Je me rappelle encore ce jour d'automne 2005 où ma mère m'emmena dans un Dock Games pour choisir le cadeau d'anniversaire de mes 8 ans. À l'époque, on se passait des Gameboy et des jeux Pokémon à la cour de récré mais la PS2 qui arriva dans la maison ce soir-là fut ma première vraie console.
Et Prince of Persia: Les Sables du Temps fut mon premier vrai jeu.
Imaginez être introduit à l'art du jeu vidéo par le biais des Sables du Temps. Pas trop mal comme départ n'est-ce pas ? Il ne fallut pas beaucoup de temps pour que je le termine, puis que je le recommence, encore et encore.
Je finis par me séparer de ma PS2 il y a une douzaine d'années pour passer à la Xbox 360, mais PoP retrouva bien vite sa place dans ma ludothèque. Je rédige donc cet avis pour la version Xbox, puisque c'est celle que j'ai maintenant.
Sans préambule, on incarne le Prince, ce jeune soldat un peu naïf et arrogant qui devient au fil de l'aventure bien plus altruiste. Il dévoile naturellement sa personnalité dans sa relation avec Farah ou ses amusants monologues, mais aussi dans la métaphore de ses vêtements, qu'il retire graduellement à des moments clé de l'histoire.
Les décors, très variés, sont absolument tous magnifiques et enchanteurs. L'architecture du palais d'Azad est à tomber (souvent au sens propre d'ailleurs) et nous offre une leçon de level design à chaque niveau. De plus, la fonction "vue panoramique" permet d'offrir un angle de caméra spécifique à un nombre incalculable de zones de jeu, offrant ainsi des mises en scène toutes plus belles les unes que les autres. Comment ne pas mentionner, d'autre part, l'animation 3D du Prince ? C'est bien sûr l'une des qualités les plus connues et reconnues de cette oeuvre. Chaque mouvement est fluide et souple, c'est simple ; comme le disait Dinowan dans son test, "Le moindre détail est là". Même les éléments du décor bénéficient d'effets remarquables sur votre passage, que ce soit une draperie qui s'envole ou une barre de fer qui se tord.
Le doublage VF est PARFAIT. C'en est même assez bluffant. Comme beaucoup de jeux, il est toutefois à noter des changements de volume assez extrêmes entre dialogues in-game et cinématiques.
Les musiques de Stuart Chatwood, tantôt orientales, tantôt rock, tantôt les deux en même temps, sont très originales et collent parfaitement à l'univers. J'ai l'impression qu'elles montent en puissance au fur et à mesure du jeu pour atteindre, dans les combats finaux, un seuil épique et émouvant grâce à la superbe voix de la chanteuse Maryem Tollar.
Je passe rapidement sur les défauts : quelques bugs seront de la partie, tel un levier qui ne s'active pas ou un monstre immobile, mais ils restent globalement plutôt rares.
Le combat de boss final est quant à lui à déplorer.
Enfin, le gros point négatif de cette version Xbox qui lui fait perdre un point (car je lui offre un 18 amplement mérité sinon): les ralentissements en combat. Dès qu'il y a plus de trois ennemis vivants dans la zone, même pas de chute de framerate mais le jeu passe carrément en slow-motion, ce qui se révèle extrêmement pénible dans des combats parfois assez longs.
À mon sens, c'est un jeu créé pour être fait "vite" ; je m'explique. Les phases de plateforme dominent et, comme vantée plus haut, la fluidité du gameplay est telle qu'il est souvent plus jouissif de rusher les poutres, les corniches et les pièges que d'admirer le paysage. Le jeu s'enchaîne tout seul ! Ajoutez à ça le fait qu'aucun temps de chargement n'est présent entre les niveaux et vous ne pourrez jamais lâcher votre manette ; surtout que la durée de vie finit par avoisiner 5h lorsqu'on a poncé le jeu plusieurs fois.
Néanmoins, le jeu sait aussi prendre son temps et faire preuve de poésie comme en témoignent les scènes de la tombe, de l'escalier et de la pièce aux portes qui font un bruit d'eau. Et bien sûr, quelques niveaux sont plus longs et laborieux que d'autres (je pense à l'activation de systèmes de défense du palais, aux bains, à la bibliothèque et au planétarium).
Ce n'est un secret pour personne, Les Sables du Temps était à l'époque une révolution aussi bien en termes graphiques que de gameplay - et il est toujours à la hauteur de sa réputation presque 20 ans après. Mais ce n'est pas seulement un excellent jeu, c'est aussi un conte fascinant offrant une expérience inoubliable et artistique.