Vous êtes bien cibler , alors au lieu de faire le malin , fermer vos p2p
Halte au piratage des oeuvres sur Internet: le gouvernement français a lancé une consultation entre toutes parties jeudi lors d´une grande table ronde au ministère de l´Economie.
D´ores et déjà, l´industrie du disque doit signer à la fin du mois une charte avec les fournisseurs d´accès, qui s´engagent à adresser des messages d´avertissement aux «pirates» et à déconnecter ceux que la justice a condamnés.
L´objectif est de dissuader les internautes de télécharger gratuitement et illégalement films, disques, logiciels ou jeux vidéos, grâce aux systèmes «peer-to-peer» ou P2P ( des serveurs sur lesquels les internautes peuvent échanger des fichiers), et de les orienter vers une offre légale et payante qui respecte les droits d´auteurs.
Car le piratage coûte cher aux industries touchées, notamment celle du disque, qui a vu chuter son chiffre d´affaires de 15% l´an dernier.
«On a décidé vraiment qu´il fallait trouver une solution tous ensemble pour faire en sorte que l´économie numérique se développe mais également que les droits d´auteurs, les droits des interprètes soient protégés», a expliqué le ministre de l´Economie Nicolas Sarkozy, qui organisait cette table ronde avec le ministre délégué à l´Industrie Patrick Devedjian, et le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres.
Outre des opérations de sensibilisation, le projet de charte d´engagements commun proposé sous l´impulsion du gouvernement prévoit que l´industrie du disque augmente l´offre légale en ligne de 300 000 à 600 000 titres d´ici la fin de l´année, soit 60 000 albums.
Dans le même temps, Nicolas Sarkozy a promis que la France continuera de solliciter Bruxelles et ses partenaires européens pour pouvoir réduire la TVA sur le disque.
Si, pour la première fois, fournisseurs d´accès à Internet, professionnels du disque, du cinéma, du logiciel, et du jeu vidéo, représentants des auteurs, compositeurs et interprètes et associations de consommateurs étaient assis jeudi autour d´une même table, de nombreux points d´opposition subsistent.
Ainsi, les mesures répressives irritent les associations de consommateurs. «Il n´est pas raisonnable de prendre 30 personnes au hasard qu´on va lyncher en place publique pour dissuader les autres», estimait jeudi Julien Dourgnon, de l´UFC-Que Choisir.
«On n´est pas en guerre contre les consommateurs», a assuré le PDG d´Universal Music France Pascal Nègre, président de la Société civile des producteurs phonographiques ( SCPP). Mais dès la rentrée, a-t-il prévenu, «nous allons demander en référé à un juge de prononcer la possibilité de déconnecter l´abonné» qui aura été repéré en action de piratage, dans le cadre de la loi sur l´économie numérique de juin dernier.
Les associations de consommateurs arguent aussi que l´offre payante, qui se développe, n´est pas à la hauteur. L´éventail des oeuvres reste étroit et les différents formats incompatibles. «Aujourd´hui, il est plus facile de télécharger gratuitement», a noté Julien Dourgnon.
Il y a des problèmes techniques qui se posent, a reconnu M. Donnedieu de Vabres, souhaitant voir se développer l´«interopérabilité» entre les différentes plateformes payantes.
La question du «filtrage», c´est-à-dire le blocage de l´accès aux systèmes de «peer-to-peer», est aussi source de divisions. Nicolas Sarkozy a jugé à cet égard «raisonnable» la demande des industriels du disque qui réclament que les abonnés à internet qui le souhaitent, notamment les parents, puissent bénéficier d´un tel système de blocage.
Les ministres se sont donc engagés à désigner des experts indépendants pour étudier les solutions techniques proposées par l´industrie du disque et les tester.
Mais pour les fournisseurs d´accès, le filtrage n´est pas possible. Marie-Christine Levet, présidente de Club-Internet, souligne qu´il n´existe «pas de solution qui soit efficace et qui ne soit pas contournable.»
En revanche, les avertissements, déjà envoyés par certains fournisseurs à leurs clients qui téléchargent illégalement des oeuvres, sont «bien pris. C´est un service qu´on leur rend», dit-elle.
Enfin fournisseurs d´accès et associations de consommateurs plaident pour que la lutte contre le piratage n´éradique pas les sites «peer-to-peer» qui permettent aussi aux internautes d´échanger des fichiers personnels dont ils détiennent les droits, soit leurs propres photos ou les oeuvres musicales ou cinématographiques de leur crû...