LYON / SONNY ANDERSON :
« Gerland était mon jardin »
jeudi 07 juin 2007 - 16 h 23 - Olivier DE LOS BUEIS
PANORAMIC
Quatre ans après sa fin de carrière, le Brésilien Sonny Anderson fête son jubilé lundi prochain à Lyon. L’occasion de revoir de nombreux amis et de faire une belle fête dans son jardin de Gerland.
Sonny Anderson, vous fêterez votre jubilé le lundi 11 juin à Lyon. Est-ce compliqué de gérer un tel événement ?
Ça prend beaucoup de temps car il faut une grosse logistique pour tout préparer. A part contacter les joueurs, il faut régler tout ce qu’il y a autour : les déplacements, les voyages, l’accueil des joueurs, des célébrités. Il faut s’occuper du stade aussi. Ça fait cinq mois qu’on travaille dessus. On arrive à la fin et il y a un peu de stress. Mais la plupart des joueurs est confirmée. On ne sait pas encore ce qui va se passer la veille et le jour du match. Le stress fait partie du jeu. Jusqu’à la dernière minute, il sera là.
Le plateau que vous réunissez à Gerland est exceptionnel. Pouvez-vous nous dire qui sera là ?
Bebeto sera présent avec Ronaldinho, Roberto Carlos, Edmilson, Thuram, Belletti, Guardiola… Il y aura des stars françaises comme Desailly, Leboeuf, Dugarry. Il y aura également des stars de la musique comme Pascal Obispo ou Yannick Noah. Il y aura aussi Raï, Leonardo… Sans oublier l’équipe du premier titre de l’OL, renforcée de Caveglia ou Maurice.
Ça doit être une énorme fierté de voir tous ces grands joueurs répondre présents, en fin de saison, pour vous rendre hommage…
Ça fait énormément plaisir. Certains reviennent de vacances exprès, d’autres ont programmé leurs vacances après le match. Ça fait énormément plaisir de voir que j’ai lié une bonne amitié avec eux en passant dans ces clubs. J’attends encore des réponses de certains joueurs et il y aura peut-être des surprises ! Certains essaient de se libérer pour venir.
Vous placez ce jubilé sous le signe de l’amitié mais aussi de la solidarité puisque des fonds seront retirés de la recette pour aider une association qui lutte contre la maladie d’Huntington…
Un euro par billet sera reversé à l’association pour la recherche d’un médicament contre cette maladie héréditaire. Nous essayons de trouver des fonds pour aider la recherche. Je voulais associer à tout prix cette association à mon jubilé.
« Le meilleur souvenir ? Le match contre Bruges »
Vous avez joué au Brésil, en Suisse, en France et en Espagne. Pourquoi avoir choisi de faire ce jubilé à Lyon plutôt qu’à Barcelone ou Villarreal ?
J’ai eu de très bons souvenirs dans tous mes clubs, du Servette à Marseille en passant par Monaco, Barcelone ou Villarreal. Mais Lyon, c’était différent. C’était le début d’une histoire. Il fallait débuter et gagner ce premier titre ! Tout était nouveau, tout était beau. Revenir sur Gerland était l’occasion de dire merci à ce public qui m’a bien accueilli lors de mon arrivée. Je suis l’enfant du pays. Gerland était mon jardin. J’ai toujours eu de bons rapports avec les supporters et les Lyonnais en général. L’affection qu’ils ont encore pour moi, quatre ans après mon départ, méritait qu’on fasse une belle fête à Gerland.
Parmi les supporters lyonnais, certains disent qu’il n’y a pas eu depuis votre passage un grand buteur à l’OL. Cela vous gêne-t-il ?
L’un des buts du jubilé, c’est ça : qu’on pense à mon passé comme footballeur mais qu’on me voie aussi dans mon nouveau rôle d’entraîneur des attaquants. Certains joueurs ne sont pas remplaçables. En équipe de France, Zidane ou Platini n’étaient pas remplaçables. Au Brésil, Zico ou Pelé ne l’’étaient pas non plus à leur époque. Aujourd’hui, à Lyon, c’est l’époque de Baros, Fred, Malouda ou Benzema. Il faut leur expliquer qu’ils doivent s’exprimer librement. Moi, j’ai fait mon époque, comme Caveglia avant. Il faut expliquer aux joueurs d’aujourd’hui qu’ils vont marquer l’histoire du club. Regardez, je ne suis pas là et ils gagnent des titres. Ils ont continué à le faire sans moi. On ne peut pas dire qu’il manque un attaquant : les attaquants sont là et il faut leur faire confiance.
Dans votre rôle de coach des buteurs, vous insistez sur ce facteur psychologique pour enlever la pression des attaquants d’un très grand club…
C’est fondamental. Un joueur de haut niveau a beaucoup de pression de la part des clubs, des entraîneurs, des médias. Il faut les préparer à cela. Mon rôle, c’est de les faire travailler pour qu’ils ne doutent pas. Je leur explique qu’il y a des obstacles à franchir, qu’il ne faut jamais laisser tomber mentalement. Le travail quotidien est le seul moyen d’effacer le doute de l’attaquant. Il faut bosser devant le but, travailler sur soi-même, analyser ses performances sans attendre que la presse le fasse pour vous. C’est un travail passionnant.
Si vous deviez retenir un grand moment et un grand regret dans votre carrière…
Le regret, c’est de ne pas avoir amené l’OL en finale de Champion’s League. J’aurais aimé donner plus de plaisir aux supporters en Ligue des Champions. Contre l’Ajax pourtant, j’avais fait le travail qu’il fallait en marquant mais l’arbitre n’a pas vu que le ballon était entré. Cette décision arbitrage, il faut l’accepter mais je regrette car on aurait pu aller plus loin avec cette équipe. Le meilleur souvenir ? Le match contre Bruges à Gerland quand je marque trois buts pour qualifier l’équipe alors qu’il fallait gagner 3-0. J’ai marqué les trois buts : c’est un grand souvenir pour moi.
c´est long mais bon pour sonny jamais trop 