Ça fait partie des films que j'ai vus pour la première fois à l'aube de ma cinéphilie, ces films qu'on a toujours un peu "peur" de revoir mais qu'on finit par encore plus aimer que la première fois.
Il était une fois dans l'Ouest est le genre d'oeuvre qui suinte le génie à chaque plan, où chaque scène ne peut que laisser bouche bée par sa perfection. J'avais, la première fois, surtout été marqué par les grandioses scènes d'action ou de tension, inutile d'en rajouter sur l'intro, l'attaque du ranch des McBain ou bien évidemment le duel, inutile de rappeler à quel point ces séquences sont des sommets de mise en scène, de rythme, de montage et d'utilisation de la musique.
En revanche, j'ai pu mieux me concentrer sur les aspects les plus subtils du film, à savoir la caractérisation des personnages et le développement du propos. Y'avait tout plein de moments notamment impliquant Claudia Cardinale qui sont tout simplement splendides et que j'avais complètement occultés, notamment cette plongée où on la voit allongée sur le lit, à travers les tissus. J'avais aussi un peu mis de côté Morton qui a pourtant l'un des rôles les plus tragiques, on est loin de la simple figure de l'entrepreneur véreux.
D'une manière générale, Leone arrive vraiment à construire tous ses personnages avec énormément de soin, par le biais de grandes idées de mise en scène, de montage, de musique ou de son, ou de dialogues brefs et précis, qui disent ce qu'ils doivent dire de la plus belle des manière, sans en faire trop. Les quelques exemples de buzz sont assez frappants à ce niveau-là. De même que le propos sur l'Amérique qui se construit en laissant les vieilles reliques de l'Ouest sauvage, ça passe autant par les dynamiques des personnages eux-mêmes (le dernier dialogue entre Bronson et Fonda résume tout), que par de bêtes idées qui ont toute leur importance, comme l'omniprésence des montres et horloges qui souligne à quel point le temps passe.
Bref je vais pas en faire une critique complète, y'en a assez, mais je voulais juste dire quelques trucs sur ce qui reste définitivement mon western préféré et l'un de mes films préférés en général. Après cinq ans, je suis toujours autant frappé par la grandeur, l'intelligence et la puissance tragique de ce film.