Wenger y croit
Face au silence poli ou aux déclarations embarrassées des têtes d´affiche du football français des années 90, l´ancien entraîneur de l´AS Monaco adopte un discours tranché suite aux révélations de Jean-Jacques Eydelie sur le mode de fonctionnement de l´OM de 1992-1993 (dopage et corruption). «Ce sont des choses que je savais, que beaucoup de gens savaient, assure Arsène Wenger lundi dans "L´Equipe". On parle ici de la pire période qu´a connue le football français. Il était gangrené de l´intérieur par l´influence et les méthodes de Tapie à Marseille. (...) Ce qu´Eydelie dit rejoint tout ce que les gens pensaient. »
Entre juillet 1987 et septembre 1994, Monaco a terminé deux fois deuxième du Championnat derrière Marseille et deux fois troisième. Le club de la Principauté peut être considéré comme le rival le plus durable de l´OM de Tapie sur la période. «J´avais essayé d´alerter. Pour qu´on fasse attention. Je ne pouvais rien prouver, regrette l´actuel entraîneur d´Arsenal. C´était très dur. À l´époque, on vivait dans le sentiment de la corruption et du dopage. Il n´y avait rien de pire que savoir que les dés étaient pipés.»
Wenger va jusqu´à reconnaître qu´il a été troublé par des failles visibles dans l´engagement de certains de ses joueurs. «J´ai eu des doutes et j´en ai fait part à certains d´entre eux. (...) Ce n´est même pas la peine de lever le pied. Il suffit de tirer un corner un mètre un peu plus à gauche ou un peu plus à droite, de ne pas être très bien placé. Ça suffit et on peut même donner l´impression de faire un bon match par ailleurs.»
Au début des années 90, Arsène Wenger avait déclaré qu´il était impossible d´être champion de France contre Marseille. «C´était une équipe magnifique, avec des joueurs exceptionnels. Elle aurait pu se faire un palmarès sur ses seules qualités» regrette-t-il aujourd´hui.
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