J´suis prête*
Quel coeur fragile, Berserken ! =D
Merci Amaouss ^^ (Wang
10 Mercis + un Mervci
)
Il s’en est passé des choses depuis ma rencontre avec Rebecca, mais ce n’est que maintenant que je peux les écrire. C’était encore pire que je l’imaginais.
Le train s’est crashé. On a atterri dans un hangar en flammes. A part ça, tout allait bien. Tout allait très bien.
Puis après avoir emprunté des égouts, on est arrivés dans une espèce d’hall. Bien symétrique, tout ça. Sur le tapis rouge, le symbole d’Umbrella y était brodé. C’était peut-être le fameux centre de formation dont j’avais entendu parler il y a quelques temps, avant que je prenne du service dans les Marines ?
En tout cas, il semblait désert. Mais une fois de plus, je me trompais. Tout le centre était infesté de monstres. On avait tous les deux les sens en alerte, guettant le moindre bruit qui trahirait la présence d’un monstre au détour d’un couloir ou l’index toujours placé sur la détente, au cas où. C’était une vraie épreuve psychologique qu’on subissait, et il fallait vraiment avoir les nerfs solides pour ne pas se tirer une balle dans la tête au milieu de cet enfer. Si j’avais été seul, j’aurais sûrement fait ça, d’ailleurs. Mais je pouvais compter sur la jeune S.T.A.R.S. et nous nous épaulions mutuellement.
Grâce à ma carrure, je pouvais déplacer pratiquement n’importe quoi, contrairement à Rebecca. En revanche, elle était une infirmière et pouvait créer de puissants médicaments pouvant remettre n’importe quelle personne mourante en bonne santé, grâce aux herbes poussant naturellement dans la région. J’étais incapable de faire cela et j’étais admiratif quand je la voyais à l’œuvre. Et puis ça nous serait très utile.
Des monstres. Partout. Des espèces de sauterelles et des araignées géantes. Le personnel devenu des zombies. Un mille-pattes géant qui a d’ailleurs enlevé Rebecca. C’était limite, mais j’ai pu la sortir de là.
Quel cauchemar…
On a exploré le sous-sol. Une prison. C’était agréable. Dans le bureau des geôliers, il y avait un conduit d’aération. J’ai fait monter Rebecca sur mes épaules et elle a pu s’y glisser. Je n’avais aucune idée de ce qu’il y avait de l’autre côté du mur. Je l’ai attendu, constamment sur mes gardes, quand mon talkie-walkie s’est mis à grésiller. La voix de la miss a hurlé à l’aide. J’ai foncé à travers tout le sous-sol. Sauf que… des saletés de singes l’avaient envahi. Difficilement, j’ai pu les éviter, ils étaient très rapides et agressifs.
Finalement, j’ai réussi à retrouver Rebecca. Elle se cramponnait au rebord d’un trou. Juste au moment où elle a lâché, je l’ai rattrapé. C’était moins une.
Après m’avoir remercié, elle a reçu un appel de son chef, lui demandant si elle m’avait retrouvé. Elle a répondu par la négative. C’était vraiment une super fille.
Elle m’a ensuite demandé des explications. D’un ton presque suppliant. Après quelques secondes d’hésitation, j’ai fini par lui raconter comment je me suis retrouvé dans cette situation. La journée d’Afrique.
Mais c’était difficile pour moi, à chaque parole, mon cœur se serrait. J’ai fait assez vite et je n’ai pas raconté les détails. Je ne voulais plus y penser… j’aurais pu carrément lui donner mon journal. Mais ce n’était pas le moment.
J’aurais bien voulu savoir ce qu’elle s’est dit, après que j’ai fini de raconter mon histoire. Et comment elle me considérait maintenant.
Après, on a continué d’explorer le centre. C’était assez intéressant, je dois l’avouer. Il était plutôt beau mais à la fois inquiétant, sûrement parce qu’il était « désert ». On avait rencontré aucun humain normal depuis le début. Cette solitude me pesait.
On s’est séparés. Nous devions trouver un moyen de quitter ce foutu endroit, parce qu’après plus de deux heures et demie d’exploration, on avait toujours pas trouvé de sortie.
Si l’un de nous avait un problème, on avait convenu de s’appeler.
J’ai ouvert une porte et me suis retrouvé dans un piano-bar. Un piano… c’était un magnifique piano noir à queue luxueux. J’ai effleuré ses touches blanches, et je m’apprêtai à jouer quelque chose quand un monstre a fracassé la porte et s’est jeté sur moi. Une espèce de reptile… poussant des cris perçants.
C’était une teigne ! Il m’a labouré le corps de ses griffes, tandis que moi, j’ai essayé de lui tirer dessus, désespérément. D’un coup de patte, il a carrément fait voler mon flingue à l’autre bout de la pièce. J’ai vraiment cru que j’allais crever.
Oubliant mon arme, j’ai essayé de me battre à mains nues. C’était inutile, ses écailles étaient dures et tout ce que j’ai récolté, c’est une douleur violente à la main. J’espérais que je ne m’étais brisé aucun os…
Dans un dernier effort, j’ai saisi mon talkie-walkie et je n’ai pu que m’exclamer sur un ton presque suppliant « A l’aide, Rebecca ! » avant de m’évanouir, le monstre m’ayant planté son bras et ses griffes aiguisées dans le flanc gauche, tandis que j’hurlai de douleur.
Quand je me suis réveillé, j’ai gardé les yeux clos, incapable de les ouvrir. Je me sentais terriblement fatigué et je n’ai pas pu m’empêcher de retenir mes larmes quand j’ai tâté mon flanc gauche, ensanglanté, qui m’a provoqué une douleur intense.
J’ai fini par ouvrir les yeux. La première chose que j’ai vu, c’était le cadavre du reptile bipède baignant dans une mare de sang. J’étais toujours dans le piano-bar.
Mon haut avait été enlevé et mes bras et mon torse étaient couverts de bandages épais, devenus écarlates. Instinctivement, j’ai pressé ma main sur mon bras comme pour empêcher le sang de couler, même si c’était inutile.
- Ah… enfin réveillé, Billy ?
J’ai immédiatement identifié la voix juvénile : Rebecca…
- Ouais… ça va aller… aïe ! lâchai-je, incapable de m’en empêcher.
- Mais bien sûr. Reposez-vous, Billy.
- On n’a pas de temps à…
En voyant son regard réprobateur, j’ai compris que ce n’était pas le moment de discuter. Ah, les femmes…
En tout cas, cette femme-là m’avait quand même sauvé la vie. Soyons reconnaissants.
Je crois que je me suis rendormi ensuite. Quand j’ai rouvert les yeux, Rebecca m’injectait quelque chose dans le bras.
- C’est un stimulant. Il permet au sang de se renouveler plus facilement, expliqua-t-elle en bon professeur. Vous avez récupéré, Billy ?
Je répondis par l’affirmative. Son remède était efficace et je sentais déjà moins la douleur. Mais je me demandais comment elle avait fait pour soigner aussi facilement ma blessure à la côte. Elle était impressionnante.
Je me suis relevé difficilement malgré la réticence de la fille et j’ai tâté le piano. Il donnait l’impression de ne pas avoir été utilisé pendant des années, et pourtant aucune trace de poussière le recouvrait.
J’ai enfin pu en jouer. Ça faisait un an que je n’en avais pas fait. J’ai d’ailleurs mis quelques instants avant de pouvoir m’y réhabituer.
La musique… c’est vrai que j’en ai pas l’air, mais j’en suis fan.
Après avoir improvisé un petit morceau, j’ai laissé la place à Rebecca. Elle était assez hésitante mais quand je lui ai demandé pourquoi, elle a assuré qu’elle jouerait quelque chose.
Je lui ai un peu forcé la main. J’ai regardé sur sa montre : 00h06. Après tout, on avait tout notre temps, finalement.
Prenant un air assez fier, elle a commencé par un majestueux accord. C’était vraiment pas mal.
Enfin, c’était ce que j’aurais dit si elle n’avait pas continué. Une avalanche de fausses notes. Le piano lui-même semblait en souffrir.
Finalement, après un dernier accord, raté celui-ci, elle s’est retourné vers moi, un sourire penaud aux lèvres. J’ai compris pourquoi elle avait hésité tout à l’heure.
Finalement, Rebecca m’a laissé la place et je me suis rassis sur le siège. Avec une voix de professeur, j’ai pris la parole.
- Ecoutez, Rebecca… votre première leçon de piano avec moi. Commençons par les bases. Cette touche-là, c’est un do…