Alex, j'ai posé la même question y'a pas si longtemps que ça.
On est au début du printemps, si je me souviens bien.
Merci! ![]()
Des semaines plus tôt, quelque part en forêt...
McTruman fit légèrement pivoter l'extrémité de la poignée de sa béquille, rétractant la lame de scie qu'il venait d'utiliser dans un grincement apte à faire opérer un décollage d'urgence à tout volatile présent dans un rayon de cent mètres. Reculant de quelques pas, il humecta son index de salive et le pointa vers les cieux pour estimer la direction du vent.
Semblant satisfait, il exerça une légère poussée sur l'arbre dont il venait d'entailler le tronc et le regarda tomber sur l'arbre suivant qui tomba à son tour sur le large tumulus se dressant au centre de la clairière, provoquant son affaissement et la chute de l'obélisque primitif se trouvant en son sommet. Ce dernier roula sur plusieurs mètres et heurta un rocher plus petit sur lequel il s'immobilisa à l'horizontale dans un équilibre parfait.
A peine dérangé par le fait qu'il avait probablement profané une tombe plurimillénaire, le mécaniste claudiqua vers le monolithe de magnétite oblong pour le regarder quitter son immobilisme de lui-même et entamer une lente giration autour de l'axe que constituait son nouveau support. Après quelques secondes de rotation, l'obélisque s'immobilisa de nouveau, semblant avoir atteint un alignement satisfaisant.
L'ingénieur le fixa quelques instants, leva les yeux vers le soleil et resta brièvement pensif. S'asseyant au pied de son ouvrage, il commença à dessiner une carte rudimentaire sur le sol, hésitant à de nombreuse reprise sur la position des repères qu'il avait cru apercevoir lors de son bref voyage aérien.
Au bout d'une longue délibération intérieure, il hocha la tête et se redressa en prenant appui sur l'imposant monolithe qui bascula sur lui en manquant de lui broyer l'épaule.
"Oh oh.
" réalisa-t-il lorsque ses nerf lui signifièrent violemment que le craquement sonore qu'il venait d'entendre provenait de son humérus droit, maintenant emprisonné sous l'obélisque ferreux en compagnie du bras qui le contenait.
- - - - - - - - -
Des semaines plus tard, dans la crique du petit hameau de Fleurdalgue...
Ves Alatohe prit une profonde inspiration, tentant de se défaire de la peur lui enserrant les tripes. Dernier survivant de l'équipage de garde de l'Inidangir, il ne se faisait aucune illusion sur le sort qui l'attendait. Son grade de quartier-maître ne le rendait même pas digne d'être fait prisonnier. Et qu'importe, se disait-il, puisque les envahisseurs avaient mis matelots, rameurs et officiers sur un pied d'égalité en massacrant tout le monde sans distinction de grade. Quelle idée avait-il eu, lui, fils de bourgeois qui n'avait jamais eu le pied marin, de se décider à servir sur les galères royales ? Lui qui, comme tant d'autres, s'était laissé entraîner par l'appât d'une gloire éternelle au retour de la grande expédition d'exploration menée par le grand Amiral Oraso. Encore fallait-il en revenir ! Des trente-sept grands navires ayant quitté sa douce terre de Cérodie, un seul était encore à flot . Fracassés sur les récifs bordant le détroit des Lames. Éventrés sur les hauts-fonds non cartographiés de cet archipel du nord. Même les titanesques Umonasi et Donumil, navires jumeaux de l'Inidangir, avaient été perdus corps et bien dans les tempêtes cauchemardesques du grand océan de l'Ouest et devaient maintenant reposer dans le silence des abysses, tombeaux de cinq mille des plus braves marins de Cérodie.
Et dire qu'il avait enfin enfin retrouvé espoir quand cette nef étrangère avait été aperçue à l'horizon, les menant enfin à une côte habitée ! Las! Le destin était quelque chose de bien étrange, semblait-il. Survivre à la colère des océans pour finir dans une cambuse, encerclé par ces rongeurs difformes qui le fixaient avec circonspection. Et qu'en serait-il du Grand Amiral, parti à la tête des diplomates et des troupes de marine pour rencontrer le souverain de ce royaume lorsqu'à son retour, il verrait son navire absent et son équipage massacré dans les ruines de ce village côtier?
Enfin. Cela ne le concernerait bientôt plus. Ne restait qu'à mourir avec dignité.
"Cet acte de piraterie déshonorable ne restera pas impuni." mentit-il en désignant le plancher, sachant pertinemment qu'il y avait peu de chance pour que l'histoire de la perte de l'octarème atteigne un jour la Cérodie. "Ceci est un vaisseau de la grande flotte... De la grande flotte...
Il existe des regards tellement pénétrants qu'ils donnent l'impression de scruter l'âme-même. Celui que lui portait le meneur supposé de cette meute inhumaine n'appartenait pas à cette catégorie. A dire vrai, il se trouvait même à l'extrême opposé du spectre, en devenant tellement anti-pénétrant qu'il semblait observer l'univers tout entier. De loin et avec perplexité.
Au bout de quelques secondes, l'homme-rat lui adressa un hochement de tête approbateur, tout de suite imité par les autres dans un tintamarre d'exclamations incompréhensibles. Sentant diverses pointes d'armes se presser dans son dos, Vas fut forcé d'avancer, quittant la cambuse pour rentrer dans l'une des vaste cales dédiées à l'entreposage des vivres.
La troupe qui l'escortait fit halte et le rongeur de tête le fixa à nouveau avec circonspection, donnant l'impression d'attendre quelque chose.
"...que signifie cette mascarade ?" finit-il par demander d'une voix tremblante, écartant les bras pour signifier sa confusion.
Le rongeur lui adressa un nouveau hochement de tête affirmatif -reproduit instantanément par le reste de la cohorte dans un boucan identique à la fois précédente- et fit signe de reprendre la marche.
"Si vous..." commença Ves.
- GNARGNARBRGNANGNR !
" le coupa l'homme-rat en le menaçant de son gourdin.
Arrivant dans l'un des immenses ponts où devaient siéger les rameurs, le groupe fit à nouveau halte, répétant le même manège. Vas resta silencieux pendant une longue minute puis, voyant que les rongeurs semblaient toujours dans l'expectative, lâcha finalement en se redressant de toute sa taille :
"Si vous comptez me tuer, faites-le tout de suite. Vous ne me faites pas peur!"
Nouveau hochement de tête satisfait, nouveau tintamarre d'exclamations. Salle suivante.
- - - - - - - - -
L'Amiral Becca Futée porta plusieurs coups de becs impatients sur le sommet du crâne d'un vice-amiral Karagzapouïk qui tentait vainement de coordonner le déploiement de la flotte via moult cris et moulinets des bras, n'obtenant que réponses confuses et réactions imprévues.
Le château de gaillard d'avant de la grande cogue écarloise offrant une vue imprenable sur les environs, l'amirauté de la Horde Piratifère avait naturellement décidé d'en faire le navire de commandement, pouvant ainsi transmettre ses ordres à la vue de tous tout en disposant de plus de manœuvrabilité que l'immense galère cérodienne.
"Nous sommes prêts à appareiller desoan, Amiral!" l'informa Karagzapouïk en tentant de se protéger l'occiput. "Le constre-amiral Crânenpouïk m'a tantôt fait ouïr qu'il avait pris connaissance de son navire dans son entièreté ! ![]()
- MOUARGH ?
- Il me semble qu'il faut desployer la voilure et acter sur la gouverne." réfléchit le rongeur. "Il n'est empointe que de mener un vaisel!
"
- POUARGH !
- Donner l'ordre ?" acquiesça-t-il avec enthousiasme. "SI FAIT!
"
Se dressant sur le bastingage, il leva les bras et attendit d'avoir toute l'attention des hommes-rats qui s'affairaient sur les innombrables embarcations recouvrant la crique.
"BONNES RATEGENS!" s'exclama-t-il. "HISSEZ LES VOILES, RADOUBEZ LES ROCAMBAUX, MAILLEZ LES HILOIRES, FASSEYEZ LES ECUBIERS ET DÉHALEZ LES BOSSES-DE-RIS!
"
Une oreille attentive aurait remarqué que le silence qui venait de s'abattre sur la crique avait quelque chose d'irréel. Oh, bien sûr, l'interruption brutale de l'activité de milliers de rongeurs qui portaient maintenant leurs regards strabiques perplexes sur leur commandant y était probablement pour quelque chose. Mais que dire des oiseaux marins qui s'étaient tus aussi brusquement que le vent était tombé et du ressac subitement inexistant, comme si la nature elle-même retenait son souffle devant un événement inéluctable ?
"EN AVAAAAAAANT!
" ordonna Karagzapouïk.
Des milliers de voiles claquèrent de concert, gonflées par une soudaine brise venue de la terre tandis que des amarres étaient arrachés, des ancres coupées et des rames mises en action, marquant la mise en branle de cette flotte hétéroclite dont les équipages n'avaient que de vagues notions de navigation.
Dans les secondes qui suivirent, des fracas de planches brisées accompagnés de cris d'horreur retentirent lorsque les premiers navires entrèrent en collision en projetant des centaines de rongeurs à la mer, les faisant rejoindre ceux dont les embarcations avaient perdu la moitié de la coque suite à une forme d'amarrage inédite ou tout simplement chaviré d'elles-même du fait d'une configuration audacieuse de la voilure. Les trajectoires chaotiques des voiliers en envoyèrent des dizaines se briser sur la côte tandis que d'autres perdaient tous leurs mâts en même temps sous les tractions trop enthousiaste appliquées aux cordages. Plusieurs cotres prirent feu spontanément et dans la panique, certains équipages décidèrent même de saborder leurs propres navires à la hache sans raison valable.
En moins de temps qu'il ne fallut pour le dire, les eaux peu profondes de la crique se retrouvèrent encombrées d'assez d'épaves pour y rendre impossible toute tentative de navigation pendant les trois siècles à venir.
"AMIRAL!" paniqua Karagzapouïk. "C'EST UN DÉSASTRE!
"
- BOUARGH!
" gloussa l'autruche avec une expression soudain horrifiée.
Se retournant pour suivre son regard, le rongeur se retrouva face à la proue gigantesque de l'Inidangir qui leur fonçait dessus à pleine vitesse, menée par un Crânenpouïk complètement crispé sur la barre.
"Fischtre.
" eut-il le temps de lâcher.
L'éperon en bronze massif de la galère cérodienne pulvérisa le flanc de la cogue écarloise, la coupant littéralement en deux par son milieu dans un déluge de débris de charpente. Voyant qu'il venait de couler le navire-amiral, Crânenpouik paniqua et sauta par-dessus bord, manquant de s'écraser sur ses supérieurs qui venaient de refaire surface.
"GNARGNARBRGNANGNR !
" grogna-t-il en émergeant à son tour.
- CETTE INOBÉDIENCE VAS TE COSTER CHER!" lui hurla Karagzapouïk en observant les milliers de rongeurs en train de nager vers la terre ferme dans le désordre le plus total. "POINT DE FROSMAGE POUR TOI ICEJOR! ![]()
- MOUARGH!
" renchérit l'autruche.
Des semaines plus tôt...
Avançant lentement sous la pluie battante, quatre imposants chariots franchirent l'arche menant à la cour du manoir, leurs attelages épuisés peinant à les tracter sur ce qui représentait les derniers mètres d'un long voyage. Maigre silhouette se découpant vaguement dans la lumière du crépuscule, l'homme à la tête de l'escorte attendit que le convoi entier se soit abrité dans le vaste entrepôt attenant aux écuries avant de prendre la direction du grand escalier de lambourde menant à la résidence principale, non sans jeter un regard mauvais aux épais nuages qui déchargeaient leurs trombes d'eau glaciale sur la région depuis plusieurs jours.
"Une organisation efficace et des hommes de confiance sont les clefs d'une affaire florissante." se félicita le seigneur Atekobin en levant son verre à son propre succès.
Ayant observé l'arrivée de ses hommes depuis la fenêtre de l'étage, il ressentait à présent cette satisfaction mêlée de soulagement qui caractérisait chaque opération menée à bien. Retournant s'installer à son bureau, il adressa un sourire chaleureux à ses invités dont les frusques usées et sales contrastaient violemment avec la décoration fastueuse de son cabinet de travail et fit signe à un domestique d'emplir à nouveau leurs coupes.
"Et bien?" lança-t-il à celui qui se tenait devant la cheminée. "Comment trouves-tu notre belle ville ?
- Changée." répondit simplement l'homme sans quitter les flammes des yeux. "Je ne m'y retrouve plus.
- Ce n'est pas surprenant." s'amusa Atekobin. "Elle dû pour le moins doubler de taille depuis que tu l'as quitté. En faire la capitale était la meilleure décision qu'ait pris notre bon roi Aganir.
- Je ne prétends pas aimer ce que j'ai vu." fit pensivement l'homme. "Mais mes souvenirs sont probablement embellis par le regard d'enfant que je lui portais.
- Tomber dans le piège d'une vision étriquée de la situation ne te sied guerre. Rougefalaise est une ville jeune et grandissante, le cœur du royaume battant d'activité, aux artères pulsantes d'une une foule venue des quatre coins du continent, une fourmilière débordante d'opportunités pour quiconque disposerait d'une vision et de la volonté nécessaire pour la mettre en œuvre..."
Il s'interrompit un instant, le regard dans le vague.
"Nous avons de vastes plaines fertiles," reprit-il en se levant pour parcourir la pièce, "des mines riches en métaux précieux, des milliers de lieues de côtes poissonneuses donnant sur cinq mers différentes, une armée de plus en plus nombreuse et entraînée, une flotte de guerre et de commerce grandissante! Ce qu'il faut que tu comprennes est que cette ville est représentative de notre nation toute entière! Le moment où elle atteindra sa maturité marquera l'avènement d'un véritable âge d'or où elle sera une véritable plaque tournante de l'art, du commerce et des sciences tandis que notre royaume atteindra le rang de puissance dominante du continent!"
Un franc sourire illumina son visage lorsqu'il posa la main sur l'épaule de son interlocuteur pour reprendre :
"Hélas, je ne serai probablement plus là pour voir ça.
- Le sentimentalisme ne te mènera nulle part, oncle Ekul." lui répondit l'homme.
Poussant un soupir mi-amusé, mi-las, le seigneur Atekobin entraîna son neveu vers la fenêtre et désigna les nombreuses dépendances de son manoir d'un mouvement de la main.
"Quand j'ai commencé, je n'étais qu'un petit marchand d'étoffes." se souvint-il. "Une petite échoppe, héritée de mon père. Je me déplaçais dans tout le royaume à dos d'âne, écoulant au sud les peaux que j'achetais dans le nord et revenant chargé de soie et de coton que revendais avec une marge confortable. Il y a bien sûr eu des ratés et j'ai plusieurs fois failli finir égorgé sur le bord du chemin, mais j'en ai acquis une certaine connaissance des routes commerciales les plus sûres, connaissance que j'ai bien sûr mise à profit en convaincant d'autres marchands de mettre leurs moyens en commun pour constituer des caravanes bien défendues. Au début, nous n'étions que trois négociants. Je menais moi-même l'escorte... De fil en aiguille, la réputation de sûreté de mes caravanes a fait son chemin et de nombreux commerçants se sont montrés intéressés. Et regarde où j'en suis aujourd'hui! Des dizaines de convois sillonnant les quatre coins du pays, des centaines d'hommes sous mes ordres! Le roi Aganir lui-même m'a anobli pour services rendus après avoir eu recours à mes services pour commercer avec les nations voisines!
- Qu'est-ce qu'un homme pourrait demander de plus ?" ironisa son neveu comme si tout cela ne signifiait rien pour lui.
Un servant se présenta à la porte du cabinet pour annoncer la présence du capitaine Rudkem, qu'il fit entrer sur un signe de la main de son maître.
"Bienvenue, Bekor." le salua amicalement Atekobin. "Le voyage n'a pas été trop pénible, j'espère?
- Mis à part le temps sur les derniers jours qui nous quelque peu ralentis, rien qui ne mérite d'être raconté." lui répondit le vieil homme encore ruisselant de pluie en saisissant avec gratitude le verre d'alcool fort qu'un servant lui tendait. "Tad est en train de superviser le déchargement avec les autres représentants et j'ai ouï-dire que les seigneurs Gilhehan et Oncilom ne tarderaient pas à arriver.
- Les affaires ont été bonnes ?
- A ce que j'ai compris." acquiesça le capitaine. "Il y a du bois précieux, des graines rares, des animaux exotiques et une quantité respectable d'or. Mais Tad saura mieux vous informer.
- Parfait." se satisfit le noble. "Si vous souhaitez vous restaurer avant de prendre congé, vous connaissez le chemin des cuisines."
Il attendit que le mercenaire ait quitté la pièce pour reprendre :
"Lorsque je ne serais plus, il ne restera personne pour continuer mon œuvre. Je n'ai ni femme, ni héritier, ni bras droit. Tu es pour ainsi dire ma seule famille.
- Je te l'ai dit, cela est loin de m'émouvoir." répliqua dédaigneusement son interlocuteur.
- Tu n'as pas l'air de comprendre la chance que tu as de vivre à notre époque", affirma le gentilhomme, "et non dans l'obscurantisme et les guerres de petits royaumes des siècles passés ou parmi les bêtes titanesques de l'aube de la civilisation !
- Quand tout restait encore à faire et que la valeur d'un homme ne se mesurait qu'à la vaillance de son bras?" s'amusa son neveu.
- Mais tout reste encore à faire !" insista Atekobin. "Le rapprochement de notre nation avec la Vive Forêt et les traités qui en découlent ne sont qu'un début ! Une nouvelle route maritime lie déjà les ports du duché de Froidcastel avec les avants-postes nains des Charbons Immaculés ! Il reste aussi à négocier des dérogations à la politique isolationniste des Lances Murées pour doter la Mer Intérieure de sa propre flotte de commerce, à convaincre le Pilier Pointu de nous vendre de l'acier, à établir des relations diplomatiques avec les tribus du nord... Bon sang, comme j'envie ta jeunesse! Si j'avais vingt ou trente ans de moins, je repartirais sur les routes pour mener les négociations en personne!"
Devant l'absence de réponse, il continua :
"Écoute, Bekor se fait vieux, ce voyage était l'un de ses derniers. Accepte de prendre la tête de l'escorte du prochain convoi. Juste une fois, pour voir si ça te plaît. Tu as l'habitude de courir le pays et de manier l'épée, tu t'en tireras parfaitement. Je te payerai grassement."
Désignant les deux hommes assis près de l'âtre, il ajouta :
"Toi et tous tes gars, s'ils ont ta confiance.
- Je te l'ai dit." répliqua son neveu. "Travailler pour quelqu'un m'abhorre."
- - -
Rajustant sa cape de voyage, Rama s'engagea rapidement dans la longue rue principale du quartier commerçant de Rougefalaise, se bottes claquant sur les pavés avec un bruit mat.
"Je n'arrive pas à croire que tu aies accepté." s'étonna Nocam en forçant le pas pour rester à sa hauteur.
- On a toujours besoin d'or, je suppose." se justifia l'aventurier. "Et puis notre vision des choses ne diffère pas tellement. La fortune sourit aux audacieux.
- Et puis la famille, c'est important." ajouta Streti en cherchant une taverne des yeux. "Aucun homme n'est une île.
- C'est de toi ?" s'étonna Nocam.
- J'ai dû entendre ça quelque part..." répliqua l'ancien bandit de grands chemins.
Ils continuèrent à marcher silencieusement pendant quelques minutes.
"Ekul." fit pensivement Streti. "Nom étrange. J'avais un compagnon de cellule qui s'appelait comme ça.
- Et alors ?" l'interrogea Rama.
- Oh, disons que ma seule crainte était qu'il me mette la main dessus.
- Je t'avoue ne pas savoir quoi faire de cette information." répliqua l'aventurier.
- Non, parce que comme il disait souvent : moi c'est Ekul. Si j’t'attrape, j't'enc...
- J'avais compris."
Quelques semaines plus tard, non loin des côtes de Froidcastel...
L'Acathóale cinglait à travers une mer de brouillard dans un silence écrasant, à peine rompu par les cris réguliers du matelot se tenant à la proue pour guetter un écho qui signalerait un éventuel obstacle imposant. Pas un seul craquement ne s'élevait de cet étonnant cotre de mélèze dont la coque lisse et effilée tenait d'un seul bloc avec la mature et les structures du pont, fruit admirable d'une longue et complexe croissance supervisée par les otirame du Nuage Ambré. Semblant à peine toucher l'eau, il progressait à vive allure dans ce décor aussi onirique que claustrophobe, sa fine et résistante voilure gonflée par une brise pourtant assez faible pour faire enrager n'importe quel capitaine humain.
Habitué à parcourir les mers glaciales baignant les rivages de sa taïga natale, Fena Iÿiÿare se trouvait en cet instant dans son élément, confiant dans l'expérience de son équipage et les qualités de son navire dont la manœuvrabilité, la vitesse et le faible tirant d'eau étaient suffisants pour pallier à n'importe quel imprévu. Les eaux plus calmes de cette région ne présentaient pour lui aucun réel défi à la navigation et les alirelifa que le courant ramenait du nord étaient si rares que même le pire des capitaines naviguant les yeux fermés n'aurait aucune chance d'y abîmer sa coque.
Se laissant aller au doux souvenir de son lointain foyer, il sursauta lorsqu'un choc métallique distant le tira de sa rêverie.
- - - -
"PAR LE GRAND MEULON!" jura Karagzapouik en se relevant. "QU'ÉTAIT-CE QUE CELA ?!
"
A l'instar de tout l'équipage encombrant le pont de l'Inidangir, son museau avait violemment rencontré les planches lorsque la titanesque galère cérodienne s'était brusquement arrêtée dans un fracas assourdissant.
"AMIRAL!" hurla un homme-rat essoufflé en jaillissant de l'épaisse brume qui ne laissait rien apercevoir du reste du navire. "C'EST AFFREUX ! ![]()
- MOUARGH ?" s'enquit Becca, seule à être restée sur ses pattes lors du choc.
- UNE MONSTAGNE DE GLACE !" paniqua le rongeur. "ELLE S'EST ENGETÉE D'ELLE-MESME SUR NOSTRE ROUTE! ![]()
- SACREBLEU !
" s'exclama le vice-amiral en se ruant en avant.
Franchissant la grosse cinquantaine de toises qui séparaient la poupe de la proue en un temps record, il étouffa un cri d'horreur en découvrant la masse immaculée qui leur bloquait la route et se pencha immédiatement par-dessus le bastingage pour ressentir un demi-soulagement en réalisant que l'éperon de bronze leur avait probablement sauvé la mise, s'enfonçant profondément dans la glace et immobilisant la galère avant que la coque n'ait pu se fracasser contre ce naufrageur algide.
"PAR QUEL MALÉFICE LES ÎLES VAUCRENT-ELLES A LEUR GUISE !?" s'étonna-t-il. "ALLONS DE L’ARRIÈRE POUR NOUS DESGAGER PRESTEMENT! ![]()
- POUARGH!" le débouta l'autruche.
- PREUVE D'AVERTISSANCE!" acquiesça Karagzapouïk. "JAMAIS LA HORDE NE RECULE! ![]()
- MOUARGH !
- SI FAIT!" obéit-il avant d'appeler : "CRÂNENPOUÏK ! BATOISE LA CHARGE!
"
Un lointain borborygme crispé lui répondit depuis la poupe, suivi par le battement régulier d'un tambour frappé avec force tandis que les centaines de rames se mettaient en branle de concert, frappant l'eau au rythme des percussions.
- - - -
Le vent forcit peu à peu, dissipant rapidement le brouillard. Tous les sens aux aguets, Fena scrutait la direction d'où était provenu le choc, s'attendant au pire. Le silence qui avait suivi était maintenant ponctué par un battement lointain, signe indéniable de la présence d'un navire. Les tribus humaines vivant à l'est du royaume ne s'aventuraient jamais si loin en mer et il avait de toute façon dépassé leurs côtes des semaines auparavant. Plus à l'est encore, il y avait les nains dont l'une des étranges embarcations caparaçonnées avait un jour atteint les rives de la capitale. Peut-être voguait-il à présent dans leurs eaux ?
Il fronça légèrement les sourcils lorsque la brume fuyante révéla la forme imposante d'un alirelifa à moins d'un mile de là. La vue de l'une de ces masses de glace flottante aurait pourtant dû ne provoquer chez lui qu'une complète indifférence. N'étaient-elles pas aussi nombreuses dans sa mer d'origine que des arbres dans une forêt ?
Celle-ci avait cependant quelque chose d'étrange, sans qu'il parvienne à dire quoi. Et la trentaine de paires d'yeux tournée dans sa direction semblait indiquer que son équipage pensait de même.
Après quelques secondes d'observation, sa bouche s'entrouvrit légèrement. Portant ses doigts à sa bouche, il émit un long sifflement, ordonnant à ses compagnons de se préparer pour la manœuvre alors qu'il pressait de tout son poids sur le timon pour placer le navire en travers du vent afin qu'il atteigne sa vitesse maximale.
Cet alirelifa avançait à contre-courant. Et il accélérait. Et il se dirigeait vers eux.
- - - -
"HARDIS, BONNES RATEGENS!" hurla Karagzapouïk en constatant que l'iceberg contre lequel poussait leur galère commençait à se fissurer. "PESEZ SUR CES RAMES DE TOUTE VOSTRE POESTE!
"
Le lent battement du tambour s'était maintenant mû en un roulement de tonnerre, Crânenpouïk abattant ses mailloches aussi vite qu'il le pouvait sur les grosses caisses lui faisant face. Dans les ponts inférieurs surpeuplés, une masse compacte de rongeur actionnait les rames dans un concert de grognements et d'exclamations exaltées, faisant preuve d'une synchronisation étonnante et propulsant le navire toujours plus en avant jusqu'à ce que sur un ultime coup de rame retentisse un craquement assourdissant.
- - - -
Fena observa avec anxiété l'alirelifa se briser en deux et manqua de lâcher le timon lorsque ses moitiés maintenant libres s'éloignèrent pour révéler le plus grand navire qu'il ait jamais vu. Saisi d'un tremblement incontrôlable, il hurla à son équipage de tendre les voiles à leur maximum, misant tout sur la vitesse de son propre navire pour échapper au géant des mers lancé à leur poursuite.
- - - -
"VAISEL EN VUE!" hurla l'homme-rat se tenant sur la dunette. "FUYANT A TOUSTE VITESSE! ![]()
- MOUARG!" ordonna l'autruche.
- SI FAIT!" obéit le vice-amiral. "CRÂNENPOUÏK! FORCE LA MARSCHE! ![]()
- GNARGNARBRGNANGNR !
" râla ce dernier.
- QU'ON LUI APPORTE SITÔT DES TAMBOURS SUSPLÉMENTAIRES !
" ordonna Karagzapouïk.
- - - -
L'équipage de l'Acathóale était maintenant réuni au complet sur son bastingage tribord, faisant contrepoids pour empêcher le long côtre de trop pencher sous la pression du vent. Poussé dans ses derniers retranchements, le navire elfique filait à une vitesse incroyable, manquant de décoller à chaque vague. Seul à la poupe, Fena luttait pour maintenir le cap, les yeux rivés sur la colossale octarème visiblement surchargée qui contre toute logique ne semblait pas vouloir se laisser distancer.
- - - -
Les rames de l'Inidangir frappaient les flots avec une fureur inquantifiable, mues par la force de la Horde toute entière au rythme de la batterie de tambours que pilonnait un Crânenpouïk déchaîné qui inventait certainement un genre de musique en avance de plusieurs siècles sur son temps. L'unique voile était tendue dans le mauvais sens, mise à mal par le terrible vent contraire que générait ce déplacement à une vitesse que la galère n'avait probablement jamais été conçue pour atteindre. Les nombreux coquillages et algues accrochés à la coque s'arrachaient par plaques entières tandis que l'étrave fendait l'onde dans une gerbe d'écume monumentale.
"JE SUIS LE MAISTRE DU MOOONDE!
" exulta Karagzapouïk en se dressant sur la proue tandis que le navire démâtait, l'imposant beaupré tuant une centaine de rongeurs en s'écrasant sur le pont.
- - - -
La rage cédait peu à peu la place au désespoir dans le cœur de Fena. Si rapide que soit l'Acathóale, il semblait être inévitablement voué à se faire rattraper par la galère monstrueuse qui gagnait sur eux de seconde en seconde dans un vacarme cauchemardesque.
Les marins du Nuage Ambré entretenaient de nombreuses légendes parlant d'anaÿaotira dont la rencontre était vue comme un funeste présage. Peut-être était-ce là un de ces navires perdus en mer, mené par les âmes monstrueuses de son infortuné équipage dans une haine aveugle des vivants.
Il n'y avait pourtant jamais cru lui-même. La mer recelait assez de dangers bien réels pour craindre de vulgaires racontars. Finir ainsi était donc pour le moins surprenant de son point de vue.
Ayant une dernière pensée pour sa femme et sa fille qui l'attendraient en vain, il ferma les yeux et se prépara à l'impact.
- - - -
Dans une cacophonie assourdissante, l'Inidangir frôla le cotre elfique en soulevant une vague immense qui manqua de le faire chavirer et continua sa route à toute vitesse, passant à deux doigts de percuter une baleine qui dut voir l'espace d'un instant sa vie entière défiler devant ses yeux.
"ON LES A DÉPASSÉS!
" s'exclama un homme-rat depuis le milieu du navire.
- EXCELSIOR!
" triompha Karagzapouik.
- EXCELSIOR!
" reprit en cœur le millier de rongeur se trouvant sur le pont.
- - - - - - - - - - - - - -
''Quelques semaines plus tôt, dans une certaine forteresse naine..."
Sharast porta un regard perplexe au nain lui faisant face. Puis il reporta son attention à celui allongé sur le lit d'hôpital le plus proche. Puis il fixa à nouveau le premier, comme pour établir une comparaison avant de ré-examiner le second.
Au bout de cinq longues minutes de ce manège, il se redressa soudain, une satisfaction intense illuminant ses traits.
"Mon diagnostic est sans appel!" déclara-t-il. "Il vous manque un bras.
- Stupéfiant.
" fit un McTruman admiratif.
- C'est mon métier." acquiesça fièrement le médecin-chef.
- Et comment est-ce que ça se soigne ?" demanda le mécaniste avec curiosité.
- C'est déjà on ne peut mieux soigné." le rassura-t-il en observant le moignon. "Coupé net et parfaitement cautérisé. Il faudra que vous me donniez votre méthode d'amputation, ça me serait utile pour pour traiter les échardes et les ongles incarnés.
- Oh, à vrai dire, je n'y suis pour ri... ![]()
- Mais on parle, on parle et mes patients meurent tous seuls." le coupa Sharast. "Je vous déclare apte à quitter l'hôpital et à reprendre votre travail, quel qu'il soit. En espérant que vous n'ayez pas trop perdu la main. Pardonnez-moi, il paraît que l'humour aide les patients à guérir plus vite.
- Jusqu'à faire repousser les bras?
" s'étonna le chef ingénieur en rampant vers la sortie.
- Avec de la volonté, tout est possible." confirma le docteur. "Il faut savoir prendre la vie à bras-le-corps!
- Ça risque d'être compliqué.
" répondit le mécaniste sans saisir le calembour.
- ...bref.
" conclut le médecin.
- - -
Istam observait pensivement les artisans prisonniers du palais vaquer à leurs tâches, participant à contrecœur à l'effort de guerre de l'armée d'occupation. En proie à un profond débat interne, il ne parvenait à se concentrer sur son propre travail et fixait son enclume sans dire mot.
Semblant enfin parvenir à une conclusion, il se gratta la barbe et murmura :
"Je...
- Hé, regardez!" le coupa un figurant en se baissant. "Je viens de trouver un Scar d'or!"
♫ C'était l'ami Istam! ♪
♪ L'ami Istam Thirzuntir! ♫
- - - -
"Geshud toute-puissante." constata McTruman en pénétrant dans son atelier. "Il va y avoir du ménage à faire.
"
Retirant la bâche trouée qui recouvrait Kalurkol, il se hissa avec difficulté sur le trône roulant et resta un instant perplexe devant l'impossibilité de le faire avancer dans son état physique. Utilisant son unique bras, il tira très légèrement le levier permettant de remonter le bloc propulsif avant d'orienter le trône vers sa table de travail.
Un fracas de bois pulvérisé retentit lorsque le véhicule traversa la salle en emportant une dizaine de pièces de mobilier sur son passage pour terminer sa course dans une des étagères de la bibliothèque.
"Aux armes!" hurla une voix ensommeillée. "Les kes ïngiz attaquent!"
Une forme vaguement humanoïde jaillit d'une pile de haillons, zigzagua sur quelques mètres en moulinant des bras et s'effondra au sol pour s'y tortiller faiblement.
"...cousin Hurrist?
" reconnut le chef ingénieur en observant le golem de chiffons tenter de démêler les loques qui le recouvraient.
- Quequoi ?" marmonna le nain encore à moitié endormi. "Qui me cause?
- Allons bon.
" soupira le mécaniste.
- - - -
"Mouahaha!" se gargarisa Icar-Deng. "A partir de maintenant, je déclare illégale la protection de la veuve et de l'orphelin!
- Oh non!" se lamenta Kogan. "Que va devenir la justisse ?!
"
Le contrebandier se redressa violemment dans son lit, emmêlé dans ses draps. Réalisant que tout cela n'était qu'un horrible cauchemar, il se rendormit immédiatement.
♫C'était l'ami Kogan! ♪
♪ Kogan-euh Mastersausage ! ♫
* un silence s'installe après la fin de ce récit * 
Hum, vu la taille du bouzin, tu ne m'en voudras pas si je ne cite pas tous les passages rigolos avec un petit commentaire comme le veut la coutume. ![]()
Sinon c'était cool.
Par contre je ne saisit pas tout. Où embarquent les hommes rats par exemple ? S'ils se retrouvent par la suite au large de Froidcastel, je suppose qu'ils partent de la côte Est, mais du coup je m'étonne d'y voir un navire cérodien. ![]()
- Maintenant que j'y pense, le dernier ouvrage que j'ai lu résumait le bonheur à une rivière remplie de saumons.
- ...
- Enfin, c'est ainsi que je l'ai compris. La traduction était assez délicate.
C'est bien vrai. L'auteur doit être un grand sage. ![]()
hommes rats
![]()
Je n'ai rien de plus à dire sur eux. ![]()
Lui qui, comme tant d'autres, s'était laissé entraîner par l'appât d'une gloire éternelle au retour de la grande expédition d'exploration menée par le grand Amiral Oraso. Encore fallait-il en revenir ! Des trente-sept grands navires ayant quitté sa douce terre de Cérodie, un seul était encore à flot . [...] tombeaux de cinq mille des plus braves marins de Cérodie.
J'aurais cru qu'autant de moyens auraient été réservés à quelque chose de plus utile, comme la guerre contre les gobelins par exemple. ![]()
♫ C'était l'ami Istam! ♪
♪ L'ami Istam Thirzuntir! ♫
Allons bon. ![]()
- Il ne manquait plus que ça." cracha son cousin avec mépris. "Un putain de profanateur de sépulture dans la famille.
Je crois que tu as mal utilisé Hurrist, c'était assez cohérent comme jugement. ![]()
Quelques secondes plus tard, le bras se mit à bouger lentement, suivant les indications mentales que lui envoyait l'ingénieur à la manière d'un membre normal.
"Normal". ![]()
Urist est dans une position difficile, tout de même. Nécromancien avéré (quoique foireux, mais ce n'est pas vraiment important, créateur de Tholtig et du "piège" ayant manqué de tuer Icar-Deng lors de la prise de la ville. Et il a déjà commencé à rater des expériences. ![]()
Rama et Ethoile reparaissent
![]()
Ils sont parmi mes personnages préférés. ![]()
Par contre je ne saisit pas tout. Où embarquent les hommes rats par exemple ? S'ils se retrouvent par la suite au large de Froidcastel, je suppose qu'ils partent de la côte Est, mais du coup je m'étonne d'y voir un navire cérodien.
Ange en avait fait une grande puissance navale, et ce navire appartenait apparemment à une expédition plus grande (qui elle est moins expliquée
).
Ange en avait fait une grande puissance navale, et ce navire appartenait apparemment à une expédition plus grande (qui elle est moins expliquée
).
Oui enfin, regarde sur la carte, ça fait une sacrée trotte tout de même.
Je vois mal l'intérêt d'aller se paumer aussi loin de chez soi, surtout pour un pays en guerre.
Je t'avoue, je suis impatient de voir quelle explication Alex va nous trouver pour justifier ça. Vraiment hein, c'est même pas du sarcasme.
Ah, mais je suis tout-à-fait d'accord avec ce point, je disais seulement que ce navire avait une raison (cette expédition). ![]()
Ange_Pleureur a écrit :
Je n'en attendais pas moins. ![]()
Le 07 février 2017 à 15:53:47 Kait a écrit :
Tu ne m'en voudras pas si je ne cite pas tous les passages rigolos avec un petit commentaire comme le veut la coutume.
Si. 
Où embarquent les hommes rats par exemple ? S'ils se retrouvent par la suite au large de Froidcastel, je suppose qu'ils partent de la côte Est, mais du coup je m'étonne d'y voir un navire cérodien.
Les hommes-rats embarquent sur la côte du duché de Froidcastel et échouent sur cette même côte.
Quand au navire Cérodien, il fait partie d'une expédition d'exploration lancée par la Rougenation pour des raisons floues. On peut penser qu'elle reprend certaines des raisons ayant motivé l'expédition de Christophe Colomb (à savoir "trouver d'autres royaumes chrétiens dont l'alliance pourrait être bénéfique à la couronne d'espagne", donc dans notre cas pour les aider dans la guerre contre les gobelins).
Elle est en partie inspirée par l'expédition de l'amiral chinois Zheng He ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Zheng_He ). Quand à la galère géante, elle est inspirée du Léontophoros, une octarème Macédonienne de l'antiquité ( https://en.wikipedia.org/wiki/Leontophoros ).
Pour ce qui est de l'expédition cérodienne, elle a été malmenée jusqu'à n'être réduite qu'à un seul navire -l'Inidangir- qui a finalement rencontré une cogue de la marine écarloise non loin des côtes de la Rougenation. Après une prise de contact, cette dernière l'a mené au port le plus proche pour se rendre ensuite à Froidcastel par la terre -puis à Rougefalaise, probablement.
Pour mettre autant de moyens dans une expédition aussi hasardeuse -et au vu du jusqu'au-boutisme de l'amiral cérodien qui n'a pas rebroussé chemin malgré les aléas-, la Cérodie doit vraiment penser que la guerre risque de finir par tourner à son désavantage sans aide extérieure -on ne sait pas à quel point ils y sont engagés, je vous rappelle
Pour vous donner une idée, voilà la carte du monde mise à jour avec les deux nouveaux royaumes mentionnés (les nains des Charbons Immaculés et les elfes du Nuage Ambré). La trajectoire de l'expédition cérodienne est en rouge (on peut vaguement la deviner lors du monologue interne du quartier-maître Vas, la trajectoire maritime des hommes-rats est en mauve et celle du cotre elfique nubambrien est en vert:
Zoom sur la trajectoire des hommes-rats : 
En passant, il y a donc une délégation cérodienne forte d'un millier d'hommes (diplomates, soldats, porteurs, etc) menée par un Grand Amiral (probablement un grade) qui se dirige vers Froidcalstel.
Usul a écrit :
C'est bien vrai. L'auteur doit être un grand sage.
Ce n'est d'ailleurs pas la seule référence à la présence d'un certain ursidé dans ce chapitre. ![]()
Je crois que tu as mal utilisé Hurrist, c'était assez cohérent comme jugement.
Je n'ai pas compris le sens de cette phrase. ![]()
Urist est dans une position difficile, tout de même. Nécromancien avéré (quoique foireux, mais ce n'est pas vraiment important, créateur de Tholtig et du "piège" ayant manqué de tuer Icar-Deng lors de la prise de la ville. Et il a déjà commencé à rater des expériences.
Et je doute qu'Icar-deng soit aussi pragmatique que Biyme ou que Scar. ![]()
Ils sont parmi mes personnages préférés.

Pour mettre autant de moyens dans une expédition aussi hasardeuse -et au vu du jusqu'au-boutiste de l'amiral cérodien qui n'a pas rebroussé chemin malgré les aléas-, la Cérodie doit vraiment penser que la guerre risque de finir par tourner à son désavantage sans aide extérieure -on ne sais pas à quel point ils y sont engagés, je vous rappelle
On sait à quel point ils sont engagés, ils ont envoyés une première armée en même temps que les nains pour venir en aide aux elfes. Cette armée consistait en tout ce qu'ils étaient capables de réunir en quelques semaines, et une seconde armée (bien plus conséquente) devait être formée puis envoyée vers l'ouest - pour venir en aide aux nains, cette fois-ci. De son côté, la flotte sert à la fois au transport de certaines troupes et à repousser la flotte gobeline (plutôt quelconque mais épaulée par des bêtes de guerre assez dangereuses, d'autant plus que la Mer Martiale a été décrite comme abritant un certain nombre de monstres marins).
Je n'ai jamais mis en scène le roi de Cérodie (et n'ai pas vraiment prévu de le faire), mais je pense que tout cela montre qu'il est décidé à rester et résister. Quant à son avis sur la guerre, il dépend tellement de son déroulement et des situations de ces pays que cet argument est rendu nul par le fait que tu ne m'as pas consulté. ![]()
Dans ce contexte, j'ai du mal à croire que le roi humain se séparerait de plusieurs milliers de marins et d'une quarantaine de navires, ainsi que d'un Amiral dont il aurait bien besoin (à moins qu'il ne s'en débarrasse? Il a perdu la flotte après tout
).
En passant, il y a donc une délégation cérodienne forte d'un millier d'hommes (diplomates, soldats, porteurs, etc) menée par un Grand Amiral (probablement un grade) qui se dirige vers Froidcalstel.
Oh. ![]()
Et je doute qu'Icar-deng soit aussi pragmatique que Biyme ou que Scar.
Il sera assurément intéressant de voir les réactions des divers personnages à ce retour inattendu. ![]()
Plus aucun doute, Alex est breton. ![]()
Sans rire, d'habitude je dois arrêter ma lecture pour chercher des traductions de mots du langage du jeu. Là je m'arrêtais pour trouver à quoi correspondait tel navire ou telle partie d'un bateau.
<spoil>Crois le, crois le pas, mais mon prochain chapitre incluait un passage où une flotte de nains-vikings se préparant à rejoindre les côtes du continent pour les piller se fait aborder par la horde ratifère à la nage qui s'empare de leurs navires.
</spoil>
Bon à part ça c'est surprenant de voir un chapitre aussi long dédié aux hommes-rats. Je n'ai pas été déçu, certains passages sont hilarants à lire. Par exemple celui-ci...
"CRÂNENPOUÏK ! BATOISE LA CHARGE!
"
Un lointain borborygme crispé lui répondit depuis la poupe, suivi par le battement régulier d'un tambour frappé avec force tandis que les centaines de rames se mettaient en branle de concert, frappant l'eau au rythme des percussions.
... m'a tué sans que je puisse expliquer pourquoi. Les hommes-rats ont un caractère tellement simple et prévisible, et pourtant tu arrives encore à me surprendre. Une des raisons pour lesquelles j'hésite à les utiliser, je ne ferais jamais aussi bien que toi.
J'étais aussi particulièrement content de revoir McTruman à l'écran pour plus de cinq secondes, même si je ne le savais pas philosophe. Au final ça ne m'étonne pas tellement, s'il est réellement touche-à-tout. En lisant ses références à une rivière de saumons, j'ai hésité à y lire de la philosophie ursidée avant que tu ne le confirmes. ![]()
Par contre il a morflé la vache. ![]()
Tu t'acharnes décidément sur lui dans une tentative désespérée de compenser ses capacités OP et de l'éloigner le plus possible du gary-stu, c'est pathétique. ![]()
Aussi, tu as parfaitement saisi Kogan, et tout comme Usul dans son avant-dernier chapitre, tu t'en sers bien mieux que moi. C'est rageant. ![]()
Bref, très bon chapitre toujours aussi bien écrit, et évoquer les relations globales qu'entretiennent les différentes puissances mondiales me plaît beaucoup. Juste, il faudra renommer ce topic "Roth Akmesh", et non "Cornedebouc". ![]()
Tu supposés que Roth Akmesh est ronde donc. Intéressant. Audacieux. ![]()
Mais j'ai compris le message caché, il faut que je mette à jour cette carte de manière propre. ![]()
On sait à quel point ils sont engagés,
Je n'ai pas été assez précis, honte sur moi. J'avais en tête l'état de la guerre sur leur propre territoire -cela ne semblant pas être aussi désespéré que les elfes ou sentir autant le roussi que pour les nains. ![]()
De son côté, la flotte sert à la fois au transport de certaines troupes et à repousser la flotte gobeline
J'ai dû rater ce détail lors de ma relecture. Cette histoire devient vraiment volumineuse. ![]()
Quant à son avis sur la guerre, il dépend tellement de son déroulement et des situations de ces pays que cet argument est rendu nul par le fait que tu ne m'as pas consulté.
Techniquement, c'est dans le principe du topic. Tant qu'un fait n'a pas été établi / précisé dans un chapitre / message précédent et que quelqu'un n'a pas un chapitre en cours d'écriture impliquant ledit fait, n'importe qui peut en faire n'importe quoi dans son propre chapitre. (raison pour laquelle des choses comme le sommet mondial d'Ange sont canonique). Ce qui permet à n'importe-qui de toucher à n'importe-quel personnage / partie du monde tant qu'il respecte ce qui a déjà été écrit.
Dans ce contexte, j'ai du mal à croire que le roi humain se séparerait de plusieurs milliers de marins et d'une quarantaine de navires, ainsi que d'un Amiral dont il aurait bien besoin
Cela ne doit pas représenter grand chose par rapport à la taille totale de sa flotte, et il doit avoir un certain nombre de grands amiraux. Pour te donner une idée, l'armée francaise compte plus de cinq mille généraux. Bon d'accord, elle est en sureffectif total dans cette catégorie précise, mais tout de même. ![]()
Cependant, j'ai stipulé que les raisons étaient floues et peut-être en découvrira-t-on plus si la délégation parvient à Froidcastel. Mais à la manière des nombreuses balises scénaristiques que je me suis posé dans ce chapitre, rien n'est fixé, ça s'adaptera à l'évolution de l'histoire et à l'usage hypothétique que pourraient en faire les autres. ![]()
TheCody a écrit :
Sans rire, d'habitude je dois arrêter ma lecture pour chercher des traductions de mots du langage du jeu. Là je m'arrêtais pour trouver à quoi correspondait tel navire ou telle partie d'un bateau.
Je mentirais si je prétendais ne pas m'être documenté dans de nombreux domaines allant de la météorologie à la construction maritime pour écrire ce chapitre.![]()
Comme d'habitude, quoi. ![]()
Crois le, crois le pas, mais mon prochain chapitre incluait un passage où une flotte de nains-vikings se préparant à aborder les côtes du continent pour les piller se fait aborder par la horde ratifère à la nage qui s'empare de leurs navires.
Je te crois entièrement. Je me souviens que la possibilité que les hommes-rats prennent la mer avait été évoquée suite au chapitre où Scar arrive au chaudron du croque-mitaine. ![]()
[Ce passage] m'a tué sans que je puisse expliquer pourquoi.
Je me marrais tout seul en imaginant Crânenpouik aux tambours. Ça correspondait tout à fait à l'image que j'en avais. ![]()
Les hommes-rats ont un caractère tellement simple et prévisible, et pourtant tu arrives encore à me surprendre. Une des raisons pour lesquelles j'hésite à les utiliser, je ne ferais jamais aussi bien que toi.
Il n'y a pas de "mieux" ou de "moins bien". Nos styles sont tous différents et du moment que l'on respecte les personnalités établies, ça ne peut qu'être bon. ![]()
S'il te prend l'envie de les utiliser, ne t'arrête par conséquent pas à ces considérations. ![]()
J'étais aussi particulièrement content de revoir McTruman à l'écran pour plus de cinq secondes, même si je ne le savais pas philosophe.
Il dispose d'une bibliothèque entière chargée d'ouvrages de provenance diverses et variées. A force de lire, il a forcément appris quelque chose. ![]()
Cependant, ce qu'il a fait à la taverne n'est que de la philosophie de comptoir tellement bancale qu'elle est parvenu à causer un début d'attaque cardiaque à un véritable philosophe situé à l'autre bout du monde. ![]()
Par contre il a morflé la vache.
Crois-le ou non, je n'ai fait le coup du bras que pour le large panel de gags que va me permettre sa collection de bras de remplacement. ![]()
C'est le principe de mes chapitres, d'un côté. Tout ou presque sert au final à justifier la présence de gags. ![]()
Aussi, tu as parfaitement saisi Kogan, et tout comme Usul dans son avant-dernier chapitre, tu t'en sers bien mieux que moi. C'est rageant.
N'est-ce pas, le fait que se voir attribuer le statut de défenseur de la veuve et de l'orphelin soit vu par Kogan comme un horrible cauchemar dénote bien la rupture opérée sur le personnage dans les derniers chapitres l'ayant mis en... Ouais, je sais, c'était un troll fainéant et peu travaillé. ![]()
Mais bon, je vais tâcher de faire réellement apparaître les personnages présents à la forteresse dans mes prochains chapitres.
Juste, il faudra renommer ce topic "Roth Akmesh", et non "Cornedebouc".
J'ai pris de l'avance en nommant ainsi la troisième partie de l'histoire. Reste à savoir comment nommer la quatrième. ![]()
Kait a écrit :
Tu supposes que Roth Akmesh est ronde donc. Intéressant. Audacieux.
C'est un monde fantastique, après tout. Il n'a pas à être plat et rectangulaire comme notre bonne vieille terre. ![]()
Mais j'ai compris le message caché, il faut que je mette à jour cette carte de manière propre.
Oh, je pensais que tu ne voulais plus rien avoir à faire avec les à-côtés de ce topic, mais si tu te sens motivé, je ne dirai pas non. ![]()
S'il te prend l'envie de les utiliser, ne t'arrête par conséquent pas à ces considérations.
Une autre de ces considérations étant le fait qu'il n'en reste actuellement qu'un à Cornedebouc, et que j'ai pour l'instant décidé de me concentrer sur Kogan, Istam, et parfois les personnages en lien avec l'Ama-Apaca. ![]()
Il dispose d'une bibliothèque entière chargée d'ouvrages de provenance diverses et variées. A force de lire, il a forcément appris quelque chose.
Je n'ai jamais dit que ce n'était pas possible, au contraire que c'était prévisible. Ne te justifie pas. ![]()
Crois-le ou non, je n'ai fait le coup du bras que pour le large panel de gags que va me permettre sa collection de bras de remplacement.
https://youtu.be/PlRCNgxHwRU?t=74
Une autre de ces considérations étant le fait qu'il n'en reste actuellement qu'un à Cornedebouc
Quelques dizaines, d'après Skrouïk-Pouïk. ![]()
https://youtu.be/PlRCNgxHwRU?t=74
J'ai ri comme un débile.
Oh, je pensais que tu ne voulais plus rien avoir à faire avec les à-côtés de ce topic, mais si tu te sens motivé, je ne dirai pas non.
Ça c'était quand je rageais dans mon potager en lançant des betteraves sur Usul et toi.
C'est fini maintenant.
...Je n'ai plus de betteraves. ![]()
En plus j'ai encore le fichier Photoshop déjà configuré normalement, ça devrait aller très vite. Je fais ça dès que je rentre chez moi.
J'avais en tête l'état de la guerre sur leur propre territoire -cela ne semblant pas être aussi désespéré que les elfes ou sentir autant le roussi que pour les nains.
Aux dernières nouvelles, leurs territoires n'étaient pas encore envahis (parce qu'ils sont assez loin des nains et des elfes, séparés des deux pays par un territoire assez grand et plutôt hostile), mais ils partaient en guerre.
J'ai dû rater ce détail lors de ma relecture. Cette histoire devient vraiment volumineuse.
Je ne l'ai pas dit, il me semble, mais cela paraît bien plus logique que d'envoyer un morceau conséquent de la flotte à l'autre bout du monde alors qu'elle pourrait aider à gagner une guerre qu'ils ont déjà décidé de ne pas fuir. Ils avaient besoin de ces navires.
Techniquement, c'est dans le principe du topic. Tant qu'un fait n'a pas été établi / précisé dans un chapitre / message précédent et que quelqu'un n'a pas un chapitre en cours d'écriture impliquant ledit fait, n'importe qui peut en faire n'importe quoi dans son propre chapitre. (raison pour laquelle des choses comme le sommet mondial d'Ange sont canonique). Ce qui permet à n'importe-qui de toucher à n'importe-quel personnage / partie du monde tant qu'il respecte ce qui a déjà été écrit.
Sûr, et c'est l'équivalent de massacrer la totalité des hommes-rats en ville en dépit de la volonté de deux des participants, ou d'ajouter une troisième religion majeure à Obseroche, ou encore de transformer Osrast en un gentil vampire qui ne veut pas vraiment réveiller l'Ama-Apaca. C'est techniquement autorisé mais ça emmerde forcément quelqu'un sans apporter grand-chose. Je veux dire, c'est comme si j'avais fait un chapitre annonçant que Icar-Deng renonçait à l'usage de ses éléphants.
Quand les règles autorisent quelque chose mais que tu peux faire autrement sans en être gêné tout en épargnant d'autres, les suivre semble malavisé. Mais tu l'avais fait remarquer, en menaçant sans grand sérieux de faire capoter tous les plans par des chapitres frôlant le troll. A une échelle bien moindre, c'est ce qui arrive, parce que cette expédition n'a aucun sens d'après ce qu'on sait de leur situation (et je parle de ce qui est écrit, à savoir qu'ils partent en guerre, miraculeusement sans leur plus gros avantage).
En clair, si les règles autorisent beaucoup de choses, le bon sens pousse à consulter les participants impliqués, et la stupidité suicidaire à l'échelle d'un royaume est un peu difficile à avaler.
Et merde, tu t'es rappelé qu'ils étaient en guerre et t'es posé la question de leur implication, mais ne me pose aucune question? Et à côté, tu viens me harceler avec tes hypothèses foireuses et des questions sur des détails sans aucune importance et dont tu ne te sers même pas.
Je ne sais pas si tu avais prévu d'en faire un truc important, mais j'espère au moins que ce n'était pas uniquement pour les quelques gags de ce chapitre, parce que ça a des conséquences potentielles bien plus graves. Mais en effet, je peux toujours considérer que la Cérodie est tellement puissante qu'elle se permet d'envoyer une véritable armée à l'autre bout du monde alors qu'une horde de gobelins menée par des démons attaque ses alliés et se dirige dans sa direction. Heureusement qu'ils sont là, le Pilier Pointu est juste derrière. Il aurait pu être menacé si la Cérodie était tombée sans efforts. ![]()
Cela ne doit pas représenter grand chose par rapport à la taille totale de sa flotte, et il doit avoir un certain nombre de grands amiraux. Pour te donner une idée, l'armée francaise compte plus de cinq mille généraux. Bon d'accord, elle est en sureffectif total dans cette catégorie précise, mais tout de même.
Mettons, cela reste trente-sept navires et cinq mille hommes dans une situation où le moindre navire peut compter, et ta justification ("ils veulent fuir") ne tient pas parce qu'ils ont assez clairement montré le contraire.
Nom nom nom much drama. ![]()
Je me rend compte que ce genre de truc est assez divertissant quand on en est pas la cible, en fin de compte. ![]()