TKN
Aucun soucis, je sais que niveau nom je suis pas doué 
Abréviations > nom complet t'façon
Roach
Merci, + pour les noms, tu donnes l'exemple parfait, c'est mieux des trucs courts
Chapitre 11: En approche.
Lorsque nos blessures respectives nous permirent de nous déplacer sans souffrance, nous nous relevâmes. Il n'y avait aucun préparatif à faire, puisque nous n'avions plus rien. Ni nourriture, ni armes. Enfin, si, nous avions le sac de Jennie et le fusil à énergie récupéré dans le vaisseau, mais, ça ne représentait pas grand chose en terme d'aliments. De même que les munitions, qui nous étaient parfaitement inutiles sans leurs armes respectives.
Nous décidâmes cependant de les garder, au cas où nous les retrouvions en cherchant notre coéquipier. Cole étant l'un des seuls qui n'était pas blessé avec Laura et Jennie, il prit le fusil et ouvrit la marche. Sachant parfaitement qu'ils seraient totalement inutiles en cas d'attaque, nous gardâmes cependant nos couteaux à portée de main. Nous progressâmes à travers les arbres assez imposants jusqu'à sortir du petit bosquet. A notre droite, à seulement quelques kilomètres, on voyait la masse de la ville, qui ressemblait plus à nos propres villes.
Encore une fois, une sorte de temple semblait dépasser au milieu, mais les bâtiments alentours étaient presque aussi grands. Il ne s'agissait donc pas d'un édifice principal comme dans celle que nous avions quitté. A quelques centaines de mètres sur la gauche, je vis une forme familière. La cage qui m'avait jeté du vaisseau se trouvait là, apparemment brisée. Regardant mon malheureux poignard, une idée naquit dans mon esprit.
Je me détachai du groupe pour avancer vers ces débris.
« Eh, où est-ce que tu vas comme ça? »
« La cage... Si elle est assez endommagée, on pourrait essayer d'en arracher quelques morceaux. »
« Tu m'expliques où tu veux en venir? »
« Je préfère me battre avec une barre de fer d'un mètre plutôt qu'un couteau de dix centimètres. »
« Pas faux. »
Nous fîmes donc un petit détour afin de nous approcher de la cellule. Le choc avait complètement décroché la partie supérieure, et de nombreux barreaux étaient tordus. Seuls deux s'étaient complètement séparé du reste, probablement aidés par l'explosion qui avait eu lieu. Leur extrémité avait l'air légèrement fondue, mais formait une petite pointe. Les deux barres n'étaient pas très longues, une cinquantaine de centimètres tout au plus.
Nous essayâmes d'en arracher d'autres, sans succès. Laura et Jennie prirent donc les deux morceaux d'acier pointus, et nous laissèrent leur couteau respectif. Cole fit de même, et Jim, Célia et moi-même nous retrouvâmes avec deux lames chacun. C'était mieux que rien, même si ça ne nous sauverait surement pas. Plus loin derrière le bosquet où nous nous étions réfugiés, je vis qu'un petit bois remplissait une partie de la plaine, et avançait jusqu'à l'un des murs de la ville.
« On devrait passer par là. Au moins, ils nous verront pas arriver... »
Nous déviâmes donc pour nous diriger vers la tâche de verdure. Une demi-heure plus tard, nous progressions à l'abri des arbres. Au-dessus de nous, les branches grouillaient d'activité, traversées par divers rongeurs et oiseaux. Avec un peu de chance, on ne trouverait pas de gros prédateurs. Les minutes puis les heures défilèrent au fil de notre avancée vers les murs. La faim commença sérieusement à se faire sentir.
Puis, brusquement, Cole s'arrêta et nous fit signe de faire de même. Nous nous approchâmes doucement pour voir ce qui l'avait fait se stopper ainsi. Et nous le vîmes. Sous une branche, étalée de tout son long comme un chat, une créature dormait.
Une crinière de poils raides et gris couraient du sommet de son crâne jusqu'au bout de sa queue le long de son échine. Les muscles de ses pattes étaient suffisamment développés pour se voir pleinement à travers la peau, pattes qui se terminaient par quatre griffes fines. Deux oreilles en pointe étaient couchées sur sa tête. Deux crocs dépassaient légèrement de sa gueule fermée, et deux petites défenses d'une dizaine de centimètres pointaient en diagonale vers le ciel de part et d'autre de son museau. D'ici, il ressemblait à un genre de félin.
Malheureusement pour lui, comme pouvaient en témoigner les grondements de nos estomacs, il ressemblait aussi à un plateau-repas offert. Pas question de gâcher le peu de nourriture qu'il nous restait si nous pouvions en avoir d'une autre manière. Cole hésitait à faire feu, de peur que la sphère énergétique ne fasse purement exploser la créature. Nous décidâmes donc de nous déployer pour l'encercler en cas de réveil.
Nous nous approchâmes doucement, et le seul bruit que j'entendis fut le raclement des couteaux. Je le fis tourner dans ma main pour diriger la lame vers le bas. L'animal ne fit que bouger doucement dans son sommeil. Au moins, il ne se rendrait même pas compte de ce qui lui arrivait. Les autres s'accroupirent tous près d'une patte en cas de besoin. Je m'approchai doucement de la nuque, levai le poignard, puis l'abattis.
La créature leva brusquement la tête en rugissant de douleur, mais le couteau était déjà suffisamment enfoncé. Je le déplaçai dans la plaie, m'assurant de lui trancher la colonne ou les artères. Avant même d'avoir pu essayer de se relever, elle s'affala à nouveau en gargouillant.
« Bon, plus qu'a espérer que ce soit comestible. Jennie, t'avais de quoi faire du feu dans ton sac, non? »
« Oui, attends que je sorte ça... »
« Parfait. J'ai beau avoir faim, je boufferais pas ça cru. »
Nous entassâmes des morceaux de bois secs pour permettre de faire un petit feu, tandis que Jim dépeçait la créature pour essayer de la vider et de nous sortir des morceaux acceptables. Le résultat n'avait bien sûr rien à voir avec des pièces de viande qu'on achèterait sur une station, mais au moins, c'était mangeable, une fois cuit bien sûr. Nous ne perdîmes cependant pas de temps pour manger, et nous abandonnâmes la carcasse aux charognards.
Nous reprîmes notre route à travers la petite forêt. Après quelques temps, nous vîmes la teinte sombre des murailles à travers les arbres. Nous nous approchâmes doucement, avant de nous rendre compte que la muraille cessait à l'endroit où le bois passait, et qu'elle reprenait surement de l'autre côté. Ces êtres avaient construits leur ville en laissant une part de l'espace naturel.
Mais, encore une fois, la ville où nous venions d'entrer brillait par son vide total. Il n'y avait pas la moindre trace d'habitants, bien que les rues soient soigneusement entretenues, contrairement à la précédente. De grands bâtiments qu'on pouvait rapprocher de nos buildings se dressaient dans la cité, même s'ils restaient malgré tout assez petits en comparaison avec ceux qui formaient les stations spatiales.
« Alors là, non, vous allez pas me dire que c'est encore vide?
« C'est vrai que là ça devient bizarre. Personne aux murailles, ni dans les rues... »
« Chut. Vous entendez? »
Nous arrêtâmes immédiatement de parler. En effet, il y avait une sorte de bruit de fond, comme un brouhaha de voix très distant. Comment est-ce que tous les habitants pouvaient être réunis en un seul endroit? Et surtout, pourquoi? Puis tout se mit en place.
Les cages.
Les aliens nous avaient enfermé dans des cellules strictement similaires à celles que nous avions déjà vu dans la ville précédente. Et le mécano était resté avec eux. Dans cette cage. L'endroit où ils l'avaient emmené... était surement le même que celui où tous ces êtres criaient en chœur.
« On a plus qu'à aller par là. »
« Là-bas? Mais s'ils y sont tous, c'est du suicide! »
« Je pense que je sais d'où ça vient. Et Louis est surement au même endroit. »
« Ah ouais? Et où? »
« Dans l'arène. Si on doit commencer les recherches, c'est là-bas qu'il faut aller. »
*
Des rugissements enragés résonnaient dans les souterrains qui menaient à l'arène.
La créature hurlait de rage et faisait râper ses lames sur les barreaux, impatiente de se confronter à l'un des ces êtres méprisables. Les lambeaux de vêtements de son hôte étaient toujours accrochés, ainsi, l'un de ses bras difformes était en partie recouvert d'une manche, tandis que les pics osseux qui sortaient de ses genoux avaient arraché une partie du pantalon. Mais en grande partie, le reste de la combinaison n'était plus que des morceaux déchiquetés sur le sol de la cage.
En seulement quelques heures, sa peau avait commencé à noircir et à prendre l'allure d'une carapace à certains endroits, comme le long des bras ou dans le dos. L'armure ainsi obtenue faisait des plaques sombres au milieu de la chair rosâtre de la créature. Des heures entières à râper contre les barreaux avaient affutés ses lames et légèrement endommagé ces derniers.
Les créatures repoussantes qui la surveillaient semblaient légèrement nerveuses à la vue de la mutation rapide de leur prisonnier. Les cris de la foule de ces aliens leur parvenaient malgré tout aux oreilles, tout comme à celles de l'ancien mécano, et peu importait le degré de mutation imprévu de leur création.
Il poussa un grognement grave et menaçant.
Bientôt...