéré l’usage de son corps et ses pensées étaient claires.
Olivier était véritablement heureux, il avait enfin trouver la plénitude et ce sans aide artificielle simulacre ou faux semblant. Mais a peine avait-il ce sentiment pur qu’il se trouva happé par une intense lumière.
En fait Olivier venait de mourir. Le klaxon qui l’avait furtivement fait réagir était en fait celui de la voiture dont le chauffeur exténué c’était endormi au volant et l’avait renversé. La plénitude qu’il avait ressenti était en fait due à une douleur si insoutenable qu’il en avait perdu connaissance et l’intense lumière aux gyrophares du S.A.M.U.
Il était maintenant 6h30et si ironique que cela puisse paraître un léger crachin commençait a tomber comme si malgré tout ce qu’il avait pu faire endurer à notre héros, Dieu déplorait la disparition d’une de ses créations.