Je sors de trois heures de désherbage en plein cagnard, et je lutte contre la fatigue et la fonte d'une partie de mon corps pour venir poster cette suite, donc le scandale sera pour une autre fois 
Et pas de ouchisme sur ma fic, fais gaffe toi
Chapitre 15: Libération
Nous continuâmes à courir dans les gradins en descendant aussi vite que possible, jusqu'à rejoindre l'entrée d'un des couloirs qui rejoignait le contour intérieur de l'arène. Nous descendîmes l'escalier en toute hâte, fuyant la dizaine de Créateurs qui nous prenait toujours en chasse. La lumière provenant du centre de l'arène illuminait faiblement le tunnel, mais des cristaux avaient été placé à intervalles réguliers, procurant une lueur diffuse et mauve qui éclairait légèrement les alentours.
Plusieurs portes et cages ornait le mur. Si nous voulions trouver notre coéquipier, il nous faudrait fouiller partout. Et les aliens lancés à nos trousses ne nous laisseraient pas cette possibilité. Entendant des claquements de pas, nous pivotâmes vers la porte la plus proche, espérant qu'elle serait ouverte. Le panneau coulissa sans problème, et nous pénétrâmes dans la salle sombre et vide, avant de refermer la porte derrière nous.
Les pas se stoppèrent un peu plus loin, indiquant qu'ils venaient d'arriver. Et qu'apparemment, ils se demandaient par où commencer. Les grognements dans leur langue incompréhensible se rapprochèrent petit à petit, jusqu'à s'immobiliser devant la salle où nous nous trouvions. Je déglutis péniblement avant de faire signe aux autres de s'écarter autant que possible. Nos poursuivants discutèrent encore, puis les voix s'éloignèrent.
Nous nous crûmes hors d'affaire, mais la porte ne tarda pas à coulisser. L'alien fit un pas prudent à l'intérieur, scrutant la pénombre. Je m'aplatis davantage contre le mur, prêt à me jeter sur lui pour lui planter mon couteau dans la nuque. Il fit un nouveau pas, braquant son fusil à l'intérieur. Le canon émettait une douce lueur mauve, et je craignis qu'elle ne nous trahisse. Je tapotai du bout des doigts le bras de Laura, essayant de lui faire comprendre qu'il allait falloir agir.
Le chuintement d'une lame qu'on tire de son étui retentit de l'autre côté de la salle. Le Créateur tourna la tête dans cette direction, et je ne me fis pas prier pour me jeter sur lui. Ma copilote se précipita pour fermer la porte avant que l'alien ne pousse un cri d'alarme. Pris par surprise, il ne résista que peu de temps avant qu'une lame ne lui transperce la colonne vertébrale.
Il s'écroula sur le sol, et nous nous immobilisâmes, écoutant tout bruit qui pourrait indiquer que les autres approchaient.
« Prenez ses armes, ça nous sera utile. »
« On sait même pas ce qu'elles font. Elles ont l'air différentes de celle qu'on a. »
« Pas grave, on verra en temps voulu. Faites attention en sortant. »
« Attends.... On dirait... on dirait qu'il a une sorte de cristal, comme celui qu'ils avaient utilisés dans le vaisseau... »
« Prends-le, si jamais Louis est enfermé, peut-être que ça permettra de déverrouiller la porte. »
Jennie se saisit de la fine gemme et la glissa dans une poche. Cole, encore blessé, me tendis l'arme qu'il venait de ramasser, puisque j'étais le seul en état de l'utiliser, peu importe son effet. Jim, lui, pris une sorte de pistolet avec une gemme brillante incrustée dans la poignée que l'être portait, s'approcha de la porte et l'ouvris doucement, vérifiant qu'aucun Créateur n'était dans les parages. Une quinzaine de mètres plus loin, l'un des aliens s'était penché à l'intérieur d'une autre salle. Ils continuaient à nous chercher.
Il nous fit signe de reculer, en attendant que la créature s'éloigne. Nous attendîmes quelques minutes, avant de nous décider à sortir. Nous progressâmes lentement, aux aguets, ouvrant chaque porte pour nous assurer que personne ne s'y trouvait. L'idée que nous pouvions involontairement tomber sur la bête qui avait massacré le Créateur dans l'arène flottait au-dessus de chacun de nous, mais il fallait prendre ce risque si nous voulions retrouver notre coéquipier.
A condition que lui et cette créature ne fasse pas qu'un.
C'était de très loin la chose que je redoutais le plus. Mais je ne pouvais pas me permettre d'y penser. Il restait une chance de sauver notre ami, et de simples hypothèses ne pouvaient en aucun cas nous dissuader de le faire. Aucun alien ne se trouvait plus dans les parages, ce qui signifiait qu'ils continuaient à tourner dans l'arène pour nous retrouver.
Je vis que les autres s'étaient stoppé devant une porte. Apparemment, elle était verrouillée et refusait de s'ouvrir. Jennie s'approcha de Cole.
« Tiens, essaie ça. »
« Merci. »
« Soyez prêts à tirer, au cas où, on sait pas ce qu'il y a derrière. Dave, ton truc est chargé? »
« Je pense. »
Cole glissa le cristal dans un emplacement, et une petite lumière s'alluma. Il s'éloigna, laissant à Jennie et à moi-même, qui étions les seuls à être suffisamment armés, le soin de l'ouvrir. La jeune femme pressa la gemme enchâssée dans le panneau, puis recula de deux pas. La porte coulissa doucement, laissant la lumière s'engouffrer un peu dans la salle. Je pointai mon fusil, paré à tirer.
Lorsque le panneau fut totalement ouvert, nous vîmes ce qu'il dissimulait.
Une cage était posée contre le mur du fond, vide. Nous braquâmes nos armes vers l'ouverture, mais rien ne se produisit. Les barreaux de la cellule étaient fendus et pliés. Ce qui se trouvait dedans plus tôt dans la journée n'y était plus. Ce qui signifiait que la créature se déplaçait en liberté dans les environs.
Mais quelque chose ne collait pas. La porte était verrouillée, pas simplement fermée. Par conséquent, ce qui se trouvait là n'était pas censé en être sorti...
Une forme déchiquetée jaillit de l'ouverture et renversa Jennie, qui avait légèrement baissé son arme. La bête se percha sur notre coéquipière et leva ses lames, dans l'unique but de l'achever. Je pressai la détente, prenant le risque que le tir soit dangereux pour la jeune femme.
Un mur d'énergie circulaire, semblable à celui tiré par les Créateurs au moment de notre fuite dans leur vaisseau, jaillit du canon. La créature fut éjectée sur le côté par ce poing invisible, et roula sur le sol. Elle se redressa instantanément en s'appuyant sur ses lames en fondit à nouveau sur nous. Je tirai à nouveau, la propulsant contre un mur.
Laura avait aidé son amie à se relever, et cette dernière braqua son fusil sur l'atrocité. La bête esquiva la sphère d'énergie d'un bond sur le côté, et la décharge fit éclater des morceaux de murs. Elle regarda brièvement le lieu de l'impact, puis riva sur nous ses deux horribles yeux jaunes. Elle hurla en braquant ses lames dans notre direction, puis s'élança dans le couloir. Elle ne fut bientôt plus qu'une ombre parmi les autres.
Je baissai mon arme, choqué par ce qu'il venait de se passer. Et plus encore par ce que j'avais vu. Je ne doutais pas un seul instant que les autres l'avaient également remarqué. Jim recula et s'adossa au mur, encore sous le choc. Les autres restèrent fixés sur le lieu où l'abomination avait filé. Oui, clairement, nous avions tous vu la même chose.
Sur le torse déchiqueté et presque entièrement recouvert d'une carapace sombre de la créature, subsistait un fragment de combinaison, encore légèrement accroché.
Une combinaison que nous avions tous reconnu, puisque nous portions la même. Le jeune homme, qui s'était presque affaissé contre le mur, énonça tout haut ce que nous pensions tous.
« Ce truc... c'était lui.... »
*
L'alien répugnant n'eut même pas le temps de réagir lorsque les lames de la créature s'enfoncèrent dans son dos. Il s'écroula sur le ventre, à moitié allongé dans la salle qu'il venait d'ouvrir. L'atrocité se pencha et arracha quelques lambeaux de chair de la blessure avec sa mâchoire supérieur. Elle saliva, et les gouttes tombèrent dans la plaie. Après quoi, elle tourna le cou vers la très légère blessure sur son abdomen.
Ces êtres qui l'avaient libérée s'était montré plus agressif qu'elle ne s'y était attendu, et le mur invisible qui l'avait écrasé contre la paroi avait même réussit à l'entailler. Qu'importe, sans le vouloir, ils avaient participé à leur destruction. Elle plongea l'une de ses lames dans la plaie, ignorant la sensation désagréable que cela déclencha, puis la planta dans le cadavre de l'alien.
Son sang se mêla à celui du reptile, et les tissus commencèrent à s'infecter très lentement. Gardant son bras planté dans le corps, elle le traina dans la salle qu'il avait ouvert pour chercher quelque chose.
Son esprit déchiqueté et anéanti par l'infection fit réapparaitre les visages étranges des cinq humains, mais cette faible vision s'évapora, mise en pièce définitivement par la bactérie. Elle reporta plutôt son regard vers le cadavre mauve. Il ne suffirait que de quelques heures, peut-être un jour. Ils ne le découvriraient jamais à temps.
Et lorsque ce serait le cas, l'être mort affalé dans son sang serait redevenu plus vivant que jamais.