Quand j'entends parler de Tunic, certains mots reviennent souvent : mignon, Zelda, Dark Souls, bon petit jeu indé. Alors oui, c'est vrai. Mais seulement pour la première partie du jeu. Ce qu'il faut bien comprendre avec ce titre, c'est qu'il prend une toute autre dimension une fois la première fin atteinte. Et pour qui voudra bien prendre le temps et se creuser la tête et expérimenter, la récompense et la satisfaction de comprendre ce qu'est véritablement Tunic et ce qu'il vous demande de faire pour découvrir la bonne fin sera extraordinaire. Alors je n'ai vraiment pas envie de vous spoiler ce que j'entends par cela. Mais disons que Tunic est un jeu à tiroirs, une sorte d'empilement de découvertes qui m'ont personnellement procuré un immense plaisir.
Oui, au début c'est effectivement un Zelda-like très bien foutu, avec un gameplay léché, des environnements à découvrir dans une ambiance superbe, très mystique, appuyée par des graphismes et une bande-son magnifiques. Le sentiment de progression est assez jouissif, les ennemis qui vous faisaient suer au début du jeu se feront pulvériser quand vos stats, vos objets et tout simplement votre skill auront progressé. Le côté Metroidvania est bien présent et recontextualise en permanence les zones visitées. Ces dernières sont remplies de secrets planqués de manière très maligne grâce à la vue en 3D isométrique. C'est souvent assez drôle de remarquer un raccourci très utile qui a toujours été là sous votre nez, mais que vous n'avez jamais emprunté tout simplement parce que vous de l'aviez pas vu !
L'immense originalité de Tunic tient certainement dans son manuel de jeu tout droit sorti des années 80-90 : tout au long de l'aventure, vous récupérerez progressivement ses pages qui vous donneront plein d'indices de tous types par rapport au jeu. Scénario, astuces de gameplay, comment augmenter ses stats, cartes des différentes zones de jeu... Mais ce manuel est écrit dans une langue inconnue, seuls certains mots sont lisibles, et vous devrez réussir à comprendre de quoi il en retourne en vous débrouillant avec ce qu'on veut bien vous dire. D'où plein de petits "eureka !" tout au long de votre quête au fur et à mesure que vous le déchiffrez. Sachez également que le joueur est totalement livré à lui-même : vous vous réveillez sur une plage, et c'est parti. Aucun dialogue, à vous de vous débrouiller. Le manuel prend alors l'allure d'un véritable guide indispensable pour savoir quels sont vos objectifs.
Avec tout ça, on a droit à un jeu très sympa, très agréable à jouer pour quiconque aime les jeux d'aventure, à mi-chemin entre Zelda, Dark Souls et Metroid, le tout magnifié par le concept de son superbe manuel de jeu. Vous aurez battu le boss de fin au bout de quelques bonnes heures de jeu. Mais c'est à ce moment que pour moi, Tunic passe d'un très bon petit jeu à un titre unique dont je me souviendrai toujours. Et c'est vraiment très compliqué pour moi d'en parler sans spoiler. Mais à partir de là, en cherchant à découvrir la vraie fin du jeu, l'entièreté du monde que vous avez parcouru pendant des heures et que vous croyiez connaître comme votre poche est complètement recontextualisé. Et certains endroits que vous avez croisés depuis le début de votre aventure et qui semblaient ne servir à rien et vous laissaient perplexe prennent enfin sens. Les découvertes se succèdent, avec l'impression d'être en train de déchiffrer un à un tous les secrets du jeu. C'est malin, c'est jouissif, c'est viscéral, c'est génial. Et cette avalanche de résolutions de mystère vous mènera à l'ultime énigme du jeu. Un final en apothéose. Et quand celle-ci est enfin résolue... Comment dire... J'avais complètement oublié que je jouais à un "Petit jeu mignon qui ressemble à un Zelda". J'avais le sentiment d'avoir bouclé un jeu fantastique, unique, ambitieux et tellement bien pensé. Un véritable chef-d'œuvre intemporel qui a marqué ma vie ludique au fer rouge.
Pour conclure, si vous avez trouvé la vraie fin du jeu, je vous conseille chaudement cette vidéo de TheGreatReview qui décrit magnifiquement bien tout ce dont je n'ai pas voulu vous parler : https://www.youtube.com/watch?v=j3VzaBcoDAI