Non, ce n’est pas un nouveau smartphone signé Apple, mais bien le dernier-né de la marque Honor : si le Honor 600 Pro affiche des similitudes esthétiques avec un iPhone, il a pourtant bel et bien sa propre personnalité, des qualités, mais aussi certains défauts.
- Un bon équilibre performances/chauffe
- Polyvalent en photo
- Nombreux outils IA
Sommaire
- Honor 600 Pro : la fiche technique
- Prise en main : comme un air d’iPhone 17 Pro
- Un écran AMOLED de qualité, mais un doute sur la luminosité
- Une puissance honorable, mais on pouvait espérer mieux
- Une interface sous Android 16 qui mise sur l’IA…
- Mais qui mérite un carton rouge pour ses bloatwares
- Une connectique digne d'un smartphone d'il y a dix ans
- Un smartphone qui s’en sort bien en photo
- Une autonomie solide et une recharge rapide
Après un Honor 500 Pro qui a boudé le marché européen, le constructeur chinois revient sur le devant de la scène avec son Honor 600 Pro. Au programme, on trouve un smartphone milieu-haut de gamme riche en promesses, qui mise sur des performances importantes et sur une partie photo ambitieuse, notamment portée par un capteur principal de 200 mégapixels.
Cependant, il faut bien admettre que, sur le papier, le Honor 600 Pro se rapproche beaucoup de terminaux concurrents, comme le Xiaomi 15T Pro, le OnePlus 15 et même le Samsung Galaxy S26. Reste donc à déterminer si, à l’usage, il parvient à tirer son épingle du jeu. Je l’ai utilisé durant trois semaines pour me faire mon idée.
Honor 600 Pro : la fiche technique
| HONOR 600 Pro | |
| Taille d'écran | 6,57 pouces |
| Type d'écran | LTPS AMOLED |
| Définition d'écran | 2728x1264 pixels à 458 ppp |
| Taux de rafraîchissement | Jusqu’à 120 Hz |
| Luminosité maximale | 8000 nits (théorique) |
| SoC | Qualcomm Snapdragon 8 Elite |
| Mémoire vive | 12 Go |
| Stockage | 512 Go |
| Batterie | 6400 mAh |
| Charge rapide | 80W en filaire (50W sans fil) |
| Connectivité | 5G / WiFi 7 / BT 6.0 |
| Capteurs photo principaux | 200 Mpx + 50 Mpx + 12 Mpx |
| Capteur photo secondaire | 50 Mpx (frontal) |
| Étanchéité | IP68 + IP69 + IP69K |
| Dimensions | 156,0 x 74,7 x 7,8 mm |
| Poids | 185 grammes |
| Prix de lancement | 999,90€ |
Prise en main : comme un air d’iPhone 17 Pro
Je suis loin d’être une adepte des produits Apple, mais quand j’ai pris le Honor 600 Pro en main pour la première fois, je me suis demandée si je n’allais pas tester l’iPhone 17 Pro plutôt qu’un nouveau smartphone sous Android.


En effet, entre les tranches plates et rectilignes du terminal et son bloc photo arrière qui ressemble vraiment beaucoup à celui du smartphone d’Apple, la confusion peut se faire. Il est d’ailleurs amusant de souligner que le Honor 500 Pro, qui n’est pas sorti en France, ressemble, quant à lui, beaucoup à un Google Pixel.

Bref, on l’aura compris, esthétiquement, le Honor 600 Pro ne fait pas vraiment dans l’originalité. Malgré tout, il ne copie pas le design du smartphone le plus laid du marché et il s’avère donc plutôt joli avec ses bordures métalliques en aluminium poli au fini mat, sa conception unibody et son épaisseur de seulement 7,8 mm. Côté poids, le terminal affiche 185 grammes sur la balance, ce qui est très correct là aussi.




Tous les boutons du smartphone sont présents sur le même côté, ce qui inclut le bouton d’allumage, celui du volume, ainsi qu’un autre qui est présenté comme un « bouton IA » qu’il est possible de paramétrer à l’envi.
Le design du Honor 600 Pro joue donc la carte de la finesse et de l’efficacité, et ne cache pas s’être inspiré de la concurrence pour trouver sa voie. On notera tout de même que le constructeur mise, une fois encore, sur la résistance de ses appareils : ce nouveau terminal cumule les certifications IP68, IP69 et IP69K. Les deux premières, on les connaît : elles garantissent une immersion prolongée sous l'eau et une protection totale contre les poussières fines. Mais la troisième est moins fréquente : elle certifie une résistance absolue aux projections d’eau à haute pression et à haute température, jusqu’à 80°C. Prends-toi ça dans les dents, iPhone 17 Pro !
Un écran AMOLED de qualité, mais un doute sur la luminosité
La dalle AMOLED qui équipe ce smartphone est un modèle de 6,57 pouces dont le taux de rafraîchissement monte jusqu’à 120 Hz. Pas de LTPO au programme cependant : l’écran peut être réglé pour passer automatiquement d’une fréquence de 60 Hz à 90 Hz et 120 Hz, ou bien être bloqué à l’un des niveaux.



Qui dit AMOLED dit contrastes infinis et belles couleurs : c’est exactement ce que propose la dalle du Honor 600 Pro, qui affiche une définition de 1,5K et des bordures symétriques de seulement 0,98 mm : de quoi favoriser grandement l’immersion à l’usage.

En l’absence de sonde de mesure, je n’ai pas pu tester les performances de luminosité du Honor 600 Pro. Mais j’ai quand même un doute quant au fait qu’il puisse atteindre les 8000 nits mis en avant par le constructeur : mis à côté d’autres terminaux récents comme le OnePlus 15R ou le Google Pixel 10, il ne marque pas une très grosse différence. Cependant, la luminosité du smartphone d’Honor reste tout à fait satisfaisante pour tous les usages et toutes les conditions de luminosité.



Enfin, on peut saluer le fait qu’Honor propose toujours de nombreux paramètres « confort des yeux » qui sont très appréciables. Outre les fonctions à activer si on le désire, on note que l’écran utilise une modulation de largeur d'impulsion (PWM) de 3840 Hz, destinée à éliminer le scintillement nocif pour la rétine lorsqu’on utilise le smartphone dans des conditions de faible éclairage. Une attention qu’on aimerait voir plus souvent.
Une puissance honorable, mais on pouvait espérer mieux
Le Honor 600 Pro est équipé d’un processeur Qualcomm Snapdragon 8 Elite, associé à 12 Go de mémoire vive et à un espace de stockage de 512 Go. Le SoC s'appuie sur l'architecture CPU Oryon de Qualcomm, dont les cœurs les plus performants grimpent à des fréquences de 4,32 GHz. Les benchmarks confirment que les performances du terminal d’Honor sont solides, mais on peut tout de même noter qu’en comparaison du OnePlus 15, qui est équipé de la même puce, il reste légèrement en retrait.






La raison à cela est très probablement qu’Honor a choisi de brider légèrement les performances du Honor 600 Pro afin de privilégier la stabilité thermique de l’appareil. Cela ne l’empêche pas de monter en température durant les benchmarks mais, en cours de jeu ou de visionnage, le smartphone reste raisonnablement frais.

Cela lui permet d’offrir une expérience fluide et stable pour tous les usages. J’ai joué des heures à Fortnite, Call of Duty: Mobile et d’autres titres sans jamais subir de baisse de framerate. L’aspect multitâche est également très bien géré par le terminal. On oublie donc très vite le petit déficit de performance présent dans les benchmarks par rapport à la concurrence.
Une interface sous Android 16 qui mise sur l’IA…
Le Honor 600 Pro fonctionne sous Android 16 avec l’interface MagicOS 10. Sans surprise, Honor mise désormais à fond sur l’intelligence artificielle, en proposant un accès intuitif à Gemini, ainsi qu’à de nombreux outils de productivité pilotés par IA. Outre les désormais classiques services de traduction et de rédaction par IA, on trouve aussi des outils de retouche de photos, dont je parle un peu plus bas. Un outil de détection des deepfakes lors des appels vidéo est également proposé et, par les temps qui courent, ce n’est pas du luxe.












Pour le reste, MagicOS 10 se présente comme une version d’Android somme toute assez classique, qui n’hésite pas à aller s’inspirer d’iOS de temps en temps. Pour autant, tout n’est pas rose quand on navigue sur le Honor 600 Pro.
Mais qui mérite un carton rouge pour ses bloatwares
D’habitude, c’est un point que j’aborde directement dans la partie dédiée à l’interface du smartphone. Mais avec le Honor 600 Pro, je trouve vraiment qu’Honor va beaucoup trop loin. J’avais pourtant l’impression d’avoir refusé toutes les suggestions d’applications à installer lors du premier lancement du smartphone et, pourtant, l’écran d’accueil est totalement parasité par plusieurs dizaines d’apps indésirées. La déferlante de jeux totalement nuls et d’applications de services comme Temu et autres Trip.com est totalement insupportable sur un smartphone dont le prix de lancement est de près de 1000 euros.






C’est clairement le genre de découverte dont on se passerait bien : en plus d’imposer une saturation de publicités et de faire perdre du temps à tout désinstaller, ce genre de démarche est très infantilisant et donne l’impression que le constructeur veut montrer au consommateur ce qui est « bien » pour lui. Il serait temps de le laisser décider seul.
Une connectique digne d'un smartphone d'il y a dix ans
Puisque l'on en est aux choix incompréhensibles qui fâchent sur un appareil frôlant la barre des quatre chiffres , parlons de la connectique. Honor a fait l'impasse sur un port moderne en bridant son port USB-C à la norme... USB 2.0. C'est une véritable hérésie pour un smartphone équipé d'une puce Snapdragon 8 Elite et d'un capteur de 200 mégapixels qui est donc en mesure de générer des fichiers très lourds. Concrètement, vider les photos et vidéos vers un ordinateur par câble est une démarche d'une lenteur désespérante. Pire encore, ce bridage technique prive de toute sortie vidéo externe (impossible de projeter votre écran en filaire) et enterre l'espoir d'utiliser un quelconque mode bureau. Une économie de bout de chandelle tout simplement inadmissible à ce tarif.
Un smartphone qui s’en sort bien en photo
Le bloc photo du Honor 600 Pro se compose de trois capteurs :
- Un capteur principal de 200 mégapixels de format moyen (1/1.4"), associé à une optique ouvrant à f/1.9 et stabilisée mécaniquement (OIS)
- Un téléobjectif périscopique de 50 mégapixels (f/2.8), doté d’un zoom optique de 3,5x avec stabilisation optique, et une capacité de zoom numérique de 120x, associé à l'algorithme de mise à l'échelle AI Super Zoom 2.0
- Un ultra grand-angle de 12 mégapixels (f/2.2) qui permet de capturer des clichés avec un angle de 112 degrés.
Sans mauvais jeu de mots, le Honor 600 Pro donne des résultats honorables avec ses différents capteurs. De jour, le capteur principal est vraiment très bon avec une très bonne restitution des couleurs et un piqué en totale cohérence.






C’est un peu moins bon de nuit avec un piqué moins bon et une perte de détails qui est essentiellement due au traitement IA de l’image. Les clichés restent tout de même exploitables.
De son côté, le téléobjectif est assez bluffant dans son genre. Certes, il ne faut pas s’attendre à ce que les zooms x120 soient exploitables : ce n’est clairement pas le cas. Mais jusqu’à x30 et même un peu au-delà dans certains contextes, on obtient des clichés précis et tout à fait instagramables.






Finalement, de ce côté, c’est l’ultra grand-angle qui est le plus en retrait. Et, malgré tout, il offre des photos très correctes, si on fait abstraction des quelques déformations sur les bords et d’un rendu un peu terne lorsque la luminosité baisse.






En guise de capteur frontal, on trouve un objectif de 50 mégapixels (f/2.0) qui donne des résultats corrects sans être époustouflants pour autant. Il est assez fréquent d’avoir des résultats flous et l’effet bokeh n’est pas automatique. On trouve, en revanche, de nombreux filtres plus ou moins pertinents.



Enfin, un mot sur la proposition d’Honor en matière de retouches de portrait par IA : si les outils de retouches classiques, comme la suppression de détails de l’image ou encore la correction automatique de la luminosité, ont tendance à bien fonctionner, la transformation des portraits « Style IA » est, à mon sens, une vraie catastrophe.






Certes, je ne suis pas une gravure de mode, mais quand même, les propositions de l’Agent photo IA comptent parmi les pires que j’ai pu croiser ces derniers temps. Je suis notamment restée très perplexe face à la volonté persistante de l’outil de me donner des traits asiatiques, et cela peu importe la photo utilisée.
Bref, si vous aimez avoir accès à ce genre d’outil directement depuis votre smartphone, ce n’est probablement pas celui du Honor 600 Pro qui vous apportera satisfaction.
Une autonomie solide et une recharge rapide
La batterie du Honor 600 Pro est l’un de ses atouts les plus sûrs, et pour cause : il s’agit d’un modèle à haute densité énergétique, qui se base sur la technologie silicium-carbone. Cela permet au terminal d’être doté d’une capacité de 6400 mAh sans que son épaisseur ne s’en ressente. Le smartphone a tenu 32 heures dans un usage polyvalent et même presque 48 heures dans le cadre d’une utilisation plus classique. Forcément, si vous jouez beaucoup, il faut vous attendre à une autonomie plus limitée, mais le Honor 600 Pro tient vraiment bien le coup.
Pour ce qui est de la charge rapide, elle monte jusqu’à 80 W, ce qui permet de recharger totalement le smartphone en moins d’une heure, à condition de disposer d’un chargeur compatible. La charge sans fil, quant à elle, monte jusqu’à 50 W.
Conclusion
Points forts
- Design fin et léger
- Outils IA de productivité efficaces
- De bonnes performances sans trop de chauffe
- Une très bonne autonomie
- Un bloc photo très correct
Points faibles
- Esthétique copiée sans complexe sur Apple
- Outils IA photo à la ramasse
- Bridage du port USB-C en USB 2.0
- Beaucoup trop d'applications indésirables installées au lancement
Note de la rédaction
Le Honor 600 Pro a des qualités : sa finition, ses outils IA liés à la productivité, ses performances ou encore sa partie photo. L’un des autres atouts de ce terminal, c’est qu’il bénéficiera de 6 ans de mises à jour, ce qui est généreux de la part d’Honor. Cependant, face à une concurrence très féroce sur son segment, avec le Samsung Galaxy S26 en embuscade, on ne peut pas vraiment dire que le Honor 600 Pro parvienne à tirer solidement son épingle du jeu. C’est un bon smartphone, un peu trop cher à son lancement, et dont l’avalanche d’applications indésirables installées au démarrage et le bridage en USB 2.0 font franchement peu envie. Un smartphone qui peut valoir le coup en promotion, mais dans l’immédiat, il est possible de trouver mieux… et parfois pour moins cher.