Un film magnifique.
Wim Wenders signe une oeuvre d'une beauté splendide, une sorte de western mélancolique assez touchant. Le film parle du couple, de la famille à travers les relations entre deux frères, et d'un père et son fils, mais aussi et surtout de l'origine. Il y a plusieurs séquences très nostalgiques dans le film, notamment l'échange final entre les deux personnages, dans lequel Harry Dean Stanton ( impeccable ) évoque le passé commun qu'il a eu avec Nastassja Kinski. Du long discours qu'il fait naît une nostalgie absolument poignante, comme si les personnages étaient finalement à la recherche d'un temps perdu, d'un paradis qu'ils ne retrouveront plus jamais.
Cette idée est d'ailleurs présente à plusieurs reprises dans le film : Harry Dean Stanton veut aller là " où ses parents l'ont conçu ", le fils parle de l'origine du monde, etc.
Paris, Texas est un film exigeant, au rythme très particulier. Mais Wim Wenders parvient à envoûter le spectateur, car sa science du cadrage est absolument prodigieuse. Le réalisateur allemand compose des plans d'une beauté effarante, et n'a pas son pareil pour filmer les paysages, qu'il s'agisse d'une étendue désertique et aride, ou de buildings d'une ville américaine dont la vacuité est égale à celle de la campagne.
Toute la fin du film est vraiment belle, et pose aussi des interrogations sur le cinéma ( du moins c'est mon interprétation ). La séquence de confession entre Kinski et Stanton peut apparaître comme la prise de conscience du spectateur de son rôle. Kinski dit " I'm a great listener ", et cette phrase renvoie - peut renvoyer - au statut du spectateur qui apparaît comme celui qui écoute le personnage principal. Notre présence dans la salle ou face au film est comme un soutien à ces êtres de fiction.
Très beau film donc.
4/5