Comme souvent avec les adaptations, on redoute le recyclage fainéant, le copier-coller sans âme. Et pourtant, le jeu surprend. Malgré des graphismes en demi-teinte (mention spéciale au pauvre Marlon Brando façon pâte à modeler, presque aussi flippant que Hagrid dans Flipendo World), le jeu impose dès les premières minutes une vraie ambiance, celle d’un monde corrompu, violent, régi par des hommes sans foi ni loi, où l’on grimpe les échelons à coups de poings et d’extorsions. On incarne un personnage qu’on peut façonner à sa guise, et c’est une vraie réussite. L’immersion dans ce GTA-like version gangsters fonctionne grâce à une direction artistique très marquée années 60 et surtout grâce à sa bande-son, qui est sans doute la meilleure surprise du jeu, elle donne une vraie identité au jeu (à l'instar des films). Tout n’est pas parfait, le système de combat est un peu raide, plutôt mauvais et oublie trop souvent d’être fun. Mais on enchaîne les missions les plus sombres sans déplaisir. Le Parrain version jeu vidéo n’est pas un chef-d'œuvre, mais c’est surtout loin d’être une honte.