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Edito : faut-il respecter l'Histoire avec un grand H ?

News débat et opinion
Edito : faut-il respecter l'Histoire avec un grand H ?
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Il y a quelques jours, nos confrères du Monde proposaient, à l'occasion de la sortie d'Assassin's Creed Origins, un article revenant sur ce qui est historiquement avéré ou non au sein de la dernière grande production d'Ubisoft. Le sujet est d'ailleurs souvent débattu pour l'ensemble des jeux se déroulant dans un contexte historique connu : ces derniers doivent-ils nécessairement respecter l'histoire avec un grand H ? Est-il réellement tabou de vouloir prendre des libertés avec cette dernière ?

La question restait d'ailleurs encore marginale à l'heure ou les jeux de stratégie ou autres logiciels au style plus éducatif que ludique restaient les principaux garants de la présence de l'Histoire au cœur de notre média favori, avant de s'inviter plus régulièrement dans les débats pendant les années 2000, alors qu'encore davantage de titres destinés au grand public s'attaquaient aux reconstitutions historiques.

Edito : faut-il respecter l'Histoire avec un grand H ?
Pharaon, l'un des jeux historiques du catalogue de Sierra.

Les exemples de jeux d'une fidélité absolue au contexte qu'ils dépeignent ne sont pourtant pas rares. Nous pourrions ainsi citer Red Baron 2, qui en plus de détails de gameplay bien sentis et d'une modélisation impeccable des modèles aériens, était accompagné d'un manuel de près de 230 pages, dont une bonne partie apportant des détails historiques sur la période visée. Toujours du côté de l'éditeur Sierra, Pharaon prenait de son côté la forme d'un jeu de gestion avec une reproduction fidèle de l'architecture égyptienne de l'époque, mais aussi agrémenté de la présence d'un manuel également bien garni en anecdotes historiques. Ce qui était la force d'un éditeur cherchant à séduire autant les amateurs d'histoire que les joueurs ne peut évidemment plus s'appliquer à l'ensemble des acteurs du jeu vidéo, qui est avant tout une industrie de divertissement.

En tant que saga nous faisant voyager depuis maintenant 10 ans dans des époques et lieux différents à chaque épisode (ou presque), Assassin's Creed se pose désormais comme l'un des visages les plus emblématiques de ces titres mêlant histoire et ludisme. Souvent saluée pour ses travaux de reconstitution particulièrement soignés et fidèles, elle s'est pourtant régulièrement permis quelques libertés, notamment dans l'échelle des bâtiments ou même leur présence à une époque donnée : la basilique Sainte-Sophie de Constantinople n'avait ainsi (temporairement) que 3 minarets au lieu des 4 présents dans Assassin's Creed Revelations, tandis que la Cathédrale de La Havane ne fût construite qu'en 1748, soit plus de 30 ans après les événements de l'épisode 4 : Black Flag au cours duquel il est pourtant possible de l'escalader.

Edito : faut-il respecter l'Histoire avec un grand H ?Edito : faut-il respecter l'Histoire avec un grand H ?

Des choix tels que ceux-ci, il en existe des dizaines et des dizaines dans l'ensemble de la série. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'en créant un jeu vidéo, l'équipe de développement se doit à la fois de proposer une œuvre fidèle au contexte proposé, mais aussi, et surtout un titre plaisant à jouer et reprenant les codes appréciés par les amateurs de la saga. Sans édifice majeur à escalader ou en choisissant de ne pas dépeindre ceux-ci sous leur meilleur jour, il n'est pas certain que l'effet escompté eut été le même sur les joueurs. D'autant plus dans une série telle qu'Assassin's Creed, ou le plaisir de la grimpette et des jolis panoramas fait partie des éléments fondamentaux de la licence.

Edito : faut-il respecter l'Histoire avec un grand H ?
Battlefield 1 s'est permis de grosses libertés historiques.

Ce genre de situations peut aussi se présenter pour des questions de gameplay pur. Prenons notamment le cas de la 1re guerre mondiale : réputée comme une période difficile à adapter en jeu vidéo du fait d'un conflit moins épique que la Seconde Guerre mondiale, celle-ci a tout de même su se frayer un chemin dans les étals via quelques productions, y compris récentes. Ce fut notamment le cas de Soldats Inconnus : Mémoire de la Grande Guerre, qui malgré quelques maladresses dans sa conception, parvenait à dégager une émotion et un message totalement en phase avec son époque. À l'extrême opposé, Battlefield 1 a été logiquement salué comme un excellent FPS de la saga phare de Dice, mais s'offre une réinterprétation très libre du conflit qui a pu faire s'arracher les cheveux de plus d'un historien.

Edito : faut-il respecter l'Histoire avec un grand H ?
Soldats Inconnus dépeignait avec justesse l'horreur de la Grande Guerre.

Il est donc difficile de proposer à la fois un jeu extrêmement solide sur ses mécaniques de jeu et fidèle en tout point à la réalité historique : Un phénomène d'autant plus présent quand le contexte concerne l'histoire récente et que la documentation est plus fournie et précise que jamais. Pour revenir à Assassin's Creed, il est alors plus simple de profiter des zones d'ombre du moyen-âge ou l’Égypte antique que d'en faire de même sur les révolutions américaines ou françaises, ou la plupart des événements sont datés avec exactitude et offrent moins de place à l'imaginaire ou à la réinterprétation du déroulé de l'un d'entre eux. C'est finalement peut-être là que se situe le compromis idéal pour les adaptations vidéoludiques de périodes historiques : trouver le curseur entre amusement et fidélité en tirant profit des spécificités et détails encore obscurs de l'époque à laquelle il est rattaché. Savoir proposer un jeu avant tout, le tout sans écorcher le contexte dans lequel il se déroule... Ou en évitant au moins de nous gratifier de quelques énormités, comme placer le château de Chambord au nord de Paris et d'entourer cette dernière de montagnes. Non, nous ne t'avons pas oublié, The Saboteur.

Ha, Paris et ses... chaînes de montagne ?

Edito : faut-il respecter l'Histoire avec un grand H ?
Profil de Kaaraj,  Jeuxvideo.com

COMMENTAIRES

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veryoldgame
veryoldgame
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04 déc., 14:39

l histoire avec un grand H :hum: laquelle :question: celle qu on nous vend et qu on nous sert dans les manuelles scolaires ? :nonnon: celle qui est presentée au monde entier par de grandes organisations et que tout le monde accepte alors qu en cherchant la VÉRITÉ ou en creusant ce qui nous est raconté on s aperçoit de la supercherie ? :ouch2: ce n est pas l Histoire a un gand H, je dirais plutot l hisToire avec le grand T de tromperie. :o))

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Tsukimae
Tsukimae
MP
14 nov., 23:35

Bonjour ! J'adore le dernier titre d'Ubisoft. Et je me suis posé des questions sur la présence des arènes de gladiateurs et lors des quêtes.
Toutefois, cette production est avant tout un jeu vidéo et les développeurs n'ont pas cachés les libertés prises sur la reconstitution de l'Égypte. Nous pourrions aussi évoqué le scénario, qui a lui seul, démontre à tous que le joueur évolue dans un monde fictif.
L'Histoire sert le jeu, et non l'inverse ! Elle apporte possibilité, saveur, exotisme et envie au joueur, qui lui même prend plaisir dans le gameplay. Elle est l'emballage qui justifie le désir d'ouvrir le cadeau, qui n'en est que plus savoureux !
Alors merci Ubisoft, merci Sierra, merci EA, Activision et tous les autres d'essayer de nous faire rêver, peur, pleurer, rire, etc... avec tous ces jeux ! :):):)

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Vinmole
Vinmole
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08 nov., 10:45

Les jeux vidéos, en tant qu’œuvres, sont tout à fait libres de faire ce qu'ils veulent (et donc de ne pas respecter l'histoire). Ceci étant, dans un jeu qui se voudrait réaliste ou qui prétendrait reconstituer une période historique, il y a des erreurs à ne pas commettre. Que le jeu prenne des libertés scénaristiques, ça ne me pose pas problème (tant que le scénario n'est pas écrit avec les pieds...mais ça c'est un autre débat) surtout si cela sert le jeu. En revanche, je suis toujours très contrarié quand un jeu prends des libertés inutiles, c'est à dire qu'il change l'Histoire là où il n'a pas raisons de le faire.

Quelques exemples :
  • Pourquoi des montagnes autour de Paris dans The Saboteur ? Cela ne coûtait rien de respecter la géographie locale...
  • Pourquoi montrer un soldat avec un uniforme qui ne correspond à rien ? (Typiquement dans les jeux mettant en scène un conflit historique comme la seconde guerre mondiale). Cela ne coûtait pas plus cher d'être exact dans la représentation...
  • Pourquoi ne pas retranscrire les caractéristique des équipements réels dans un jeu ? (Par exemple, dans le premier Call of Duty, il n'était pas possible de recharger le Garand M1 avant d'avoir entièrement vidé le chargeur ce qui est historiquement inexact). Là encore, ça ne coûtait rien de le permettre...
  • Pourquoi nier la réalité quand elle ne dessert pas le jeu ? Battlefield 1, par exemple, occulte complètement la praticipation de l'armée française à la Première Guerre Mondiale c'est le pompon ! Pourtant une campagne française aurait permis de mettre en scène de sacrés moments de bravoure (ou de boucherie, mais ce n'est pas l'esprit du jeu) ! Je pense à la première attaque aux nuées dérivantes du 22 avril 1915, la bataille de Verdun, le débarquement des Dardannelles, le Chemin des Dames...). Pourquoi se limiter à la participation américaine ? (Pour mémoire, les américains n'arrivent en France qu'à partir d'octobre 1917... à en croire le jeu, il ne s'est pas passé grand chose entre 1914 et cette fin d'année 1917...Nooonn pensez-vous ! Juste quelques millions de morts).
Notez qu'on retrouve la même chose en littérature ou dans les films.
Un petit exemple pour la route ?
  • Pourquoi dans Gladiator la garde prétorienne porte elle des capes bleues alors qu'elles étaient rouges ? Encore une fois ça n'aurait rien coûté qu'elles soient rouges et en plus on respectait l'histoire ! Pourquoi se priver ?! Cela m'échappe complètement.

A ceux qui diront "Mais on s'en fout, ce ne sont que des détails" je dirai simplement que si on s'en fout, autant respecter l'histoire. Ceux qui s'en foutent continueront de s'en foutre et les autres seront satisfaits.

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megafun89
megafun89
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08 nov., 09:15

the saboteur avait des énormités d'incohérence certes, notamment sur les dialogues, mais c'est aussi le seul jeu de l'époque et de maintenant à nous permettre d'escalader TOUS les monuments actuels de Paris. Et malheureusement les développeurs de l'époque n'ont pas du tout eu le même soutien que AC pour faire leur jeu....

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Letokard
Letokard
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07 nov., 19:14

Pour moi pour un fps on doit respecter l histoire ..
Et adapter le gameplay ( quand je vois des allemands en tenue américaine sur cod ww2 ça me déprime)
Je rêve d un fps guerre de sécession ou époque napoléonienne.. respectant l histoire

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gima56
gima56
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07 nov., 18:21

Dans ce cas, on peut faire les mêmes reproches à la littérature (et ce depuis les Trois Mousquetaires au moins) et au cinéma (ouh là... y a trop de cas).
Si après, le joueur/lecteur/spectateur prend tout au pied de la lettre... Ben il doit penser que sa voiture va exploser au moindre petit choc mais pouvoir se prendre un chargeur de mitraillette sans avoir de rayures. Enfin à part si c'est un héros qui lui tire dessus.

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homer43
homer43
MP
07 nov., 13:52

C'est assez intéressant comme sujet. Je pense que les jeux vidéo un peu à la manière des Assassin's Creed font bien de se baser sur des périodes historiques précisent mais osent prendre certaines libertés pour des besoins scénaristiques, voire même comme le reboot de Wolfenstein de partir dans une dystopie.

Personnellement étant dans l'enseignement je me sers pas mal de la licence Assassin's Creed pour attiser la curiosité des élèves, et les motiver à aller se renseigner après à la bibliothèque pour confirmer ou infirmer certains évènements historiques ou personnages.
C'est un moyen éducatif intéressant qui pourrait gagner à se démocratiser !

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kyoshiro3000
kyoshiro3000
MP
07 nov., 10:26

L'Histoire telle que nous la connaissons n'est qu'une interpretration faite par nous-meme de bouts de papier. De l'autre cote du monde l'Histoire n'est pas percue de la meme facon (ex: la Seconde Guerre mondiale vecue par les Europeens, les Americains et les Asiatiques. Personne n'a la meme version). Donc "respecter l'Histoire" n'est pas vraiment le probleme. Le probleme serait plutot "quelle est la "Vraie" Histoire?", si telle est qu'elle existe.
Donc les jeux videos ont raison de faire un peu n'importe-quoi avec l'Histoire.

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ChiliPalmer
ChiliPalmer
MP
06 nov., 23:32

Intéressant. Alors non, les jeux n'ont pas à respecter l'Histoire. C'est du divertissement, on peut se permettre toutes les fantaisies. Par contre, un "disclaimer" explicite doit être présent quelque part parce que le public actuel est tellement stupide qu'il prend tout pour argent comptant.

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Styxou42
Styxou42
MP
06 nov., 20:29

Le DLC de l'armée française pour BF1 m'a tuer.

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Top commentaires
colombophile92
colombophile92
MP
06 nov., 10:41

le souci c est que la réécriture de l histoire dans les jeux vidéo relève parfois de l idéologie plus qu autre chose

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ajaxwc123456
ajaxwc123456
MP
06 nov., 10:59

"Il y a quelques jours, nos confrères du Monde..."

:rire:
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