Next chap, j'espère qu'il vous plaira
Chapitre 9: Première rencontre.
Je fus réveillé par un coup au visage. Prêt à en mettre une à celui qui m'avait tiré de mon sommeil d'une manière aussi délicate, j'ouvris les yeux...
Pour me retrouver le nez collé à une arme à énergie.
Le halo violet sombre qui s'échappait du canon indiquait qu'elle était manifestement chargée et parfaitement prête à l'emploi. Toute ma mauvaise humeur des quelques secondes précédentes s'évanouit pour laisser place à un peur glaciale. Il faisait encore nuit. Je parvins enfin à détourner un peu les yeux de la lueur menaçante pour remonter vers celui qui la portait. Mes yeux ne parcoururent pas une grande distance, car ils s'arrêtèrent presque immédiatement sur les doigts qui tenaient la gâchette.
Ou, plus exactement, les griffes.
Des griffes très courtes au bout de doigts un peu épais, recouverts d'écailles d'un violet presque noir. Quelques centimètres plus haut, au niveau du poignet de la créature, un petit éperon osseux partait vers l'avant-bras. S'il me restait le moindre doute sur l'identité de nos agresseurs, ils s'envolèrent instantanément. Deux yeux d'un rouge sombre brillaient au-dessus de ma tête, éclairés par le halo provenant de l'arme.
Il s'agissait d'une sorte de fusil dont l'embout rappelait vaguement des dents, avec une gemme enchâssée au-dessus de la poignée. Si cette gemme fournissait l'énergie à l'arme, alors elle pouvait disposer de munitions illimitées, ou en tout cas nécessitant juste un temps de recharge. Je préférais cependant ne pas connaître son potentiel.
L'alien redressa son fusil, et de sa main libre, il me souleva pour me remettre debout. Je fis un rapide tour des autres, et vis que chacun d'eux était dans la même situation que moi. Jim semblait en revanche prisonnier d'une sorte entrave énergétique et gisait allongé sur le sol, tremblant de tout son corps. Nous fûmes dépouillés de nos armes et rassemblés au centre sans le moindre ménagement, et notre guetteur fut libéré de sa prison.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé? »
« Je... je surveillais les alentours, et j'ai entendu un truc qui volait. Le temps que je vois ce que c'était, j'ai reçu une décharge, et je me suis retrouvé... comme ça. »
« Comment t'as pu ne pas les voir? »
« Il fait nuit! Leur vaisseau est dans le même alliage que leur temple, impossible de le voir avant qu'il soit suffisamment près pour... pour ça... »
« Bon, va falloir qu'on trouve un moyen de se sortir de cette merde. »
« Je suis désolé.... »
« Laisse tomber, ça aurait été pareil avec n'importe qui. Je me demande juste comment ils ont fait. »
Les aliens nous toisaient et parlaient entre eux dans leur langue, incompréhensible. Le squelette que nous avions vu était particulièrement proche de l'être qu'il avait été. Les créatures étaient musclées et légèrement trapues, mais devaient malgré tout faire deux bons mètres. Elles étaient entièrement couvertes de minuscules écailles très serrées, et les éperons décoratifs qui ornaient leur dos et leurs épaules s'abaissaient ou se redressaient selon leurs mouvements. Fait étrange, les cornes disposées à l'arrière de leur crâne et les pointes osseuses de leur bras étaient lisses et de la même couleur que le reste de leur corps.
Pourtant, sur le cadavre, ces os étaient de la même couleur blanche que le reste. Peut-être qu'ils se les teintaient, ou encore qu'elles perdaient leur couleur une fois morts, même si cette hypothèse était peu probable. Le vaisseau dont avait parlé Jim ne tarda pas à se poser à proximité. Il s'agissait d'une navette un peu plus grosse que celle que nous avions en arrivant. Pas forcément conçue pour le voyage dans l'espace, mais il suffisait bien pour ceux à la surface. Elle était parfaitement lisse, et à peine visible dans l'obscurité. Pas étonnant qu'il ne l'ai pas vue.
La trappe arrière s'ouvrit, et nos hôtes nous poussèrent à l'intérieur. Plusieurs cages similaires à celles de l'arène s'y trouvaient, alignées contre le mur. J'eus l'impression que le peu de chaleur qui subsistait dans l'atmosphère venait de s'évanouir.
Nous fûmes jetés dedans deux par deux, moi avec Laura, Cole avec Jennie et Jim avec Célia. Seul Louis se retrouva seul, puisque nous étions impairs. L'un des aliens resta seul avec nous, et verrouilla chaque porte en appliquant un cristal très fin dans un compartiment, qu'il accrocha à une bandoulière, seul élément vestimentaire dont il disposait. Les éperons qui courraient sur ses bras étaient dirigés vers l'avant, contrairement à celui du poignet qui, comme celui du squelette, partait dans l'autre sens. Il posa son fusil dans un coin et alla s'asseoir.
Nous sentîmes le décollage de la navette à travers le sol, mais nous ignorions combien de temps le voyage durerait. Et surtout, ce qui nous attendait à la fin, même si les images des cadavres mutés hantaient mon esprit. Je m'approchai des barreaux et commençai à taper dessus pour attirer son attention.
« Eh, toi, ramène ton cul par là! »
« David, qu'est-ce que tu fous! »
La créature poussa un grognement et baragouina dans sa langue, puis se plaça devant les barreaux en dévoilant légèrement ses dents pointues. Sans réfléchir davantage que je ne l'avais fait en le provoquant, je passai les bras à travers les barreaux, empoignai l'arrière de son crâne et l'attirai vers moi. La tête de l'alien heurta violemment les barreaux, mais au lieu de l'assommer, cela ne fit que l'énerver.
Rivant ses yeux rouges dans les miens, il ouvrit la bouche et poussa un rugissement, qui n'était certainement pas une phrase prononcée dans sa langue. Plutôt un genre de cri de guerre. Comme je l'avais fait pour lui, il passa son bras droit dans la cage, mais me pris la gorge. Je sentis ses griffes m'égratigner la peau tandis que son emprise se resserrait.
Du coin de l'oeil, je vis que Laura s'approchait de la porte, et tendit la main pour s'emparer du cristal pendant que la créature était focalisée sur moi. Un voile noir commença petit à petit à descendre sur mes yeux, mais ceux de mon agresseur ne se décrochèrent pas une seule seconde. Laura glissa la clé dans la serrure puis envoya un coup de pied dans la porte. L'alien se trouvant juste derrière, il recula sous le choc, et perdit son emprise.
J'eus pendant quelques secondes l'impression qu'il avait arraché la moitié de ma gorge en étant ainsi repoussé, mais il n'en était rien. Pendant que crachais et haletais, Jim, situé dans la cage juste en face, profita du fait que le Créateur avait été légèrement projeté vers lui pour lui enserrer le cou et le plaquer contre la porte, pendant que nous sortions. Pendant que Laura déverrouillai en tremblant légèrement la cellule de Cole et Jennie, la créature se jeta en avant. Jim suivit le mouvement malgré lui et s'assomma à moitié contre les barreaux, avant de lâcher prise.
Elle attrapa ma copilote par le dos de sa combinaison alors que cette dernière s'apprêtait à libérer Louis, et la jeta à travers la salle, où elle s'écrasa contre un panneau de commande. La clé ricocha et roula sur le sol. A peine sortis de leur cage, Jennie encaissa un coup du revers de la main qui le jeta au sol, tandis que Cole se pris un coup de coude, qui lui laissa une magnifique estafilade sanglante en travers du torse.
Je me baissai pour saisir la petite gemme et ouvrir la cellule de Jim et Célia, les plus proches de moi. L'alien, qui venait de poser l'un de ses pieds griffus sur le ventre de Jennie et s'apprêtait à l'achever, regarda vers moi, et hurla quelque chose dans sa langue. Cette fois-ci, il ne s'agissait ni d'un rugissement de colère ou de défi, mais bel et bien d'un cri d'alerte.
« Laura! Ouvre le sas et la trappe, vite! »
« Et si jamais on est trop haut pour sauter? »
« Pas le temps pour ça, fais ce que je te dis! Cole, va chercher le fusil! »
Notre adversaire tenta de me faire taire d'un coup de griffe, mais je parvins à éviter le coup de justesse. Il se retourna et envoya un nouveau coup au jeune homme qui essayait de rejoindre Laura, lui faisant lâcher le fusil à énergie, qui tomba au sol. L'air frais de la nuit s'engouffra dans le vaisseau quand la trappe arrière s'ouvrit.
Célia arriva brusquement dans mon champ de vision, et je vis son couteau fendre l'air pour aller se planter dans la nuque osseuse du Créateur. Les épines décoratives de son dos s'agitèrent tandis qu'il essayait de dégager la jeune femme, mais, lorsque ses doigts se refermèrent sur son épaule et qu'il l'éjecta sur le côté, la lame suivit le mouvement et traça un sillon sanglant dans la peau écailleuse. Il tomba sur un genou en sifflant, puis s'écroula.
J'enjambai le cadavre de la créature pour atteindre la cellule de Louis et récupérer l'arme. Excepté nos couteaux, ces êtres nous avaient pris tout notre équipement, fusil et pistolets compris. Tenant la poignée de l'arme dans une main et la clé dans l'autre, je m'approchai de la porte de la cage. Je tendais encore la main pour ouvrir la serrure quand la porte qui menait surement au reste du vaisseau s'ouvrit.
En tournant la tête, je vis que trois Créateurs se tenaient dans l'encadrement, arme levée. J'eus le temps de tourner la clé et de voir une sorte de barrière énergétique circulaire sortir du canon avant d'être projeté en arrière. Je glissai sur le dos, et sans même prendre le temps de me relever, je brandis le fusil que Cole avait ramassé. Une sphère violette fonça droit sur nos agresseurs, et celui de tête utilisa à nouveau son arme.
Le mur d'énergie se stoppa net, de même que la boule sombre. Elle sembla s'enfoncer un peu à l'intérieur, puis disparut purement et simplement. Les trois aliens se regardèrent, interloqué, puis l'un d'eux poussa doucement son congénère sur le côté pour braquer sur moi un fusil qui avait la même apparence que le mien.
« Sautez! Allez-y, vite! »
Les cinq autres ne protestèrent pas, et s'exécutèrent. Le vaisseau ne devait pas voler très haut, peu être même à ras du sol. Voyant que Louis était toujours dans sa cage et que la clé que je tenais entre les mains s'étaient brisée en deux partie, dont l'une était surement dans la serrure, je pressai à nouveau la gâchette. La créature tira au même moment. Les deux sphères pourpres se heurtèrent, fusionnèrent, puis explosèrent.
Une explosion d'éclairs de la même couleur nous balaya. Je glissai un peu plus loin, mais parvint à me relever. Je commençai à peine à marcher pour aller tenter de libérer notre dernier coéquipier quand l'une des cages se décrocha des autres et glissa vers moi. Ce n'est qu'à ce moment, en la voyant se rapprocher sans aucune issue, que je compris que la petite explosion avait déséquilibré le vaisseau, qui penchait vers l'arrière.
Je n'eus que le temps de jeter un dernier regard d'excuse à Louis avant que le bloc de barreaux ne me heurte et ne me projette sur la rampe d'accès. Il passa ensuite au-dessus de moi et alla s'écraser sur le sol, mais le mal était fait. Sans avoir pu tenter quoi que ce soit pour me raccrocher, je dévalai la pente lisse avant de chuter vers le sol.
Le choc fut si rude que je perdis instantanément connaissance.
Voila, suite mercredi 