Classico : PSG - OM
Encore une fois, le Parc des Princes sera plein comme un œuf ce dimanche, le reste de la France du football devant son poste de télévision… Lorsque le Paris Saint-Germain et l´Olympique de Marseille se rencontrent, c´est comme si la terre s´arrêtait de tourner pour bon nombre de leurs supporters. Voilà le dernier grand Classico du football tricolore.
Entre un PSG mal en point, embourbé à la 12ème place du classement de Ligue 1 après quatre journées, et un OM retrouvé, en tête à égalité avec l´Olympique lyonnais, la lutte s´annonce chaude.
Pourtant cette grande rivalité est assez récente. Car si le club phocéen est aujourd´hui plus que centenaire (fondation en 1899), il a fallu attendre 1970 pour voir la naissance du Paris-Saint-Germain, tandis que le Racing Club de Paris était sur la pente très descendante. Avec neuf titres de champion de France, 10 Coupes de France (un record !) et une Coupe d´Europe des clubs champions, l´OM devance très nettement la plupart des clubs de l´Hexagone. Mais du haut de ses 36 printemps, le PSG n´a pas de quoi rougir en affichant deux titres, sept Coupes de France, deux Coupes de la Ligue et une Coupe d´Europe des vainqueurs de coupes. Ces deux équipes sont d´ailleurs les seules françaises à avoir inscrit leur nom au palmarès européen.
Un autre domaine dans lesquels les deux clubs rivalisent, le nombre de stars qui ont porté le maillot bleu ciel et blanc de Marseille, rouge et bleu pour Paris. Si le Stade Vélodrome (60 031 places) a pu admirer les exploits des Mario Zatelli (années 30), Gunnar Andersson (50), Roger Magnusson, Georges Carnus et Josip Skoblar (60-70) ou bien encore Jean-Pierre Papin, Chris Waddle, Abedi Pelé, Basile Boli et Marcel Desailly (90, entraînés par Raymond Goethals), le Parc des Princes (48 712 places) portaient lui bien son nom lorsque les Mustapha Dahleb (70-80), Dominique Rocheteau, Safet Susic et Joël Bats (80-90), Bernard Lama, Rai, Youri Djorkaeff, David Ginola et George Weah (90, entraînés par Artur Jorge et Luis Fernandez) et bien évidemment Ronaldinho (2001/2003) en foulaient la pelouse.
29 mai 1993, une date inoubliable pour l´OM
Depuis quelques années, certains joueurs n´hésitent plus à porter le maillot des deux clubs. Une tendance qui semble maudire le PSG, habitué à encaisser des buts de ses anciens pensionnaires. Le Camerounais Modeste M´Bami, ´passé au Sud´ cet été, confirmera-t-il la règle ?
Si le club de la capitale - symbole comme dans tous les pays du pouvoir centralisé - jouit d´une certaine cote de désamour dans la France entière, ce n´est qu´au tout début des années 90 que les deux clubs ont basculé dans le jeu du ´Je t´aime, moi non plus´. A l´époque, l´Olympique de Marseille de Bernard Tapie truste les récompenses et les honneurs. Quelques 800 kilomètres plus au Nord, le chaîne de télévision Canal + décide d´investir dans le football et veut doter Paris d´un club capable de rivaliser avec les meilleurs. C´est le début des matches sous haute tension, où le spectacle n´est guère au rendez-vous, si ce n´est dans les coups que sont parfois capables de se donner les joueurs.
Quelques rencontres resteront tout de même dans la mémoire collective. Comme ce cinglant 5:1 infligé par les Parisiens lors de la saison 77/78, leur plus large victoire sur l´OM. Des Marseillais qui se vengeront neuf saisons plus tard par un 4:0 lui aussi historique. Mais c´est dans un certain 29 mai 1993 - trois jours après la victoire en Coupe d´Europe des clubs champions - et un 3:1 réussi dans un Vélodrome en ébullition que les Olympiens trouvent leur plus grande fierté. Du côté parisien, on peut se vanter d´une série de neuf matches sans défaite (dont deux 3:0 à l´aller comme au retour en 2002/2003). Ou encore de la victoire en finale de Coupe de France au mois de mai dernier (2:1).
Lacombe : " Pas besoin de longs discours pour motiver mes troupes "
Au total des confrontations entre ces deux équipes, l´Olympique de Marseille mène aujourd´hui d´une petite longueur sur son rival (25 contre 24 victoires et 16 nuls - 81 buts pour, 80 contre). Mais si l´on se contente des matches disputés par le Paris Saint-Germain à domicile - comme ce week-end - le bilan est bien plus favorable aux Rouge et Bleu : 17 succès, 10 nuls et 7 défaites.
L´an dernier, outre la victoire parisienne en Coupe de France, l´Olympique de Marseille l´avait emporté 1:0 (fin de l´invincibilité du PSG) dans son antre avant de ramener un héroïque 0:0 du Parc. A l´occasion de ce match retour, la ´guéguerre´ avait été relancée. Pour une sombre histoire de quotas de places, les dirigeants de l´OM avaient finalement décidé de se déplacer avec l´équipe réserve et sans aucun supporter.
Cette saison, c´est en leader que Frank Ribéry et ses coéquipiers défieront le PSG ce dimanche soir. Déjà dans une fâcheuse position après une victoire, un nul et déjà deux défaites, les Parisiens compteront eux sur leur buteur vedette, le Portugais Pedro Pauleta, pour enfin lancer leur saison.
" Je n´ai pas besoin de longs discours pour motiver mes troupes ! Mes joueurs savent l´engouement que ce type de match suscite auprès des supporters. Ils auront à cœur de faire plaisir à leurs fans. ", explique l´entraîneur parisien Guy Lacombe. Et le défenseur olympien Ronald Zubar de répondre : " Depuis la découverte du calendrier, nous ne pensons qu´à ce match. Les PSG-OM sont toujours bouillants, mais ne sont jamais de très belles rencontres, il faut que cela change. Tout ça pourrait paraître effrayant, mais je trouve que cette pression est très excitante. Une grande partie de mon entourage sera dans le stade et me poussera à me dépasser, quitte à enfoncer un peu plus Paris. " Le match est lancé !
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