Mythique, incroyable, légendaire, fabuleux ! Autant de qualificatifs qui peuvent s'appliquer à Flashback... Ce jeu marque clairement une étape essentielle dans l'histoire des JV, et est notamment remarquable par le fait qu'il délaisse les codes de l'ère 2D mignonne et colorée au profit d'un jeu plus mature. C'est en quelque sorte le chant du cygne de la génération des consoles 16 Bits, et quel chant du cygne ! Ce jeu est extrêmement bien pensé (le mélange action/exploration/énigmes fonctionne incroyablement bien), et l'ambiance qu'il arrive à installer est monstrueuse. C'est dû en partie à l'aspect graphique in-game (les décors ont un cachet remarquable), à l'histoire -classique mais efficace-, au léger côté "aventure" (comme le fait de pouvoir parler à certains PNJ, ou la présence de "missions"), aux objets qu'on est amené à manipuler (un flingue du futur, bien sûr, mais aussi un téléporteur de poche, un holocube, un champ de force, une ceinture anti-gravité, etc.), aux oeuvres dont ce jeu s'inspire (le film "Total Recall" est la première qui vient à l'esprit, mais on peut en identifier d'autres -"Blade Runner", par exemple-), mais surtout, surtout, à ses splendides (pour l'époque) cinématiques tout en 3D (un procédé de narration vidéoludique que ce pionnier a très largement contribué à démocratiser). Fondamentalement, Flashback est donc un excellent jeu, une oeuvre très marquante. Ce qui à mon sens en fait un chef d'oeuvre incontournable, c'est son aspect technique. Qu'un jeu pareil puisse tourner sur une console 16 Bits comme la SNES ou la Megadrive, est déjà difficilement croyable. Que les animations de ce jeu enterrent 95% des jeux des deux générations de consoles suivantes, est en revanche tout simplement hallucinant. On a VRAIMENT l'impression d'être Conrad, parce que Conrad bouge littéralement comme s'il était humain ; c'est aussi simple que ça. Les mouvements du personnage, en plus d'être d'une richesse exemplaire pour un jeu d'action/plateforme/aventure (à la louche, plus d'une dizaine sont disponibles), sont d'une fluidité et d'un réalisme proprement surnaturels.
Alors pourquoi "seulement" 17, au final ? Eh bien, j'essaye juste d'être un peu objectif. En dépit de ses très nombreuses et exceptionnelles qualités, le jeu a aussi quelques défauts que je ne peux pas me résoudre à laisser de côté. La maniabilité, d'abord, bien que très riche et précise (dans son genre), est aussi complexe et très rigide, et finalement peu adaptée à l'action rapide, puisque certaines animations du personnage ne peuvent se déclencher que lorsque la précédente est terminée. Comme l'action est quand même une composante non négligeable du jeu, cela demande donc à de nombreuses reprises d'essayer d'anticiper en permanence les mouvements des ennemis, ce qui se révèle parfois impossible, tout simplement. L'autre défaut que je retiendrais concerne la qualité inégale du level-design. Autant les "énigmes" sont toujours bien calibrées, autant l'intérêt proposé par chacun des niveaux n'est pas toujours le même, notamment parce que le rythme retombe parfois un peu trop. J'ai trouvé le niveau se déroulant à New Washington varié et absolument grandiose, mais d'autres niveaux (comme les deux derniers, par exemple) tombent un peu trop dans la facilité, le manque d'inspiration et le classissisme (et donc, fatalement, la répétitivité). Cette progression en dents de scie est un peu dommage, et peut par moments sortir légèrement le joueur du jeu. Sans ça (c'est-à-dire si tous les niveaux avaient autant réussi à m'impliquer que ne l'a fait New Washington), je pense que je lui aurais mis 19 (rien que ça). Mais tout ça, ça reste bien évidemment du chipotage : ce jeu est un pur chef d'oeuvre, et qui plus est parfaitement intemporel. Amen.