Well, le forum de RE0 est mort... désolée =)
Dites-moi ce que vous en pensez !
Mémoires de Billy
20 Juillet 1997
Je m’appelle Billy Coen et j’ai vingt-cinq ans. Je fais partie du Corps des Marines, en tant que sous-lieutenant. Dans cinq jours, je pars pour l’Afrique pour intervenir dans une guerre civile. Le chef a toujours voulu fourrer son nez partout.
Notre cible est le repère d’un groupe de guérilleros.
Un stupide conflit local, hein ? Je sais pas pourquoi, mais cette mission, je la sens pas.
21 Juillet 1997
Plus que quatre jours…
J’ai interrogé le chef sur ses motivations mais il n’a pas voulu me répondre. Il devient de plus en plus hargneux, ces temps-ci. Bah, je suppose qu’il est nerveux, voilà tout.
22 Juillet 1997
Aujourd’hui, j’ai fait un peu de piano avec Steve qui m’écoutait derrière. Il n’arrêtait pas de plaisanter en disant qu’« une tête de tueur, ça joue pas au piano ». Contrairement à moi, il est parfaitement serein pour le 25. C’est peut-être moi qui me fait des idées, après tout. J’ai déjà eu affaire à des missions plus dangereuses.
En attendant, je continue à jouer du piano. Ça me détend. Même si j’ai soi-disant une tête de tueur.
24 Juillet 1997
23 heures. Dans une heure, c’est le 25 Juillet. Je commence à préparer mes armes. Mon fidèle pistolet de l’armée. Un sniper. Puis un couteau de survie, au cas où.
J’ai prévu les munitions Parabellum. Par contre, pas moyen de retrouver mes balles de fusil. Où sont-elles passées ? J’espère que Steve pourra me dépanner, sur ce coup-là.
J’ai découvert que c’était le boss qui s’était emparé de mes munitions, en me donnant comme excuse que « je n’en aurais pas besoin, compétent comme je l’étais ». Trop aimable.
25 Juillet 1997
On est partis. Dans quelques heures, on sera en Afrique. Finalement, je ne stresse plus tant que ça. Les autres sont mêmes plutôt enthousiastes. Comment ils font ? Ça me dépasse.
Le chef est de plus en plus bizarre. L’autre jour, un pauvre stagiaire a renversé un tas de copies par terre sans le faire exprès et il l’a engueulé tellement fort que le nouveau est devenu aussi pâle qu’un linge. Qu’est-ce qui lui arrive ?
Mon Dieu… c’est un véritable cauchemar. On a atterri tranquillement, en pleine forêt tropicale, et les difficultés se présentent déjà. Il fait une chaleur étouffante ! En plus, on est quand même obligés de porter nos uniformes militaires. C’est pas possible, on crève de chaud…
Ça fait combien de temps qu’on est perdus dans cette pauvre jungle ? J’ai plus de forces… je sens que la mission va être un échec… pourquoi je devais avoir raison ?
Déjà 14 heures... Je pensais pas qu’on pouvait être dans une pire situation que précédemment. Je me trompais.
La chaleur a anéanti la moitié de l’équipe. On est foutus. Steve me pose la main sur l’épaule et m’encourage. Super type.
J’en peux plus… je trébuche sur une liane, et je n’arrive pas à m’en dépêtrer. Je me croyais plus endurant que ça.
Steve rigole, sort son couteau et me délivre. Puis il s’écroule, le sourire aux lèvres se transformant en une grimace, une balle en plein cœur. Les guérilleros nous avaient repérés. Sauf que là, ils avaient tué mon meilleur ami. Ils vont la sentir passer, celle-là. Je vais leur montrer ce que c’est que de perdre un être cher.
Mais… je divague ou quoi ? J’ai l’impression que… je veux les faire souffrir…
On n’est plus que quatre. Ce 25 Juillet n’en finit pas.
Je ne veux pas mourir…
C’est le pire jour de mon existence. On a découvert que la mission avait été montée sur de fausses informations. Le repère des guérilleros n’est en fait qu’un pauvre village d’innocents. Le chef est devenu complètement barré. Pour venger ses hommes qui ont perdu la vie dans la forêt, il a fait rassembler tous les villageois sur la place de leur village et a ordonné de faire feu. Il était hors de question que je fasse une chose pareille. Malgré la grosse envie de vengeance qui montait en moi. Malgré la perte de Steve.
Pourtant, les deux autres ont commencé sans broncher. Ils étaient sûrement trop terrorisés pour tenir tête au commandant.
J’ai foncé sur lui et l’ait supplié d’arrêter. C’est là que j’ai sûrement commis ma plus grosse erreur. Mais je ne pouvais pas le laisser faire.
Il m’a frappé avec la crosse de son fusil en m’ordonnant de la fermer. Après, je crois avoir perdu connaissance. Il n’y était pas allé de main morte.
26 Juillet 1997
Et voilà, c’est fini. Finalement, avoir survécu dans la jungle ne m’aura servi à rien.
Puisque je vais mourir.
Quand je me suis réveillé, le commandant et les deux autres soldats étaient partis. J’étais seul, au milieu des cadavres. Quand je me suis approché de l’un d’eux, j’ai entendu une bonne vingtaine de revolvers se mettre en joue et une voix rauque me déclara que j’étais en état d’arrestation.
J’ai jamais eu de chance. Je leur ai clamé mon innocence et j’ai essayé de m’expliquer mais rien à faire. Ils m’ont menotté et m’ont emmené dans leur hélico. Apparemment, ils avaient eu vent de cette prétendue guerre civile et avaient rappliqué en vitesse.
Bordel… foutu chef. Tout est de sa faute. Tout. C’est à cause de lui qu’un village entier a été détruit. A cause de lui qu’une vingtaine d’innocents ont été tués. A cause de lui que je vais mourir…
Dans l’hélicoptère, les soldats ne font pas attention à moi, parfois juste un regard haineux dans ma direction, mais sinon rien d’autre. Sympa.
Quand un homme d’âge mûr et à l’air intelligent me dit que je vais être transféré dans la base de Regarthon, en attendant mon procès à la base de Dunell. Je sens que je vais bien m’amuser.
- Commandant, nous survolons l’océan Atlantique.
Seulement ? Ça fait presque un jour qu’on est dans ce putain d’hélicoptère et on ne survole que l’Atlantique ? En évitant de me torturer plus longtemps avec cette pensée, je fixais intensément la personne qui venait d’informer son commandant.
C’était un jeune soldat militaire. Je trouvais qu’il était totalement mon opposé. Il avait une gueule d’ange, j’avais celle d’un tueur en série. Il était blond, j’étais brun, virant vers le noir. Il était chétif, j’étais bien bâti. Il avait bonne mine, j’avais le teint grisâtre. A cet instant précis, j’aurais voulu lui ressembler. Devenir quelqu’un d’autre. Car Billy Coen n’existera bientôt plus.
Je n´ai pas tout lu, mais le style est très proche des carnets des gars du labo Spencer, c´est pas mal. ![]()
Mervci
Justement, j´ai voulu donner un aspect "Document Residentevilien" à l´histoire
Ca a l´air pas mal du tout.
Merci ^^
Assis sur le pauvre banc et trouvant le temps long, j’osais demander l’heure à un de mes « gardes ». Il me répondit que j’étais fou d’oser lui adresser la parole, moi, un assassin ! C’en était trop pour moi, et je me mis à déballer d’une traite toute l’histoire, toute la journée du 25 Juillet. Sans rien oublier. Ni la mort de Steve, ni la découverte du village. Ni l’horreur qui nous a traversés quand on a appris qu’on avait été envoyé en Afrique pour rien. Ni le coup de crosse du commandant qui m’a été fatal.
Tous les regards s’étaient dirigés vers moi. Le soldat à qui je m’adressais me regarda d’un air perplexe, et déclara amèrement qu’il ne me croyait pas une seconde. J’osai espérer qu’il me mentait.
Finalement, je dus renoncer à savoir l’heure. J’avais juste hâte d’arriver. Cette attente devenait un supplice, mon cœur qui battait plus vite à chaque seconde qui passait. Quitte à mourir, alors pourquoi ces soldats ne me tiraient pas une balle dans la tête ? J’aurai préféré.
Et ces menottes font si mal… mon Dieu, qu’est-ce que je peux faire ?
Saleté d’injustice… je ne veux pas mourir…
Finalement, je finis par m’endormir. Je n’avais rien d’autre pour m’occuper de toute façon. Puis j’oublierai momentanément la douleur et l’angoisse qui me rongeaient. Quand je fermis les yeux, l’un des gardes me fit la remarque que j’étais très mignon comme ça, on aurait dit un ange en train de somnoler, et s’esclaffa bruyamment à son observation apparemment très drôle.
J’ouvris les yeux, sans pouvoir me contrôler et étant parfaitement conscient de ma folie, et en une fraction de seconde, je me levai et lui assénait un violent coup de tête en plein ventre et de genou dans son visage. Du sang commençait à s’échapper de son nez, tandis qu’il rechargea prestement son revolver. Les autres gardes s’y étaient mêlés et me maîtrisaient fermement, et je reçus d’ailleurs une claque sur la joue qui ne parvint pas à éteindre ma fureur, sinon de l’augmenter beaucoup plus. J’étais incapable de la contenir, et je m’adressai à ma « victime » qui avait collé son flingue sur mon front, menaçant.
- Fils de pute ! Allez, presse-la, ta foutue détente, pour voir ! Tue-moi ! Cette fois, t’as une bonne raison, alors te gêne pas ! Sale…
Deuxième claque, beaucoup plus puissante, cette fois-ci. Mes jambes s’écroulèrent et je tombai à terre, légèrement sonné.
- Il faudrait l’attacher, cet imbécile ! Il va finir par causer des ravages ! s’exclama le soldat qui m’avait frappé deux fois. Tu vas bien, Peter ?
- Ouais… je ne sais vraiment pas ce qui me retient de lui éclater la cervelle, à ce…
Et dire que je ne demandais que ça !
- Calme-toi. De toute façon, nous n’allons pas tarder à arriver. Il va comparaître en cour martiale et ça m’étonnerait qu’il soit jugé non coupable, surtout avec en plus une agression envers un militaire sur le dos.
Ouais. Au moins, je sais qu’on va bientôt arriver. Vivement ce foutu procès.
C’est maintenant que je réalise que j’ai des pensées contradictoires. Je veux mourir ou vivre ? Il y a quelques heures, j’aurais donné n’importe quoi pour vivre. Mais maintenant… je crois que je dois me résigner.
Je me relève du mieux que je peux, et me rassieds sur le banc, partagé entre la perplexité et la colère, qui s’était légèrement apaisé.
Bon… on est arrivés. Voici la fameuse base de Dunell. C’est ici que je vais être jugé, même si je connais pertinemment l’issue de la sentence. En attendant, les gardes m’ont jeté en prison, provisoirement. Elle est si froide, petite, vieille et morne. Quoi que, quelle prison n’a jamais été morne ? Je délire encore.
Je frotte encore mes poignets meurtris et je regarde autour de moi.
Deux lits, enfin, deux planches de bois servants de lits, l’un au dessous de l’autre. Un drap miteux les recouvre et l’odeur qui s’en dégage me donne envie de vomir. Je n’ose même pas m’y asseoir, quand une voix en hauteur m’interpelle.
- T’inquiète, l’ami. Si tu retires le torchon, tu pourras t’allonger. Le bois est plus propre que tu le penses.
Je levai la tête et j’aperçus un homme qui avait l’air profondément grotesque, lui-même allongé sur sa planche de bois au dessus de moi. Il ne s’était apparemment pas rasé depuis des jours, ses cheveux bruns, enfin, plutôt sa crinière mi-longue brune, était totalement en bataille, hirsute et abondante. Ses yeux, étincelants mais cernés. Sa peau bien mate tranchait radicalement avec la mienne, plutôt blafarde, surtout en ce moment. Il portait un vieux jean déchiré, et un très vieux t-shirt qui devait être blanc autrefois, aujourd’hui grisâtre. Et il empestait l’alcool.
- On se connaît ? lui demandai-je, d’un ton un peu plus froid que je ne l’aurais voulu.
Je n’étais pas d’humeur, et je crois qu’il l’avait compris.
- Alalah… t’excites pas, l’ami. Pour une fois que j’ai quelqu’un avec qui partager ma cellule, si en plus je m’entends pas avec, super, l’ambiance !
Je dus reconnaître qu’il avait raison. Si je devais rester plusieurs jours dans cette prison, autant rendre ce séjour le plus agréable possible. En tout cas, vu l’accent qu’il avait, il avait l’air espagnol, ou portugais, peut-être. Il en avait la carrure, en tout cas.
- C’est quoi ton nom ? me demanda-t-il avec quelques fautes d’anglais.
- Billy Coen. Et toi ?
- Juan Sorolla. Pas mal, non ?
Je ne répondis pas à sa remarque. Mais vu le nom, j’avais vu juste.
- La vache, t’as l’air d’être de bonne humeur, observais-je.
- Ouais, nan, pas vraiment. Alors, qu’est-ce que tu fais ici ? Toi aussi tu vas être condamné ?
- J’ai pas encore eu droit au tribunal. Mais c’est pas possible que je sois jugé non coupable, de toute façon, dis-je en me rappelant la phrase du soldat, dans l’hélico. Donc ouais, je vais être condamné.
- Ah ouais. Moi j’ai déjà été jugé, mais je m’en suis pas sorti. Dommage. Mais tant pis, hein. J’attends l’heure de mon exécution.
- T’as fait quoi pour te retrouver ici ?
- Ben, rien de spécial… J’ai juste joué avec un revolver qui traînait par là. Bon, j’ai accidentellement tué quelqu’un avec. C’est con de mourir comme ça, pas vrai ? Enfin bon. De toute façon, ma vie n’a aucun intérêt et j’ai presque pas de famille. Personne ne pleurera sur mon sort, donc je vois pas de problèmes.
- T’es taré…
J’étais à moitié choqué par ses propos. Il n’avait plus aucune lueur de vie dans sa tête. C’est comme s’il était déjà mort. Et pourtant, quand je le regarde, j’ai l’impression de voir une détermination de vivre si forte…
Je me sentais tout d’un coup pris d’envie de dormir. J’écartai le torchon et m’affalai sur le lit.
Juan me gratifia d’un de ses commentaire dont il avait le secret :
- Quoi, tu dors déjà ? Une vraie fillette !
- Oh, ta gueule !
Je me retournai vivement, sur les nerfs. Dormir serait le seul moyen d’oublier un peu le cauchemar que ma vie était devenue en quelques heures à peine. Sauf si je rêve de ce cauchemar dans mon sommeil, bien sûr.
27 Juillet 1997
Quand je me réveillai, Juan dormait à poings fermés, en ronflant bruyamment. Je l’aurais comparé à un ours.
Je m’étirai longuement, et contemplai devant moi la pièce froide. Ça n’avait pas été un mauvais rêve. On était bien le 27 Juillet et non le 20. J’étais bel et bien en prison et non dans mon appartement. Steve était mort pour de bon.
Mes larmes coulèrent silencieusement sur mes joues et s’écrasèrent sur le bois. Putain, un homme, ça ne pleure pas… une fillette, si, mais pas un homme…
Je me levai et me rinçai énergiquement le visage avec la rare eau qui coulait faiblement du vieux robinet de la pièce. Puis je me dirigeai vers l’unique trou qui faisait office de fenêtre, solidement protégée par les barreaux de fer.
Encore de la forêt. Que du vert aux alentours. Je commençai à en avoir marre, des forêts !
Sur un arbre proche, deux moineaux gazouillèrent sereinement et s’envolèrent dans le ciel. Comme j’aurais voulu les accompagner…
Quel heure il est ? Juan n’en sait rien non plus. Mais un garde passe, un journal à la main, et le chiffonne, pour s’apprêter à le jeter. Juan l’interpelle et lui demande s’il pourrait avoir le papier, et le garde le lui tend à travers les barreaux après un instant d’hésitation, puis continue sa ronde.
Le portugais le déplie consciencieusement et se met à le parcourir des yeux. Soudain, ses yeux s’agrandirent.
- Hé, Billy… tu connais les S.T.A.R.S. ?
Je ne m’attendais pas à la question et me retournai vers lui.
- Cette branche du R.P.D. de Raccoon City ? Ouais, j’en ai entendu parler… pourquoi ?
- Ils en parlent dans le journal. Regarde.
Je le pris et commençai à lire.
LES S.T.A.R.S. RECRUTENT !
Les S.T.A.R.S., ou Special Tactics And Rescue Services, ont été fondés en 1996. C’est un groupe de policiers d’élite très compétent, accomplissant les missions les plus difficiles.
A l’heure actuelle, les S.T.A.R.S. sont douze, et cherchent une nouvelle recrue, de préférence ayant de grandes connaissances dans le domaine de la médecine. Pour toute demande ou question, veuillez vous adresser à Brian Irons, chef du Raccoon Police Department de Raccoon City.
Maire de Raccoon City,
Michael Warren
L’article était accompagné d’une photo qui réunissait tous les S.T.A.R.S., leur fusil à la main. On aurait dit une photo de classe. Ils souriaient tous, devant un hélicoptère où leur sigle était marqué.
Il y avait onze hommes, et une seule femme parmi eux. Je me demandai si la prochaine recrue serait une femme.
- Ils ont de bonnes têtes, pas vrai ? me fit remarquer Juan. J’aimerais bien être avec eux, sur la photo.
J’allais répondre que je me sentais pas flic dans l’âme, quand un colonel qu’on avait pas entendu ouvrit la grille et m’interpella.
- C’est l’heure, Coen. Venez avec moi.
Mon cœur recommença à battre à tout rompre comme hier. Juan leva le pouce en me souriant et en me soufflant « Courage ! ». Il ressemblait un peu à Steve.
C´est EXTRA !
En tout cas, j´adore !
J´vais encore te weller ta tête saika, attention!
Merci Sothon Sama ^^
Oh merde, Dark, si j´avais su que tu passais sur le forum, je me l´aurais fermé XD
Chitte, fais gaffe, sinon je te balance un stylo à la tête, fais gaffe.
Well...
´nyway
- Billy Coen, vous êtes accusé du meurtre de vingt-trois personnes avec préméditation.
Je laisse la parole au procureur.
Et voilà, c’est parti. Tous les regards sont concentrés sur moi.
Je crois que… j’ai peur.
- Billy Coen, avez-vous vraiment tué ces vingt-trois personnes ?
- Non.
Je vais vivre. Je ne veux pas que la lueur de vie de mes yeux s’éteigne.
Le procureur parut légèrement désarçonné. Mais à chacune de ses questions, je disais la vérité. Mentir ne m’aurait apporté que plus d’ennuis.
Mais je n’avais rien pour prouver mon innocence.
- Vous êtes un ex-Sous-lieutenant du Corps des Marines, n’est-ce pas ? Et vous affirmez que votre mission a été fondée sur de fausses affirmations ?
- En effet.
Le procureur a sort un mouchoir de sa poche et s’est tapoté le visage avec. Il avait l’air profondément agacé.
Je n’ai aucune idée du nombre d’heures qui sont passées depuis que je suis dans cette salle. La sueur perla de plus en plus sur mon front, juste au moment où le juge prit la parole et prononça les fameux mots qui, d’une fraction de seconde, peuvent faire basculer la vie d’un homme, comme la mienne.
- Billy Coen, je vous déclare coupable. Vous êtes condamné à mort. Ce sera la pendaison. L’audience est terminée, déclara-t-il en frappant sa table avec le maillet de justice.
Certaines personnes se levèrent pour exprimer leur indignation. Ça me fit chaud au cœur, bien que je savais que c’était désormais inutile.
D’autres étaient parfaitement calmes et approuvaient le juge.
J’aurais tellement voulu hurler que j’étais innocent ! C’est donc ainsi que je vais finir ? Comment aurais-je pu me douter, il y a quelques jours à peine, que je serais dans une telle situation maintenant ? Que j’étais si proche de la mort…
Les gardes m’ont raccompagnés dans ma cellule. Sur le chemin, je leur ai demandé quand j’allais être exécuté.
- Au plus tôt, dans un mois, au plus tard, dans un an…
Un an… c’est si court, et si long à la fois…
Juan était prélassé sur mon lit, l’air passablement inquiet. Mais il bondit quand je pénétrais dans la pièce.
- Alors ?
- Par pendaison.
Bouche bée, il se renfrogna tout d’un coup. Moi, j’allais à la fenêtre et regardai dehors pendant un bon moment.
Plus tard, Juan me fit une proposition assez étonnante : me faire tatouer !
- Ouais, j’ai été tatoueur, dans mon temps… t’en veux un ?
- T’as encore le matos sur toi ?
- Pardi ! Je le cache sous le lit. Ils ne fouillent presque jamais, une chance. Bon, alors, la réponse ?
Je trouvais cette idée pas vraiment indispensable, mais je finis par accepter. J’avais rien à perdre.
- Ok ! Tu veux quoi ? Un animal ? Un symbole ? Du tribal ?
Tribal. C’est un des mots que j’apprécie. Un des mots que j’aime entendre à cause de leur sonorité.
Finalement, j’ai voulu qu’il me tatoue le bras droit. Il a été étonné quand je lui ai dit que je voulais deux mots, et encore plus quand il a su ce que c’était.
- More Love.
- More Love ? Pourquoi ? Ça colle pas bien avec ton image, si tu veux mon avis !
Je lui répliquai que je ne lui avais pas demandé son avis, d’un ton à la fois sarcastique et fraternel. Après avoir levé les yeux au ciel, il commença l’opération.
Un vrai tatouage. Ça va, ça ne faisait pas si mal que ça.
Pourquoi j’ai choisi ces deux mots ? C’est vrai que ça ne collait pas avec moi. Et l’amour ne m’intéresse pas.
Quoi que, j’aurais bien voulu avoir une petite sœur. Une fille qui m’écouterait, et que j’écouterais au besoin. Ce n’est pas de l’amour, mais plutôt de l’affection, je suppose.
Je suis fils unique et je me sentais solitaire, malgré la bande de copains du primaire.
Serait-ce à cause de cette raison que j’ai choisi « More Love » ?
Je continuais de regarder Juan à l’œuvre. Un vrai pro. J’étais assez impressionné par le résultat.
- Alors ? Qu’en penses le client ? demanda-t-il, rieur.
- Pas mal… merci.
28 Juillet 1997
Ce matin, un garde est venu me chercher pour effectuer quelques analyses. En gros, ma taille, mon poids, ma date de naissance. Des infos banales.
Puis il rédigea un rapport.
Nom, prénom : Coen, Billy
Age : 25
Date de naissance : 14 avril 1972
Taille : 1m79
Poids : 77,6 kg
Matricule : D-1036
A été jugé coupable par la cour martiale. Sera exécuté le 24 Juillet 1998.
Colonel Mike Brown
Le 24 Juillet 1998… un an à attendre la mort.
Je ne cherchais plus à me défendre. De toute façon, je ne peux plus rien faire. Je n’ai plus qu’à espérer qu’un miracle se produise.
Le Colonel Brown a remarqué mon tatouage mais n’a pas fait de commentaire. Je me demande ce qu’il s’est dit. Pendant que j’y réfléchissais, il a secoué devant moi deux plaques de métal reliées par une petite chaîne.
- Coen, voici vos matricules. Tâchez de ne pas les perdre, elles sont très importantes.
Je lui ai pris des mains et je les ai attachés autour de mon cou. J’ai décidé de toujours les garder sur moi.
29 Juillet 1997
- Hé, Billy, tu fais quoi ? me questionne le portugais.
- J’écris dans mon journal intime.
- Hein, t’as un journal intime ? Hahaha, t’es drôle ! Laisse-moi voir !
- Pas question ! tranchai-je net.
Il se tut mais ça se voyait qu’il avait une idée en tête.
Il est deux heures du matin. Je sais que ça se fait pas de lire et carrément d’écrire dans le journal des autres, mais bon. Pendant que tu dors, Billy, moi je vais un peu noircir les pages. De toute façon j’ai que ça à faire.
Eh ben, pour commencer, je peux te dire que ton ex-chef n’est qu’un salaud. Après, je suis peiné pour la perte de ton pote.
Tu trouves que j’ai l’air grotesque ? Vraiment ? J’espère que t’as changé d’avis, maintenant, hein ? Et l’alcool… je reconnais que j’ai un penchant pour la boisson.
T’aurais voulu avoir une sœur ? C’est mignon, ça. Moi, j’ai une sœur. Je peux te dire que c’est pas toujours facile à vivre. Mais c’est la seule famille qui me reste. Je me demande ce qu’elle fait en ce moment. Peut-être qu’elle pense à moi ?
Il te reste donc un an à vivre. Je sais qu’avec moi, ça doit pas être super agréable. Enfin, je ferai des efforts. Courage, mon vieux.
Désolé pour avoir lu ton journal. Mais j’ai pas pu résister. Quand tu t’es endormi, je me suis dit à chaque seconde qui passait que c’était mal, que je ne devais pas. J’espère que tu m’excuseras.
Juan Sorolla
Sublime, la suite !
![]()
Tu pourras aussi peut-être lire ma fic sur RE4 et m´dire c´que t´en penses.
Well, tu as toi aussi une fic sur RE4 ? Je me ferais un plaisir de la lire =)
Pas mal du tout !
Très bon style, vraiment bien, la suite ! ![]()
Excellent tout ça, Saika. C´est un réel plaisir à lire.
Exact ...
Wouah merci tout le monde, ça me fait très plaisir =D
30 Juillet 1997
Juan… il a osé écrire et lire mon journal. Quel con… mais je ne suis pas rancunier au point de barrer frénétiquement son petit paragraphe. Ça m’a même fait plaisir.
J’ai pris une décision. Je n’écrirai plus dans ce journal jusqu’à l’année prochaine. Je veux voir nettement l’homme que je serai dans un an. Je me demande si j’aurais changé.
14 Avril 1998
On est en 1998. J’ai voulu inaugurer l’année dans mon journal le 14 Avril et pas plus tôt. Après tout, aujourd’hui, c’est mon anniversaire. Je ne suis pas spécialement fan des fêtes et des cadeaux, mais après tout…
Donc, j’ai vingt-six ans aujourd’hui. Rien n’a changé. Je suis toujours le même. Même mes matricules sont encore accrochées à mon cou.
Juan m’a souhaité bon anniversaire et a osé demander au garde s’il lui restait du champagne, en prétextant qu’aujourd’hui était une date importante. Il l’a regardé d’un air perplexe et a déclaré à ses camarades que le prisonnier devenait fou.
Moi, j’étais touché par un tel élan d’amitié.
23 Avril 1998
Je n’écris pas beaucoup ces temps-ci. A vrai dire, il ne se passe pas grand-chose d’assez intéressant pour que je le raconte. C’est assez déprimant, je dois l’avouer.
12 Mai 1998
Comme à son habitude, Juan parvient assez facilement à obtenir le journal du militaire gardant les cellules. Aujourd’hui, il paraît que les S.T.A.R.S. ont enfin trouvé une personne qualifiée et que le recrutement est fini. Ils ne se sont pas pressés.
Je me demande comment elle est, cette personne.
20 Mai 1998
Une nouvelle a défrayé la chronique, dans le journal d’aujourd’hui. Le corps d’une jeune femme a été retrouvé ce matin même sur la berge de la rivière Marble, qui coule près de Raccoon City. Le corps est couvert de morsures et d’entailles semblables à celles de l’œuvre d’un ours. Je trouve ça assez choquant, ainsi que Juan qui ne tolère pas qu’on s’attaque à une belle femme. Pour détendre l’ambiance pesante dans la prison, Juan déclare qu’au moins, on est en sécurité, dans la cellule.
C’est sûr qu’on ne peut pas être plus en sécurité que dans une prison. C’est sûr.
1er Juin 1998
Déjà en Juin… plus qu’un mois. Seulement un mois. Je commence à mal dormir et je me réveille toujours en sueur. J’ai hâte que tout soit fini. Je peux plus supporter une telle tension.
6 Juin 1998
- Hé, Billy, viens voir ça !
Je levai la tête et m’approchai du portugais, le nez plongé dans son journal. Ça devenait une habitude.
- Les gens sont vraiment cons, Billy ! Regarde ça, c’est à crever de rire ! articula-t-il difficilement, se tenant maintenant les côtes.
Je me penchai et pus connaître la raison de son fou rire.
RACCOON TIMES – UN MONSTRE DANS LES MONTS ARKLAY ?
Vous n’êtes pas sans savoir la triste nouvelle que nous avons appris le 20 mai. Mais aujourd’hui, nous croyons connaître le meurtrier de la jeune femme. En effet, il se pourrait qu’un monstre ressemblant à un chien gambade en liberté dans les montagnes Arklay, parfois dans la forêt et très rarement jusqu’aux abords de la ville. Mais ne vous en faites pas, le R.P.D. de Raccoon City fera tous les efforts nécessaires pour écarter ce danger. Tout ce que vous avez à faire, c’est de ne pas vous aventurer à l’extérieur de la ville, et si jamais vous apercevez quelque chose d’étrange, n’hésitez pas à contacter le R.P.D. et leur donner des informations qui leur permettront peut-être d’éliminer le monstre !
Journaliste du Raccoon Times,
Ben Bertolucci
- Des monstres ! Hahaha, il est drôle, ce gars ! Ça croit aux monstres, et ça se dit journaliste ? commenta Juan, en repartant dans une nouvelle crise de fou rire.
A mon avis, c’était plus un rire nerveux qu’un rire moqueur.
Un monstre… j’avoue que c’est flippant. Mais cet article, à part effrayer la population, ne servira sûrement à rien.
2 Juillet 1998
Plus que vingt-deux jours. Juan ne sait toujours pas quand il va être exécuté, lui. Mais il ne se morfond pas, au contraire, il est de tout cœur avec moi.
La justice, c’est complètement pourri. J’aimerais tellement leur faire payer…
9 Juillet 1998
Encore des disparitions dans le secteur de Raccoon ! Finalement, le R.P.D. a apparemment pris peur et a confié aux S.T.A.R.S. de mener l’enquête. Compétents ou pas, je n’ai aucune idée de leur taux de réussite. Cette histoire me paraît louche…
20 Juillet 1998
Un an a passé depuis la première fois que j’ai écrit dans ce journal. Et pourtant, je m’en souviens tellement bien. J’ai toujours pensé qu’écrire dans un journal était une action débile, mais finalement, ça fait du bien. Puis si un jour, quelqu’un veut savoir ce qu’il est advenu de Billy Coen, il n’aura qu’à ouvrir ce bouquin… s’il le trouve.
Finalement, il ne s’est pas passé grand-chose depuis mon entrée dans la base de Dunell. Tous les jours se ressemblent. Peut-être que c’est mieux comme ça.
22 Juillet 1998
J’ai peur. J’ai si peur de mourir. Quel imbécile je fais. Je ressemble à un homme, mais j’ai l’esprit d’un gamin, et je m’en veux. Je m’en veux d’être si faible.
Un homme est venu me chercher, comme la dernière fois. Pour établir mon second et dernier rapport avant mon départ. Les mêmes questions et analyses qu’avant, avec Mike Brown. Du coin de l’œil, je lus rapidement son document.
Ordre de transfert
1598A-7635
Nom du prisonnier : Billy Coen
Matricule : D-1036
Ancien sous-lieutenant,
Corps des Marines
Age : 26
Taille : 1m81
Poids : 74, 2 kg
Destination : Base de Regarthon
Reconnu coupable de meurtre avec préméditation.
A comparu en cour martiale et a été condamné à mort par le tribunal militaire 0703. La sentence sera exécutée dès l’arrivée.
Samuel Regan,
Commandant,
Base de Dunell
En un an, j’ai légèrement grandi et perdu du poids. On se demande pourquoi, avec une telle vie.
Résigné, je me fis raccompagner dans la cellule. J’avais envie de hurler, et ma tête me faisait si mal…
* Fox_2004 profil
* Posté le 28 janvier 2007 à 14:14:33 avertir modérateur
* Excellent tout ça, Saika. C´est un réel plaisir à lire.
Du calme l´étalon, tu es à MOI!!! ![]()
Et un peu à Julo. ![]()
Y´aura du spoil dans ta fic ?
Parce que j´ai pas encore REØ et je compte bien l´acheter ... Ce serait dommage d´arrêter de lire cette fic pour ca ...
Well... euh, yep, y en aura ^^´ sauf que je crois que j´ai déjà spoilé là... désolée !
A moins que tu connaissais déjà un peu l´histoire de Billy ?
Bah j´connaissais déjà un peu.
Juan Sorolla existe ?
Bah c´est pas grave pour le spoil, je la lirais une fois que j´aurais fini REØ.
Tant pis, merci quand même et bonne continuation, j´t´encourage pour la suite, baisse pas de niveau, c´est parfait comme ca. ;)