Prologue:
Jerusalem, 1187. Jewyn, un jeune croisé que la soif d´argent et de gloire avait attiré hors de sa France natale, Posa sa tete entre ses mains et se mit à verser des larmes d´amertume.
Qu´avait-il donc obtenu de ses batailles incessantes, de ces boucheries et des mors innombrables qu´elles avaient causé?
Il n´avait non seulement rien gagné, mais maintenant il en était certain; jamais il ne reverrait sa famille ni ses amis qu´il avait délaissé en hâte. Un messager lui avait appris que les troupes menées par Guy de Lusignan, roi chrétien de Jérusalem, avaient été anéanties pas l´armée de Saladin, et que ce dernier était en marche, mené par une juste colère, dans l´intention de reprendre la cité et de châtier tous ceux qui avaient aidé a commencer la guerre.
Jewyn, jeune inconscient de 17 ans qu´il était, n´avait rien à voir avec ce complot, mais nul doute qu´il serait tué, tout comme ses compagnons d´armes menés par l´infortuné général Balian, défenseur de Jerusalem.
"Ils sont là!!! Ils arrivent!" cria une sentinelle postée sur une tour crénelée.
Le jeune garçon leva la tête, courut en direction des murs, et se figea en apercevant des milliers de guerriers se tenant sur les plaines arides, tirant derrière eux de lourdes catapultes et de hautes tours de siège, se comptant par dizaines.
"Va à l´arrière", lui murmura Balian, apparaissant derrière lui.
"Le bombardement ne cessera pas avant ce soir au moins, alors préserve-toi des projectiles".
Jewyn ne se fit pas prier. Il marcha d´un pas rapides dans les rues étroites de Jérusalem et s´arréta dans une maison.
"Salut, Jewyn, fit une voix faible dans la pénombre.
-Les nouvelles sont mauvaises, Chedli, répondit le jeune homme. Les armées de Saladin sont là et... si je ne me trompe pas, noous allons tout mourir.
-C´est fort probable, fit le dénommé Chedli, mais je crois en la bonté de Saladin. Il laissera partir les civils. Mais toi, tu as peu de chance de survie, continua-t-il en secouant tristement la tête.
-Merci de me redonner espoir, répondit Jewyn avec un sourire ironique. Je venais te dire qu´il fallait que tu te mettes avec les civils derrière les murs du Temple.
-Si Balian l´a ordonné, conclut Chedli. Adieu Jewyn, je fus hereux de te connaître. Peut-être nous reverrons-nous.
-Dans ce monde ou dans l´autre, j´en suis presuadé."
Jewyn regarda son ami prendre son manteau de lin et quitter la demeure en direction du Temple.
(Bon, là, on ne va pas s´éterniser et on passe direct aux combats^^.)
Le lendemain matin, le jeune homme tira son épée, et attendit avec des centaines d´autres croisés, anxieux et résigné. L´armée de Saladin marcha en direction de la brèche que ses catapultes avaient ouverte, puis courut et se rua à l´attaque.
Le choc fut d´une violence inouïe. Jewyn se félicita de s´être placé en troisième ligne ,car la violence du choc et les pointes acérées des lances tuèrent tous les soldats de la première ligne des deux camps. Ensuite débuta le fracas des armes, un moment que Jewyn abhorrait, détestait. De son épée il tranchait des menbres, transpercait des coeurs et coupait des têtes, il était inondé du sang de ses victimes et du sien, et la fatigue et la douleur irradiait dans tout son corpsau bout de quelques heures.
Au coucher du soleil, les combats n´avaient pas cessé, mais Jewyn sentait que les croisés faiblissaient, chancelant sous le nombre sans cesse grandissant des soldats de Saladin. Soudain, il sentit une lame taillader le côté de sa jambe, et il s´effondra au sol. Il vit au-dessus de lui le visage casqué d´un homme à la peau très bronzée qui lui dit:
"Tu as de la chance, petit, je n´achève pas un ennemi à terre."
Et le guerrier s´élanca de nouveau au combat, pressé d´en découdre. Jewyn, pour sa part, roula au sol, puis rangea son épée avant de s´éloigner des combats. Il était blessé, et il n´avait aucun désir de mourir.
"Fuyez! Au Temple!" cria soudain une voix.
Ce fut alors la débandade totale parmi les croisés qui coururent en tous sens, et Jewyn se sentit pris par l´épaule par un solide guerrier dont il devina qu´il devait mesurer dans les deux mètres.
Arrivés au temple, les survivants haletèrent et fermerent les portes. Après avoir remercié le guerrier qui l´avait sauvé, Jewyn se dirigea vers l´interieur du Temple, dans l´espoir de trouver son ami Chedli, avec qui il pourrait parler.
Le Temple était très sombre, et Jewyn peinait a y voir. Il avanca à petits pas lorsque soudain, on lui plaqua une main devant la bouche et on l´amena dans une salle obscure.
"Qui êtes-vous? demanda le jeune homme, inquiet.
-Nous sommes ceux qui vontte libérer de cette guerre. Tu vas partir d´ici, car ailleurs nous avons besoin de toi. Tu ne trouveras ici que la mort et la misère, alors que là ou tu iras, la gloire t´attendras
-Attendez, mais qu´est-ce que vous me chantez là? demanda Jewyn.
-De toute façon, tu n´as pas le choix. La porte sera bientôt fermée, et tu ne pourras plus partir. Amenez-le!"
La voix dans le noir se tut, et on le transporta malgré ses protestations jusqu´à une autre salle éclairée par une unique lumière bleue, qui soudain se mit à grandir pour devenir un cercle de la taille d´un grand homme, au travers duquel on pouvait voir une immense plaine ou se dressait une imposante cité blanche, avec une tour d´une hauteur vertigineuse en son centre.
Jewyn, malgré toutes ces batailles qui l´avaient poussé à cesser de croire en Dieu et à ses miracles, fut ébahi par cette vision. Mais il n´eut pas le temps de s´émerveiller plus longtemps, car on le poussa à l´interieur de cette porte, et il tomba, tomba sans interruption pendant plusieurs minutes, jusqu´à ce qu´il rencontre le sol parsemé d´herbes hautes à une grande vitesse.
Jewyn, sonné, tenta de se lever, mais une lueur rouge explosa dans son crâne et il s´évanouit aussitôt.