Solaris, film russe réalisé par Tarkovsky en 1972
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=1414.html
Synopsis : Un ingenieur est envoyé en mission sur Solaris, station intersidérale, après le suicide de son predécesseur.
Voici mon avis 2 jours après l'avoir vu. J'ai vraiment eu du mal à me remettre de ce film, ce fut une expérience inoubliable. Je spoile légèrement, mais si vous ne voulez absolument pas savoir ce qui se passe dans le film, ne lisez pas.
En lisant le synopsis, on pense évidemment à 2001 de Stanley Kubrick, réalisé 4 ans plus tôt. Ne vous fiez pas aux apparences, Solaris n'a rien à voir. Là où Kubrick privilégiait l'épopée d'une humanité, mettant en avant l'avancée technologique et la chute de l'Homme, Tarkovsky propose un réflexion du domaine plus proche de la psychanalyse. Le film parle du rapport de l'Homme à l'amour, à la mort et à la science. En faisant renaitre la femme de Harey, Tarkovsky pose cette question : étant donné que l'amour que l'on porte pour une personne est plus grand quand cette personne meurt, l'Homme connait il réellement l'amour ? Harvey va jusqu'à devenir fou (d'amour ?) et délaisser sa mission pour rester auprès de sa femme.
La grande force de Tarkovsky est qu'il arrive à nous mettre dans la condition de ses personnages. Solaris est une sorte de huis clos géant, où l'esthétique du faisceau est fade, ce qui nous oppresse pendant tout le film. De plus, la mise en scène est d'une lenteur insupportable. Au moins une dizaine de fois j'ai failli arrêter le film à cause de cette lenteur. Mais à la fin, on se rend compte que ce parti pris apporte le même sentiment du héros au spectateur.
Bref, c'est une expérience unique, incroyable exceptionnelle, mais surtout, très éprouvante. Du point de vue philosophique, c'est peut être le film le plus impressionnant et le plus intelligent que j'ai vu. Par contre c'est peut être aussi le film le plus chiant et insupportable que j'ai vu. Un chef d'oeuvre.