L’histoire s’inspire des contes de fées et réussit très bien sa tentative. La patte graphique s’approche des beaux livres pour enfants, c’est gentil mais pas nunuche. Mais si le scénario se veut poétique, il est parfois extrêmement maladroit. Je vais prendre un exemple en semi-spoil : le passage de l’ogre. A un moment, on arrive dans un village pratiquement abandonné où une petite fille dit que les habitants, dont ses parents, ont été enlevés par un ogre. On part donc en mission de secours, on finit par croiser l’ogre qui se réjouit de les avoir tous mangés. On le bat et on voit qu’on peut entrer dans sa caverne, se disant qu’il a probablement menti et qu’on va libérer les prisonniers. Il se trouve que non, pas de traces des captifs, l’ogre a dit vrai. Là, on se dit que, le jeu étant basé sur les contes de fées pas toujours joyeux, il va y avoir une réflexion sur le deuil. On revient au village, la fillette demande où est sa maman… et là, Aurora ne lui répond pas et lui joue de la flûte devant le nez. Subtil. J’espère que quand les militaires doivent annoncer à une famille que leur enfant est mort au front, ils ne donnent pas du clairon dès que la porte s’ouvre.
La bande-son est très bonne. La chanteuse Coeur de Pirate est impliquée dans une partie de l’OST et chante le générique de fin. Je ne suis pas un grand amateur de sa musique habituellement, mais ça correspond bien à l’ambiance voulue (puis elle a l’air très gentille sur Twitter, ça aide). Malheureusement, les thèmes sont vite entêtants et, n’étant pas vocaux, poussent vite à ajouter des paroles dessus. Le thème principal est devenu « La 4L à Jacky », celui des boss « Ah, c’est Bali Balo » – sans oublier « Lucette au soleil ».
Les dialogues sont écrits en vers, ce qui est une très bonne idée mais devient forcément vite caricatural. L’écriture des personnages est bonne, et on s’attache vite à la princesse Aurora, Finn le lutin peureux et Robert la souris justicière.
Il est assez difficile de décrire le système de combat. Il se fait selon un principe de « priorités », où l’objectif va être de placer le plus d’accélérateurs pour notre équipe et de ralentissements pour l’adversaire (un peu à la Final Fantasy). C’est original et cela fonctionne bien, mais on en voit parfois les limites avec des duels ressemblant plus à des parties de Uno vers la fin du jeu. L’aspect RPG est très simplifié.
Le jeu est assez facile, mais me semble avoir des mécaniques trop complexes pour mettre un jeune enfant seul devant, ainsi que des passages scénaristiques plutôt rudes (le clan des assassins, une trahison, la mort d’un personnage important,…). Par contre, je pense qu’il remplit parfaitement la fonction d’être un jeu à jouer à deux, entre un jeune enfant et son parent qui l’aide. De mon côté, j’ai de bons souvenirs de point and click type « L’Oncle Ernest » avec mon père.