Un très bon film, qui m'a paru plutôt limpide dans son déroulement, et très bien narré au vu de la complexité du scénario.
Ensuite, y'en a toujours qui décrochent, mais il faut quand même y aller pour ne rien comprendre au film, qui est suffisamment bien pensé et raconté pour ne surtout pas nous perdre en chemin.
Je trouve ceci-dit très intéressant que le film soulève plus de questions concernant sa forme (narration) que son fond, à savoir les diverses questions soulevée et hypothétiques métaphores (même si ici on reste dans du classique, même chez Nolan qui avait déjà abordé le sujet des souvenirs et de la fuite de la réalité dans Memento).
Pourtant il y a matière, même si les profondeurs sont habilement masquées derrière le relief du scénario au premier degré, et qu'il est difficile de s'arrêter pour les explorer.
On appréciera donc ces évocations, jamais prétentieuses, du besoin essentiel de l'être humain d'échapper à la réalité (par définition et étymologie, divertissement), la métaphore de l'addiction à la drogue (le divertissement artificiel par excellence) avec la maison à rêves aux allures de bar à opium derrière la maison du chimiste et leonardo qui prend ses doses en se piquant au poignet, le soulignement de l'importance primordiale de ce besoin de divertissement et de ses dangers au travers de l'histoire du couple et de la peur des limbes (sans trop spoiler) d'un côté, et du désabusement de Cotillard qui la conduit à la mort de l'autre (cette quête de sens de Cotillard à travers la mort est assez extraordinaire).
Aussi je ne m'attarderais pas sur l'image finale de la toupie, qui concerne principalement les degrés inférieurs de lecture, et cherche surtout à garder une fin ouverte.
En bref un grand film, éprouvant, je ne saurais dire s'il gagne ou perd à être revu, malgré les références en tout genres qui le jonchent.
Le mystère brumeux qui plane plus ou moins autour de l'intrigue tout au long du film fait en grande partie son charme; une fois disparu, l'intérêt du film peut en prendre un sacré coup.